JUILLET
Une dame de Lyon, après la Révolution française et la loi civile sur le prêt à intérêt, avait placé ses capitaux en conséquence. Mais son confesseur lui refuse l'absolution, si elle ne veut pas restituer les intérêts perçus. Elle s'adresse au cardinal Galeffi. et lui demande si vraiment elle doit restituer, si sa bonne foi l'excuse, et quand sa bonne foi a dû cesser. Le cardinal en parle au Saint-Office qui le prie de répondre
(1 Voir sur lu répissston de l'usure la loi allemande du 24 mai 1880. (•2) D'après Morel, du Prêt à intérêt, p. 819 et suivantes.
à la dame qu'on ne lui répondra rien avant le temps opportun, mais que sans faire aucune restitution, elle peut être absoute par son confesseur, pourvu qu'elle soit vraiment décidée à se soumettre aux ordres du Saint-Siège : Dummodo vere parata sit stare mandatis.
18 août 1830.
L'éYêque de Rennes expose à la sacrée Congrégation de l'Inquisition, que les opinions des confesseurs de son diocèse sur le prêt à intérêt aux négociants, sont bien loin d'être unanimes. Des deux côtés on apporte des raisons en faveur du sentiment que chacun a adopté, et on dispute vivement. De là, des querelles, des dissensions, le refus des sacrements et d'innombrables dommages pour les âmes. Pour y remédier, un certain nombre de confesseurs ont adopté une voie mitoyenne : si on les consulte sur un prêt à intérêt à faire, ils s'efforcent de détourner le pénitent de le faire ; si le pénitent persiste, et qu'il objecte que tout le clergé ne pense pas comme son confesseur ; alors lesdits confesseurs commencent par exiger une obéissance filiale à toutes les décisions futures du Saint-Siège, et quand ils ont une fois obtenu cette promesse, ils ne refusent plus l'absolution, quoiqu'ils regardent l'opinion contraire à l'intérêt du prêt comme plus probable.
Le pape Pie VIII fit répondre à Mgr de Lesquien : non esse inquietandos ceux qui prêtent à intérêt.