‹ Le club des Jacobins de Toul, 1793-1795Chapitre 14 sur 22 · Archives nationales, AF. II, pièces 83 et · texte numérisé non relu

Archives nationales, AF. II, pièces 83 et

2. On lil daus une publication parue à Paris en 1795 (Almanach des Prisons Anecdotes sur le régime intérieur de la Conciergerie, du Luxembourg, etc., et sur différents prisonniers qui ont habité ces maisons, avec les chansons et couplets qu ont été faits, à Paris, chez Michel, rue des Prouvaires, 3* édition. — L'an III de République) le rue il suivant, écrit par un témoin oculaire des derniers moments cet homme :

« On se souviendra peut-être d'un individu qui se faisait appeler Marat Maug commissaire du Pouvoir exécutif à Nancy et dans le département de la Meurtho, < nonce comme ayant usé envers les citoyens de toutes sortes de vexations. Ce Me ger donna l'exemple le plus terrible de la manière dont un coquin peut être toi mente par les remords. II rappelle les fureurs d'Oreste, et Lekain aurait pu troui en lui un modèle. Attaqué d'une fièvre très violente, il se levait sur son lit, et avec des convulsions vraiment effrayantes et d'une voix épouvantée, il s'écriai ■ Voyez-vous dans les ombres de ces voûtes la main de mon frère? Il écrit en lettr « de sang : Tu as mérité la mort! • Il périt en effet au milieu des transports de cel frénésie et on honora sa mémoire de cotte épitaphe :

Dans un corps sale et pourri Gisait une àme épouvantable.

Depuis ce matin, Dieu merci, Et l'âme et le corps sont au diable. »

3. Voici en quels termes Faure, dans son rapport sur sa mission dans la Meurlli parla de Mauger à la Convention :

« A la tête do la faction, établie à Nancy lorsque j'y parus en vendémiaire i l'an II, se trouvait Marat Mauger, prêchant la vertu avec le ton de la fureur et Ta dace du crime; il avait forcé l'opinion publique à lui décerner la couronne lorsqu ne méritait que l'échafaud. Son buste, placé à côté de celui de Marat dans la salle d séances de la Société populaire, attestait à la fois son arrogance et son pouvoir. K

dans les villes de Nancy, Toul et Dieuze, en emprisonnant arbitrairement les citoyens et leur faisant payer leur liberté par des sacrifices pécuniaires, etc.. » Tous furent acquittés*.

En même temps qu'il s'était débarrassé du commissaire du Pouvoir exécutif et de sa faction, Faure avait délégué, dans chaque ville du département, des commissaires chargés de l'y représenter et de faire exécuter ses ordres.

Harlaux, vice-président du directoire de la Meurthe, Simon et Gérard furent désignés pour se rendre à Toul, où ils arrivèrent le 24 brumaire (14 novembre). Après avoir convoqué la Société populaire, ils donnèrent à ses membres lecture de leurs pouvoirs. Simon, prenant la parole, prononça un discours a plein de sagesse et d'énergie et dont les résultats furent de convaincre rassemblée ». En voici l'analyse, telle qu'elle se trouve consignée au procès-verbal de la séance :

Les mesures révolutionnaires auxquelles on a recours en ce moment, sont nécessaires pour sauver la patrie et justes en elles-mêmes, puisqu'il y a une lutte à mort entre les amis et les ennemis de la Révolution. Dans cette lutte, il est donc bien naturel aux patriotes de porter à leurs ennemis tous les coups nécessaires pour les mettre hors d'état de nuire.

Pour se rendre digne de la belle Constitution qui a été donnée au peuple et acceptée par lui, il faut ne s'attacher qu'aux vérités éternelles et renoncer aux erreurs de tout genre, politiques et religieuses, qui ont servi à le tenir dans les fers pendant si longtemps.

Trouvant que le lieu des séances ne répond pas à la dignité du peuple assemblé, et que chacun doit y être vu et suivi dans toutes ses actions, les citoyens commissaires estiment qu'il convient de choisir un autre local pour la Société, dans un des plus beaux édifices nationaux de cette ville, et de l'orner de tout ce qui peut élever l'âme et la rappeler aux vertus républicaines.

r le Gouvernement pour vivifier l'esprit public, il subjugua les opinions et mes et, fier de ce succès, il ne garda plus de mesure : la turpitude était son ; le crime devint sa ressource; il vendit l'impunité aux scélérats et mit aux locencc qui refusa d'acheter sa grâce, etc. »

r aux archives nationales le dossier de leur procès, coté sous le n° 483 rie W. 312 Dans l'acte d'accusation (pièce 3), Marat Mauger, quoique mort, as épargné. On y lit : « La nature a soustrait Mauger, cet homme imprégné les vices, à la vengeance de la loi, et les oreilles ne seraient pas souillées de ses crimes, s'il n'avait ou des complices. »

Il faut aussi , à l'exemple de Nancy, qui a déjà célébré la décade, consacrer en cette ville la prochaine décade par une fête civique, où la joie publique, les mœurs, l'art et le goût auront leur part.

Harlaux adressa à son tour une allocution et déclara que ses fonctions de président du directoire l'avaient mis à mên connaître le district de Toul et qu'il était heureux « de re justice au civisme de ses habitants ».

A la suite de ces discours, la Société, à l'unanimité, déc « que l'ouverture et la clôture de chaque séance seraient sacrées par le chant de l'hymne patriotique; que Char Vuillaume seraient chargés de pourvoir au changemen local et de s'occuper des préparatifs des fêtes décadain que la Société tiendrait séance tous les jours à 5 heures, dant le séjour à Toul des commissaires délégués ».

J.-B. Bouchon, Andreux, Jacquet et Balland père e vinrent ensuite déposer sur le bureau leurs lettres de b lier et de licencié « pour être brûlées avec les titres féoda jour de la fête de la prochaine décade ».

Ici se place un incident que ne devait pas faire prév< caractère de son auteur : Lapoule, membre du Club, qui un prêtre démissionnaire, « blessa l'honnêteté et le respe au sexe par des expressions qui présentaient des idées obscèi A l'ouverture de la séance du lendemain (25 brumaire-t! vembre), la Société lui appliqua les pénalités édictées \ règlement, c'est-à-dire la censure avec suspension pei huit jours du droit de vote aux assemblées, « auxquelles i tenu néanmoins d'assister, pour profiter des leçons de vei de bienséance qui s'y donnent ». A l'instant même, Ma qui présidait, notifia en ces termes à Lapoule la mesur le frappait : « Tu as blessé l'honnêteté par tes expressic manqué au respect dû aux femmes vertueuses qui assist nos séances. La Société et les tribunes te censurent et t'i disent pendant huit jours du droit de voter aux assemt auxquelles néanmoins tu seras tenu d'assister, pour appn à devenir plus circonspect. »

Cet incident vidé, le Club arrêta que la municipalité et le directoire du district seraient invités à faire flotter le drapeau tricolore sur tous les édifices publics.

