Quels sont les ministres de l'Extrême-Onction
—Les ministres de l'Extrême-Onction sont les évêques et les prêtres.
Tout prêtre peut administrer validement l'Ex- .rême- Onction, mais les curés et les prêtios seuls
qui ont charge d'âmes, peuvent l'administre* licitement, sauf le cas de nécessité. Chaque fi* dèle doit donc s'adresser à son propre pasteur pour recevoir ce sacrement*
Lorsqu'un malade doit recevoir l'Extrême* Onction, le personnel de la maison a soin de lui faire sa toilette, de voir à ce que sa chambre soit mise dans une grande propreté, et de préparer à temps les choses suivantes: une petite table couverte d'une nappe blanche sur laquelle on place un crucifix, deux chandeliers garnis de cierges, ou au moins de chandelles, qu'on allume à l'arrivée du prêtre, de l'eau bénite dans un vase avec un aspersoir, qui peut être une simple branche d'un rameau, deux petites assiettes ou soucoupes, dont l'une contient sept ou huit pelotons de ouate bien propre, pour essuyer les endroits du corps sur lesquels le prêtre fait les onctions, et un peu de mie de pain pour frotter ses doigts; et l'autre sert à recevoir les mêmes pelotons après chaque onction ; un verre à demi rempli d'eau, et une serviette blanche pour le malade s'il reçoit auparavant le saint viatique.
Toute bonne famille catholique doit soigneusement tenir en réserve, en tout temps, les choses nécessaires en pareille circonstance, afin de ne jamais être prise au dépourvu. Quelquefois une personne tombe gravement malade à l'nnproviste, en pleine nuit, et lorsque le prêtre arrive, il ne trouve rien de ce qu'il lui faut. Si les voisins sont aussi imprévoyants, ils ne peuvent davantage lui procurer les choses requises ; et alors il est exposé à des retards regrettables, ou bien il est obligé d'administrer les derniers sacrements d'une manière presque irrespectueuse
pour Notre-Seigneur. Lorsque nous attendons un paient ou un ami, nous préparons tout ce qu'il faut pour le recevoir convenablement ; à plus forte raison devons- nous en faire autant lorsque nous devons recevoir la visite de Notre-Seigneur. Si un ami arrive lorsque nous ne sommes pas préparés à le recevoir, nous sommes dans la confusion, et nous lui faisons mille excuses. Par conséquent, toute famille doit préparer à temps ce qui est nécessaire pour l'administration des derniers sacrements, lorsque le prêtre est appelé; et, de plus, tenir constamment ces choses en réserve à la maison, en cas de besoin.
Lorsque Notre-Seigneur vient visiter un malade à domicile, la famille doit le recevoir avec tout le respect possible. Certains catholiques ont a louable coutume, en pareille circonstance, d'aller rencontrer le prêtre à la porte avec un cierge allumé, s'il porte le bon Dieu, et de raccompagner jusqu'à la chambre du malade. Rien ae convient mieux, et c'est ce que l'on devrait toujours faire, si c'est possible, parce que c'est e désir de l'Eglise. Autrefois, et aujourd'hui encore dans quelques pays catholiques, le prêtre porte le Bon Dieu aux malades en procession, presque aussi solennellement qu'il promène No- ;re-Seigneur le dimanche dans l'octave de la Fête-Dieu, le Jeudi-Saint ou pendant les Quarante Heures. Ainsi, au Pérou, en particulier, orsque l'on porte le saint viatique à un malade, ies cloches de l'église s'ébranlent, des centaines le personnes, la plupart portant un cierge alluûé, accompagnent le Saint Sacrement, abrité ous un dais magnifique, et précédé d'une multiude d'enfants de chœur, tenant des encensoira
ou portant de riches fanaux de différentes couleurs, une troupe de musiciens ferme la marche. Tous chantent des hymnes ou récitent le chapelet. Dans ce pays où l'on a conservé l'habitude de porter solennellement la communion aux malades le dimanche de Quasimodo, ce jour devient une véritable Fête-Dieu : les rues sont ornées et pavoisées, et le Saint-Sacrement porté et accompagné avec autant de pompe. L'Eglise aimerait sans doute qu'il en fût ainsi chaque fois que le Saint Sacrement est porté d'un lieu à uu autre. Mais la chose est souvent impossible, surtout dans les endroits où une partie de la population n'est pas catholique. C'est pour cela que dans nos villes le prêtre porte le Bon Dieu aux malades sans aucune pompe extérieure. Dans nos paroisses canadiennes et catholiques, lorsque l'on porte le saint Viatique aux malades, la cloche de l'église annonce le départ, et la voiture qui conduit le prêtre est toujours précédée de quelqu'un tenant à la main une petite cloche qu'il sonne vis-à-vis chaque maison. N'oublions jamais le profond respect que nous devons à Notre-Seigneur, et ne manquons pas de le lui témoigner dans la mesure du possible.
