‹ Le clos des féesChapitre 15 sur 24 · II · texte numérisé non relu

II

Eh bien! mes amis, étais-je en voix?

A-t-on maintenant le cœur à l'aise?

L'histoire, vraiment, n'est pas mauvaise Vous aurez la suite une autre fois.

Très nombreux encore, et fort insignes.

Furent les hauts faits du chevalier.

Venez me trouver dans mon cellier, Celui qui rit au milieu des vignes :

RAINOUARTAUTINEL II9

Un de ces jeudis je vous dirai, Les jambes pendant sur la barrique, Comment Rainouart conquit l'Afrique Pour son Aélis au front dore.

Si vous ouvrez vos larges oreilles, Vous saurez aussi par quel bon tour Il prit, d'un seul coup, l'Ile d'Amour Et toute l'Asie, avec ses treilles.

Pour ce compagnon si redouté Qui ne lui faillit en nulle guerre, Tout justement, je l'ai vu naguère; Nous boirons un coup à sa santé.

Sachez qu'il n'est pas, comme on le conte, D'orme, de sapin ou d'églantier, Le tinel sans peur et sans quartier.

Le fidèle ami du vaillant comte!

Il est d'argent clair, le beau tinel, Enguirlandé de fraîche verdure!

En vain le temps passe; il dure, il dure Il est fait d'un métal éternel.

C'est lui qui tourmente et qui délivre; Il est cruel et doux à la fois.

Comment vous narrer tous ses exploits?

J'en pourrais, au moins, remplir un livre.

Ah! quels jolis coups, bien assénés, En mainte rencontre, au cimeterre!

Que d'oreilles, las! ont chu par terre! Et que de gens qui n'ont plus de nez!

Aujourd'hui, tranquille, il se repose — Il n'a rien perdu d'essentiel — Au bord d'un ruisseau couleur du ciel, Au jardin même où naquit la rose.

RAINOUART AU TINEL

Avec son maître, il s'endort parfois, Bien qu'il soit encor des plus solides, Il a bien gagné ses Invalides!

Puis, vous savez, il n'est pas de bois!

Mais qu'un clairon éveille l'aurore.

Comme un cheval, toujours plein de sang Il dresse la tête et, frémissant.

Le voilà déjà devant le More!

Viennent Mahom et ses cent Cousins, Le vieux tinel flambe! Il vole, il vole : Il n'a qu'une idée, et point si folle, C'est d'écrabouillcr les Sarrasins!

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OVELETTE

muse des bois, Tout enrubannée, Grâce de l'année, Délices du mois,

Muse dont la tresse S'accroche aux buissons Et dont les chansons Ravissent la Bresse,

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