Morel, commissaire délégué aux subsistances, exposa qu'il avait procédé à la levée des scellés qu'il avait fait mettre sur les papiers de Lardemelle, garde-magasin des vivres, et de Petitjean, receveur du district, et déclara que, vérification faite de leurs correspondances, il n'y avait rien trouvé contre les intérêts de la République, a Toutefois, — continua-t-il, — les abus des administrateurs des subsistances militaires sont si notoires et si adroitement couverts, que les coupables sont ceux dont la tenue des registres est la plus belle, et, pour les atteindre, il faut la sévérité la plus scrupuleuse. En conséquence, au nom de la patrie, les bons citoyens sont invites à dénoncer courageusement tout ce qu'ils savent contre le civisme de Petitjean et de Lardemelle 1 . »

Harlaux ne séjourna à Toul que deux jours en qualité de commissaire du représentant du peuple; en effet, les membres du directoire de la Meurthe* furent accusés par les commissaires des subsistances de n'avoir pas obéi aux réquisitions de vivres qui leur avaient été faites pour l'approvisionnement des armées 3 . Emprisonnés tous en exécution d'un arrêté, pris le 22 brumaire (12 novembre), à Strasbourg, par Saint-Justet Lebas, représentants du peuple à l'armée du Rhin, ils furent conduits à Paris et écroués à la maison d'arrêt de la Force.

l. PKTrrjBàH (Louis) avait été arrêté par Maugor, parce qu'il était le frère de François Petitjean, payeur général à l'armée du Nord, contre lequel la Couvention avait rendu, le 29 août, un décret d'arrostation comme complice de Dumouriez. Il fut remis en liberté sur la demande du conseil général de la commune. Quant à de Larfdi à vue dans sa maison.

, nommé le 23 août 1798 par arrêté des représentants à l'armée de d, Sou bran y et Bhrmann, se composait de : Harlaux, vice-prtfsiollin l'aîné, Cabocel, Sonniai et Bénard, membres; Mouror, procuic, et Lang, secrétaire général.

ants Lacoste et Lehmann avaient pris à Strasbourg un arrêté orement de la Meurthe de livrer dans les magasins de l'armée du lux de froment, 37,834 quintaux de foin et 16,827 sacs de 12 bois-

Faure délégua alors le citoyen^ Pitov po ur remplacer Harlaux.

Pitoy (François) était natif de Toul. Nommé en 1790 instituteur public à Nancy, il avait publié un ouvrage patriotique sur l'éducation des enfants, qui fut adopté dans les écoles du département. Elu officier municipal en décembre 1792, il s'était déclaré montagnard à rencontre de ses collègues. Aussi le directoire du département, par un arrêté du 29 juillet 1793, l'avait-il destitué de sa place d'instituteur.

Chaud partisan de Marat Mauger, il s'était rendu à Paris, lorsque ce dernier avait été arrêté, le 17 août, sur Tordre de la municipalité de Nancy : ce fut grâce à ses démarches au Club des Jacobins de Paris, où il prit la parole, que la destitua le corps municipal de Nancy et rendit ] liberté (24 août). Un décret de la Convention, c suivant, avait rétabli Pitoy dans ses doubles fon< cier municipal et d'instituteur et avait déclaré que ment lui serait payé pendant tout le temps écou jour de sa destitution.

Malgré ses sympathies pour Mauger, il n'avai de ses agents actifs et il était en bonnes relations s ainsi s'explique comment s'était porté sur lui le représentant. Pitoy, ambitieux et sectaire, ne devi son tour qu'une courte dictature sur ses compatri

Simon se présenta avec lui au Club le 26 brum vembre) et fit connaître à l'assemblée qu'Harlaux arrêté et traduit à la barre de la Convention nati< lui avait été substitué dans sa délégation à Toul donna alors lecture d'une nouvelle dénonciation qi populaire de Nancy avait adressée à la Conventû directoire du département. Ce document énom griefs, que ne mentionne pas le registre des délibe membre du Club de Toul, Dabit, en indiqua un se sistant en ce fait que le directoire avait « autorisé des grains au delà du maximum fixé par la loi ».

Après quoi, le nouveau commissaire délégué demanda à >e de nommer dans son sein, en exécution de Tarie l'arrêté rendu le 17 brumaire, par Milbaud et , représentants du peuple près l'armée du Rhin, une >n de dix-huit citoyens qui seraient chargés « de rei'enlever les ornements d'or et d'argent qui peuvent r dans tous les temples du district ».

it membres du Club furent aussitôt nommés pour cette mission.

le président donna connaissance d'une lettre par acob lui-même invitait ses concitoyens « à dépouiller es des ornements scandaleux d'or et d'argent, qui it avec la simplicité de la religion, dont tout l'éclat nsister que dans les vertus qu'elle produit ». lions voir désormais les commissaires délégués par le mt du peuple s'emparer des fonctions du Bureau et complètement ses membres : à la réunion du lende- ►rumaire (17 novembre), Pitoy s'installa au fauteuil ent; ses collègues Simon et Gérard prirent place à s ses côtés. Ils ouvrirent la séance en invitant l'asà leur faire part de toutes les plaintes qu'elle pou- • à formuler contre les fonctionnaires publics, qui révaricateurs, ineptes, faibles ou modérés ». pectateurs des tribunes c ayant troublé la Société en i parole sans l'avoir demandée ni obtenue », les comtes firent arrêter sur-le-champ et écrouer pour vingtures à la maison d'arrêt. Un autre spectateur encoule même motif, la censure du président.

> fut donnée du Bulletin de la séance du 19 brumaire vention nationale, où il était dit que « les sans-cu- \>ul n'avaient cessé de tenir une conduite loyale dans mps et avaient montré du patriotisme dans toutes les

le i était ainsi conçu : « Les départements nommeront une commission, sein des sociétés populaires, qui sera chargée de recevoir ces dépouilles expirant et d'en donner quittance. *

occasions, et principalement en volant au secours de la patrie à la première nouvelle des dangers' qu'elle pouvait courir ». Ce même Bulletin faisait également mention de « leur juste plainte de ce que des malveillants avaient répandu faussement le bruit que la commune de Toul était en contre- révolution ».

Pitoy présida de même la séance suivante (29 brumai 19 novembre).

11 fit savoir que Faure voulait procéder au renouvellem du conseil général de la commune et désirait connaître à effet l'opinion de la Société et des tribunes sur chacun des me bres qui composaient actuellement rassemblée commum L'assistance fut invitée à déclarer, au fur et à mesure de Y pel nominal qui allait être fait, les actes qu'elle pouvait a\ à leur imputer.

Aucun reproche n'étant formulé contre le maire Bouard procureur de la commune Maillot et quatorze membres du c seil général, Pitoy déclara qu'il rendrait compte au représ tant du peuple « qu'ils avaient conservé l'unanimité de confiance de leurs concitoyens ».

Pour cinq autres membres, la Société estima, « tout rendant justice à leur patriotisme » , que leurs occupati professionnelles les empêchaient fréquemment d'assister s séances du conseil et Pitoy annonça qu'il demanderait 1 remplacement « uniquement motivé sur leurs occupati domestiques et professionnelles ».

Un membre fut désigné par la Société comme devant € remplacé « pour son ineptie et son peu d'assiduité ».

Le Club décida que le discours prononcé le 12 brums par Faure, dans l'église de Nancy, serait imprimé et distril c comme étant l'expression des sentiments des vrais sa culottes ».

Quelques parchemins seulement avaient été jusqu'ici app tés au Club pour être détruits comme vestiges de l'anc régime; un grand nombre d'autres furent livrés au cours de séance. Les titres de toute nature devaient, en effet, êtrebri

à l'occasion de la fête décadaire, qui allait être célébrée officiellement pour la première fois le lendemain 30 brumaire.

