‹ Le clos des féesChapitre 9 sur 24 · LE SIRE DE LANTURLU · texte numérisé non relu

LE SIRE DE LANTURLU

On pouvait le voir assis

Sur sa jument grise.

Heureuse fut l'entreprise :

Personne d'occis!

Autour du maître, ô cortège

Digne des croisés, Marchaient cent moutons frisés,

Blancs comme la neige.

Les plus vieux allaient devant.

Gaillards et sans pose;

Tous avaient un ruban rose Qui volait au vent.

Et plus fraîche que pucelle, Au mois amoureux,

Derrière le roi des preux.

Se tenait en selle

— Ah! longtemps on en rira!

Une bergerette Qui chantait landerirette

Et landerira !

LE T{0SSIGU^0L

''était un Rossignol amoureux d'une rose. Jamais tel enchanteur ne parut à la cour, Jamais bois n'applaudit si parfait virtuose.

Sous un rayon de lune il contait jusqu'au jour Quelque histoire de cœur, infiniment touchante, Et sa voix s'envolait au ciel, comme l'amour.

Mais la rose boudait. Non qu'elle fut méchante.

Fière, capricieuse et folle seulement;

Elle était parfois dure au serviteur qui chante.

On l'avait assommée avec le sentiment.

Tant de rimeurs, férus de sa grâce accomplie,

Avaient vu dans ses yeux le bleu du firmament!

Gens de finance, abbés, marquis, et j'en oublie. L'adoraient d'un cœur si dévot! Que de bonnets Aux ailes des moulins du pays de folie!

Et, comme au gai soleil volent les martinets. Chaque jour naviguant joliment sur l'eau claire, Arrivait à la belle un bateau de sonnets.

Le rossignol en vain dégoisait, pour lui plaire, Le répertoire entier de ses chansons d'été, Timide, et n'implorant qu'un regard pour salaire.

En vain sa voix céleste, avec naïveté, Modulait une antique et plaintive romance Dont l'écho se mourait, par la brise emporté.

En vain, à l'heure exquise où le matin commence,

S'envolait vers l'azur un hymne frémissant

Qui de ses notes d'or couvrait la plaine immense.

La rose n'avait pas un mot reconnaissant.

Sourde aux gaîtés du lai comme aux grâces de l'ode,

Elle faisait la moue à ce divin passant,

Ou bien riait, disant: « Ah! ah! ah! quelle mode! O triste galoubet, pauvre turlututu, Comme il eût diverti l'excellent roi Hérode!

« Ces flonflons, par malheur, n'ont plus grande vertu, Ces refrains sont usés, ils assomment le monde! Puis vous êtes, mon cher, atrocement vêtu.

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« Voyez-moi le bouvreuil et la gentille aronde, Le noble oiseau de pourpre et d'or, le colibri. A la bonne heure! On peut les mener dans le monde.

« Mais vous, si sombre avec cet air alangouri, Vous avouer? Non, non, cela me ferait honte. Les Muses, je le sais, en vous vovant ont ri. »

Hélas! les rossignols ont rarement un compte A la maison Rothschild, et ce n'est pas pour eux Que le crédit circule et que la Bourse monte.

Celui-ci, comme on pense, était fort malheureux.

Il maudissait l'aveugle sort qui le fit naître

En lieu chrétien plutôt que chez les bons Hébreux.

Bien qu'en tout gai savoir on le reconnût maître Et qu'il eût, comme un autre, un grain de vanité. Son talent méprisé l'eût laissé froid peut-être!

Mais se sentir si loin de l'ingrate beauté

En qui toute son âme avait mis sa tendresse,

Renoncer aux trésors de l'empire enchanté,

Il n'y pouvait penser sans frémir. — «Ah! traîtresse!

Soupirait-il; cher cœur, qui vous a corrompu ?

Qui vous rend si cruels, beaux yeux de ma maîtresse ? »

Comme il eût pris un vol joyeux, s'il avait pu, Vers les prés de l'Aurore et la source prochaine! N'était je ne sais quoi, comme il aurait rompu!

