‹ Le club des Jacobins de Toul, 1793-1795Chapitre 7 sur 22 · Bibliothèque de la ville de Nancy · texte numérisé non relu

Bibliothèque de la ville de Nancy

2. Correspondance officielle des Représentants en mission, publiée par M. Aulard, tome I er , p. 881 et suiv.

C'est que les autorités du district et de la commune étaient loin de partager les sentiments de tiédeur ou de réaction vis-àvis de la République, qui existaient chez certains membres de la Société populaire.

Elles l'avaient récemment prouvé, le conseil généi commune en envoyant, le 6 octobre 1792, à la Cor nationale, une adresse enthousiaste dans laquelle ses i juraient de vivre, de combattre et de mourir pour le sai République, et les diverses autorités locales en procé grande pompe, le 11 octobre, à la publication, sur les pales places de la ville, du décret qui abolissait la i cette publication avait rencontré bon accueil aupri population assemblée.

Cédant à la pression commune des commissaires de vention et des magistrats locaux, la Société des Àm Constitution décida sa réorganisation sur d'autres l'instar de celle de Paris, qui venait de se transformei ciété des Amis de V Égalité et de la Liberté. Elle ne fais* leurs que suivre le courant de l'opinion publique et s devant les faits accomplis, puisque Louis XVI, conc mort par la Convention, venait de porter sa tête sui faud.

Dans ces conditions, le 23 janvier 1793, l'abbé He Alexis Laurent, directeur des diligences, se présenter maison commune en leurs qualités de président et de s< de l'ancienne Société; ils firent aux officiers munici déclaration prescrite par la loi, annonçant Pintentioi prendre régulièrement la tenue de leurs séances. La palité ayant besoin pour elle-même de toutes les sali maison commune et le couvent des Dominicains a] vendu comme bien national, le bureau venait d'obi directoire du district, comme lieu de réunion de la réorganisée, le monastère des Bénédictines de l'Adorât pétuelle du Saint-Sacrement. Une partie de ce couvei rue Michâtel et resté vacant depuis la dissolution des

gâtions religieuses en 1790, servait déjà comme maison de détention 1 .

Cette reconstitution du Club des Jacobins est mentionnée en ces termes en tête du registre de ses délibérations, conservé aux archives municipales* :

Cejourd'hni 23 janvier 1793, Tan II de la République française, la Société patriotique des Amis de la Liberté et de l'Égalité séante à Toul, libre des occupations qui ont empêché durant quelque temps la tenue de ses séances ordinaires et habituelles, dûment convoquée, s'est réunie au local du Monastère du Saint-Sacrement, après avoir préalablement fait ledit jour, en la maison commune de cette ville, en présence des officiers municipaux, la déclaration de la reprise et de la continuation des séances habituelles, et a arrêté ladite continuation comme de coutume. — Signé ; Henri ot, président; Laurent, secrétaire.

Les premières séances furent employées à prendre des mesures d'ordre intérieur. Le 25 janvier, les adhérents fixèrent à dix livres la cotisation individuelle et confirmèrent à Véchou^ fils, négociant, les fonctions de trésorier. Il fut décidé le len- \ demain qu'on tiendrait dorénavant séance les jours qui suivraient l'arrivée du courrier de Paris, c'est-à-dire les mardi, jeudi et dimanche de chaque semaine à quatre heures du soir, qu'à chaque séance un sociétaire, choisi à tour de rôle dans Tordre alphabétique des noms, donnerait lecture au peuple des nouvelles arrivées par le courrier, et qu'enfin on s'abonnerait pour une durée de six mois au journal le Moniteur, publié à Paris.

Le 29, après avoir voté l'impression à cent exemplaires et

l. Ce couvent, dont la construction remonte à 1664, sert aujourd'hui de caserne à la gendarmerie. L'église, dont on remarque encore sur la rue la façade d'ordre ionique, a été convertie en écurie et les bâtiments du couvent ont été aménagés en logements pour les gendarmes.

9. Ce registre, coté sous le n° 9 de la série JJ, contient 286 feuillets in-folio : il a été rédigé et écrit par les secrétaires successifs de la Société et est intitulé : Registre iervant à inscrire les délibérations de la Société des Amis ds l'Égalité et de la Liberté séante d Toul, et faisant suite au registre de ladite Société, ouvert lors de l'établissement d'une Société patriotique en octobre 1790. (Signé : Hbnriot, président.) C'est ce premier registre qui, comme nous l'avons dit plus haut, n'existe pas aux archives.

Tenvoi aux Sociétés voisines d'une adresse rédigée par Carez, la Société ouvrit une souscription en faveur des défonsfinrs d« la Patrie. À cet effet Gâteau, Lacapelle père, nard-Royer furent chargés de se trouver au Gui de neuf heures à midi et de deux à cinq heure voir les dons en argent et en nature. L'encaiss ne s'élevait alors, en numéraire, qu'à 14 livres

La Société vota, le 3 février, l'envoi, à la Coi adresse rédigée par Henriot 1 , et, le 5, l'achat c souliers destinés aux défenseurs de la Patrie.

Après ces décisions préliminaires, l'importan nouveaux statuts fut agitée. Martin et Henriot ] le 14 février, d'élaborer un projet de règlemen du 2 mars, ils déposèrent sur le bureau leur tr termes furent discutés article par article, et, le ce règlement fut adopté à l'unanimité en secoi document, qui fait connaître, dans ses moi] l'organisation du Club toulois, nous semble a£ pour être publié en son entier :

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