‹ Le clos des féesChapitre 13 sur 24 · RAI NOU ART AU TIN EL 1 O · texte numérisé non relu

RAI NOU ART AU TIN EL 1 O

Rainouart songe à peine à saluer le Roi! Il n'a vu qu'Aélis et son cœur qui s'envole : Il fléchit le genou : — « Si mon audace est folle, Reine de Mai, charmante enfant, pardonne-moi!

« Lorsque je croupissais parmi la valetaille. Je n'ai rien voulu dire et j'ai caché mon nom. Parmi vous cependant il eut quelque renom : On l'a vu resplendir en plus d'une bataille!

« J'avais douze ans, j'étais un enfant désarmé, Quand on m'a lâchement volé mon héritage. Mélusine la fée est de mon parcntagc : Je suis le dernier fils du sombre Desramé!

« Mes oncles sont Maudus, le roi de Trébizonde, Et Magon le géant qui n'a plus qu'un cheveu; La comtesse Guibours est ma sœur, mon neveu Thibaut, le meilleur Turc qui soit de par le monde!

« Mes frères avaient tous couronne sur le front. Chétif, hélas! je suis encore sans royaume; Mais, avec mon tinel et l'aide de Guillaume, J'en veux prendre au moins quatre et qui t'obéiront.

a C'est toi qui, par mon bras, as frappé l'infidèle. Parmi les chevaux morts et les gens éventrés

J'ai vu, fille de roi, luire tes yeux dorés : C'est toi mon bouclier et toi ma citadelle.

t< Le laurier que j'apporte est trempé de mon sang, Je l'ai cueilli pour en parer ta belle tète : Vois comme il a gaîmcnt fleuri dans la tempête; 11 rehaussera bien ton chef éblouissant.

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