Contidéralions tw Feiprit et les mteurt, 1787, p
i.Jbid., 1787, p. 225.
En tffil, ella peTaenl être vertueutet, et ne tant gtfingrate», lorsqu'elln rt/\atnt Irw affection à de* gent potiionnéê gui leur tacrifient toute*
Le dépit aussi fait dire bitn dei ehoset. — Enfin, Sainte-Beuve s'emprunte à lui-mém& une de ses pensées de derrière la tAle et de derrière les fagots ;
■ Poitéder, vert 1^ âge de trente-cinq à quarante mu, et ne fùl-ce qu'une leule fois, une femme qu'on cannait depuis longtempt et qu'on a aimée, c'est ce que j'appelle planter entemble le elou d'or de l'amitié. >
Si, maintenant, on veut connaUre le nom de la dame à qui étaient dédiées des pensiez avili hardies, on peut ehtreher dam le meilleur monde que la révolution de ISiS apartagé en deux hémisphères. Doudan, s'il vivait tncore, la rtconnattrait à ce signalement ;
c ... Jeune femme charmante, unpeu Diine, lam enfante. Reetée enfant et plu* jeune que ton âge...
> Pat Jolie, mail mieux.
■ J'ai toujourt dittingui (c'est Sainte-Beuve qui parle] Ut femmet bellei tn trois rieuse» :
» 1* Celles qui le sont;
■ 3* Celles qui Foui Hi et qui le sont toujourt ; n 3* Celles qui auraient dû télre, et qu'un
simple accident a voilées, mais en qui tout révèle la première intention naturelle. Combien file était de eelles-làl •
D'où il faut conclure qu'elle n'était pat prédément belle ni jolie, au sem vulgaire du mot.
Si nous donnions ici un libre court à nos êoiivenirs, noui raconterions une ou deux anecdotes que nous tenons de Sainte-Berne.
C'était fêle chaque soir, en ce temps-là, au château de ou du... n'importe! Un célèbre surintendant de l'avenir n'v trouvait pas de cruelles, au contraire. Citait lui, plutôt, qui était quelquefois le cruel, le barbare. Dans ces châteaux qui sont comme des hôtels garnit, et où Von peut entendre d'une chambre à Fau-
tre ce quiee pane, comme à Comptègne, une pauvre femme reconnut un soir une voix qui répétait exactement ce qu'elle avait déjàécouté avec trop de charme. Elle en contracta surle-champ un tic nerveux qui ne la quitta plus et qui gâta sa beauté. Tout le monde, le lendemain, y compris le mari, avait des égards et des ménagemenis pour elle. "
Qu'on di»e encore que nous ne sommesplus au siècle de Diderot!
Citait un peu l'âge d'or, que ces veillées du château, ou plutàt on y vivait comme en pleine douceur et en plein épanouissement philosophique des premières années du régne de Louis XVI.
Mais Fanecdote ci-dessus n'a rien de cornmun avec l'aventure du Clou d'or. Un jour, en fut prévenu au château qu'un célèbre romancier cliinoÎB devait arriver le leruiemain. Justement il venait de publier un livre qui faisait grand bruit dam sa tangue, maiê personne ne l'avait lu au château, et on ne
pouvait recevoir un hite aussi iUmlre et autti imprétm tajis lui parler de son mmre. Une personne te dévoua, et c'ilait la plut dittinf/uie de toutes, — la ieule aussi qui connût bien le chinois. En une nuit, elle (ut dévoré le livre ; le lendemain , tlie le raconta à déjeuner, et, quand le célèbre écrivain d'uutre-mer fit son apparition, il put croire, A la façon dont on lui en parla, qu'on ne lisait que cela depuis quime jours ait ekdteau.
Cest ainsi que Napoléon savait les mms de tous ses soldats, en se les faisant dire daoance; — maïs il n'y avait qu'une femme pour avoir, en ce temps-là, de ces prodiges desprit.