Mais ce funeste amour le tenait à la chaîne. Il n'était pas de ceux que la raison conduit. Et l'oiseau désolé s'abattait sur un chêne.

Là, bien caché dans l'ombre, il disait son ennui Sous une lune triste il épanchait son âme. Son chant désespéré faisait pleurer la nuit.

— « En ce temps d'allégresse où la terre se pâme, Pourquoi mon cœur malade est-il seul à gémir? N'aurai-je donc jamais le bien que je réclame?

« Les harpes du printemps commencent à frémir.

L'Orient se colore et le désir s'éveille.

Ah! si ma peine, à moi, pouvait toujours dormir!

« L'amour, l'amour volage est une folle abeille Qui tourne autour des fleurs et bourdonne gaîment, C'est le nuage d'or que l'aurore ensoleille!

« A toute heure du jour il a conteritement... Hélas! bonne forêt, le mien n'est pas de même; C'est dans un ciel d'orage un amour en tourment.

« Une perle mélancolique est son emblème.

Il a froid, toujours froid, même au soleil d'été.

Et pourtant, dites-moi, ne vaux-je pas qu'on m'aime

« Si je ne puis, semblable à ce peuple effronté, Étaler près des fleurs un splendide plumage, Dieu m'a donné le chant qui fait l'éternité!

« A quoi bon? Fane-toi, mélodieux ramage!

La seule que je veuille est sourde à mes accents;

Sa grâce ne veut pas que je lui rende hommage.

« Puisque mon âme est prise en ces rets innocents,

Il me sied de mourir de si douce folie.

Bercez mon dernier rêve, ô bois compatissants! »

Ainsi par les détours de la forêt jolie

Le rossignol, sans force et presque sans couleur,

Épandait le trop-plein de sa mélancolie.

Or, par grâce divine, il advint qu'une fleur Entendit quelque nuit cet amant pitoyable D'un solo mirifique enchanter sa douleur.

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Une clochette et rien de plus. Mais fort aimable, Vive, enjouée, avec des yeux d'un charmant bleu, Un air d'espièglerie et la beauté du diable.

Son tendre cœur s'émut. - « .-^h ! dit-elle, mon Dieu! Que de peine et pourtant quel admirable artiste! Se peut-il donc vraiment qu'on meure pour si peu.!

« Courtois musicien, la Vierge vous assiste!

Ce que vous chantez là, monseigneur, est bien beau.

Superbe en vérité, mais c'est aussi bien triste.

« Fi! Laissez-moi ces airs à monsieur du Corbeau. Ne connaissez-vous pas quelque chant d'amourette Qiii mette l'àme en fcte à ce printemps nouveau? »

Le dolent rossignol regarda la fleurette,

Et, bien que fort navré, flatté du compliment,

Sur un ton lamentable, il répondit: — « Pauvrette,

LE ROSSIGNOL 4f

« Qui donc es-tu, toi qui parles si joliment? Bénis soient ton bon cœur et cette voix céleste! Elle rappelle au monde un déplorable amant. »

— « Je ne suis, bel oiseau, qu'une fleur bien modeste, Mais qui s'ouvre, joyeuse, au souffle du matin, Carillonne, folâtre, et n'a souci du reste.

« Quand la cloche du jour naissant tinte au lointain. C'est moi qui suis toujours la première éveillée. Jamais soleil ni vent ne m'a gâté le teint.

« Je suis l'enchantement de la forêt mouillée.

Les muguets que voici fredonnent avec moi.

On passe assez gaîment son temps sous la feuillée.

« Mais vous, gentil seigneur, d'où vient ce grand émoi ?

Votre chagrin, messirc, a l'aile matinale.