Barotte, Jacquet, Mombled, Balland fils, Pagel, Débroux remirent leurs a lettres d'avocats »; Bonaventure son « brevet d'apothicaire » ; Bourcier père sa « commission de procureur fiscal de la justice de Ménil-la-Tour » ; Lapoule ses « lettres de bachelier et de curé » ainsi que ses sermons; Granier ses « lettres de maître en chirurgie » ; l'épouse de Cordier la <r lettre d'avocat » de son mari; Balland père, ses «lettres d'a- ;, de juge et de procureur-syndic du district » et Lefèvre privilège pour la salle de spectacle ».

fin, les membres de la Société et les spectateurs des tri- 3 ayant chanté l'hymne Amour sacré de la patrie, la je fut levée après que Pitoy eût invité l'assemblée à assisla fête du lendemain.

tte cérémonie eut lieu à dix heures du matin à la cathé- , où des discours furent prononcés par les citoyens Simon, îissaire délégué parle représentant du peuple; Poincloux, président du directoire du district, et Maillot, procureur commune et président de la Société populaire. Puis tous res de féodalité, qui avaient été réunis dans la basilique, t transportés sur la place de la Fédération (actuellement République) et réduits en cendres aux applaudissements issistance.

toy présida encore le 1 er frimaire (21 novembre) : il nça, en ouvrant la séance, que « les braves défenseurs patrie venaient de repousser l'ennemi et de reprendre premier poste *. Nos troupes avaient été victorieuses le >vembre dans un engagement près de Saverne; le même une attaque des Prussiens contre Bitche avait été re- ;ée et Hoche avait poursuivi l'ennemi jusqu'à Deux-Ponts, lui avoir enlevé la position de Bliescastel. Ces nouvelles ient d'être apportées par Carez, de retour de l'armée 1 .

i commandant du bataillon do Toul, lors de la reprise sur les ennemis du etranché de Norlhweiler, le u septembre, s'était montré de la façon la plus

Ensuite vint en discussion une question particulière, relative à Borde, fabricien de l'église Saint-Gengoult, qui avait vendu, moyennant 15 livres, et pour le compte de la fabrique, deux confessionnaux dont on avait ordonné la destruction. Le comité de surveillance de la Société exprima l'avis que « la

conduite de Borde devait être considérée comme une c

légère et, vu sa bonne foi, non susceptible d'une inculj fondée t. L'assemblée se rangea à cette manière de voir, arrêta que tous les confessionnaux qui restaient encore les églises de la ville seraient 'brûlés le lendemain.

Le Club ordonna que les discours prononcés le 30 bru dans la cathédrale par Simon, Poincloux et Maillot, ai m le compte rendu de la fête rédigé par Léviston, seraient i mes 1 et distribués aux vrais sans-culottes.

Maillot, président de la Société, reprit possession deso teuil pour la séance du 3 frimaire (23 novembre). Apri plusieurs citoyens eurent déposé sur le bureau c diffi objets en or destinés à être envoyés à la Convention » semblée arrêta que le Comité de surveillance serait pi remettre en liberté la citoyenne Valory, femme d'un é nommé Dortant, « dont elle ne partageait pas les opinioi

Le Club était ému de la situation créée par la pénur vivres à Toul : les marchandises avaient disparu et la i était grande, conséquence de la loi d u maximum, qui, et fant les denrées, avait supprimé la liberté commerciale.

honorable, comme le passage suivant des Mémoires de Goovion Saint-Cyr (I fournit la preuve : « Le bataillon de la garde nationale de Toul, dont le géi chef (Landremont) avait voulu renforcer celte division (la division de Gouvion Sai fut laissé par Vadjudant-général Saint-Cyr, leur compatriote, en réserve à 1 pour ne donner qae dans un cas indispensable, attendu qu'il ne se composait gens mariés, la plupart pères de famille ; il résista aux instances du citoyen leur commandant, qui demandait à être employé plus activement, t

1. Le surlendemain, la Société décida qu'un discours préparé par Pitoy, qu pu le prononcer, serait imprimé avec les autres. Nous n'avons trouvé aux aucune trace de cette brochure : il existe, en revanche, à la biblio théque mu un exemplaire de la relation qui a été publiée de la fête célébrée le 80 dans les mômes conditions. On y lit que Faure mil le feu lui-môme aux l'ignorance et de la superstition et qu'ayant (ait remplir de vin le calice du c évéque, il but à la République.

semblée rechercha les moyens d'y obvier, sans pouvoir utilement y parvenir : elle se contenta de charger Carez de rédiger une adresse à Faure, pour solliciter « l'envoi d'une portion de l'armée révolutionnaire dans l'étendue du district de Toul, à l'effet de forcer les campagnes voisines à venir approvilarché de cette ville de toute espèce de comestibles, \ le faisaient avant la loi du maximum ». Mais cette 3 pouvait être accueillie par le représentant .du un moment où les armées n'avaient pas trop de fs pour la défense du territoire. Ettion se continuant à Nancy, contre l'ex-commisnseil exécutif, la Société décida qu'on enverrait i Faure, un exposé de la conduite tenue à Toul , et des différentes arrestations que celui-ci y avait

apportait difficilement la mesure prononcée contre umaire. Les huit jours pendant lesquels il lui était lélibérer n'étant pas écoulés, il fut rappelé à l'ordre à nouveau pour avoir demandé la parole au cours

é arrêta le 5 frimaire (25 novembre), qu'une cérébre aurait lieu le 10 «en mémoire des représenfc et Lepelletier, assassinés par les ennemis de la ie l'Égalité». Carez, Bourcier et Charpy furent r la direction du cortège à cette fête civique, que >ons à sa date.

idemain 7 (27 novembre) le Club informa le reprépeuple que les citoyens élus la veille officiers muniables, membres du Bureau de conciliation et asses- ;e de paix « jouissaient de la confiance du peuple » irait, à ce titre, confirmer leurs élections. a ensuite son comité de correspondance d'exprimer lion du département de la Meurthe et à son comsatisfaction de la Société « pour leur belle conduite lier engagement d .

Les commissaires nommés par Faure se trouvant à la réunion, un sociétaire leur demanda «c s'ils connaissaient une loi ______

ou une proclamation empêchant les prêtres de dire la messe " et les citoyens d'y assister ». Il lui fut répondu qu'ils n'en connaissaient pas encore.

Une disposition additionnelle au règlement de la Société populaire touloise fut votée à la séance du 9 frimaire (29 novembre). L'assemblée décida que le président <r resterait désormais couvert du bonnet de la Liberté pendant les séances; qu'il ne se découvrirait que pour désigner le trouble, et qu'à cet instant, tous les sociétaires seraient tenus de se découvrir et de faire silence, sous peine d'être punis selon la rigueur des lois >.

À la même séance, le citoyen Haudot, curé de Charmes-la- Côte, remit ses lettres de prêtrise « pour les brûler lors de la première cérémonie publique ». Puis le comité de correspondance fut chargé « de présenter à la Convention ou aux ~~ autorités compétentes une pétition tendant à obtenir l'église ci-devant cathédrale pour en faire un Temple de la Raison n>. » : " i ' < f r

Le lendemain eut lieu la fête civique que le Club avait décidée cinq jours auparavant et dont le registre des délibérations contient ce compte rendu :

Le cortège composant la fête civique (*tc), en mémoire des représentants Marat et Lepelletier, assassinés par les ennemis de la Liberté et de l'Égalité, et de nos frères morts pour la défense de la patrie, est parti de la maison commune dans l'ordre adopté par la Société.

Il s'est rendu au Temple de la Raison, où le citoyen Pitoy, commissaire nommé par le représentant du peuple, a prononcé un discours justificatif du civisme de Marat et de Lepelletier, et dans lequel il a fait remarquer la bravoure de nos frères d'armes morts pour la défense de la patrie.

Ensuite, le cortège a fait une seconde station sur la place de la Fédération, devant le monument élevé à la mémoire des deux héros de la liberté.

Étant arrivé en la saUe de la Société ' dans l'ordre convenu et au milieu

l. Malgré la décision qu'elle avait prise à sa séance du Si brumaire, la Société n'avait pu trouver un nouveau local et avait continué à siéger dans la grande salle du ci-devant séminaire.

CLUB DM JACOBIVfl. 5

des chanta civiques, le président Maillot a fait un discours, dans lequel il a rappelé les principaux traits de civisme et de courage de ces deux martyrs de notre liberté.

