PECHES CAPITAUX
Orgueil,
Se complaire en soi-même; se glorifier, se vanter de ses vertus, de ses talents, de ses avantages, de ses biens ; ne les point rapporter à Dieu ; présumer de sa capacité, de ses forces ; vanité, ambition ; désir, recherche des honneurs, des distinctions, des dignités ; faste, dépenses superflues; fierté; mépris du prochain de ses égaux, des supérieurs; amour- propre, hypocrisie.
Avarice.
Attachement aux biens terrestres ; désir déréglé d'acquérir, et par toute sorte de voies ; épargne excessive ; simonie. Voir le 7e et le 10' commandement de Dieu.
Impureté.
Voir le 6e commandement de Dieu.
Envie.
Etre jaloux; se réjouir des malheurs du prochain ; s'affliger de ses succès ; diminuer l'estime dont il jouit ; augmenter le mal qu'on en dit.
Gourmandise.
Manger et boire avec sensualité, avec excès ; festins fréquents et somptueux ; ivresse complète ou incomplète ; ivrognerie habituelle.
Colère.
Impatience; emportement ; murmures ; dépit. Voir le 5e commandement de Dieu.
Paresse.
Ignorance, oubli des devoirs de la religion, de son état, de sa charge ; négligence à s'acquitter de ses devoirs, ainsi que de ses affaires domestiques ; perte de temps; vie molle et oisive; dommage causé par la paresse, à sa famille, à à ses maîtres ; enfouir ses talents.
Le mode d'examen de conscience que nous venons de tracer est généralement recommandé. Mais personne n'est tenu de le suivre et de se poser exactement les mêmes questions. Chacun est libre de suivre la marche qui lui va le mieux, et d'interroger sa conscience comme il l'entend, pourvu que son examen soit bien fait. La série de questions formulées plus haut a été donnée seulement pour servir d'exemple, et
montrer comment on peut s'interroger. Quant aux listes de péchés que donnent une foule de livres de prières, il vaut mieux ne pas s'en servir pour l'examen de conscience et pour l'ordre à suivre dans la confession. Si, toutefois on juge à propos de le faire, il ne faut pas s'inquiéter lorsqu'on ne comprend pas toutes les questions, et ne pas s'imaginer qu'on a réellement commis toutes les fautes énumérées.
Lorsqu'on fait son examen de conscience, il faut avoir soin de s'arrêter quelques instants, aussi souvent que l'on remarque avoir péché, afin de voir combien de fois cela est arrivé. L'important est de se rappeler les principaux péchés, ceux que l'on a commis le plus fréquemment, et de les confesser en premier lieu pour ne pas s'exposer à les oublier.
2° Il faut avoir le regret de nos péchés. L'examen de conscience une fois terminé, on doit s'exciter au regret de ses péchés. La contrition est la partie essentielle du sacrement de Pénitence. Il y a dans ce sacrement, comme nous le savons, trois parties: la contrition, la confession et la satisfaction. La contrition est la partie la plus importante ; par conséquent quand nous nous préparons à faire notre confession, nous devons consacrer au moins autant de temps, et même plus, à nous exciter à la contrition qu'à l'examen de conscience. Plusieurs se trompent sur ce point, et passent presque entièrement le temps à examiner leur conscience. Si nous avons lieu de croire que nous ne regrettons pas suffisamment nos péchés, nous devons prier pour obtenir cette grâce. Il ne faut pas oublier que Pacte de contrition fait après l'accusation des
