‹ Le Code catholique, ou, Commentaire du catéchisme des provinces ecclésiastiques de Québec, Montréal et OttawaChapitre 193 sur 238 · Que nous ordonne le cinquième commandement · texte numérisé non relu

Que nous ordonne le cinquième commandement

— Le cinquième commandement nous ordonne de respecter la vie corporelle et spirituelle du prochain et la nôtre.

Notre vie n'est pas notre propriété, mais la propriété de Dieu; il nous la prête et nous la laisse durant bon plaisir, sans nous faire connaître, combien de temps elle durera. Ainsi, le suicide ou l'acte de s'ôter la vie, est un péché mortel, parcequ'il est une révolte contre la volonté de Dieu. Celui qui, étant sain d'esprit et en pleine possession de sa raison, se donne la mort, commet un suicide. Mais il est quelquefois très difficile de déterminer si un individu était réellement sain d'esprit au moment du suicide ; dans ce cas, s'il y a doute raisonnable, nous en accordons généralement le bénéfice au malheureux suicidé. C'est aussi un péché de risquer notre vie inutilement, ou de persévérer dans des habitudes qui, nous en sommes certains, sont préjudici; .'.>!es à notre santé et abrègent nos jours.

Ainsi, un ivrogne d'habitude pèche contre le cinquième commandement, parce que, outre son péché d'ivrognerie, il hâte sa mort. De même, les jeunes gens qui s'adonnent à des habitudes que leurs parents leur ont défendues, se rendent coupables de péché. Fumer, par exemple n'est pas un péché en soi ; cependant, si un enfant fume malgré la défense qui lui en est faite, il se rend coupable de péché, d'abord parce qu'il commet une désobéissance, et de plus, parcequ'il altère sa santé. Ainsi, ceux qui s'adonnent à des habitudes coupables, peuvent commettre plu-

sieurs sortes de péchés, car outre le péché commis par ces habitudinaires, ces vices nuisent à "leur santé et engendrent des maladies du corps.

t 427.— Que nous défend le cinquième commandement ?

—Le cinquième commandement nous défend : 1° de nous donner la mort, ou de la donner aux autres, et même d'en avoir le désir ; 2P de blesser ou frapper le prochain, de le hair, de lui dire des injures, de nous venger de lui ; 3° de le scandaliser.

Ce commandement défend non seulement l'homicide de fait, c'est-à-dire, celui qui est réel et consommé, mais aussi tout ce qui conduit à l'homicide extérieur, comme les voies de fait, les haines, les injures, la vengeance, en un mot, tout ce qui blesse la charité due au prochain.

1 428.— Qu'est-ce que scandaliser le prochain ?

—Scandaliser le prochain c'est le porter au mal par de mauvais conseils ou de mauvais exemples, et s'exposer à donner la mort à son âme.

On appelle scandale tout ce qui peut être pour le prochain une occasion d'offenser Dieu. Tout péché peut être un sujet de scandale, du moment qu'il se produit au dehors, et qu'il est de nature èl porter au mal ceux qui en sont témoins.

Le scandale est un véritable homicide spirituel, puisqu'il tue l'homme dans son âme. Ce péché est si grand, que Notre-Seigneur a dit qu'il vaudrait mieux être jeté avec une pierre au fond de la mer, que de scandaliser le moindre des fidèles.

t 429. — Sommes-nous obligés de réparer le tort causé au prochain ?

—Oui, nous sommes obligés de réparer le tort causé au prochain par le scandale, par la médis mce ou la calomnie, par les injures et les mauvais traitements.

t 430.— Quel est le sixième commandement de Dieu ?

— Le sixième commandement est : Impu* dique point ne seras, de corps ni de con* sentement.

t 431. — Que nous ordonne le sixième commandement ?

— Le sixième commandement nous ordonne d'être purs dans nos pensées et modestes dans nos regards, dans nos paroles et dans nos actions.

jNous devons être très particuliers sur ce commandement, puisque chaque violation, pour ainsi dire, que nous en faisons, constitue un péché mortel. Par exemple, si nous volons un objet de peu d'importance, nous commettons un péché véniel, car la gravité du vol dépend de la valeur de l'objet que nous volons ; mais si nous

nous rendons coupables d'une action ou d'une penst-e contraire au sixième commandement, quelle qu'en soit la durée, nous commettons un péché mortel. Nous sommes d'autant plus tentés de violer ce commandement, que notre pauvre n&ture nous y pousse et que nous ne pouvons faire qu'il en soit autrement ; de là la nécessité pour nous de toujours être en garde contre ce péché. Il pénètre clans notre âme par les sens qui, pour ainsi dire, en sont les portes. Il entre par nos yeux lorsque nous regardons des objets ou des tableaux indécents ; par nos oreilles, lorsque nous écoutons de mauvais dis cours ; par notre langue, lorsque nous disons et répétons des paroles immodestes, etc. Si donc, nous gardons toutes les portes de notre âme, le péché n'y pourra entrer. Ce serait une folie de fermer toutes les portes de notre maison, moins une ; en effet, une seule étant suffisante pour laisser pénétrer les voleurs, nous ferions aussi bien de les laisser toutes ouvertes que d'en laisser une seule. Nous devons, pareillement, veiller sur tous nos sens, puisque le péché peut pénétrer dans notre âme aussi bien par l'un quelconque ie nos sens que par tous.

t 432.— Que défend le sixième commandement ?