Ensuite, le citoyen Pitoy a annoncé au peuple que la fête se terminerait par un bal public dans la maison nationale du ci-devant évêché.

Enfin, les différentes bannières qui ornaient la cérémonie ont été déposées dans la salle de la Société ; après quoi, il rut procédé à l'inauguration des bustes de nos deux héros 1 .

Ce compte rendu fut envoyé le 1 1 frimaire à Jacob, qui avait exprimé le désir a de faire part à la Convention des fêtes célébrées par la Société ».

Le même jour, le Club reçut, pour être livrées aux flammes, « les lettres de tonsure, sous-diaconat, diaconat et prêtrise » de Raguet, curé de Fontenoy.

Pitoy fit connaître que Faure, représentant du peuple, désirait avoir une liste des personnes « qui ont entouré Mauger lorsqu'il s'est rendu à Toul et doivent être regardées comme complices de ses tyrannies >.

L'assemblée arrêta que cette liste comprendrait les noms suivants : Valranville, Lavice, Nicolas, Febvé, Martin et Plaisant, et qu'on y joindrait une adresse destinée à obtenir de Faure et du comité révolutionnaire de Nancy « le renvoi dans la maison de détention de Toul des personnes qui y étaient détenues auparavant comme suspectes et avaient été transférées à Nancy par ordre de Mauger ».

Les rédacteurs de l'adresse étaient chargés de motiver la demande du Club en faisant ressortir <r que ces détenus seront mieux jugés en connaissance de cause au milieu de leurs concitoyens que dans une commune étrangère » et qu'on exceptait de la mesure sollicitée ceux d'entre eux qui devaient être traduits devant le tribunal révolutionnaire du département, établi à Nancy, par un arrêté de Faure, en date du 28 brumaire (18 novembre) 1 .

1 . Les bustes de Moral et de Lepelletier, qui furent ainsi placés solennellement dans le local de la Société populaire, avaient été offerts à la commune de Toul par la citoyen Montigny, de Paris. (Archivés muniàpalet.)

2. D'après un relevé fait à Nancy et communiqué à M. Berriol -Saint-Prix {Cabinet

S'il» pensaient à faire rentrer à Toul leurs concitoyens déténus, les membres de la Société populaire n'oubliaient pas l'intérêt des familles de ceux qui avaient dû quitter leurs foyers pour se rendre à l'armée : à la séance du 1G frimaire (6 décembre), ils prirent en leur faveur la délibération suivante :

La Société populaire,

Considérant que la défense des défilés de Baverne, pour laquelle les Toulois avaient été appelés, est complètement opérée ; que les ennemis se sont retirés fort au loin de ce poste et que les citoyens de Toul sont maintenant aussi inutiles à l'armée que nécessaires à leurs foyers,

Arrête :

Lee citoyens Carez et Bourcier seront députés vers la force armée do la 8 e réquisition de Toul, actueUement bivouaquée à Behainviller', pour prendre des renseignements sur sa situation, sur ses besoins et sur le degré d'utilité qu'elle peut avoir actuellement à l'armée, et, d'après le résultat de leurs observations, faire auprès des représentants du peuple et des généraux telles démarches qu'ils croiront nécessaires aux intérêts de leurs concitoyens et à ceux de la République.

Les questions traitées n'étaient plus aussi nombreuses, en raison de la fréquence des séances : la Société, en effet, se réunissait depuis quelque temps presque quotidiennement.

Le citoyen Bralret, curé de Bagneux 1 , déposa sur le bureau ses lettres de prêtrise à la séance du 18 frimaire (8 décembre). Après cela, l'assemblée raya du tableau de ses membres Mar-

Mffor4fué, c XI,'î88), ce tribunal prononçais condamnations à mort, dont n avant et S après le 9 thermidor ; au nombre de ces condamnés ne figure qu'un seul Toulois, le lieutenant de gendarmerie Thouvenin, dont nous avons parlé plus haut.

i . Commune du canton de Gerbéviller, située à 4 kilomètres de Lunéville.

S. Ce prêtre constitutionnel donna peu après sa démission, se maria et devint libraire-éditeur'à Toul, rue Michàtel. Sous le Consulat et l'Empire il publia des brochures* et des almanachs contenant des anecdotes locales. Collectionneur d anciens livres/il an avait réuni, un nombre important, qui provenaient en partie des anciennes bibliothèques capitulaires et conventuelles de Toul. Louis-Joseph Bralret était ne à Toul en 1762 ; il mourut à Liverdun le 22 novembre 1842.

oé à la détention jusqu'à la paix » à la suite des jeteur connaît. Enfin, il fut décidé que deux cius par leur prudence et leur amour de Tordre » s dans chacune des quatre tribunes de la salle pour y faire fonctions de censeurs et maintenir ». Huit sociétaires furent aussitôt choisis parmi

\ de la Société populaire de Gondreville, s'étant \ frimaire (10 décembre), donna lecture d'un ique qu'il avait prononcé dans le Temple de la ,e commune « pour déterminer ses concitoyens à auteur de la Révolution et à extirper les préjuux». L'assemblée accueillit cette communicas applaudissements et vota l'envoi d'une adresse b Gondreville pour lui exprimer la satisfaction

, curé de Lagney, déposa sur le bureau ses lettres s prêtres constitutionnels, qui sacrifiaient ainsi igieux, ne faisaient que suivre l'exemple donné e, Lalande, député de la Meurthe. Au cours de la Convention du 17 brumaire (7 novembre), léclaré renoncer pour toujours aux fonctions de léposé sur l'autel de la patrie son anneau et sa reux plus, — avait-il dit, — avoir d'autre titre itoyen et de républicain français; je n'en conquisse être aussi beau ni aussi précieux. > t aboli et ses ministres devaient se démettre de sous peine d'être déportés. Les églises avaient, dépouillées des « signes de la superstition » : la se tabernacles, confessionnaux, statues et crutant que la chaire, nécessaire aux orateurs des

;énéral de la commune de Toul avait pris, le décembre), une mesure radicale en ordonnant nérale des églises. A la séance tenue par le Club

le 24 frimaire (14 décembre), des citoyens placés da bunes protestèrent contre cette mesure et demande Société de « décider l'ouverture des églises, en se fc la loi qui proclame la liberté des cultes ». Une long sion s'engagea; mais, craignant de se prononcer, 1' passa à Tordre du jour.

Le lendemain 25, Pitoy, qui avait fait arrêter Tu: testataires, prononça au Club un discours c destiné le peuple » ; il y démontrait que la mesure prise par général était « nécessaire pour détruire le fanatisme serait « déraisonnable de revenir sur une délibératic annoncée à la Convention ». Il proposa à l'assemblé dre en ce sens un arrêté et, au préalable, dedécidei femmes ne pourraient avoir voix délibérative sur la q

Cette proposition fut adoptée et la Société, passan arrêta que « les églises continueraient à être fermées réclamation, cette fois, ne s'éleva dans l'assistance.

La durée des pouvoirs que le représentant du pei donnés à Pitoy, Simon et Gérard, était expirée. Les constituées avaient été régénérées à Toul, l'esprit avait été vivifié! Les commissaires délégués furent à Nancy, par Faure, qui lui-même était au terme d sion.

Avant de quitter Toul, Pitoy se fit délivrer par général de la commune, le directoire et le tribuni trict des certificats approbatifs de ses actes : il reçut de la Société populaire une « attestation honorable duite qu'il avait tenue pendant sa mission >.

