‹ Le code catholique ou Commentaire du catéchisme des provinces ecclé siastiques de Québec, Montréal et Ottawa [microforme]Chapitre 153 sur 343 · LE COUDE CATHOLIQUE · texte numérisé non relu

LE COUDE CATHOLIQUE

remontons jusqu’à l'établissement de la religion protestante, et si nous considérons la vie de Luther et des autres réformateurs qui l’ont fondée.

Luther, alors jeune homme, étant sorti un jour, vit un de ses amis tué à ses côtés par la foudre. Vivement affecté par ce triste évènement, il entra dans l'Ordre des Augustins. C'était un homme instruit, un prédicateur éloquent, mais il était très orgueilleux. Le Saint Père qui était alors en frais de parachever l'Eglise de Saint- Pierre de Rome, publia des indulgences en faveur de ceux qui contribuaient à son achèvement, comme les prêtres aujourd’hui promettent le fruit d’un certain nombre de messes en faveur de ceux qui aident à la construction d’une église nouvelle, d’un hôpital ou d’un asile.

Le $Seint Père choisit les Dominicains pour prêcher ces indulgences et recevoir les aumônes. Ïl est probable que Luther fut mordu par le démon de la jalousie, lorsqu'il apprit que lui, le célèbre prédicateur, il n'avait pas été nommé. I1 déclama d’abord contre l’abus äes indulgences ; puis, l’orgueil le poussant, il se mit à prêcher contre la doctrine même desindulgences, et devint ainsi hérétique. Il fut alors condamné et excommunié. Trop orgueilleux pour se soumettre, il fonda une nouvelle religion qui porte son nom, et qui est une des nombreuses sectes protestantes. Maïs comment parvint-il à se faire suivre par le peuple ? Ce fut très facile. Alors comme aujourd’hui, il y avait une foule de catholiques mauvais et indifférents. L'Eglise était riche et possédait des domaines considérables, qu'elle devait à la générosité de riches catho-

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lijues qui, à leur mort, laissaient leurs biens pour le soutien de l’Eglise et de ses institutions. Les rois et les princes eux-mêmes faisaient quelquefois à l'Eglise, pendant leur vie, de grandes donations de terres et d'argent. L'Eglise vivait donc de ces dons et du revenu de ces domaines, et elle n’était pas obligée, comme aujourd’hui, de recourir à la charité des fidèles. Nous voyons de suite comment Luther s’y prit pour en attirer un grand nombre à sa suite. Il dit aux princes avares et cupides, que s'ils lui prêtaient main-forte, ils deviendraient riches par la confiscation de la propriété de toutes les églises, et Les princes avares et cupides, et contents d’avoir une excuse, le suivirent. Il dit au peuple, —aux mauvais catholiques,— que le jeûne était trop sévère, la confession trop pénible, l’assistance à la messe, tous les dimanches, trop difficile, leur promettant que s’il voula'ent renoncer à leur foi et embrasser sa nouvelle religion, il les exempterait de tous ces devoirs, et ils le suivirent. Lui-même viola les vœux solennels qu'il avait faits à Dieu, et le peuple suivit lâchement son exemple.

Ceux qui fréquentent les églises protestantes, surtout dans notre pays, sont généralement dans l’aisance et bien élevés, maïs il ne faut pas croire que les premiers protestants étaient comme eux. La plupart d’entre eux formaient, je ne dirai pas la plus pauvre, mais la pire classe de la société ; et aussitôt qu’ils eurent un prétexte, ils détruisirent les églises et les monastères, brûlèrent les statues et les peintures les plus magnifiques, la musique, les livres, enfin toutes les œuvres d'art que l'Eglise avait amasstes et conservait depuis des siècles. On peut retrouver ces faits relutés

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dans l’histoire de l'Eglise de cette époque. Les Protestants actuels en général, ont beaucoup d’admiration pour ces œuvres d’art, mais si leurs ancêtres n’avuiert été ariêtés dans leur fureur, il n’en resterait plus rien.

