‹ Le code catholique ou Commentaire du catéchisme des provinces ecclé siastiques de Québec, Montréal et Ottawa [microforme]Chapitre 203 sur 343 · CHAPITRE VINGT-TROISIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE VINGT-TROISIÈME

Des fins pour lesquelles la Sainte Eucharistio a été instituée.

+268.—Pourquoi Jésus-Christ a-t-il institué la Sainte Eucharistie ?

— Jésus-Christ à institué la Sainte Eucharistie : 1° pour nous unir à lui et nous témoigner son amour ; 2° pour augmenter en nous la grâce et nous fortifier contre le mal; 3° pour nous donner un gage de la vie éternelle et d'une résurrection glorieuse.

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4° Pour nous unir à lui et nous témoigner son amour. Lorsque nous recevons la Sainte Eucharistie nous ne faisons qu’un avec Jésus-Christ, à peu près comme deux gouttes de cire se fondent et se mêlent ensemble ; ou comme un morceiu de fer incandescent prend toutes les qualités du feu sans perdre sa propre nature. Tout Dieu qu'il est, il ne pouvait nous témoigner plus d’amour qu’en se donnant lui-même tout entier à nous, non pas seulement une fois, mais aussi souvent que nous le désirons.

2° Pour augmenter en nous la grâce et nous fortifior contre le mul. Non seulement la Sainte Eucharistie augmente en nous la grâee, mais elle est la source de toutes les grâces spirituelles et temporelles, qui en coulent incessamment et avec la plus grande abondance. Comme la nourriture fortifie le corps et répare les forces épuisées par le travail quotidien, ainsi l’Eucharistie fortifie l’âme et répare ses forces affaiblies ou épuistes par le péché. Elle est un remède contre la violence de nos passions, une eau rifraîchissante contre ces fièvres de tout genre qui nous dévorent.

3 Pour nous donner un gage de la vie éternelle et d'une résurrection glorieu e. ‘‘ Celui, dit Notre- Seigneur, qui mange ma chair et qui boit mon sang, à la vie éternelle, et je le ressusciterai au dernier jour.” (1) Il est presque impossible, e effet, que celui qui s’est nourri toute sa vie du corps et du sang de Jésus-Christ, puisse, après sa mort, être enseveli dans les enfers.

(1) S. Jean, vtr, 55,

269.—Comment sommes-nous unis à Jésus-Christ dans la Sainte Eucharistie ?

— Nous sommes unis à Jésus-Christ par le moyen de la sainte Communion.

f 270.—Qu'est-ce que communier ?

—Communier c’est recevoir le corps et le sang de Jésus-Christ.

Communier c’est donc recevoir le sacrement de la sainte Eucharistie.

+ 271.—Que faut-il pour faire une bonne communion ?

—Pour faire une bonne communion il faut être en état de grâce, et à jeun depuis minuit.

L'état de grâce est la première et la plus indispensable des conditions pour bien communier. C’est la robe nuptiale, sans laquelle personne ne peut être admis au festin du Père de famille. Si la manne, qui n’était que la figure de l'Eucharistie, tombait sur un lit de rosée qui servait comme de nappe pour la recevoir, de peur qu’elle ne fût souillée en tombant immédiatement à terre ; à plus forte raison, celui qui reçoit dans son cœur la manne divine, le pain vivant descendu du ciel, doit être en état de grâce ; c’est-à-dire exempt de toute tache mortelle.

Il faut de plus n’avoir bu ni mangé depuis minuit. A part cette première disposition du corps, il faut aussi être proprement et modeste-

ment vêtu selon son état. L'essentiel est sans doute d’être en état de grâce et à jeun ; mais 1l est facile de comprendre, qu’un jour de communion, il faut soigner un peu mieux son extérieur, pour faire honneur à l’hôte divin qu’on doit recevoir. Puis, quand le moment de communier est arrivé, on se rend à la sainte Table d’un pas modéré, sans chercher à devancer les autres; et pour faire cette sainte action avec toute la décence voulue, il faut, autant que possible, observer ce qui suit :

Tenir la tête fixe et droite, sans la pencher en avant ni la renverser en arrière.

Tenir les yeux baissés, ou les arrêter sur la Sainte Hostie, et non pas sur le prêtre.

Ouvrir médiocrement la bouche, ni trop, ni trop peu, etavancer un peu la langue sur la lèvra inférieure, pouf que le prêtre y puisse facilement déposer l’hostie.

Les uns remuent la tête, les autres tiennent la tête baissée, de sorte que le prêtre ne voit pas ce qu’il fait et se trouve forcé de poser la sainte hostie un peu au hasard.

C’est à peine si ceux-ci entr’ouvrent la bouche ou desserrent les dents; ceux-là craignent d’avancer la langue ou saisissent l’hostie avec les lèvres ; d’autres retirent la langue avec précipitation, avant que le prêtre ait eu le temps de bien poser l’hostie.

Tout cela est inconverant et fort dangereux ; la plupart des accidents qui arrivent à la Sainte Table, viennent de la maladresse ou de la négligence des communiants.

Ne vous levez pas brusquement, aussitôt que vous avez communié, de peur que vous ne don-

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