Ces précautions étaient nécessaires, elles devaient un peu plus tard. Bientôt dénoncé pour des exact avait commises pendant son séjour à Toul, Pitoy i et conduit à Paris, pour y comparaître devant le tri volutionnaire ! . Grâce aux attestations favorables

i. Voir le dossier de cette affaire, coté sous le n° 812 de la série W. chives nationales.

ainsi produire ! , le tribunal déclara vagues et insignifiantes les

l. La curieuse lettre suivante, adressée le 27 thermidor an Œ (18 août 1795) par les membres du conseil général de la commune de Toul à leurs collègues de Nancy (Arch. mun.), fut un juste réquisitoire contre le proconsulat de Pitoy, ù l'occasion de sa conduite à Toul et de ses rapports avec le Club des Jacobins :

« Citoyen*,

« Tous les citoyens probes et les amis de la Liberté de notre commune n'ont cessé d'être étonnés que, après le retour des lois et sous le régne de la justice, Pitoy ait pu échapper à leur œil vigilant et à l'épuration de tant d'êtres immoraux et sanguinaires, dont le régime révolutionnaire et la tyrannie, des décemvirs avait surchargé et souillé la République.

« Agent de la Terreur, la Terreur a pu faire sa sûreté ; il a trouvé de l'appui auprès de quelques députés organisateurs de ce système exécrable. S'il n'a pas été enseveli sous la chute de ses protecteurs, ce n'est probablement que par l'illusion qull a pu faire par la réunion de nombre de certificats et d'attestations, demandés avec insolence, accordés par faiblesse, dans un temps où le terrorisme comprimait toutes les âmes et enchaînait la liberté des opinions. Quelques-uns de nos collègues, en rougissant de voir leurs noms inscrits au bas de ces actes, reconnaissent la contrainte, faite à leur conscience par le besoin de leur sûreté personnelle, et révoquent les attestations qu'ils ont données à la conduite politique de cet homme effréné.

« Pitoy, revêtu de la délégation d'un représentant, a exercé dans nos murs cette autorité avec un orgueil, un esprit de domination insupportable; il s'est fait donner pour siège de ses fonctions la maison d'un déporté, la plus considérable de la commune et meublée avec le plus de faste ; il a fait lever les scellés conservateurs de la propriété nationale ou individuelle, apposés sur les malles et caisses, pour en tirer des linges de table et de lit, dont la restitution n'a pas été fidèle. Sans pouvoir déterminer sur quels fonds la dépense de sa table était établie, elle était au-dessus do ses facultés et de son traitement. La terreur et l'indignation qu'inspirait sa conduite politique, égalaient le mépris et le dégoût que sa conduite morale lui attirait. Partageaut son autorité avec ses deux collègues (Simon et Gérard), il les a constamment réduits à être nuls et il dominait seul. A la Société dite populaire, quoiqu'elle fût alors, à plusieurs égards, chargée de missions du Gouvernement, il s'est emparé de la place du président et de l'autorité du bureau; il ne permettait aucun essor à la liberté des vœux et des opinions des tribunes. Ses menaces d'arrestation, de tradition au tribunal révolutionnaire, ses vociférations, réduisaient les citoyens au silence : il comprimait par la terreur leurs réclamations sur le culte et le besoin d'une religion pratiquée; il a, le premier, provoqué et institué la fête sacrilège de Marat ; il a provoqué les délations contre les autorités constituées, en a établi le bureau dans son domicile, encourageant et excitant les citoyens à en faire. Sur les dires les plus vagues et les plus aisés à démentir, il a dénoncé à l'opinion, poursuivi avec acharnement, fait arrêter et citer aux tribunaux plusieurs fonctionnaires et citoyens ; il a persécuté d'excellents patriotes, dont la faute de quelquesuns n'était que de l'avoir obligé et mis en avant. Dans ses fonctions à la Société dite populaire, il paraissait souvent dans l'état vil ot crapuleux de l'ivresse. Nous tirons le rideau sur des débauches secrètes, dont une information plus particulière donnerait connaissance.

« Enfin, citoyens, nous croyons qu'un homme qui s'est rendu si indigne à tant d'égards de l'estime et de la confiance publiques, ne peut sans danger et sans compromettre l'autorité, occuper une place dans la République, jusqu'à ce que, éprouvé pendant longtemps, il ail fait oublier ses écarts et ses excès par une conduite plus régulière et plus conforme aux vertus et aux principes républicains.

« Et ont signé : Lacroix, mairo; Gennevaux, Madelin, Lépineau, Déguilly, Borde, Petit, Houot, ViLlemsens, officiers municipaux; Mombled, Jacquet, Paritot, PUUment, Olrion, Paquier, Bernauer, Colton, Lacapelle, Saulnier, Lefévre, Metquiny, notables ; Maillot, procureur de la commune, et Prançoit, secrétaire-grenier. »

dénonciations portées contre lui et il l'acquitl (14 mai 1794).

Revenons maintenant à la séance du 25 fr cembre) : après avoir tranché la question relat des églises, la Société populaire fut appelée à se le choix d'un correspondant, que sollicitait cel de Paris. La lettre écrite au Club à ce sujet V: gner un de ses membres, sûr, patriote et con* raient être envoyées en toute sûreté les lettr L'assistance choisit Maillot 1 et chargea le coi pondance d'en informer la Société parisienne.

Communication de la correspondance fut don le 26 frimaire (16 décembre).

Une première dépêche émanait du ministre faisant connaître l'impossibilité où il se trou 1 pour le moment des fusils destinés à la défec « attendu que les armées des frontières n'en « core tout à fait pourvues » .

Une autre était écrite par Carez et Boui comme on se le rappelle, à l'armée du Rhin ] le rapatriement du bataillon de Toul; elle anne de leur mission et le prochain retour de leurs c<

Les deux délégués sollicitaient l'envoi immédi de souliers, « absolument nécessaires aux ga pour revenir à Toul ». L'assemblée arrêta que ] lutionnaire expédierait sur-le-champ les 60 pa qui lui restaient, et que les corps constitués se se joindre au Club et à la municipalité pour

1. Maillot (Claude-Pierre), né à Toul le 22 octobre 1744, était lieutenant-général du bailliage et siège présidial de Toul. Élu, Tiers-État aux Étals-généraux, il siégea dans cette assemblée 30 septembre 1791. Successivement élu procureur de la comn cembre 1792, agent national en 1794 et président de l'adimnisli novembre 1795, il devint peu après commissaire du Directoire < nicipalité, puis commissaire du Gouvernement près le tribunal 1801. Il fut procureur impérial près le môme tribunal de 1804 à tion, il se retira de la vie politique et mourut à Toul le 2 mars

contre de leurs « braves frères d'armes, auxquels il sera fait

un discours pour leur témoigner la satisfaction de toute la

, i i- ^ er gur ] eur b ravoure e t leur bonne

s le 3 nivôse (23 décembre), vinrent n compte détaillé » de leur voyage; ichement des Toulois s'était mis en taient présentement à Blamont et murs de Toul. Ces nouvelles furent ssemblée, « qui témoigna à ses déla manière sage et réfléchie avec leur mission».

Fou g, désirant être affiliée à celle

rêté en ce sens et, à cette occasion,

îiété étrangère devrait, pour obte-

un tableau signé de tous les mem-

icembre) que les citoyens toulois, igrèrent leurs foyers : ils se présen- Jté et déposèrent sur le bureau les ur avaient été remis par les repréénéral en chef de l'armée du Rhin, ivoir donné lecture à l'assistance, Et patrie et c leur donna le baiser leur commandant ».

ue terminée, le Club entendit la

a ait du directoire du département, passage à Toul d'une colonne de isait connaître que la ville de Haitre rendue » et que les lignes de îs à l'être » .

le la Convention : son Comité de iété « à une active et continuelle ints d'administration » et l'cnga-

geait à « s'épurer elle-même ». L'assemblée, accueillant cette proposition, fixa son épurement au 1 1 nivôse et arrêta que tous les membres seraient tenus d'assister à la séance de ce jour.