t 296.— Qu'est-ce que l'Ordre ?
— L'Ordre est un sacrement qui donne aux évoques, aux prêtres et aux autres ministres sacrés, le pouvoir de faire les fonctions ecclésiastiques et la grâce pour les exercer saintement.
De même que, sous l'Ancienne Loi, Dieu avait Béparé des autres tribus les enfants de Lévi, pour qu'ils fussent spécialement consacrés à son
service, de même, sous la Loi Nouvelle, il a tiré de la masse commune et élevé au-dessus de la foule, des hommes privilégiés qu'il s'est attachés par une consécration solennelle, et dont la destination particulière est d'exercer les fonctions saintes.
Ces élus sont: les évêques, les prêtres, les diacres et sous-diacres, qui, avant d'être promus, doivent passer par les degrés inférieurs, tels que la tonsure et les Ordres Mineurs. Dieu n'a pas voulu qu'on pût s'élever tout d'un coup au sommet de la montagne sainte du sacerdoce; mais il a établi divers degrés dans la hiérarchie ecclésiastique, pour rendre plus imposante la majesté du culte divin ; de sorte que l'Eglise militante nous offre comme une image de l'Eglise triomphante, où il y a divers rangs d'esprits bienheureux.
Lorsqu'un jeune homme se destine à la prêtrise, après avoir cru reconnaître en lui les signes d'une véritable vocation, il entre dans un grand séminaire où, pendant plusieurs années, il se livre exclusivement à l'étude, et se prépare aux fonctions du ministère. Il commence par recevoir la tonsure, qui est son premier pas dans la cléricature, et qui fait de lui un simple soldat, sans aucune dignité ou office. Lorsqu'il est tonsuré, l'évêque lui coupe une mèche de cheveux en cinq différents endroits de la tête, pour montrer que ce jeune homme se consacre d'une façon ' spéciale au service de Dieu et de son Eglise. A partir de ce moment, s'il persévère, il doit toujours avoir, au sommet de la tête, une partie des cheveux, rasée en forme de couronne, pour rappeler sa consécration à Dieu et la couronne d'é-
pines de Notre-Seigneur. C'est pour cette dernière raison que les moines portent généralement la chevelure rasée à nu, à l'exception d'une bande étroite qui entoure la tête comme une couronne.
Un certain temps après avoir été tonsuré, il reçoit les quatre Ordres Mineurs, par lesquels il lui est permis de toucher les vases sacrés, et de remplir dans l'église certaines fonctions que les laïques n'ont aucun droit d'exercer.
Après les Ordres Mineurs, vient le Sous- Diaconat. En le recevant il se donne corps et âme à Notre-Seigneur ; il s'engage à garder la chasteté perpétuelle, à réciter l'office divin, et il ne lui est plus permis de rentrer dans le monde. Ses fonctions sont, comme l'indique son nom, de servir le diacre à l'autel, de chanter solennellement l'épître à la messe, de préparer le calice et la patène, de mettre de l'eau dans le vin destiné au sacrifice de la messe, de porter la croix aux processions et de purifier les linges sacrés.
Lorsqu'il est promu au diaconat, il peut servir ie prêtre à l'autel, chanter l'évangile, concourir à l'oblation du saint sacrifice, et exposer solennellement le Saint Sacrement. Il pourrait même, avec la permission de l'évêque, donner la communion, baptiser et prêcher.