Pourquoi ces gros soupirs, cet air sombre ? » — « Ah ! pourquoi

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« Comment te raconter... ? L'aventure est banale. Une belle... Mais non. Pourrais-je, infortuné, Troubler ton petit cœur en sa paix virginale? »

— « Bah! C'est un cœur d'Avril qu'on a fort lutine. Parlez. Sans qu'on s'en doute, il sait plus d'une chose... »

— « Alors tu vas bien rire et j'en serai peiné.

« Je souffre tant, chère âme, et ce n'est pas sans cause.

On m'a fait méchamment mourir à petit feu.

Une belle...» -« Son nom, vite son nom ! » - « La rose. »

— « La rose, une pimbêche, une folle! Ah! morbleu!

Pardonnez si je jure, elle est bien dégoûtée.

Vous lanterner!... » — « Hélas! ma bonne, un vilain jeu !

« Ce n'est, j'en ai grand'pcur, qu'une tête éventée. Mais quoi! l'abandonner ? Je ne pourrai jamais. Croirais-tu que mes vers ne l'ont point enchantée? »

— « Fi! la sotte! Il vous faut Toublier désormais. Étes-vous fait pour vivre aux rets d'une coquette?

Ah ! si seulement vous m'aimiez!... » — « Si je t'aimais ? »

— « Eh oui, nous trouverions quelque heureuse cachette. Voyez cette forêt; elle est femme de bien.

Venez vous réiouir au lit de la clochette.

« Mes quatre soeurs et moi nous vous soignerons bien. Soyez des nôtres. » — « Mais... que dira la morale? » — « La morale a bon cœur, elle ne dira rien.

« Venez, cher, vous avez une voix magistrale. Entre nous, en été, nous donnons des concerts. Vous ferez le ténor, et vive la chorale! »

Le rossignol crut voir un nouvel univers.

— « Après tout, pcnsa-t-il, la petite est charmante.

Et puis elle a du goût; je lui dirai des vers.

« Oh! du repos, le calme après cette tourmente,

Le pot-au-feu sylvestre et le morceau friand,

La bonne sieste à deux dans la saison clémente! »

Et voici qu'un trait d'or parut à l'Orient, L'Aurore de son voile enveloppa le monde. Et la fine clochette était là, souriant.

Elle était là, rieuse, avec son cœur de blonde

Et le naïf trésor de ses jeunes beautés,

Toute fraîche au soleil, prête à mener la ronde.

Oh! le joli regard où passaient des clartés! Comme il étincelait, franc, sincère! A vrai dire, La mignonne péchait par les extrémités.

Mais rien n'était plus doux que de l'écouler rire. A voir ce front si pur, de rosée emperlé. L'oiseau mélancolique oublia son martyre.

Qui le reconnaîtrait? Le voilà dégelé.

Une gentille amie a remplace l'idole; Le chagrin s'est enfui comme alouette au blé.

Heure divine, heureux amant, sur ma parole! Il vole sur la fleur et lui baise les yeux, Il court, monte, descend, frétille, batifole,

Et, dans le grand silence, un chant prodigieux, Vibrant comme clairon qui sonne la victoire. Éclate, se prolonge et va mourir aux cieux.

Les arbres sont ravis. Oh! le brave auditoire

Qui dodeline de la tête au bon endroit.

Comme les vieux messieurs font au Conservatoire!

Le rossignol exulte, il se tient ferme et droit, Tout fier d'être perché sur la plus haute branche, Et quand il a fini, salue ainsi qu'on doit.

Cette fois, sans mentir, il a pris sa revanche,

Et rien n'a depuis lors rompu l'enchantement.

Oui, pour lui tous les jours que Dieu fait, c'est dimanche.

La fleurette, à ses pieds, le berce gentiment. Elle écoute ses vers et soigne sa cuisine. Car il faut avouer qu'il est un peu gourmand.

Que cette vie est douce et paisible! On voisine

Avec d'aimables gens comme le liseron,

Le muguet blanc ou l'anémone, une cousine.

S'agit-il de s'ébattre et de danser en rond.