La Convention ayant rendu un décret qui ordonnait de celébrer la reprise de Toulon, Carez, Giron et Char™ ^«^«* - ~<

chargés le 8 nivôse (28 décembre) d'organiser une fê Une souscription, ouverte aussitôt parmi les membre pour en couvrir les frais, produisit la somme de 1 65

Le même jour, le courrier apporta au Club des intéressantes envoyées par des Toulois, alors aux ar

Richardin et Gouvion écrivaient de Metz pour a leurs concitoyens « que l'armée de la Moselle ava avec la plus grande impétuosité les forces ennen quelles ce combat avait coûté 26 pièces de gros et caissons, chariots, chevaux et plus de 500 prisonr son côté, Vannier écrivait de Strasbourg à la Société « confirmer l'action du 3 nivôse, par laquelle nos trouj repris les lignes de Wissembourg et marchaient p< quer Landau » .

Franchissant les Vosges avec l'armée de la Mose avait, en effet, le 23 décembre, chassé les Autri Frœschwiller et de Wœrth, où ils s'étaient retrancha solides positions. Ayant opéré le 25 sa jonction av du Rhin, le jeune général, à la tête des deux arm< nées, avait attaqué les Prussiens au Geisberg. L'enr été bousculé, les lignes de Wissembourg reconquis* Landau débloqué.

La Société populaire procéda, le 1 1 nivôse (31 dé( son épurement, q ui se fit dans l'ordre alphabétique bres. Avant de procéder à cette opération, l'assemï qu'on voterait « par assis et levé, s'il n'y avait aucun tion contre le membre à admettre», et que, dans] traire, on recourrait à un <r scrutin par boules noin ches», elle arrêta également en principe l'exclusion < «qui n'auraient pas renoncé à leurs fonctions ecclésh

L'épuration, commencée dans la séance de ce jour, fut continuée dans celles des 13, 14 et 16 nivôse (2, 3 et 5 janvier 1794). Elle modifia à peine le personnel du Club : sur les 11 8 mem bres qu'il comptait alors, 101 furent admis et 2 seulement"fïïreirt rayés du tableau 1 ; quatre membres étaient absents lors de la discussion de leurs noms, il fut sursis à leur égard; enfin la réadmission de onze autres fut ajournée pour divers motifs*.

Le registre conservé aux archives contient, à cette date, une délibération d'une originalité naïve, prise parce que des enfants avaient, pendant les votes, « manqué à la majesté souveraine du peuple par des indécences». La Société, «jalouse d'inspirer de bonne heure à la jeunesse l'amour des vertus républicaines », mais ne voulant pas leur interdire d'assister aux séances, arrêta que le directeur des ouvrages de la salle serait chargé d'aménager « un local placé sous les yeux du bureau et uniquement destiné aux enfants ».

Les membres du directoire de la Meurthe, arrêtés dans les circonstances. que nous avons relatées, étaient toujours écroués à Paris, en attendant que la Convention eût statué sur leur cas; ils écrivirent au Club toulois «pour lui déclarer qu'ils étaient victimes de l'erreur ou de la calomnie et n'avaient jamais mérité leur sort ». A leur lettre était joint un mémoire justificatif de leur conduite. La Société, connaissance prise de cette lettre et du mémoire, arrêta dans sa séance du 20 nivôse (9 janvier), « à l'unanimité des sociétaires et des tribunes », que Carez, Michelet et Chauvenel seraient chargés de la rédaction et de l'envoi immédiat d'une adresse à la Convention, pour solliciter de cette assemblée la réintégration des membres du directoire.

1. Les deux membres rayés furent les prôtres constitutionnels Aubry et Leclerc, qui refusèrent d'abandonner le sacerdoce.

s. Citons, entre autres, Grégeois, cordonnier, qui avait « dit hautement qu'il faisait peu de cas d*ôtre admis dans le sein de la Société » ; les prêtres Daille, Friry. Roussel et Houillon; Laurent, directeur des messageries, qui était sous le coup d'une accusation de détournement de. fonds appartenant à la nation, et François Ségaut, de Dommartln, qui devait également passer en jugement.

Cette intervention avait lieu à l'heure opportune, c membres du Comité de sûreté générale étaient déjà favo: aux administrateurs. Le Club en fut averti par Gérard. < ci, qui revenait de Paris 1 , se présenta à la réunion du \ vôse (12 janvier) : il fit connaître que l'affaire des membi directoire du département était en bonne voie et que, j rapport du Comité de sûreté générale, c la Société a dans une huitaine, la satisfaction de les voir réintégra leurs fonctions». Ce rapport fut, en effet, présenté le ' viôse (26 janvier) à la Convention nationale, qui décr mise en liberté provisoire des administrateurs de la Mei

On n'avait pu conjurer la disette qui s'était même i dans des proportions inquiétantes, sous l'influence de di causes : la récolte de 1793, peu abondante en raison de cheresse de l'année, avait été absorbée par les réquisitioi litaires; les taxes établies par la loi du maximum détouri les cultivateurs du district d'amener leurs denrées à Toï villes voisines s'opposaient à l'exportation des blés n vente sur leurs marchés; enfin, certains commerçants ac raient les grains pour les vendre à d'énormes prix. Da circonstances, la Société populaire, émue des plaintes qi levaient journellement dans son sein, demanda l'aide de voira publics. A sa séance du 30 nivôse (19 janvier), ell cida qu'un membre du directoire du district et un c municipal se rendraient à Strasbourg dès le lendemain, solliciter de Lacoste et Baudot, représentants du peuph l'armée du Rhin, un prompt secours en subsistances.

En même temps, deux membres de la Société, Caj Petitjean, furent envoyés à Paris, afin de présenter pi requête au Comité des subsistances de la Convention. ] puté Jacob se joignit à eux pour faire cette démarche

i. Gérard avait été délégué à Paris le 98 frimaire (18 décembre) par la Soc pulaire de Nancy, afin de remettre à la Convention et à la Société des Jacob adresse • énonciatrlce de tous les événements qui avaient eu lieu, depuis que avait paru dans le département jusqu'au moment où le représentant du peupl avait proposé à la Société nancéienne sa régénération ».

10 pluviôse (29 janvier), tous trois écrivaient que le Comité des subsistances « venait de donner Tordre de faire verser au district de Toul, trois mille quintaux de blé du district de Vé-

f r * n k zelise », et que le premier courrier apporterait une copie de cet ordre.

Le 13 pluviôse (l w février), le Club avait chargé Michelet, Maillot et Guinet de la révision du règlement de la Société a en ce qui concernait la police de la salle des séances». À la réunion du lendemain, l'assemblée arrêta, sur la proposition ,/$'' *( de ces trois membres, que « les femmes qui seraient trouvées

' K l\ dans les tribunes réservées aux hommes, ou les hommes dans

^ celles réservées aux femmes » seraient mis en état d'arres-

tation.

Ensuite, elle fut touchée d'une demande de Gérard 1 , ancien procureur de la commune de Toul et alors greffier du tribunal criminel de la Meurthe, à qui les représentants du peuple reprochaient d'avoir été porter à la Convention une adresse du Club de Nancy. Comme un mandat d'arrestation avait été décerné contre lui, il sollicitait « une attestation de sa conduite et de ses principaux faits civiques depuis la Révolution jusqu'à l'époque de son départ pour Nancy». À l'unanimité, la Société « et le peuple y réuni » décidèrent qu'il serait transmis à Gérard « une attestation des principaux faits qui s'étaient passés sous les yeux de ses concitoyens et manifestaient la pureté de son patriotisme et son caractère révolutionnaire » .

