DU JEU II DU PARI
Art. f Mft. — La loi n'accorde aucune action pour une une dette du jeu ou pour le paiement d'un pari.
le jeu est un exercice soumis à des règles, et dans lesquelles chaque joueur se propose d'obtenir un certain résultat qu'où nomme le gain de la
772 LIVRE ni. — man. d'àcq. la propriété.
partie. Le plaisir du jeu provient ou de la nécessité de déployer plus d'adresse ou de sagacité que son adversaire, pour gagner la partie, ou de l'espoir de faire un bénéfice pécuniaire, ou de ces deux causes réunies. Lorsqu'on joue de l'argent, l'exercice est accompagné d'un contrat proprement dit. — Tant que le jeu, même intéressé, ne sort pas des bornes d'un simple délassement, il n'a rien d'immoral et de blâmable en lui-même. Mais quand il devient un moyen de s'enrichir sans fournir aucun équivalent, quand il vient donner le spectacle de fortunes acquises sans travail, par le hasard d'un coup de dé ou par les moyens faciles d'une spéculation éhontée, il devient essentiellement démoralisateur, et la société est intéressée à le réprimer.
Le contrat de jeu est celui par lequel plusieurs joueurs conviennent que celui d'entre eux qui perdra la partie, donnera une certaine valeur au gagnant.
Le pari ou gageure, est un contrat par lequel plusieurs personnes qui émettent des assertions opposées, conviennent que celle qui sera reconnue s'être trompée, donnera une certaine valeur à celle dont l'assertion se trouvera vraie.
Dans une partie de jeu, le gagnant ne crée aucune valeur au profit du perdant et ne lui rend aucun service ; de son côté le perdant n'a point l'intention de faire une libéralité. Sa promesse n'a donc pour cause que l'espoir de s'enrichir aux dépens du gagnant, et de se procurer du plaisir en jouant. La première de ces deux intentions ne saurait être favorisée par le législateur : en effet, la perte n'augmente point la somme des richesses des deux parties ; elle produit un simple déplacement de fortune, qui cause plus de mal au perdant et à sa famille que de bien au gagnant et aux siens. La passion du jeu est ennemie du travail productif et conduit même parfois au suicide. Ces raisons ne s'appliquent pas, il est vrai, aux personnes qui jouent rarement et de faibles sommes ; mais le législateur parait avoir considéré le contrat comme ayant, dans ce cas, une importance pécuniaire trop petite pour avoir besoin de la sanction de la justice : il suffit dé celle de la morale, qui consiste dans l'estime des honnêtes gens.
B. Nous croyons utile de donner ici des notions sur les opérations de la Bourse (1) ; nous aurons à les apprécier ensuite au point de vue de la discipline ecclésiastique.
I. — 1° La Bourse, Fonds publics et autres 'valeurs , Agents de change, Courtiers, Coulissiers. 1° La Bourse est Un immense marché des fonds publics, où viennent aboutir directement ou indirectement tous les grands intérêts des divers pays de l'Europe et de l'Amérique. La Bourse se tient tous les jours non fériés, de une heure à trois heures. Toutes les
(i) Bonal, op. cit., p. 456.