Vite le gros bourdon quitte sa sacristie

Et parfois vient la mouche avec son moucheron.

Le vent est de la fête; il valse avec l'ortie.

La rainette aux gros yeux se promène en sautant.

Aux concerts de l'été chacun tient sa partie.

LE ROSSIGNOL fl

Sans rêves ni soucis, tout ce monde est content Pour peu qu'un rayon clair luise sous la ramée, Et quand la nuit arrive on se quitte en chantant.

Oh! la nuit! Qu'\ dira sa magie embaumée? Que la forêt est belle en sa robe vert d'eau Quand l'amoureux descend sur le cœur de l'aimée!

Oh! la joyeuse étreinte et le gentil fardeau! Mais le crapaud m'entend. Gare à la calomnie! Tirons sur ces transports un pudique rideau.

Adieu, mes bonnes gens. Mon histoire est finie. M'auriez-vous par hasard écouté jusqu'au bout? Quittons-nous sans rancune et sans cérémonie.

Soyez gais. Que le sort vous favorise en tout.

Qu'un Dieu bon vous assiste et vous maintienne en joie,

Qu'il mette en votre jeu l'as et le roi d'atout.

Le chapon manque-t-il ? Rabattez-vous sur l'oie. Ayez toujours en cave un bon vin, rouge ou blanc; Faites-vous, à grands frais, un beau nez qui flamboie.

Et si votre mignonne un jour vous laisse en plan, Gardez-vous de pleurer aux pieds de la tigresse; Imitez-moi plutôt le rossignol galant,

Allez au bois gentil et changez de maîtresse!

CHANSONS fj

CHcAD^SO^HiS

'ai fait un valet joli, L'autre jour, à la grand'foire.

C'est bien le plus accompli Qui soit pour chanter et boire!

Il n'a que du poil follet.

Mais comme il entend fleurette,

Turlurette!

Qu'il est gentil, mon valet!

^4 LECLOSDESFÉES

Ce n'est pas lui qu'on peut voir

Engendrer mélancolie!

Il connaît bien son devoir :

Ne craignez pas qu'on l'oublie.

Il jouera du virolet,

Il balaiera la chambrette,

Turlurette!

Qu'il est gentil, mon valet!

Voyez-moi ce teint fleuri :

11 est à la ravigotte.

Nuit et jour, comme un cabri.

Il tourne, saute ou gigotte.

Quatre brins de serpolet A son bonnet, pour aigrette,

Turlurette!

Qu'il est gentil, mon valet!

Quand il est à mes genoux.

Comme oiseau le temps s'envole. Le soleil danse avec nous.

Je crois que je deviens folle!

CHANSONS ff

J'entends le rossignolet Soupirer sous la coudrette,

Turlurette!

Qu'il est gentil, mon valet!

Je garde à mon vieux mari Les os, et tant pis s'il grogne!

Mais Jean sera bien nourri Pour qu'il songe à sa besogne :

A lui, le bon pain mollet.

Le bœuf à la vinaigrette,

Turlurette!

Qu'il est gentil, mon valet!

Le vieux birbe a pour son bec Trois gallons de belle eau claire!

Mais Jean boira toujours sec Pourvu qu'il pense à me plaire :

A lui, plein mon gobelet D'un joli vin de burette,

Turlurette!

Qu'il est gentil, mon valet!

fé LE CLOS DES FÉES

Trois bottes de foin nouveau Suffiront bien au vieil homme; On dit qu'il monte au cerveau :

C'est parfait pour faire un somme!

A Jeannot, le marjolet, Le lit couleur d'amourette,

Turlurettel Qu'il est gentil, mon valet!

Quand la belle s'en fut au bois.

Portait la rose Nouvelle éclose.

Quand la belle s'en fut au bois, Avait la rose au bout des doists.

CHANSONS f 7

En ses cheveux, branche de saule, Feuille d'argent Qui tremble au vent.

En ses cheveux, branche de saule, Rossignolet sur son épaule.

