‹ Le club des Jacobins de Toul, 1793-1795Chapitre 12 sur 22 · CLUB DB8 JACOBINS · texte numérisé non relu

CLUB DB8 JACOBINS

A la même unanimité, le Club arrêta qu'on placerait dans la nouvelle salle des séances une statue de la Liberté, au pied de laquelle figurerait cette inscription : La force naît de l'Union et de la Liberté.

A la demande du commissaire Morel, la Société populaire procéda, le lendemain 11 brumaire (I er novembre), à la désignation parmi ses membres de douze braves sans-culottes, devant <r se concerter avec les autorités constituées de la ville sur les mesures à prendre pour la formation d'un corps de citoyens robustes et en état de porter les armes, les faire rendre à Saverne, par Lunéville où ils seront armés, conformément à Tordre envoyé par les représentants du peuple à l'armée du Rhin, et enfin chercher les moyens de pourvoir à la subsistance et à l'équipement de ceux qui partiront, ainsi qu'aux besoins de leurs familles ». Après quoi, Morel donna lecture à l'assemblée d'un arrêté du directoire du département enjoignant de laisser dans la ville de Toul 4 quintaux de grains à chaque citoyen âgé de plus de dix ans et 3 à ceux au-dessous de cet âge. Le surplus des grains était mis en réquisition par le' directoire, qui prévenait que les fausses déclarations seraient punies rèvolutionnairement.

Le Club engagea ensuite le commissaire du directoire : « 1° à prendre les mesures nécessaires pour faire rejoindre leur corps aux citoyens des campagnes qui ont abandonné leurs drapeaux; 2° à faire rentrer les sacs de peau qui ont été distribués aux gardes nationaux lors de leur départ pour les lignes de Wissembourg; et 3°, à rechercher dans les hôpitaux les armes et équipements des citoyens morts ou malades dans ces établissements. »

La séance fut terminée par la communication d'une lettre que le président venait de recevoir de Jacob, et dont la lecture émut vivement l'assemblée : le représentant du peuple informait la Société que des députés, ses collègues, « l'avaient averti, comme d'une chose qu'ils venaient d'apprendre, que la ville de Toul était en pleine contre-révolution». Jacob in vi-

tait en conséquence ses concitoyens « à tâcher (T effacer cette idée de l'esprit des représentants » .

Ne voulant pas rester sous le coup de cette inculpation, les membres du Club prirent, sans désemparer, l'arrêté suivant :

La Société, considérant que le bruit répandu contre les sans-culottes paisibles de cette ville dans le sein de la Convention ne peut provenir que de la méchanceté et de la calomnie et tend à ternir la pureté de leurs principes et de leur entière soumission aux lois ; qu'ils jouissent en effet de la plus parfaite tranquillité et exécutent ou font exécuter ponctuellement tous les décrets de la Convention ; qu'en cet instant même ils s'occupent de faire partir, en vertu d'un arrêté des représentants du peuple à Tannée du Rhin, le plus grand nombre possible de citoyens robustes, qui vient de leur être demandé; arrête, à l'unanimité des membres et des tribunes, qu'il sera à l'instant fait une adresse à la Convention pour la désabuser; que cette adresse sera signée par les autorités militaires et judiciaires et les sans-culottes, et envoyée au citoyen Jacob, avec l'invitation la plus pressante de l'appuyer, tant à la Convention qu'au Comité de Salut public, et de lui en rendre compte.

Le Club inaugura son nouveau local le 13 brumaire (3 novembre). Les membres ayant pris place dans la grande salle de l'ancien séminaire, l'un d'eux, dont le registre ne nous a pas conservé le nom, prononça un discours « sur la devise apposée au bas de la statue de la Liberté et prouva, aux applaudissements de l'assemblée, que la force naît de l'union et de la liberté » .

Les mêmes applaudissements accueillirent la lecture d'une lettre par laquelle Jacob annonçait à la Société la punition de Brissot et de ses complices. Le député avait joint à sa lettre le nouveau calendrier décadaire et le texte du jugement rendu contre Brissot.

