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en la substance du corps ‘et du sang de Jésus-Christ ?
— Après que la substance du pain et du vin a été changée en la substance du corps et du sang de Jésus-Christ, il ne Put plus que les apparences du pain et
u vi.
. f 260.--Qu'entendez-vous par les apparences du pain et du vin ?
—Par les apparences du pain et du vin, j'entends tout ce qui tombe sous nos sens, comme la forme, la couleur, le goût.
Les sens sont les yeux, les oreilles, les narines, la bouche, les mains et les pieds. Nous avons donc le sens de la vue, le sens de l’ouïe, le sens de l’odorat, le sens du goûter et le sens du toucher.
La Sainte Eucharistie est le corps de Notre- Seigreur aussi longtemps que les apparences du pain et du vin subsistent. Lorsque les apparences disparaissent ou que les espèces se décomposent, alors le corps de Jésus-Christ diparait comme un rayon de lumière qui remonte à son principe. Supposons, par exemple, une église engloutie, avec tout ce qu’elle renferme, à la suite d’un grand tremblement de terre. et dans laquelle on réussit à pénétrer au bout d’un certain nombre d'années, grâce à des fouilles habilement pratiquees. On s’empresse d’ouvrirle tabernacle ; mais ie ciboire, c’est-à-dire le vase sacré dans lequel le Saint Sacrement est conservé, ne contient plus qu’un peu de poussière. Il
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cœur Notre notre pain
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est évident que Notre-Seigneur n’est plus 1à, bien qu’il y fût lorsque la catastrophe est arrivée. Il n’y est plus, parce que les espèces ou apparences du pain sont disparues, ont été changées en cendres par le travail du temps, et que Notre-Seigneur est disparu lorsque le changement a eu lieu. Si au contraire, les espèces ou apparences du pain s'étaient conservées intactes, il serait er sore présent dans ce tabernacle, même après un temps considérable,
Lorsque nous recevons la sainte communion, l'apparence du pain se conserve environ quinze ou vingt minutes après que nous avons communié, et alors elle change ou disparaît. Par conséquent, durant ces quinze ou vingt minutes, Natre-Seigneur lui-même est réellement avec nous, et nous devrions toujours, pour cette raison, consacrer ce temps à le remercier, à lui parler et à écouter ce qu’il nous dit. Combien il est regrettable et scandaleux de voir quelquefois des chrétiens qui, après avoir communié, com- “encent par regarder à droite et à gauche avant de se recueillir, ou s’empressent de sortir de église aussitôt que la messe est finie | Lorsque nous avons repris notre siège, après avoir communié, ne nous pressons point de lire dans notre livre de prières, mais laissons parler notre cœur, au moins quelques instants, pendant que Notie-Seigneur est réellement présent dans notre poitrine. Du moment que les apparences du pain s’évanouissent, la présence corporelle de Notre-Scigneur cesse en même temps, il est vrai,
‘mais il demeure en nous par sa grâce aussi
longtemps que nous avons le bonheur de ne pas tomber en péché mortel,
261.:-Comment s'appelle ce changement du pain et du vin au corps et au sang de Jésus-Christ ?
—Ce changement du pain et du vin au corps et au sang de Jésus-Christ s'appelle transsubstantiation.
Le mot transsubstantiation veut dire changement d’une substance en une autre substance ; comme, par exemple, le changement d’un bloc de bois en un bloc de pierre ou de marbre.
262.—Comment la substance du pain et du vin fut-elle changée en la substance du corps et du sang de Jésus-Christ ?
—La substance du pain et du vin fut changée en la substance du corps et du sang de Jésus-Christ par sa toute-puissance.
Jésus-Christ étant Dieu, et ayant créé le monde de rien, peut encore plus facilement changer une substance en une autre.
263.—Ce changement du pain et du vin au corps et au sang de Jésus-Christ continue-t-il à se faire dans l'Eglise ?
—Oui, ce changement du pain et du vin au corps et au sang de Jésus-Christ continue à se faire dans l'Eglise, sur nos autels, par Jésus-Christ qui se sert du ministère de ses prêtres.
Le ministre principal de la sainte messe, c’est Jésus Christ lui-même ; mais n'étant plus visib'ement sur la terre, il ne peut offrir lui-même un sacrifice visible, comme il le fit sur la croix. C’est pourquoi il a recours à un ministre secondaire ou à un aide visible, par les mains duquel il s'offre à son Pèæ. Ce ministre, c’est le prêtre qui opère ce changement au nom de Jésus- Christ.
+ 254.—Quand Jésus-Christ donna.-t-il à ses prêtres le pouvoir de changer le pain et le vin en son corps et en son sang ?
