Ci-devant Rovaumei
le fait d'avoir détourné à leur profit des effets et de l'argent, en leur qualité de commissaires délégués par la Société populaire pour recueillir les offrandes patriotiques du canton de Libremeix, n'avait pas paru constant ».
Une grande quantité ft effets en nature et une somme de 1,400 livres, recueillis dans les campagnes par les soins de la Société, furent remis, le 13 ventôse (3 mars), au citoyen Haudot, officier au 4 e bataillon de la Meurthe, auquel étaient destinés ces dons patriotiques.
À la séance du 16 ventôse (6 mars), la jeune Caze, qui s'était mariée le matin même, se présenta au Club avec son mari. Les deux époux, introduits dans la salle par Michelet, furent € placés en face du bureau » aux applaudissements de l'assemblée et admis aux honneurs de la séance.
Un vieillard indigent et « plus que septuagénaire » se présenta ensuite, et la Société, estimant que « le devoir du républicain est de secourir son semblable », fit faire une collecte entre ses membres et les spectateurs des tribunes : une somme de plus de cent livres fut recueillie et remise au bénéficiaire.
Deux personnes reçurent de même un secours à la réunion du 20 ventôse (10 mars) : 1° trois cents livres « à prendre sur la caisse du ci- devant comité révolutionnaire » furent votées en faveur de Dominique Philippe, « défenseur de la patrie, malade et indigent » ; 2° une souscription, ouverte en faveur d'un nommé Granier, produisit 1 1 1 livres 1 3 sols 3 deniers, somme qui fut remise à Saunier, secrétaire, pour être convertie en « bons sur un boulanger » au fur et à mesure des besoins de cet indigent.
Dans la correspondance soumise le même jour à la Société populaire figurait une lettre de Jacob, engageant ses compatriotes <r à surveiller les ennemis de la Révolution, à ne faire grâce ni aux aristocrates, ni aux modérés, et à se tenir en garde contre les patriotes de 1793 ».
A l'allure trauquille de la Société populaire pendant ces derniers temps, on aurait pu oublier que le régime de la Ter-
reur comprimait la France comme la capitale; la puissance
était tout entière an parti de la Montagne, qui avait abattu
celui de la Gironde en s'appuyant sur la Plaine, composée de
ceux qui craignaient pour eux-mêmes autant que pour le pays.
Le Club toulois n'appartenait pas à la Plaine, J 1 «"« ; * «i«*a* / /
l'esprit girondin, quoique paraissant céder voloi
périeux avis dictés par la Montagne : ses membre
pas à se diresans-culotlej et adoptaient volontiers
du parti le plus avancé, mais ils ne p rovoquaient
taient sans passion les mesures révolutionnaires"
la Société des Jacobins de Paris.
C'est ainsi que, lorsque Giron, peintre, soub lègues, le 24 ventôse (14 mars), deux modèles d ciétaire, appropriés aux idées d'alors, ceux- « celui où figurait une montagne, surmontée du Liberté et autres attributs *.
C'est ainsi que, de même, le citoyen Dussert, i hôpitaux militaires, ayant, à l'ouverture de ] 26 ventôse (16 mars), chanté ironiquement un t préires, la Société en vota l'impression à mille e la distribution dans les campagnes.
Poirot, précédemment curé de Mirecourt, ay mandé à être reçu comme membre, la Sociét désormais aucun ex-prêtre non marié ne serai dans son sein. Poirot fit alors connaître « qu'il et tention de se marier », et l'assemblée ajourna en son admission ce jusqu'à ce qu'il ait fait choix pagne ».
Cette décision fut immédiatement généralisée e somma individuellement les ex-prêtres non m partie du Club de déclarer leur intention. Bralret de Bagneux ; Loppinet, ancien curé de Chauden
J. Loppinet (P.) avait été un des élèves les plus distingués du ce de Tout; il publia, en 1813, un Traité de l'éducation det abeille*, du département de la Meurlhe (Bralret, éditeur à Toul; Hœner, im]
nier, ancien vicaire de la cathédrale ', firent connaître leurs projets de mariage. Ce dernier ajouta « qu'il avait dans sa poche une lettre de Jacob, le complimentant sur la citoyenne dont il a fait choix » .
A la réunion du 3 germinal (23 mars), une indemnité annuelle de 100 livres, payable par trimestre, fut votée au profit du citoyen Romangin, sonneur de la commune, chargé d'annoncer au moyen des cloches l'ouverture des séances.