Laissons maintenant la parcle à Sainte- Beuve. Il va rouler son rocher de Sisyphe pendant qualorie lettres, car la dame parait lui avoir tenu la dragée haute. Sous ne savons pas, il est vrai, la fin de rhistoire. Nous n'en avons que le cadre à peine ébauché : nous
le dotmoju tel qufl, avant Ui letlrcê qui ta lont U commentaire le plus naturel ',
JULES THOUBAT.
i. Sainte-Beuve a donné dans son étude sur Gaeami [Nouveaux Lundi», l. VI) un petit roman par lettrée du grand artiste, assez semblable i celui-ci. Le sien, inédit jusqu'à ce jour, avait la priorité. II ï a, au fond, de l'analogie entre les deux héroïnes : toutes deux éprises d'esprit, appartenant au monde aristocratique, se livrant à moitié seulement (un peu ehipiei l'une et l'autre], troublant et inquiétant beaucoup, par cela même, celui qui se sent encouragé par ce demi-abandon, et qui n'en veut pas démordre. — Pour Sainte-Beuve, l'homme des coleanx modérii, il dut souHrir, car l'eacarpement avait été rude.
— Nous sommes Tieui, me disait madame de S..., nous pouvons causer de tout.
Eh bien, qu'y a-t-il de mieux pour une femme, de plus heureux, de plus favorable à la durée du lien, que de céder à temps & l'ami ou de résister et de se sauver?...
— Oh! céder, m'écriai-je, j'ai là-dessus des théories bien arrêtées et que la pretique a trop justifiées.
— On pourrait contester, me dit-elle en riant et comme pour me faire parler (car
je voyais bien qu'au fond elle était, elle aurait dû être de mon uriB).
El elle me cita, comme ayant au garder tous ses amia sans avoir cédé à aucun, l'illustre exemple de madame Récamier.
Uoi, je ripostai par d'autres exemples, celui de cette marquise italienne à un souper...
Un des hommes se mit à lorgner tous les convives en la regardant, et à lui dire arec un Bonrïro : Eh! marcheta... — Chef cht f... — Ekl eh! tutlil tutti!... Elle regarda, fit le tour de la table d'un coup d'tml, et, Eemblant reconnaître la justeuie, elle répéta Tutiil Tous avaient eu leur moment, et elle les avait tous gardés.
— Hais laissons les coquettes, dis-je, et tenons' nous- en à l'amour pur, unique, le seul qui mérite qu'on en parle, n'est-ce pas, marquise?
— Eh bien, dit-elle, les avis sont partagés, et la plupart des femmes pensent que le plus sûr moyen de garder toi^ours l'ami
LE ClOU D OR
est de lui râsUter toujours. Combien de fois l'amour commeac e-t-il plus sérieui chez la femme en ce momenl où le désir satisfait s'Éteint ches l'bomme?
— Hais je parle d'un vérilable amour mutuel, ajoutai-je; et j'ai mes preuTes h l'appui de mon dire, une triste histoire, très monotone, et pourtant qui a pour moi un inlérât secret, parce qu'elle est vraie, parce qu'elle porte sa morale avec elle.
— Allons, coutez-la-moi, dit la marquiss (car aussi bien je crois que je suis un peu de votre avis, en ma qualité de femme du ivui« siècle).
Et je commençai
(fct, le canevas n'est plus qu'étiauché pour ne reprendre BÉELLEUEni qu'aux lettres, mais tl a son intérêt.)
D6ddément, faire que le récit soit dans
]a bouclie d'une femme déjà vieillissante & une jeune amie de vingt-sept ans, qu'elle voit près de s'engager dons une coquetterie amoureuse.
Elle lui raconte sa yïc, sa douleur, son erreur.
Elle a cru pouvoir satisraire celui qu'elle aimoit par ud de mi- bonheur.
Elle décrit en détail sa situation, ses sentiments indécis. Sa grande erreur fut de croire qu'en avançant dans les années plus paisibles et en doublant le dernier cap de la jeunesse, elle l'amènerait à des relations douces, fixes, heureuses. A mesure qu'il avance (il était plus Agé qu'elle de quelques années) et que l'irréparable, à ce qu'il dit, se prononce, il ressent et marque plus d'amertume. — Elle ne sait comment revenir, elle en a envie souvent... Mais non, elle n'ose.
II la range dans la classe des glorieuses • (madame R..., madame de B...), non pas
qu'il leur refuse la sensibilité, mais elles n'eu ont qu'au sein de leur gloire.
« Apparemment, ma chère, que nous ne connaissons pas les hommes tels qu'ils sont tout entiers : — une partie d'eux nous échappe... »
Il lui dit qu'il la connaît, qu'il sait jusqu'où va son attention et où elle cesse.
•I II pourrait tomber et s'abîmer dans la boue (il disait cela, ma chère, en poussant des cris vers moij.et moi, disait -il, je ne bougerais pas, tant je respecte ma nuance d'affection, tant je la respecte comme uns feuille de rose. »
Quand je le voyais aimable pendant quelques jours et que je lui en témoigaais quelque gré, il m'arrêtait net en me faisant comprendre qu'il ne se payait pas de ces douceurs gracieuses, et que c'était une monnaie blanche qu'on lui jelait quand on lui avait refusé le sou.