Trois citoyens se présentèrent pour augmenter le nombre des enrôlés qui devaient partir le lendemain pour Savei ne. C'étaient Quirin Petit, âgé de 60 ans, Jean Simon, âgé de 58 ans, et Antoine Caze, âgé de 60 ans, ce dernier <r couvert

de glorieuses blessures et ayant déjà fait huit campagnes inier ».

>renant que Mauger avait maintenu l'arrestation Société jugea inutile délaisser partir la députation ui porter un mémoire justificatif : elle décida ntenterait de lui écrire ».

are de la séance du lendemain (14 brumaire-4 norel témoigna à la Société et aux tribunes la satisfaclit éprouvée ce en présence du zèle que les citoyens ent montré pour voler au secours de la patrie », et rt de son intention d'en rendre compte au direces termes les plus expressifs et les plus louables ». e communication, la Société délibéra sur une fit son président à l'occasion d'une lettre de Mar- Club de déléguer plusieurs de ses membres pour explications. La dénonciation de l'ancien adjune lui avait pas porté bonheur, elle n'avait pu isgrâce. Ses sollicitations près de rassemblée res- \ et sa requête, à l'unanimité, fut repoussée par ir.

t donnée alors d'une missive de Jacob, par laite accusait réception de la réponse du Club à sa umaire; il y déclarait « que la calomnie n'aurait re empire sur lui et que les représentations qu'il oir faire à la Société dans ses lettres précédentes, confiance qu'il avait placée en elle ».

fut marquée par la venue inopinée du jeune Léoble qui, ayant été arrêté par ordre de Mauger, son élargissement. Informant l'assemblée qu'il re à l'armée ses concitoyens, il fit le serment de la défense de la République : la Société l'admit ombre de ses membres et il reçut du président ernelle.

e Lévislon était le ûls d'un ancien capitaine do cavalerie au ser-

Il fut ensuite décidé qu'on prierait la munie comité de surveillance de se concerter pour <r fai les femmes de mauvaise vie et empêcher les suit gereux libertinage ». Enfin, sur la demande du c comte, qui devait se rendre à Metz en qualité de des guerres adjoint, il lui fut accordé un diplôme liter son affiliation à la société républicaine de cet

Nous avons vu que Faure 1 avait été, le 8 oct< dans la Meurthe avec mission d'y surveiller la 1< vaux pour le service des armées; mais dès le 1 (4 novembre), la Convention lui avait donné, à du Club de Nancy, alors dans la main de Maugei voirs illimités pour la Meurthe, afin qu'il pût y o{ nération des autorités constituées 2 *.

Jacob en informa la municipalité de Toul, pg que celle-ci communiqua à la Société populaire le (10 novembre), en lui recommandant d'envoyer exemplaire de son adresse en faveur de Bicquil transmit donc aussitôt l'adresse à ce représentai gnant une demande « pour obtenir une somme c mille livres, à l'effet de payer des acomptes sur dues aux familles des premiers défenseurs de la pa

Le président donna lecture, à la séance du 5 (11 novembre), d'une dépêche du ministre de la prescrivait la mise en réquisition d'un nombre d'e fisant pour exécuter, conformément à ses ordres, nécessaires à la fortification de la place. La situ; sitait, en effet, de promptes mesures de défense

1. Faurr (Balthazar), né en 1746, avocat au Puy avant la Révolu dent du tribunal d'Yssingeaux lorsqu'il fut élu, en 1792, député de la Convention. Il vota la mort du roi et fut envoyé en mission dans dissolution de la Convention, il passa au Conseil des Cinq-Cents, en fut réélu aux Anciens la même année. Il quitta le Corps législatif c Toul occuper le modeste emploi de greffier de la justice de paix. Il greffier du tribunal de Saint- Jean-de-Losne, où il mourut vers la fin <

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