péchés n'est pas la contrition, mais seulement un signe extérieur qui fait connaître au confesseur que nous regrettons nos péchés du fond du cœur. Il est évident, en effet, qu'un pénitent peut très bien faire son acte de contrition et ne pas avoir du tout regret de ses péchés. Par conséquent, nous devons avoir la contrition avant de commencer sa confession, ou au moins, avant de recevoir l'absolution. Maintenant, de quelle manière devons -nous regretter nos péchés ? On dit quelque fois : Je ne suis pas véritablement repentant de mes péchés parce que je ne puis pas pleurer, et que si je perdais un parent ou un ami, j'en serais plus affecté que je ne le suis d'avoir péché. Ceci est une grave erreur. La vraie contrition et la seule nécessaire est de reconnaître qu'en péchant nous avons offensé Dieu, que le péché est le pire des maux, et d'être dans la ferme détermination de ne plus jamais l'offenser. Le don des larmes que Dieu donne quelquefois à ceux qui l'ont offensé, est une excellente chose, mais n'est pas nécessaire. 3° Il faut prendre la résolution de ne plus offenser Dieu. Il ne peut y avoir de véritable contrition sans cette ferme résolution de ne plus jamais offenser Dieu. Comment peut-on dire à Dieu : " Mon Dieu, j'ai un extrême regret de vous avoir offensé," si nous sommes prêts à recommencer à la prochaine occasion ? Comment pouvons-nous sincèrement regretter le passé, si nous sommes disposés à faire la même chose à l'avenir ? Pensez-vous qu'un voleur regrette ses larcins passés, s'il a l'intention de voler de nouveau du moment où il se présentera une occasion favorable ? Donc, pas de contrition
possible sans le ferme propos de ne plus pécher. Mais, dira-t-on, presque tout le monde retombe dans le péché après chaque confession. C'est vrai ; mais ce fait ne prouve pas le défaut de contrition. Lorsqu'ils ont fait leur confession, ils pensaient ne plus jamais vouloir pécher, et ils s'étaient réellement proposé de ne jamais offenser Dieu ; mais plus tard, la tentation étant revenue, l'occasion s'étant présentée, ils ont oublié leur résolution, ils n'ont pas eu recours à la giâce de Dieu et ils sont retombés de nouveau. Ceci veut donc dire qu'en faisant son acte de contrition, on doit réellement se proposer de faire ce que l'on dit, promettre de ne jamais pécher, et prendre tous les moyens possibles pour être fidèle à ses promesses. S'il nous arrive ensuite de retomber, il faut renouveler notre promesse immédiatement et faire des efforts encore plus grands qu'auparavant Soyons en garde contre les tentations ou les occasions qui nous ont fait manquer à nos résolutions, et alors notre acte de contrition aura toutes les conditions voulues. La crainte et la prévision de retomber de nouveau n'empêchent pas la contrition d'être excellente, pourvu que l'on désire et que l'on se propose de ne plus jamais pécher. Au contraire, cette crainte de retomber dans le péché est salutaire et ne devrait jamais nous quitter, puisque, laissés à nous-mêmes, et privés de la grâce et du secours de Dieu, nous sommes sûrs de pécher de nouveau.
4° Il faut confesser nos pêches au prêtre. La préparation nécessaire terminée et le moment venu de se présenter à confesse, on entre dans le confessionnal et on se met à genoux. Aussitôt
que le confesseur ouvre la grille et se tourne vers le pénitent, ce dernier fait le signe de la croix et dit : '* Je me confesse à Dieu toutpuissant et à vous mon père." Puis, ayant fait connaître le temps qui s'est écoulé depuis sa dernière confession, et, de plus, s'il a reçu l'absolution et accompli la pénitence imposée, il commence immédiatement l'accusation de ses péchés, tels que son examen de conscience les lui a fait connaître, en disant à chaque péché : 11 Mon père, je m'accuse."
