‹ Le clos des féesChapitre 16 sur 24 · ODELETTE · texte numérisé non relu

ODELETTE

Muse aux pompons verts, Follette qui danse, Prends ma confidence, Accueille mes vers.

Je te les présente En leur tendre fleur.

Viens et souris-leur, Jeunesse plaisante.

Vois : ils sont encor Trempés de rosée; Leur aile irisée Va prendre l'essor.

Comme autour d'un saule L'oiseau tourne en rond.

Us volètcront Sur ta blanche épaule.

O belle, en passant, Sois-leur indulgente.

Que ton souffle argenté Leur vol innocent!

CHANSONS I2f

CHq4VX S0VX^S

u bois des églantines Un ermite il y a Qui chante Alléluia, Dès l'aurore, à matines.

Oh ! le joli blondin!

Drelin, drelin, din, din.

Il a des souliers roses, Il est toujours content, Et sans cesse on entend S'égayer dans les roses La cloche du jardin, Drelin, drclin, din, din.

Parfois à l'ermitage S'en vont, d'un pas léger, Bergerette et berger.

Apportant du laitage, Une aune de boudin, Drelin, drelin, din, din.

Ils disent : o: Bon ermite, Qui souriez toujours, Écoutez nos amours, Bénissez-nous bien vite. »

Et le voilà soudain, Drelin, drelin, din, din.

Si la belle est gentille, Il aime assez, dit-on.

Lui prendre le menton. Il sautille, il frétille.

C'est un petit badin, Drelin, drelin, din, din.

Et le berger novice, Qui n'y voit que du feu, Pauvre âme du bon Dieu!

Sans colère et sans vice, S'en retourne... Dandin, Drelin, drelin, din, din.

Dites-moi, tendre blonde, Brunette aux yeux ravis, N'êtes-vous pas d'avis Qu'on célèbre a la ronde Le gentil Bernardin ?

Drelin, drelin, din, din.

Les roses, par bouifées, Embaument son chemin.

Il a toujours en main La baguette des fées, La lampe d'Aladin, Drelin, drelin, din, din!

u pays d'amourette Est un petit couvent Qui se balance au vent, Au bord de l'eau clairette.

Qu'il fait bon s'enfermer En ce gai monastère :

Que la règle est austère!

Elle ordonne d'aimer.

Les nonncttcs sont blanches Comme anémone aux bois; La rose de tous mois S'alanguit sur leurs manches.

Toutes à leurs corsages Portent un ruban bleu; Toutes ont fait le vœu De n'être pas trop sages.

Sous leurs coiffes lilas, Les blanches sœurs tourières Mêlent à leurs prières Quelque beau Nicolas.

Les timides novices Rêvent d'un forestier Qui, droit sous l'églantier, Leur offre ses services.

Un peu plus exigeant, Le tendre cœur des vieilles!

Il leur faut des merveilles, Un seigneur en argent!

Et l'abbesse, qui grille De monter palefroi, S'imagine qu'un roi La demande à la grille.

Ainsi passe le temps, L'amoureux temps des fèves.

Avec de jolis rêves De rossignols chantants.

Et gai! Laire ion laire!

Notre petit couvent S'endort au gré du vent En regardant l'eau claire.

132 I. ECLOSDESFEES

u bois de l'amour Nous étions trois belles, Pervenches nouvelles, La grâce du jour!

Le fin cœur d'Annette Au loin folâtrait.

Dans les fleurs courait Margot la brunette.

Ah! pourquoi, pourquoi Ce trouble en mon âme:

Pourquoi cette flamme Qui volait sur moi ?

Cette plume rose...

Qu'ai-je vu? C'est lui! Le roi d'aujourd'hui Qui porte une rose!

Il a pris au cou Margot la brunette :

Aux genoux d'Annette Il rit comme un fou.

— « Sois mon accordée, »

M'a dit le blondin.

Et voici, soudain.

Qu'il m'a regardée.

Tout mon cœur tremblait Et ma main si blanche, Comme sur la branche Le rossignolet.

Il m'a regardée, L'oiseau sans pareil :

C'est le gai soleil Q^ui luit sous l'ondée!

En ses yeux hardis Quelle aube flamboie!

C'est la grande joie!

C'est le Paradis!

Comme il passe vite, Le rayon joyeux Qui charme les yeux De la marguerite!

Hélas! 11 a fui, Le roi de l'aurore !

Son rire sonore S'est évanoui!

Mon cœur en émoi Ne peut plus l'entendre, Mais son charme tendre Est resté sur moi.

Nous étions trois belles Au pré de l'amour, Trois belles de jour.

Trois roses nouvelles!

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