A celle du 6 germinal (26 mars) fut lue une lettre de Jacob : ce député informait que la Convention avait reçu, le 3 germinal, l'adresse envoyée par la Société pour lui faire connaître les nombigufifis AffW n dpg pftfrmtîqiiAg de la commune de Toul et des campagnes du district. Les représentants du peuple, disait Jacob, avaient accueilli la lecture de cette adresse «c par les plus grands applaudissements » et en avaient « ordonné l'insertion au bulletin avec mention honorable ».
« Les citoyennes de la ci-devant congrégation de la Vierge, au faubourg de la Moselle 2 », vinrent patriotiquement, à la séance du 10 germinal (30 mars), déposer sur le bureau une somme de 53 livres 8 sols 6 deniers « provenant d'une collecte faite entre elles pour l'entretien de leurs frères d'armes qui combattaient aux frontières, et spécialement du 4 e bataillon des volontaires de la Meurthe ». La Société, acceptant cette offrande, remercia « les généreuses patriotes » .
L'ancien curé de Mont-le- Vignoble, Houillon, dont la réadmission avait été ajournée lors de l'épuration du Club, demanda ensuite la parole pour déclarer à l'assemblée c qu'il avait toujours été attaché aux principes de la Société, qu'il se ferait toujours un devoir démériter son estime par son attachement à la Révolution, et qu'il était en pourparlers pour se
1. Saulnier avait déclaré, à la séance du 29 frimaire (19 déc), abandonner a la nation les 1,250 livres d'indemnité qui lui avaient été accordées comme ancien prêtre.
s. Ci-devant faubourg Saint-Evre. — Le faubourg Saint-Man.su y, débaptisé également, s'appelait faubourg de la Paix.
marier ». Sur le mérite de ces affirmations, Houillon fn comme membre épuré.
Le trésorier démissionnaire de la Société, Gennevaiu de Toul, présenta l'état de sa gestion, qui avait été préalablement à la vérification de Maillot et de Gui Société l'approuva, mais comme les dépenses atteign somme de 541 livres 6 sols, et les recettes seulement 511 livres 2 sols, elle arrêta que le nouveau trésorier commis à la recette du district) remettrait à Gen 30 livres 4 sols sur les deniers provenant des premières i
Enfin, le cavalier équipé et armé aux frais de la ayant annoncé qu'il partirait le lendemain pour « combattre les satellites des tyrans », l'assemblée arrt en serait immédiatement donné avis, tant à la Con qu'au ministre de la guerre.
À la séance du 20 germinal (9 avril), le Club des J de Toul ne justifia pas son beau titre de Société des À la Liberté et de l'Égalité. Il se montra, contre son ht le digne émule de celui de Paris, en votant l'envoi à vention dune adresse <r pour approuver la déportât prêtres réfractaires ». La délibération qui précéda le cette adresse, avait été provoquée à l'occasion du pa Toul, huit jours auparavant, d'un convoi de 48 pre département : partis de Nancy, ces ecclésiastiques éta rigés sur l'île d'Àix; ils avaient été grossièrement i par la foule 1 , et la Société populaire, ne sachant pas
i. Voici en quels termes un de ces déportés, l'abbé Michel, devenu apn lution curé de la cathédrale de Nancy, raconte son arrivée à Toul, le 1 er dans son Journal de la déportation de* ecclésiastiques du département de dans la rade de Vile d'Aix (i n édition en 1796, s* édition en 1840 ; pages
« A peine sommes-nous sur le pont de la Moselle, près de Toul, que la se portant en foule à notre rencontre, nous accueille par les injures les
siéres et par les cris répétés : Dans l'eau, ces b -là! Arrivés dans la
fûmes déposés dans un grenier à paille, au-dessus d'une écurie à vacli posa des sentinelles pour empêcher de nous parler....
« Cette première réception dans une ville, où plusieurs d'entre nous ( connus, ne nous présageait rien de bien agréable pour le reste de notre pendant le lendemain, nous remontâmes sur nos voitures et sortîmes de recevoir aucune insulte... *
ber à la passion haineuse qui animait les masses, avait applaudi elle-même aux mesures de rigueur 'prises contre les insermentés.
Dans la même séance, fut communiquée une lettre où Jacob « relatait les trames qui avaient été ourdies dans la Convention pour détruire la Révolution et la Liberté » : c'était le soidisant complot monarchique des Dantonisles . Sur le rapport de Saint-Just, la Convention avait, le 12 germinal, décrété d'accusation les représentants Danton, Camille Desmoulins, Lacroix, Fabre d'Èglantine, etc., et le tribunal révolutionnaire avait, quatre jours après, condamné à mort ces premiers apôtres de la Révolution, dont le seul crime était de vouloir mettre fin au régime de la Terreur, « Je prie la Société, — disait le député à la fin de sa lettre, — d'avertir mes concitoyens que je ne me mêlerai plus de leurs affaires qui concerneraient des arrestations . » Jacob ne dissimulait guère qu'à cette époque terrible où chaque jour voyait tomber des têtes, il ne voulait pas braver l'orage !
