Arch. mun., reg. FF, 42, fl> 29, v
Les procès-verbaux de délibérations étaient consignés sur un registre qui n'existe plus aux archives municipales de Toul. Nous ne pouvons donc pas, à notre grand regret, suivre dans leurs agissements les Amis de la Constitution ; leur Société a néanmoins laissé quelques traces que nous sommes heureux de relever.
Un de ses premiers actes fut d'adhérer à celle des Amis de la Constitution de Paris, ainsi que l'indique le Moniteur du 7 mars 1791 (n° 66), qui fait figurer la Société touloise parmi celles qui étaient affiliées au Club des Jacobins de la rue Saint- Honoré.
L'Assemblée nationale, émue du nombre grandissant des Sociétés populaires, en réglementa l'existence par un décret du 22 juillet 1791, portant (art. XIV) : «: Ceux qui voudront former des sociétés ou clubs seront tenus, à peine de 200 livres d'amende contre les présidents, secrétaires ou commissaires de ces clubs, de faire préalablement, au greffe de la municipalité, la déclaration des lieux et jours de leur réunion, et, en cas de récidive, à peine de 500 livres d'amende. » L'Assemblée alla plus loin et, craignant de la part des Sociétés populaires un empiétement sur ses pouvoirs, elle rendit le 29 septembre un décret leur faisant défense de s'immiscer dans les affaires politiques.
Respectueux de ces décisions, les membres de la Société touloise des Amis de la Constitution firent donc au greffe de la municipalité la déclaration exigée par la loi. Nous reproduisons en son entier le document qui le constate, car il présente cet intérêt tout particulier qu'il nous donne les noms des citoyens composant la Société à la fin de 1791 :
Cejourd'hui 7 décembre 1791, sont comparus au greffe de la police municipale de cette ville les citoyens soussignés, en qualité de membres de la Société des Amis de la Constitution séante en cette même ville, lesquels, en conformité de la délibération prise par ladite Société le 13 novembre dernier, et pour satisfaire à l'article XIV de la loi du 22 juillet, aussi dernier, relativement à l'organisation d'une police municipale, ont déclaré que la
même Société s'assemblerait et continuerait à s'assembler tous les lundi, mercredi et samedi de chaque semaine, en la grande salle des ci-devant Dominicains de cette ville et dans une des salles de l'hôtel commun.
De quoi ils ont requis acte, à eux octroyé, et ont signé :
Jacob, président; Martin; Barotte; E. Gérard; Jacquet; Bouard; Saunier; À. Gérard; Vincent l'aîné; Pillement; Poincloux; Âpp. Lefêvre; N. Berthemot; Henriot; Gâteau; Bataille; Dxkt; Bourcier; Meyer; Claude; Lacapelle; Raymond; Contault; Charpy ; Béllot; Cl. Gérard; Jouffroy; Bernard-Daulnoy ; Aubry, curé de Saint- Etienne ; Roussel, curé de Saint-Qengoult; Gineste; Chrétien; Schenetz; Eve; Chanay; Donzé- Bas tien; Didier et Michelet 1 ,
La Société put donc continuer à tenir ses séances, dont Tordre du jour était en général ainsi réglé : lecture était donnée des journaux et papiers publics, ainsi que de la correspondance. Les lettres adressées aux membres de la municipalité par Joseph Carez, alors député de la Meurthe à l'Assemblée législative, étaient principalement écoutées avec intérêt 1 . On passait ensuite à la discussion des questions de politique, soit générale, soit locale.
Parmi les principaux orateurs de la Société il faut citer : Jacob, Gérard, Bicquilley, les prêtres Henriot et Mongin 8 , qui s'appliquaient à éclairer la population touloise sur les votes et les intentions de l'Assemblée nationale et à faire connaître et aimer la Constitution dont elle venait de doter la France.
Quelques-uns de ces citoyens distingués maniaient la plume avec autant de succès que la parole ; ils publiaient des articles dans le Journal de Nancy et des frontières, feuille qui servait d'organe à la Société et était éditée par les soins du club de Nancy. Entre autres nous citerons Bicquilley et Tabbé Mongin, qui écrivirent, le premier un article intitulé : Réflexions sur les Clubs et les Sociétés populaires (numéro du 29 juillet 1792),