On doit mentionner en confession seulement les choses que l'on pense être des péchés, et accuser chaque faute, sans détails inutiles. Ainsi, par exemple, un enfant demande la permission d'aller voir un ami, mais, chemin faisant, il rencontre un autre ami avec lequel il passe son temps. De retour à la maison, il fait un mensonge à ses parents qui lui demandent s'il a passé la soirée avec l'ami qu'il était allé voir. Il s'est rendu coupable d'un mensonge, et il lui suffit simplement d'accuser ce péché. Il n'est pas tenu de raconter comment cela est arrivé ; car le fait d'être allé voir un ami et d'en avoir rencontré un autre, n'est pas un péché. On doit aussi n'accuser que ses propres péchés et non pas ceux des autres ; ne jamais mentionner aucun nom dans le cours de la confession, pas même le sien ; viser à la brièveté, et ne pas dire : j'ai violé le premier ou le second commandement en faisant telle ou telle chose. Il suffit simplement d'accuser le péché commis, car le confesseur sait encore mieux que le pénitent quel commandement se trouve avoir été violé. Si l'on a commis un péché plusieurs fois, il
vaut mieux, règle générale, ne pas faire le calcul du nombre total de fois. En le faisant, ceux qui ne sont pas instruits courent le risque de s'embrouiller, surtout lorsqu'il s'est écoulé un long espace de temps depuis la dernière confession. Il suffit de dire : J'ai l'habitude de jurer, et cela m 'arrive trois ou quatre fois par jour. De même, il ne faut jamais dire qu'on a commis un péché quelquefois ou souvent. C'est parler pour ne rien dire. En effet, ces deux expressions, quelquefois et souvent, peuvent signifier dix, quinze ou vingt fois, en sorte que le prêtre ne sait pas davantage à quoi s'en tenir sur le nombre réel de fois, que l'on doit toujours donner aussi juste que possible, sans le diminuer ou l'augmenter en connaissance de cause. Il n'est pas plus judicieux dédire: J'ai peut-être commis tel ou tel péché ; parce qu'il est également possible que vous ne l'ayez pas fait, et alors le confesseur ne peut juger. Si on a honte d'accuser un péché ou qu'on ne sache pas comment le dire, ce qu'il y a de mieux à faire en pareil cas, c'est de dire au prêtre : " Mon père, il y a un péché que j'ai honte d'accuser ou que je ne sais pas comment dire ; et alors il vous rendra cette tâche facile en vous interrogeant. Ce qu'il faut éviter par-dessus tout, c'est de sortir du confessionnal sans avoir accusé tous ses péchés mortels. On n'entre pas souvent seul au confessionnal, et le démon qui n'aime pas nous voir en état de grâce, nous suit ordinairement de près, pour nous empêcher de dire toute la vérité. Quand on commet un péché quelconque, il essaie de nous persuader que ce n'est presque rien, et qu'il sera facile de le confesser ; mais aussitôt que le péché est
commis, il nous le représente comme énorme, et s'ingénie à nous faire croire que le confesseur va nous réprimander sévèrement. Il atteint trop souvent son but par cette tactique, et beaucoup plus qu'on ne le pense sortent du confessionnal avec un sacrilège de plus sur la conscience et par conséquent, plus coupables qu'ils n'étaient entrés. Quand Judas fut tenté de trahir Notre- Seigneur, il pensa que trente pièces d'argent étaient une grosse somme. Sa trahison consommée, cet argent n'eut plus la même valeur à ses yeux, mais il alla le jeter, et regarda son crime comme si épouvantable qu'il alla se pendre de désespoir.
Il n'est pas nécessaire de rappeler exactement les expressions dont on s'est servi en jurant ou en tenant une mauvaise conversation, si le confesseur ne l'exige pas ; mais il suffit simplement de dire: j'ai juré ou tenu de mauvaises conversations tant de fois. Il faut, tout en prenantgarde de parler trop fort, avoir soin de parler assez haut pour être parfaitement compris du prêtre. Si quelqu'un est sourd ou entend dur, il ne doit pas entrer lorsque le confessionnal est assiégé, mais attendre patiemment que la foule soit écoulée, ou, quand son tour est venu, prier le prêtre de vouloir bien entendre sa confession dans un lieu spécial.