—Le sixième commandement défend :

1° toute familiarité indécente avec le mari ou la femme d' autrui : 2° toute immodestie sur soi-même ou sur d'autres, par regards, paroles ou actions; 3° toute ndécence dans le vêtement ; 4° tout ce

qui conduit à l'impureté, comme les tableaux et les spectacles déshonnêtes, les danses vives, les livres et les journaux immoraux.

La lecture d'un livre nous introduit dans la compagnie de celui qui l'a écrit. Nous devrions éviter un mauvais livre avec autant et même plus de soin que nous éviterions un homme vicieux. En effet, lorsque nous lisons, nous pouvons nous arrêter pour réfléchir, revenir sur ce que nous avons déjà lu, et recevoir, parles mauvais passages qui se trouvent dans un livre, une impression plus profonde que celle qui serait produite en nous par les mauvais discours que nous pourrions entendre. Nous devons éviter non seulement les mauvais livres, mais encore ceux qui sont sans utilité. On ne peut passer son temps avec un homme paresseux, sans devenir paresseux comme lui. De même, si nous passons notre temps dans la lecture de livres inutiles, nos connaissances seront, comme le livre que nous lisons, sans utilité. Une foule d'auteurs n'écrivent que pour gagner de l'argent, et ils s'inquiètent peu que leurs livres soient bons ou mauvais, pourvu qu'ils se vendent bien. Que de jeunes gens ont été perdus par de mauvais livres, ou bien encore par des livres insensés ! Les enfants, par exemple, lisent dans des livres sans valeur, les exploits audacieux des voleurs de | grand chemin ou des pirates, et immédiatement, ils conçoivent le désir d'imiter les héros de telles histoires. Les jeunes filles s'engouent également pour la fortune ou les aventures mer' veilleuses d'une jeune femme dont la vie a été

racontée avec des couleurs vives et séduisantes. Le résultat de telles lectures est que les jeunes gens perdent la vraie notion de la vertu et de la valeur, du noble et véritable rôle de l'homme et de la femme, et que leur cœur et leur esprit corrompus prennent le vice comme modèle.

Ces livres sont remplis de mensonges et d'histoires dont l'invraisemblance et la folie devraient être évidentes pour toute personne sensée. Ainsi, un livre nous raconte que deux enfants ont défait, tué et capturé plusieurs centaines d'Indiens ! Je vous le demande, est-ce vraisemblable ? La vérité est que si deux Indiens levaient leurs tomahawks sur un aussi grand nombre d'enfants que pourrait en contenir une vaste bâtisse, chacun de ces enfants prendrait immédiatement la fuiie.

Une autre raison pour laquelle nous ne devons pas lire de livres inutiles, c'est que notre esprit ne peut s'assimiler qu'une certaine somme de connaissances, et que si nous le bourrons de mensonges et d'absurdités, il n'y aura plus de place pour la vraie science.

Ne prenons donc pas l'habitude de lire les folles histoires racontées par les journaux à bon marché ; lisons, au contraire, de bons livres où nous puiserons des informations qui nous seront utiles dans toutes les occasions de la vie.

Si, de temps à autre, par amusement ou pour nous reposer de nos études, nous lisons des livres d'histoires, que ce soient d'excellents livres, écrits par de bons auteurs. Consultons, sur le choix des livres que nous lisons, des personnes qui Boient capables de nous renseigner, comme notre

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curé, nos professeurs, nos parents et nos amis. Apprenons tous à demander conseil sur chaque affaire importante qui nous arrive dans la vie. Que d'erreurs ont été commises, qui ne l'auraient pas été, si Ton avait consulté des personnes compétentes et suivi leur avis ! Nos parents ont parcouru le chemin de la vie avant nous, ils le connaissent et ils peuvent nous en indiquer tous les dangers. Pour nous, la route est entièrement nouvelle, et ce sera seulement lorsque nous l'aurons parcourue et que nous serons arrivés presque à son terme, dans les derniers jours de notre vie, que nous serons capables de donner de3 conseils aux autres sur la manière de la parcourir sans danger. Comme cette route ne peut être parcourue qu'une fois, prenons les conseils de ceux qui en ont connu les nombreux dangers par leur propre expérience. Nous devons être heureux que les personnes d'expérience veuillent bien nous instruire, et si nous méprisons leurs avertissements, nous nous en repentirons amer**ment quand le mal sera irréparable.

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