Rien n'est cruel et désespérant comme
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de sealir qu'on s'est mise dans l'impossibilité de plus rien faire jamais pour le bonheur de ce qu'on aime.
Et elle finit en disant :
H Ha chère, si vous aimez votre repos, n'aimez pas ^ mais, si votre étoOe l'emporte et si vous aimez, sachez bien que, le plus souvent, il ; a malheur et seconde Tauta & s'arrêter. »
On ne dit point que la jeune madame de "* n'ait suivi qu'à demi le conseil de son amie, mais on n'assure pas non plus qu'elle l'ait suivi entièrement'.
Moment affreux que celui où l'on sent que l'alTcction est arrêtée sans être allée aussi loin qu'il est donné h l'homme.
t. Qui ssit'Jimais ces choses-lkT C'est sartoot en e«s mstièrea qu'il ne fant Jam^s rien nier ni rien ara rater.
Moment 0(1 l'on sent qu'il est trop tard ; «ar le plaisir lui-même doit (tre cueilli dans SA fleur, avec charme.
Pas trop tard, ni trop marchandé.
Dans leurs conversations, elles BB disent :
11 Hiem vaut rester fidèle et ennuyée avec «on mari qu'cnirctcnir une liaison incomplète. ■
Chère madame,
Je voudrais bien que celle-ci fût la dernière fois que j'aurai là-iias ù vous écrire; ainsi j'ai commencé ce matin une letlre que j'ai supprimée. Le fait est que celte conlinuation, réservée comme elle est, et comme elle doit être, m'est eslrèmement diflicile. Tenant à Qlre vrai d'une part et, de l'autre, à ne pas blesser une amie aussi bonne que vous, je ne trouve «ucun biais, fi moins qu'il ne soit insignifiant : cela est triste. Chère, chère madame, cela ne peut subsister ainsi. — Mais ce n'est pas pour vous faire peine que^
1» LE ciou n'on
je vous éeiis ceci, c'est pour tous obéir et afin que quelque bonjour de moi vous atteigne dans ce château allemand où vous allez f ire bien aimable pour répondre au gracieux ramage dor.l je vous entends
~ d'ici entourée, après ces quelques mois qui ont été, quoi que voua en disiez, d'un certain calme et d'un certain silence.
Mon Dieu! que ces bonjours du monde Tont parFois un singulier effet I Hier au soir, étant allé chez madame de R"', qui passe ici à son retour des eaux, il ; est venu successivement M. Brifaut, les G*", etc.; et toutes les mines d'hiver recommencèrent. Gela [dans ce salon un peu démeublé et aprts une longue abstinence) me faisait assez l'etret d'une petite comédie qu'où
'répète de jour : le jeu a besoin des quinquets. — Je me suis bien gardé de dire il madame de H"*, qui m'a pulé de vous et m'a demandé où vous étiez, — je me suis bien gardé de répondre positivement
î CLOU » on
comme il m'est arrivé de le Tiiire (à C"") d M. de Salvandy, qui m'interrogeail; cur je crains que ce ne soil là la petite contrariété dont TOUS me parlez; et, me sondant et resondant, il m'es! impossible do me découvrir aucun autre tort ( ou prèle\te de tort).
Vous me disiez, dans une dernière leltrc, chère madame, que jo me préparais pour une grande conversation, et que vous, vous seriez toute à l'improviste.
Mon Dieu, uoni voyez-vous et, à parler viai, je crois que celle grande conversalion n'aura jamais lieu; le temps manquera, on aura des quarts d'heure comme toujours, des quarts d'heure interrompus.
Le plus sage serait même que cette grande conversation n'eût pas lieu ; je vous écrirais de près plus hardiment et mieu\, et de ce que vous reconnaîtriez, hélust comme la raison môme : je ne m'esposerais pas ainsi & tout remettre et laisser
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en question par cca manicrcs inachevées qui sont la conclusion de toules les codversaliong entre gens qui ne veulent pas cesser de s'aimer. Je tous écrirais donc, — je vous reverrais les malins, sinon comme avant, du moins presque comme avant, — nous n'en parlerions plus jamais ; vous seriez sûre, au fond, que je n'aurais désormais encore qu'une amie plus entière que vous, la mome Solitude.
