CHAPITRE TREIZIEME
Des sacrements en général,
Ce chapitre ne parle d'aucun sacrement en varticulier, mais de tous les sacrements en général. Il explique ce que nous trouvons dans tous les sacrements sans exception.
+ 150.—Qu'est-ce qu'un sacrement ?
—Un sacrement est un signe sensible institué par Jésus-Christ pour nous donner la grâce.
Pour qu’il y aït sacrement, il faut nécessairement trois choses : 1° IL faut un signe sensible : 2° Ce signe doït avoir été institué par Jésus- Jésus-Christ ; 3° Ce signe doit donner la grâce.
Un signe est ce qui nous fait connaître l’existence d’une autre chose. Ainsi, la fumée indique la présence du feu ; l'empreinte d’un pied sur le sol indique que quelqu'un est passé en cet endroit ; le pavillon qui flotte à l'arrière d’un navire à voiles ou à vapeur, indique la nationalité à laquelle il appartient ; une lumière rouge placée sur une ligne de chemin de fer, fait comprendre que le passage à cet endroit est dangereux. De plus, ce signe est sensible quand il est
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visible ou qu'il tombe sous les sens. Par conséquent, le signe sensible, dans tout sacrement, nous indique que ce sacrement signifie et donne quelque chose que nous ne voyons pas. Par exemple, le signe sensible dans le Baptême, est l’eau que l’on verse sur la tête de la personne à baptiser et les paroles que l’on prononce en méme temps. L’eau sert généralement à laver, et elle est employée dans le Baptême comme signe sensible, pour montrer que la grâce donnée par le Baptême a pour effet d'effacer les souillures de l’ime comme l’eau a pour effet de faire disparaître les taches du corps. Maïs elle n’est jas seulement un signe, car au moment même où le ministre du sacrement de baptême verse l’eau et prononce les paroles avec l'intention de faire ce que fait l'Eglise, l’âme est purifiée de la tache originelle; c'est-à-dire la grâce invisible est donnée par l’application du signe sensible.
De même, le signe sensible dans la Confirmstion, est l’onction faite avec le Saint-Chrême, qui est un mélange d'huile et de baume, et les prières de l’évêque avec l'imposition de ses mains sur les confirmands. La grâce du sacrement de confirmation a pour effet de nous confirmer dans notre foi, et c’est pourquoi l'huile a été choisie pour le signe sensible dans ce sacrement, parce que l’une des propriétés de l'huile est de fortifier.
Autrefois les gladiateurs, c’est-à-dire des hommes qui combattaient avec desarmes meurtrières, comme les boxeurs de jrofession luttent entre eux aujourd’hui avec leurs poings, se frottaient le corps d'huile pour le rendre plus fort et plus souple. De même, dans la Confirma-
et la dans parti sign dans
Si ment où le vons, donn appli qui, ainsi semb
tion, l'application de ce signe sensible de la force donne la grâce intérieure de la force. On sait, de plus, que l’huile a la propriété de s'épandre sur n'importe qe objet,et d’en pénétrer intimement les fibres. Une goutte d’eau qui tombe, sur un morceau de papier sèche presque instantanément ; mais une goutte d'huile le pénètre entièrement et gagne toute sa surface. Ainsi, l'emploi de l'huile a pour but de montrer que la grâce de la Confirmation fait sentir ses effets sur notre vie entière, et nous fortifie à jamais dans notre foi.
Dans la Pénitence, les paroles de l’absolution, que le prêtre prononce en élevant la maïn droite, sont le signe sensible de la giâce qui descend dans l’âme du pénitent et la purifie de ses iniquités. Dans l’Eucharistie, les apparences du jain et du vin et les paroles de la consécration ; dans l’'Extrême-Onction, les onctions avec l’huile des infirmes sur les sens du malade ; dans l'Ordre, l’imposition des mains, les insuffations et la tradition des divers instruments, et enfin, dans le Mariage. le consentement mutuel des parties et la bénédiction du prêtre, sont {es signes sensibles de la grâce invisible répandue dans nos âmes par chacun de ces sacrements.
Si nous n'avions pas ces signes sensibles, comment pourrions-nous connaître le moment précis où les grâces nous sont données? Nous le savons, sous l'économie actuelle, car la grâce cest donnée à l’instant même où le signe sensible est appliqué ; parce que c’est l’application du signe qui, par linstitution divine, donne la grâce, et ainsi les deux choses doivent prendre place ensemble.
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