Nous ne reproduisons pas, parce qu'il est d'un intérêt trop particulier, ce certificat de civisme, qui comporte deux grandes pages du registre des délibérations; mais nous allons, par quelques extraits d'une lettre 2 de Gérard à son ami Colombel,

1. Gérard (Claude), né à Toul le 7 septembre 1762, ne doit pas être confondu avec Gérard, qui avail été délégué à Toul par Faure en môme temps que Simon et Pitoy. Gérard (Claude), avocat au bailliage avant la Révolution, avait été successivement élu président du comité municipal en 1789 et président de la Société des Amis de la Constitution en 1790, puis procureur-syndic de la commune de Toul la même année et greffier du tribunal criminel du département en 1791.

t. Papiers de famille de M m « François-Bataille, petite-fille de Gérard.

Claude GERARD (1752-1827)

D'après un portrait appartenant à sa petite-fille, M" 6 François-Bataille, de Toul.

député de la Meurthe, justifier Futilité qu'eut pour lui cette favorable attestation du Club toulois :

Nancy, ce 21 pluviôse de Van II de la République, une et indivisible (9 février 1794).

Mon ami, je viens d'échapper, comme par miracle, à la perséc plus violente : ma mission près de la Convention a fourni le prétei ennemis de me calomnier.... Ils m'ont peint à Lacoste et à Bar ce contre-révolutionnaire, comme le chef de ceux qui avaient voulu < Mauger et compagnie, l'un de ceux qui avaient égaré Faure compte.... On a dit que je n'étais allé à Paris que pour les perdi procédait à l'épuration des membres de la Société populaire : Li Bar, représentants du peuple, étaient là. Je passe à l'épuration et, sence de quinze cents citoyens, je rends compte des principales tances de ma vie depuis 1788 ; les faits de civisme, les actions de tisme dont je parle sont, ou notoires pour la plupart, ou justifiés.... et Bar, convaincus qu'on les avait trompés, rétractent leur mandat tation de ma personne : j'ai été retiré d'une liste de proscription d deux citoyens, du nombre desquels sont presque tous les mena comité de surveillance, qui ont été, la même nuit, enlevés et co Strasbourg....

Fais part de ma lettre à Mallarmé et à Jacob. Salut et fraternité

Signé :Qé*

La Société populaire reçut, à leur passage à Toul, le viôse (3 février), les membres du directoire de la Meurt] derniers, mis en liberté provisoire le 20 nivôse (9 janvie la Convention, avaient tenu, avant leur rentrée à Ni remercier le Club de s'être intéressé à leur sort. ÀccueL les plus vifs applaudissements de rassemblée, le pr leur déclara que la Société « prendrait toujours le plus intérêt à la cause des patriotes opprimés ».

Le citoyen Guerre, maire de Choloy, avait envo; somme de 1,200 livres, en priant la Société de la r< comme dot à « une jeune fille vertueuse et indigente, son père ou son frère au service de la République ».

Le Club procéda le 16 pluviôse (4 février) au choix c

rosière. La jeune Caze « fut proposée par plusieurs citoyens et citoyennes, qui firent l'éloge de sa vertu, de sa conduite et de ses qualités civiques, ainsi que de celles de son père et de ses deux frères, dont l'un était mort au service de la patrie ». Sa candidature fut très favorablement accueillie, tant par les sociétaires que par les spectateurs des tribunes. Il fut décidé que « la citoyenne Caze obtiendrait en se mariant la somme de 1,200 livres, comme prix de ses qualités civiques et de sa conduite vertueuse, et qu'en outre, elle serait absolument libre dans le choix d'un mari ».

La jeune fille fut mandée à l'assemblée, afin que le président pût lui faire part de la délibération prise en sa faveur. Elle se présenta, accompagnée de son père, âgé de 60 ans, ce vieux canonnier que nous avons vu partir le 4 novembre à l'armée du Rhin. Michelet, qui présidait, fit placer le père à sa droite et la fille à sa gauche ; s'adressant alors à cette dernière et déposant une couronne sur son front, il l'invita « à continuer de donner à ses concitoyens l'exemple de la vertu, du civisme et de la fidélité conjugale, lorsqu'elle aurait accordé sa main à un époux ». Puis, se tournant vers Caze, il lui déclara « que la couronne qui venait d'être décernée à sa fille était le fruit de l'éducation qu'il lui avait donnée et de la vertu qu'il avait su lui inspirer ». Michelet, après cette double allocution, donna à chacun d'eux l'accolade fraternelle aux applaudissements de l'assistance.

La Société populaire avait à faire une désignation beaucoup plus délicate, celle du jeune Toulois qui, s'engageant à partir pour l'armée, serait monté, équipé et soldé aux frais du Club. Ayant, en effet, résolu le 1 1 novembre de fournir un cavalier qui servirait jusqu'à la paix, la Société avait ouvert une souscription pour réunir les fonds nécessaires. A la séance du 20 pluviôse (8 février), elle choisit Dabit fils, qui déclara « accepter et vouloir servir dans les dragons ».

Le Club faisait trêve aux questions de pure politique ; il ne songeait pour l'heure qu'aux nécessités de la défense nationale,

à laquelle, dans son patriotisme, il désirait coopérer. C'est dans ce but que, sur la demande du Comité de salut public de la Convention, il s'empressa de désigner (23 pluviôse- 11 février) les citoyens Lallemand fils, serrurier, et Larcher, maître d'école, « pour se rendre à Paris, apprendre la fabrication du salpêtre, des armes et des canons » ; que de même il décida qu'un atelier, destiné à la fabrication du salpêtre, serait établi à Toul, sous la surveillance des citoyens Porriquet, Thomas et Gennevaux, et qu'une instruction pour cette fabrication serait imprimée à deux cents exemplaires.

La Société arrêta le 26 pluviôse (14 février) que quelquesuns de ses membres parcourraient les différents quartiers de la ville « pour recueillir les dons patriotiques en nature pour les défenseurs de la patrie » : ces délégués devaient « avertir les citoyens indifférents et égoïstes qu'à défaut par eux de venir déposer leurs offrandes sur l'autel de la patrie, ils y seraient contraints ».

Sur l'avis donné par la citoyenne Caze, qu'elle avait choisi pour époux Alexis Lallement, volontaire au II e bataillon de la Meurthe, le Club vota l'envoi aux représentants Lacoste et Baudot d'une demande de congé limité en faveur de ce jeune homme, pour qu'il pût venir se marier.

Ensuite l'assemblée procéda à la nomination de seize commissaires, pris dans son sein et chargés de se rendre dans les différents cantons du district pour inviter les citoyens des campagnes « à venir au secours des braves défenseurs de la patrie ». Des pouvoirs pour ces commissaires furent, à cet égard, demandés au directoire du district.

La séance se termina par la réception des offrandes patriotiques, qui comprenaient, entre autres dons généreux, 400 livres envoyées par Clermont 1 , de Hamonville, « pour subvenir à l'armement et à l'équipement du cavalier de la Société », et 296 livres 5 sols, provenant de la Société populaire deDomger-

i. Le e^dsvanl marquis de Clermont-Tonnerre.

CLUB DBS JACOBINS. 6

main. Celle-ci déjà avait, le 16 nivôse, adressé 49 chemises destinées « au soulagement des soldats blessés dans les derniers combats » .

La dictature de Robespierre s'affermissait de plus en plus à

Paris et les représentants du peuple, qui ne suivaient pas dans

les départements la politique terroriste, étaient rappelés dans

le sein de la Convention. C'est ainsi que Faure, après Tacquit-

partisans de Mauger, traduits par lui au tribunal

îaire, dut retourner à Paris.

roirs illimités dont la Convention avait investi ce

*nt délégués à Bar, déjà en mission dans la Moselle

foin, ainsi qu'à Lacoste et Baudot, précédemment

'armée du Rhin. Ces représentants, après avoir fait

Strasbourg devant une commission extraordinaire

\ qui avaient secondé Faure au cours de sa mission,

jagné le quartier général de l'armée du Rhin, lais-

:ercer seul le pouvoir dans la Meurthe.

er, aussitôt, se mit en devoir de parcourir les prin-

bs du département pour y destituer les administra-

ictionnaires qui avaient été nommés par Faure ou

inions lui paraîtraient trop modérées.

