‹ Le Code catholique, ou, Commentaire du catéchisme des provinces ecclésiastiques de Québec, Montréal et OttawaChapitre 89 sur 238 · VOCATION DE MOÏSE · texte numérisé non relu

VOCATION DE MOÏSE

apparaissait et lui ordonnait d'ôter ses souliers en signe de respect et de vénération. Lorsque nous voulons témoigner le respect que nous portons à une personne ou à un endroit, nous nous décoiffons, mais les habitants de cette contrée au lieu de lever leurs chapeaux, ôtaient leurs souliers: c'était une coutume du pays, qui, par conséquent, ne leur paraissait pas étrange.

Dieu dit alors à Moïse qu'il allait l'envoyer délivrer son peuple de la servitude d'Egypte, et le ramener dans son propre pays. Pais, afin que le peuple crût en sa mission, il lui donna le pouvoir de faire certains miracles ; et sur ses instances, il lui adjoignit Aaron, son frère. Moïse dit à Dieu : mais le roi d'Egypte ne voudra pas laisser partir le peuple, et que ferai-je alors? Dieu répondit alors à Moïse : Prenez en main cette verge avec laquelle vous ferez devant Pharaon tous les miracles que je vous ai donné le pouvoir de faire, pour lui montrer que vous êtes réellement l'envoyé du Dieu tout- puissant.

Moïse et Aaron se rendirent donc auprès du roi, et firent ce que Dieu leur avait commandé. Lorsqu'Aaron eût changé sa verge en serpent, les magiciens du roi, — c'est-à-dire des hommes qui faisaient des choses merveilleuses, — soit par adresse soit par l'intervention du démon, jetèrent ileurs verges sur le sol et elles devinrent semblables à des serpents. Ces verge3 ne furent pas Tellement changées en serpents, mais le démon mi les aidait, fit disparaître immédiatement les -'erges et leur substitua de véritables serpents mi furent dévorés par le serpent d'Aaron. (1)

(1) Exode, VII.

Malgré ce prodige, le roi ne voulut pas laisser partir le peuple. Dieu qui voulait faire connaître à- tous les Egyptiens les grands desseins qu'il avait sur son peuple, avait permis cet endurcissement du cœur du roi.

Moïse frappa alors l'Egypte de dix plaies dont ne souffrirent aucunement les Israélites. Toutes les eaux qui couvraient la terre d'Egypte furent changées en sang ; ce fut la première plaie. (1) Le roi envoya alors chercher Moïse, lui promettant que s'il faisait cesser cette plaie, il permettrait au peuple de partir. Lorsque, par les prières de Moïse, cette plaie eût cessé, le cœur du roi s'endurcit de nouveau, et il refusa de remplir sa promesse. Pharaon fit comme ceux qui, dans la maladie, la détresse ou le danger, promettent à Dieu de se conduire mieux si, seulement, il veut les aider, et qui oublient leurs promesses du moment qu'ils sont hors de danger ; aussi Dieu envoya-t-il une seconde plaie qui fut la plaie des grenouilles. Un grand nombre de ces animaux sortirent des rivières et des marais, et remplirent toutes les maisons d'Egypte, s'introduisant dans les fours, montant sur les lits, etc. De nouveau le roi envoya vers Moïse dont les prières firent rentrer les grenouilles dans l'eau ou les firent mourir ; et de nouveau, il refusa d'accomplir sa promesse. (2) La troisième plaie fut celle des moucherons, qui remplirent toute la terre d'Egypte. (3) Nous pouvons à peine endurer deux ou trois maringouins, que serait-ce donc s'il y en

(1) Exode, VIL

(2) Exode, VIII.

(3) Exode, VIII.

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