‹ Le clospommier drame en cinq actesChapitre 66 sur 88 · P\COME · texte numérisé non relu

P\COME

Alors, à ce pauvre bijou comme à moi, donne-nous donc un sourire.

CATHERINE, sonnant.

Merci...

PACOME.

Enfin!... (Avec effort.) Mais ce n’est pas tout; je t’ai encore apporté, (il montre une lettre cachetée.)

CATHERINE

Qu’est-ce donc?

PACOME, qni la regarde tristement.

Ayant affaire chez mon notaire... par la même occasion, on ne sait pas ni qui vit, ni qui meurt, et parfois maintenant j’aime à chercher le danger... Bref, c’est un écrit par lequel je te donne tout ce que j’ai... mon testament...

CATHERINE, le déchirant.

En ma faveur... oh ! mais je ne veux pas.

PACOME.

Déchire si tu veux... le double est chez le notaire.

•CATHERINE

A quoi bon? si l’un de nous doit mourir jeune, assurément ce n’est pas vous.

PACOME, avec éclat.

C’est loi, n’est-ce pas? Tu le désires. Ohl ne l’en défends pas... c’est ton secret espoir... il se lit dans tes yeux... oui... tu fais complaisant accueil au noir chagrin qui le mine, tu te laisses dépérir à dessein... déjà tu n’es plus que l’ombre de loi-même... Oht mais tu es à moi... tu m’appartiens... Je ne veux pas... non, je ne veux pas que tu meures, (n la serre dans ses bras.)

LE CLOS-POMMIER

CATHERINE

Mais, Pacôme...

PACOME;

Il faut le distraire de ces idées-là... et tout de suite... Voyons... trouves-tu la maison trop petite ou trop triste, je la ferai raser dès demain et rebâtira ton goût? Est-ce le pays qui le déplaît, nous irons à Caen, à Paris... hein? je dépenserai de l’argent, beaucoup d’argent, pour que tu recouvres la gailé de tes vingt ans, pour que tu sois heureuse... Voyons? toutceque tu voudras! demande-le, parle?

CATHERINE

Mais je ne désire rien, je ne veux rien.

PACOME, avec colèra.

Rien I... rien!... oh! ce qu’il te faudrait, je le sais bien, va... c’est Jean Simon!

Simon t

PACOME.

Vois plutôt... rien qu’en entendant son nom, voilà déjà les couleurs qui te reviennent... Oh ! cet homme, le souvenir de cet homme ! c’est comme un mur de pierre, c’est comme une barrière de glace entre nous!

CATHERINE, très-émne.

Pacôme, c’est mal ce que vous me reprochez là... je ne vous en ai pas donné le droit. Tout le monde sait bien qu’il a dû m’épouser, en tout bien, tout honneur... et que c’est un brave garçon qui se jetterait au feu pour moi.

PACOME.

Oh ! ne me dites pas cela... ne me dites pas cela !...

CATHERINE

Pourquoi ne dirais-je pas la vérité? Il vous a loyalement tenu parole... il est parti... il est bien loin, sur la mer, en péril peut-être à cette heure... et si jamais il revient au pays...

PACOME.

Ici!... lui! et tu le verras... malheureuse.

CATHERINE

- Ah!... vous savez bien que vous n’aurez pas à vous en

montrer jaloux... et que la femme qui porte maintenant votre nom, que la fille du père Glam sera toujours une honnête femme!

PACOME.

Pardon, Catherine, pardon! je suis un brutal, un fou...

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