Toul dans ce but, il se présenta le 29 pluviôse ( 17 fé-

lub des Jacobins.

îtrée dans la salle des séances de la Société popuprésentant Bar ' fut salué par des acclamations géexposa qu'il était venu à Toul « pour l'épuration 3S constituées et l'assiette du gouvernement révolu- . Nous empruntons à un imprimé de l'époque le rént de son discours :

le modérantisme et l'égoïsme ont fait des progrès parmi les

îtienn o) } né à Ànueville-sur-Mer, le 8 décembre 1749, avocat i Thioude paix à Saint-Àvold en 1790. Élu en 1702 député de la Moselle ér il avuit voté la mort de Louis XVI. En 1795., il passa au Conseil des 1 sortit le 20 mai 1797 pour aller occuper les fonctions de commisnement près le tribunal du Bas-Rhin. Nommé, en 1799, président du s Tbionville, il mourut en cette ville le S mars isoi.

citoyens de la commune de Tool, chez lesquels le prix de la liberté et les avantages de la Révolution sont assez généralement sentis, on doit particulièrement l'attribuer à quelques membres des autorités constituées, dont la faiblesse et le défaut d'énergie arrêtent les efforts de leurs collègues. C'est principalement à ces entraves apportées à la marche du mouvement révolutionnaire que l'on doit attribuer le défaut d'exécution de la ï ' taire du maximum. Pour redonner à l'esprit public sa première k l'épuration des autorités constituées devient très nécessaire ; mais 1< serait pas atteint si on n'appelait pas, pour les composer, les meili toyens, ceux qui ont montré, le plus constamment et avec le plusd' leur attachement aux principes sacrés de la liberté et de l'égalit maximes révolutionnaires, de même que leur ardeur à combattre ennemis de la chose publique \

À la suite de cette allocution, accueillie par des appla ments, le Club décida qu'à l'imitation de celui des Jacol Paris, il exclurait de son sein « les étrangers et les ex-n( Aussitôt l'un des secrétaires, Léviston, ex-noble, déposi mission sur le bureau, <r en témoignant ses regrets de pouvoir rester membre ». La Société l'accepta « tout ( dant hommage au civisme de Léviston » et, prononçai clusion des étrangers et ex-nobles qui en faisaient lement partie, elle arrêta « qu'il n'en serait plus a l'avenir ».

Gengoult fils, à la fin de la réunion, offrit une épée et i drier, destinés à armer le cavalier de la Société, et Will Hamon ville, remit une somme de 147 livres « pour êi ployée à la défense de la République > .

À la séance suivante, le Club prit connaissance d'ui tion d'un de ses membres, Alexis Laurent, qui, détei Conciergerie de Paris, demandait à ses compatriotes de resser à son sort. Ce citoyen, né à Toul en 1762, était

1. Voir aux archives nationales (AF. II. 122, dossier 2) la lettre adresai par Bar, le 29 pluviôse (17 février), à la Convention pour lui rendre corn] opérations. Bar destitua, à cette même date, le di£ectoice et le c onseil , district, la mùTjîcTjTaïîfirel le conse il général de la .cjamjnju no^ le" cg m i i§~ lance et Je tribunal dûoTsTncT Quatre jours après (s vontôse-al février), il arrêté, composant "a nouveau ces corps administratifs et judiciaire, où il trer qu'un très petit nombre de leurs anciens membres.

a la Révolution directeur des postes et messageries. Envoyé à Nancy en 1793 pour y diriger, par intérim, le bureau de cette ville, il avait été arrêté à l'occasion d'un vol de 200,992 livres commis dans sa caisse avec effraction. Sa femme et huit autres personnes, accusées de complicité, avaient été arrêtées comme lui, conduites à Paris et éc rouées à la Conciergerie.

Laurent était très sympathique à la Société populaire, dont il avait été un des fondateurs et un des premiers secrétaires. Aussi rassemblée décida-t-elle, après avoir pris <r l'avis des tribunes », que le bureau écrirait à la Société des Jacobins de Paris, à l'accusateur public du tribunal révolutionnaire et au Comité de sûreté générale de la Convention c pour les prier d'accélérer leur décision et le prompt jugement du citoyen Laurent, du civisme et de la probité duquel ses concitoyens n'ont jamais douté ». Elle chargea de même le bureau de solliciter du comité de sûreté générale la mise en liberté provisoire, sous caution, de la femme de Laurent.

Le 17 germinal (6 avril), celle-ci fut l'objet, ainsi que tous les prétendus complices, d'une ordonnance de non-lieu rendue par le tribunal révolutionnaire : Laurent seul fut maintenu en prison. D ne comparut devant le jury que le 7 floréal (26 avril) et fut acquitté ', grâce à ce témoignage du Club en sa faveur*.

Il fut décidé, le 6 ventôse (24 février), que le nouveau règlement de la Société serait imprimé à 500 exemplaires, destinés à être distribués à tous les membres et envoyés aux diverses communes du district. Ce n'était pas à proprement parler un changement de statuts, mais la reproduction de l'ancien règlement, complété par les dispositions votées successivement depuis un an, en ce qui concernait, par exemple, la police des réunions, le comité des subsistances, l'exclusion des étrangers et des ex-nobles, etc. Le bureau recevait l'adjonction d'un

1. Archivée nationales, W. 343 (dossier 668) et W. 353 (dossier 732).

s. M. H. Wallon dit, à ce sujet, dans son Histoire du Tribunal révolutionnaire (II, 481) : « Laurent présentait de si boas certificats de civisme que Fouquier-Tinville, tout en relevant les indices accusateurs, se crut dispensé de les rappeler aux jurés. »

membre, le censeur, qui avait les mêmes fonctions que celles conférées au questeur dans nos assemblées actuelles ; les huit surveillants des tribunes le secondaient dans son emploi.

A la réunion du 10 ventôse (28 février), le Cl patriotique d'apprendre, par une lettre de Lacos représentants du peuple à Tannée du Rhin, qu'ur nait encore d'être remportée par nos troupes.

Carez et Petitjean, arrivés la veille de Paris, été délégués, ainsi qu'on Ta vu, pour obtenir des veur du district de Toul, rendirent compte de Leur mission avait eu plein succès, puisqu'ils avi nir quinze mille quintaux de grains : trois mille district de Vézelise, le 5 pluviôse, et dix mille 24 pluviôse, par le Comité des subsistances de la La Société populaire exprima toute sa reconnais! et à Petitjean et vota également des remerciern» qui leur avait été d'un précieux secours à Paris.

Le 13 ventôse (3 mars), Chauvenel, censeur d< administrateur du district, informa le Club que tel et Moussu, chargés, le 26 pluviôse, d'aller d de Libremeix ! pour y recueillir les dons patriotic tants, avaient été incarcérés par ordre de l'adm: district « pour causes de malversations inouïes, divers procès-verbaux des communes intéressées conditions, Chauvenel croyait de son devoir de < ces procès -verbaux à l'assemblée, avant de les l'accusateur public de Nancy.

Leur lecture émut le Club, qui « témoigna so sur la conduite de ces deux commissaires et dem fût fait justice »; mais il n'y avait contre Mar que des présomptions : le 28 prairial (16 juin), le minel de la Meurthe rendit un jugement qui deux citoyens de l'accusation portée contre eux,

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