Quelques personnes ne voudraient pas être membres de l'Eglise catholique, parceque, disentelles, trop de pauvres gens en fcnt partie. Elles n’ont pas besoin alors d’appartenir à l'Eglise de Notre-Seigneur, puisque son Eglise est celle des pauvreset des riches. Lorsque saint Jean-Baptiste envoya ses disciples demander à Notre Seigneur s’il était réellement le Messie, il ne leur dit pas qui ilétait, mais il leur dit de rapporter à saint Jean ce qu’ils avaient vu etentendu, savoir : que Lui (le Christ). guérissait les aveugles, les botteuxet les sourds, et qu’il préchaitaux pauvres.(1) Notre-Seigneur | rêchait donc pour prouver qu’il est le vrai Rédempteur, et puisque Natre-Seigneur admettait les pauvres dans son Eglise, l'Eglise doit, partout, reconnaître les pauvres comme ses membres, car elle doit faire ce qu’a fait Notre Seigneur. Si vous connaissez une église où les pauvres ne vont jamais, où ils ne sont pas les bienvenus, vous avez toute raison de soupçonner qu’elle n’est pas la véritable Eglise, l'Eglise de Notre-Seigneur.

La pauvreté et la richesse ne sont que de ce monde, et n’établissent de distinction qu’ici-bas. Celui qui possède la plus petite part des biens de ce monde, est souvent le plus riche de la grâce de Dieu. Par conséquent, si les Protestants étudiaient la première période de l’histoire de

(1) S. Math. XI. 5.

leur religion, loin d’en être fiers ils en rougiraient. Ïls auraient une bien triste opinion de leurs ancêtres, qui ont abandonné Dieu pour acquérir des biens terrestres, pendant que les martyrs catholiques ont tout sacrifié, même leur

vie, plutôt que d’abandonner Dieu et la vraie religion,

f 149.—Ces notes et attributs se trouvent-ils ailleurs que dans l'Eglise catholique romaine ?

Ces notes et attributs ne se trouvent

aue dans la sainte Eglise catholique romaine.

Nous avons vu que quelques religions semblent avoir une ou deux de ces notes ; mais l'Eglise catholique seule les possède toutes ; elle est. en conséquence, la seule véritable Eglise du Christ. Les autres religions ne sont pas une, c'est-à-dire qu’elles n’ont pas d’unité dans le monde ; elles ne donnent pas de preuve de leur saintcté, car elles n’ont jamais eu de saints que Dieu ait reconnus comme tels, en leur permettant d'accomplir des miracles. Elles ne sont pas catholiques, c'est-à-dire qu’elles n’ont pas enseigné dans tous les âges et parmi toutes les nations. Elles ne sont pas apostoliques, parce qu’elles ont été établies plusieurs siècles après les apôtres. Elles ne sont pas tnfaillibles, parce qu’elles ont déclaré fausses des choses qu’elles avaient autrefois reconnues comme vraies ; elles ne sont pas indéfectibles, car elles ne sont pas telles que Jésus-Christ les a fondées, puisque ce n’est pas

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266 LE CODE CATHOLIQUR.

lui qui les a fondées, et qu’elles introduisent des changements continuels dans leurs croyances et leurs pratiques.

Les marques de l'Eglise doivent être ainsi, parce que l'Eglise doit être une Eglise que tous les hommes puissent voir et connaître ; car Notre-$Seigneur a dit: Que celui qui n’écoute pas l'Eglise, soit considéré comme un païen et un publicain. (1) Les païens sont ceux qui adorent les faux dieux. Les publicains étaient ceux qui collectaient les taxes pour le compte des Romains ; ils étaient sans pitié pour le peuple qui les détestait et les méprisait. C’est pourquoi Notre-Seigneur disait : si quelqu'un n’obéit pas à l'Eglise, vous devez l’éviter comme vous évitez les païens et les publicains que vous méprisez. Personne ne peut être blamé s’il n’obéit pas à une Eglise invisible et inconnue. Aussi l'Eglise doit être un corps visible, qui puisse être facilement reconnu par tous ceux qui recherchent avec ardeur l'Eglise du Christ. Mais si quelqu'un ferme les yeux et refuse de regarder la lumière de la vérité, l'ignorance ne l’excusera pas: il sera coupable et tombera sous la sentence de Notre-Seigneur.

(1)S. Math., xviu, 17

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