Idem, p. 291 et
et le second, un article traitant du droit de suffrage (numéro du 26 août) 1 .
Les Sociétés des Amis de la Constitution ne pouvaient survivre à la chute de la royauté (10 août 1792) et à la proclamation de la République (21 septembre). Ces graves événements politiques avaient détruit, en effet, la Constitution de 1791, faite pour une monarchie et dont la défense était la seule raison d'être de ces Sociétés. Une scission s'opéra aussitôt parmi les membres du Club de Toul : les uns avaient adopté les doctrines républicaines et, nettement réformateurs, voulaient un gouvernement populaire ; les autres, tout en affirmant leur amour de la liberté, ne cachaient pas leur regret de voir tomber, avant qu'elle eût porté ses fruits, cette monarchie constitutionnelle dont la création avait coûté tant d'efforts.
La Société touloise, sans cependant se dissoudre, continua i fonctionner; mais elle fut exposée à des tiraillements, que signalèrent les autorités locales aux trois députés dont la Convention, le 22 décembre 1792, avait décrété l'envoi dans les départements de la Meurthe, de la Moselle et du Bas-Rhin à l'effet « d'y prendre toutes les mesures qui leur paraîtraient nécessaires et urgentes pour le salut de l'État ». Aussi, les représentants Couturier, Riihl et Dentzel, arrivés à Toul le 30 décembre, adressèrent-ils dès le 2 janvier 1793, au président de la Convention, un rapport dont suit l'extrait * :
... D'après les assurances qui nous ont été données par le Directoire du district et le conseil général de la commune, les citoyens de Toul sont soumis à la loi, respectent les autorités constituées et ne méconnaissent point les avantages qui résultent de l'abolition de la royauté, sans pourtant que pour cela ils n'aient cessé depuis près d'un an à avoir (sic) dans l'enceinte de leurs murs une Société patriotique qui y était établie autrefois, et sans que pour cela les émigrés, rentrés sous différents prétextes et non expulsés encore, n'y trament sourdement des projets liberticides...