Enfin, en attendant le moment de se confesser, il ne faut pas se chicaner pour avoir les meilleures places, ni voler le tour de ceux qui sont arrivés avant nous, comme font que^ues-uns. C'est une injustice, et de plus on s'expose à les faire mettre en colère et à les empêcher de recevoir le sacrement de Pénitence avec toutes les
dispositions voulues. Cette manière d'agir cause du désordre, et fatigue davantage le prêtre qui entend le bruit. Si on est réellement pressé, on peut demander à ceux qui sont arrivés avant nous de vouloir bien nous céder leur tour. S'ils ne le veulent ou ne le peuvent pas, et si on ne peut attendre, le plus sage est de renvoyer sa confession à un autre temps. Les instants qui précèdent la confession sont extrêmement précieux ; par conséquent il faut les employer à prier pour obtenir les disposition" voulues, et ne pas se laisser distraire par ce qui se passe autour de soi. Puis, quand notre tour est venu, ou quand le confesseur nous attend dans le confessionnal, il faut entrer immédiatement, afin de ne pas lui faire perdre son temps.
5° Il faut accepter la pénitence que le prêtre nous impose L'accusation des péchés finie, on ajoute: " Mon père, je m'accuse de plus de bien d'autres péché? que je ne connais pas et de ceux de toute ma vie ; j'en demande pardon à D'eu et à vous mon père, la pénitence et l'absolution.'5 Puis on écoute attentivement la pénitence imposée, les avis du confesseur, les questions qu'il juge à propos de nous faire et auxquelles nous devons répondre au meilleur de notre connaissance. On renouvelle son acte de contrition aussitôt qu'il nous le recommande avant de donner l'absolution, et on sort, du confessionnal lorsqu'il ferme la grille ou nous signifie d'une manière quelconque que la confession est terminée.
Le pénitent doit accomplir la pénitence imposée, aussitôt que possible, à moins que le confesseur n'ait spécifié un temps particulier. Si un péché mortel, oublié involontairement, lui re-
vient à l'esprit entre sa confession et sa communion, il n'est pas tenu de retourner à confesse immédiatement ou de remettre sa communion. Ce péché a été pardonné avec les autres ; mais U devra le confesser dans sa prochaine confession. Cependant, s'il est facile de retourner à confesse de suite, surtout lorsque Ja messe n'est pas encore commencée, il vaut mieux le faire. Il va sans dire que la confession est nulle si les péchés oubliés l'ont été à dessein.
204— En quoi consiste l'examen de conscience ?
—L'examen de conscience consiste à nous rappeler tous les péchés que nous avons commis depuis la dernière confession.
Si, de plus, il nous est arrivé de faire de mauvaises confessions et de mauvaises communions, il faut dire combien de fois, déclarer de nouveau les péchés accusés dans ces mauvaises confessions, ainsi que tous les aiâtres péchés commis depuis la dernière bonne confession. Supposons, par exemple, qu'un enfant fait une confession excellente en janvier. Il retourne à confesse en février, et il a le malheur de cacher un péché mortel. Il continue de se présenter à confesse tous les mois jusqu'à décembre. Cette fois, s'il est disposé à mettre fin à ses sacrilèges, il devra 3'examiner non seulement sur les péchés commis depuis novembre, mais aussi sur tous les péchés 3ommis depuis janvier, car tout est àrecommencer lepuis sa dernière bonne confession, et il ne doit pas oublier de dire que chaque mois il a fait une nauvaise confession et une mauvaise communion.
t 205.— Quel moyen faut-il prendre pour bien examiner sa conscience ?
—Pour bien examiner sa conscience, il faut passer en revue, l'un après l'autre, les commandements de Dieu etdel'EgliEe, les sept péchés capitaux et les devoirs particuliers de son état, afin de découvrir ainsi les péchés qu'on a commis.
206.— Que doit-on faire avant de commencer son examen de conscience ?
— Avant de commencer son examen de conscience, on doit demander à Dieu qu'il nous aide à connaître nos péchés et a les détester.