Quand la belle revint du bois, Adieu la rose Au soir déclose!

Quand la belle revint du bois.

Adieu la rose de tout mois!

A l'eau s'en va la verte branche!

Le rossignol

A pris son vol.

A l'eau s'en va la verte branche, A l'eau du soir, à l'eau si blanche!

f8 LECLOSDESFÉES

Il pleut, il pleut, il pleut, bergère!

Trousse-moi ta cotte légère Et lestement tu me suivras.

En ce doux mois, qui ne s'ennuie S'il n'a sa blonde entre les bras?

Vive la pluie!

Tes yeux d'amour, mon accordée, Tes yeux s'éclairent sous l'ondée.

Plus fins luisent tes longs cheveux Qu'en folâtrant la brise essuie; Te voilà bien comme je veux ; Vive la pluie!

CHANSONS f9

A l'abri des fenêtres closes, Dans la chambrette où sont les roses Mille baisers s'entr'ouvriront :

La belle gerbe épanouie!

Que de fleurettes sur ton front!

Vive la pluie !

Et cependant, perles follettes, Nous entendrons les gouttelettes Frapper la vitre tour à tour.

Que ma belle en soit réjouie!

C'est la musique de l'amour :

Vive la pluie !

Oh! l'aimable petite pluie, Vite arrivée et tôt enfuie!

Comme elle tombe avec gaîté!

Sous le vieil âtre noir de suie Chantons ensemble, ô ma beauté :

Vive la pluie!

6o LECLOSDESFÉES

T{oAI^OUq4%T cAU TIC^EL

ANS la cuisine sombre et tout enfarinée Où trente maîtres-queux fricassent nuit et jour, Avec sa large gueule ouverte comme un four, L'énorme Rainouart dort sous la cheminée.

Voilà trois mois et plus qu'il est ivre, et combien! S'il s'éveille un instant, c'est pour tourner là broche. Il est plein de mangeaille et d'ailleurs sans reproche. Aussi noble qu'un moine, il ronfle comme un chien.

* Tinel est synonyme de levier. Voir le vieux poème d'AIiscans.

RAI NO U ART AU TIN EL 6l

Pourtant nul bachelier n'a si fière apparence. Son regard est d'un sanglier prêt à foncer. Il est fait pour se battre, il est fait pour danser. C'est le plus beau garçon du royaume de France.

Mais quoi ! Toujours dormir, se rouler comme un veau, Parmi les pots cassés, dans la cuisine sombre! Que lui sert d'être vert comme un jeune concombre? C^ue lui sert d'être frais comme printemps nouveau ?

Les marmitons, autour de lui, pouffent de rire. Quels tours de l'autre monde inventent ces damnés! L'un d'un joli fétu lui chatouille le nez; Un autre le mâchure avec la poêle à frire.

— « Assez! dit Rainouart enfin, c'est vilain jeu. Je ne vous cherche pas. Qu'on me laisse tranquille. Prenez garde, avortons, de m'échauffer la bile. Qui m'osera toucher le paiera, de par Dieu! »

Mais un gros rôtisseur : — « Ah ! la farce est de taille. Rainouart l'idiot qui parle en écuycr!

Au chenil, chien hargneux qui ne sais qu'aboyer. Biberon, tu n'es bon qu'à traire une futaille. »

Au jouvenceau qui braille il marche tout fumant.

— « A vous, gentil seigneur des brocs, homme de race ! »

Il lui meurtrit l'épaule, il lui crache à la face,

Et d'un revers de main le torche rudement.

La salle a retenti du horion sonore.

Rainouart s'est dressé. C'en est trop à la fin. Son fier visage luit sous ses cheveux d'or fin. Et ce n'est pas le vin nouveau qui le colore.

Terrible, il a saisi l'insolent par les bras : — « A nous deux, renégat, ravale ton blasphème! » Il le fait par trois fois tournoyer sur lui-même. Puis se recule, prend l'élan, et, patatras!

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