Le 23 germinal (12 avril), le commandant du dépôt du 1" régiment de dragons, en garnison à Pont-à- Mousson, informa la Société que le cavalier fourni par le Club était incorporé dans ce corps 1 .
Une nouvelle heureuse fut annoncée par le président à l'assemblée dans la réunion du 3 floréal (22 avril) : il venait de recevoir avis, par la Société populaire de Metz, « de la victoire remportée sur les ennemis par l'armée de la Moselle et de la prise d'Arlon le 28 germinal (17 avril) >.
Le même jour, une importante question fut traitée, celle de la répartition des secours aux indigents.
Jusqu'alors, si un citoyen était jugé digne que la Société lui vint en aide, une quête spéciale était faite dans l'assemblée et les tribunes, et son produit remis immédiatement au nécessiteux 2 .
i. La Société décida peu après (16 floréal-5 mai) qu'elle varierait à Dabit, par trimestre et d'avance, une haute paye de 10 sols par jour. S. C'est ainsi qu'il avait été remis 8i livres 1* sols, le 80 ventôse, a François
Le Club décida qu'il n'en serait plus ainsi, sauf les cas d'ex* trême urgence; il vota la création d'un comité de bienfaisance, composé de trois membres, qui seraient nommés tous les trimestres en même temps que ses autres comités. Les demandes de secours devaient être renvoyées dorénavant à ce comité, qui vérifierait l'indigence et le patriotisme des pétitionnaires. « Pour alimenter la caisse de bienfaisance >, l'assemblée et les tribunes seraient invitées tous les mois à déposer les offrandes sur le bureau. Le trésorier présenterait, chaque mois aussi, un état indiquant la situation de la caisse et délivrerait, pour chaque pétitionnaire, sur mandat signé du président et d'un des secrétaires, la quotité de secours qu'aurait déterminée la Société l .
Le président fut informé, le 6 floréal (25 avril), « que les fossoyeurs, chargés d'enterrer les soldats décédés dans les différents hôpitaux, ne creusaient les fosses qu'à très peu de profondeur et mettaient plusieurs cadavres dans la même fosse, de telle sorte qu'il se trouvait quelquefois à peine un pied de terre de couvrement, et que conséquemment, les exhalaisons méphitiques se répandaient et corrompaient l'air 2 *. Le Club,
Louis; 64 livres 5 sols, le 6 germinal, à Nicolas Clément; 33 livres, le 16 germinal, à la citoyenne Tellier; 68 livres, le 20 germinal, à Mitta; 47 livres 5 sols, lo 23 germinal, à Nicolas Langlois ; enfin la Société avait sollicité de l'administration du district, le 16 germinal, en faveur de la veuve Etienne, un secours de 300 livres, & prendre sur les fonds du ci-devanl comité révolutionnaire de Toul.
1. Du s floréal an H (22 avril 1794) au io floréal an III (29 avril 1795), 80 personnes furent secourues par la caisse de bienfaisance de la Société et reçurent diverses sommes formant un total de 2,024 livres.
2. Voici en quels termes Dussert, inspecteur des cinq hôpitaux militaires alors établis à Toul, expliquait la cause de ces faits, dans le rapport qu'il adressa le 28 ventôse (13 mars) au ministre de la guerre :
« J'ai visité, pour la tranquillité des citoyens de cette commune, le lieu de la sépulture : j'ai reconnu d'abord trop peu de profondeur dans les fosses et l'indispensable besoin de la chaux. J'ai remarqué que les cadavres étaient pour la plupart sans linceuls ni cercueils, quoiqu'on leur en donne à chacun, mais la rapacité des fossoyeurs vient sans doute enlever aux morts celte dernière enveloppe : la commune va faire surveiller cet abus si dangereux pour tous les habitants.
■ J'ai découvert que les évacuations viennent de l'armée du Rhin et que les engorgements qui deviennent si dangereux sont la suite de l'infidélité des voituriers qui, revenant de cette armée, se chargent de conduire les malades sur les hôpitaux de Besançon, mais que pour rentrer dans leurs foyers, ils jettent leurs feuilles et arrivent à Nancy, qui, ne pouvant tenir, fait refluer sur Toul. Cent cinquante de ces