Enfin, sur le point de terminer ses études théologiques, il est ordonné prêtre, et reçoit le pouvoir de célébrer la sainte messe et d'administrer les sacrements. Si, plus tard, ses vertus et s* science le désignent à l'attention de Saint- Siège pour l'Episcopat, il est sacré évêque, et reçoit ainsi la plénitude du sacerdoce. Les évêques ont le pouvoir de décider les controverses de la foi, de consacrer d'autres évêques
de l'extrême-onction et de l'ordre. 457
d'ordonner les prêtres, de gouverner les fidèles de leurs diocèses et les pasteurs subalternes, qui n'ont d'autre juridiction que celle qu'ils leur confèrent, qui sont obligés de se conformer à leurs ordonnances, et de les faire exécuter par le peuple confié à leur sollicitude.
Les ministres sacrés de l'Eglise ne peuvent exercer que les fonctions de l'ordre auquel ils ont été promus. Ainsi, un sous-diacre ne peut faire l'office du diacre, de même qu'un diacre ne peut remplacer le prêtre. Mais ce dernier, s'il le veut, peut faire les fonctions de diacre et de sous-diacre. Les servants de messe ne devraient jamais oublier que c'est un très grand privilège d'être admis à remplacer à l'autel les ministres ;acrés, et à servir la messe sans avoir été ordonnés acolytes. Cet honneur leur procure l'avantage de se tenir plus près de la sainte Eucharistie, et de présenter le vin qui, quelques instants après, est changé au sang de Notre-Seigneur Jésus- Christ.
Il n'est guère nécessaire d'ajouter que les Religieuses et les Frères ne sont pas des ministres de l'Eglise, puisqu'ils n'ont reçu aucun des ordres sacrés.
297.— Que faut-il pour recevoir dignement le sacrement de l'Ordre ?
Pour recevoir dignement le sacrement de l'Ordre, il faut être appelé de Dieu, avoir la science nécessaire et être en état de grâce.
Comme nous avons déjà parlé de la vocation, il suffit de rappeler ici ce que dit saint Paul : Nul rCa le droit de s'arroger à lui-même cet honneur,
s'il n'est appelé de. Dieu comme Aaron ; et pour confirmer cette vérité. l'Apôtre cite l'exemple de Jésus-Christ, qui ne s'est pas élevé de lui-même à la dignité de Souverain Pontife, mais qui l'a reçue de son Père. Il faut de plus avoir la science suffisante, et être en état de grâce, puisque l'Ordre est un sacrement des vivants.
298.— Comment les chrétiens doiventils considérer les prêtres de l'Eglise ?
— Les chrétiens doivent considérer les prêtres de l'Eglise comme les envoyés de Dieu et les dispensateurs de sa doctrine et de ses grâces.
Les prêtres sont les envoyés de Dieu. Notre- Seigneur a dit à ses Apôtres : Comme mon Père m'a envoyé, ainsi je vous envoie. En d'autres termes, de même que notre Père céleste a envoyé son Fils bien-aimé dans le monde pour sauver les âmes, ainsi Notre-Seigneur a envoyé ses Apôtres et leurs successeurs à travers le monde pour sauver les âmes également. Dieu a dit aux prêtres de l'Ancienne Loi, que s'ils ne prévenaient pas le peuple des dangers auxquels il est exposé, ils seraient responsables de ses égarements ; mais que le peuple porterait seul la responsabilité de ses fautes s'il n'écoutait pas ïa voix de ceux qui sont chargés de le conduire. C'est la même chose sous la Nouvelle Loi. Le3 prêtres sont tenus d'avertir les fidèles et de les mettre en garde contre le péché. Ceux qui ne les écoutent pas, seront seuls responsables de la perte de leur âme. Par conséquent, on doit regarder les avertissements, les conseils et les
exhortations du prêtre, comme venant de Dieu lui-même, car c'est réellement lui qui nous parle par leur bouche, et ils ne sont que ses agents et ses instruments.
Ils sont de plus les dispensateurs de sa doctrine et de ses sacrements ; c'est-à-dire, chargés de prêcher ses enseignements et d'administrer les sacrements.