—Jésus-Christ donna à ses prêtres le pouvoir de changer le pain et le vin en son corps et en son sang, quand il a dit à ses Apôtres : Faites ceci en mémoire de moi.
Faites ceci ; c’est-à-dire la même chose que je fais en ce moment : le changement du pain et du vin en mon corps et mon sang.
En mémoire de moi; c’est-à-dire en mémoire de tout ce qu’il a dit, fait et enduré pour notre salut, depuis le moment de son incarnation jusqu’à celui de son dernier soupir sur la croix.
Ces paroles, qui sont celles de Notre-Seigneur à la Cène, nous apprennent que les apôtres ont reçu de leur divin Maître, pour eux et pour leurs successeurs légitimes, non seulement le pouvoir mais encore le commandement de faire jusqu'à lu fin du monde, ce qu’il venait de faire lui-même en leur présence ; de consacrer le pain et le vin, d'offrir le sacrifice, de prendre la sainte Eucharistie et de la distribuer aux fidèles, 26
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Nous disons: jusqu’à la fin du monde, car lorsque Notre-Seigneur disait aux Juifs :
‘Si vous ne mangez la chair du Fils de l’homme et ne buvez son sang, vous n’aurez pas la vie en vous,” il voulait que la Sainte Eucharistie devint la nourriture indispensable des âmes de tous ceux qui croiraient en lui jusqu’à la fin des siècles. En conséquence, il devait nécessairement procurer à son Eglise, pour tout le temps de sa durée, des ministres ayant le pouvoir de donner cette nourriture spirituelle aux fidèles. C’est ce qu’il a fait en donnant aux Apôtres le pouvoir et le commandement de consacrer le pain et le vin. Ainsi, lorsqu'il leur a dit: Faîtes ceci en mémoire de moi, notre divin Sauveur considérait, non les Apôtres seuls qui, comme le reste des hommes, étaient sujets à la mort, mais la suite des pasteurs qui doivent leur succéder et perpétuer son sacrifice jusqu’au dernier jour. C’est pourquoi saint Paul dit:
‘ Toutes les fois que vous mangerez ce pain et que vous boirez ce calice, vous annoncerez la mort du Seigneur ; c’est à-dire vous en renouvellerez la mémoire jusqu'à ce qu’il vienne juger les vivants et les morts.” (1)
+ 265.—-Quand les prêtres exercent-ils ce pouvoir de changer le pain et le vin au corps et au sang de Jésus-Christ ?
—Les prêtres exercent ce pouvoir de changer le pain et le vin au corps et au sang de Jésus-Christ, lorsque, durant la
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(1) I Cor. x1, 26.
sainte messe, ils prononcent les paroles de la consécration, qui sont les paroles mêmes de Jésus-Christ : Ceci est mon corps ; ceci est mon sang.
Les paroles de la consécration, qui opèrent la transsubstantiation : Ceci est mon corps ; ceci est mon sang, sont prononcées immédiatement avant cette partie de la messe, appelée l’Elévation ; c'est-à-dire juste avant le moment solennel où le prêtre élève successivement l’hostie et le calice du précieux sarg, pour les montrer aux assistants et les proposer à leur adoration.
266.—Faut-il adorer le corps et le sang de Notre-Seigneur dans l’Eucharistie ?
—Oui, il faut adorer le corps etle sang de Notre-Seigneur dans l'Eucharistie, parce que ce corps et ce sang sont inséparablement unis à sa divinité.
En quelque état qu’il plaise à Notre-Seigneur de se réduire, il est toujours le Roï du ciel et de la terre, et nous devons l’adorer. Il fut adoré en croix par le bon larron, dans la crêche par les Mages, dans les rues de Jérusalem par la foule qui criait : Hosanna ! Maintenant qu’il est dépouillé de tout air de grandeur et de majesté, et voilé sous les espèces eucharistiques, il a également droit à nos adorations.
267.—Jésus-Christ quitte-t-il le ciel pour venir dans l'Eucharistie ?
—Non, Jésus-Christ ne quitte pas le ciel our venir dans l'Eucharistie; il est tout à a fois dans le ciel et dans l’Eucharistie.
Jésus-Christ ne vient pas dans l’Eucharistie par la création, par la génération, ou par un changement de lieu; mais il commence à exlster par le changement du pain et du vin en son corps et en son sang. Ilest donc facile de comprendre qu'il ne quitte pas le ciel pour venir sous les saintes espèces, et qu’il est ainsi dans le ciel et dans l’Eucharistie en même
temps.