Je me sens si peu capable d'écrire, que je voudrais, chère madame, que celle-ci fût ma dernière là-bas. Voua reviendrez, j'espère, avant la fin de ce mois. — Croyez bien que je sens la délicatesse et la vérité de certaines choses que vous me dites : aussi n'en suis-je que plus précipité dans le non-espoir. Ohl que je voudrais au moins que rien pour tous ne se meiàt d'amer à tout ceci ! — A tous à jamais du plus tendre respect.
ChËre madame,
Je compte arriver demain à"' et y pasi^cr quelques courtes heures. J'ose Ji peino espérer de tous ; entretenir un peu, j'aumi du moins le plaisir de vous ; voir. Chèro madame, puisque la vérité est h l'ordre du jour entre nous, comment se fait-il que vos lettres si bonnes, si douces, si pleines do bonnes intentions exprimées avec charme, me causent l'cfTet qu'elles me Tout? celle d'avan t-hier m'a Tait m al. Voyez- vous je crois vous avoir prouvé mes sincères efforts; mais, je vous le dis et ceci m'échappe, jamais je ne pourrai supporter avec
la moindre douceur celte situation mitigée que voua me faites ; jamais, malgré tous mes désirs et mes vœux. N'y a-t-il donc, de votre part, rien outre chose de possible? Le fuit est que, si vous vouliez créer à un ami une situation sans aucune lueur de bonheur, de douceur, de charme, sans la moindre joie non seulement pour aujourd'hui, mais pour toujours, vous ne voua j prendriez pas autrement, ma malheureuse nature étant ce qu'elle est, — Ceci m'échappe, parce que je sens combien nous ne nous en tendons pas. — Voyez-vous, vous n'êtes plus ce que vous étiez, il y a un an, à'**. Ce qui est mort en vous à mon sujet n'était qu'une lueur, qu'un éclair, mais cela me su^sait, et je vous jure qu'il y avait en moi assez d'aCToclion et d'intelligence de vous pour ne jamais prétendre la franchir. Mais, aujourd'hui (pardon de TOUS dire ce que je m'étais, il y a un quart d'heure encore, fait une loi de ne jamais
LE CLOU D on
VOUS révéler), aujourd'hui il n'y a plus^ rien de cela. Vous vous faites bunible, vous Viles trop, voua na demandez rien, vous êtes rcconn Bissa nie de tout. Ohl qu'au moins, si on immole sa nature et 8a joie et tout, parce qu'on aime quelqu'un plus qu'on ne devrait le faire, qu'au moins, sous prétexte d'humanité et de se déclarer modeste et indigne, on ne soit pas rangé dans toutes ces fades limbes d'une amitié aussi p&le que la plus pâle des lueurs d'automne. VoïeE-vous, chère, trop chère madame, je m'échapperai à moi-m6me, si cela dure; je ne sais pourquoi je voua dis ces choses, mot qui ne vaudrais, avant tout, pas du tout vous affliger. Hais cette façon de douceur inaltérable et d'humilité de cœur m'est insupportable par instants.
Quoi! n'y a-t-il pas un autre langage, une étincelle, un accent? Quoil au lieu de dire : « Je suis reconnaissante de tout, de si peu que ce soit », on ne peut pas dire
A certain jour : « Oui, je suis cxigeanle, oui, je ne veux et ne puis rien donner, mais je veux qu'on me donne, j'y consens; vous en souffrez, et, moi, je vous en remercie. >• Ohl que celte omitiË d'une même teinte, voyei-vous, me mènera à mal.„ C'est Irisie, chère madame, de si peu s'entendre ; je fuirai un jour loin de vou!>, loin de voire monde que je finirai par exécrer. En disant cela, j'y vois une fois encore, mais un peu de vérilé m'échappe, quoi que j'en aie. Je suis homme à tout faire un certain jour pour m'arracher à ce qui cflt pu Être si doux, en restant si pur.
Ce que je dis là va me perdre; vous me répondrez que vous n'y comprenez plus rien, que c'est en contradiction avec hier.
Tel est le cœur, le pauvre cœur auquel il peut arriver toute la douleur, toute l'amertume, toute l'agonie mortelle, sans que cela altère le moins du monde la douce et ineffable pflleur de vos rêveries.
Pardon, mais qu'au moins tous sachiez le mal que vous faites. C'est quelque chose qui, avant d'expirer, se débat '.
Ce n'est pourtant pas une vaine Tormule que de voua redire, chère madame, que je suis à vous du cœur le plus respectueux.