‹ Le code de l'humanité; ou, L'humanité ramenée à la connaissance du vrai Dieu et au vériatbleChapitre 10 sur 26 · FEMME · texte numérisé non relu

FEMME

5^ 1 . 11 n'est pas une oeuvre de Dieu que l'homme n*ait dénaturée.

ji^ 2. Tout, dans ce vaste univers, a été bouleversé par les impies.

jir 3. Depuis la chute deThomme au jardin d'Éden, rhomme a constamment travaillé à détériorer sa pro pre nature et à se pervertir la raison.

i^ 4* Le mariage, ou l'union de l'homme et de la femme, chose sainte et sacrée, n'a pas plus été respecté par lui que tout le reste.

j^ 5. Par les uns, le mariage a été considéré comme un état d'imperfection, voire même comme un état criminel, et il a été proscrit par eux.

jl^ 6. D'autres, moins visionnaires et moins fous , ont dit : Se marier c'est bien: »ww ne pas se marier^ c'est encore mieux.

i 7. r.es méchants, les trompeurs, les exploiteurs

de riminauité ont fait à Dieu la grâce de trouver qiie l'union de Thomme et de la femme était bonne; mais seulement à certaines conditions :

^8. i^ Que la femnie ne seraitrien^èt que l'homme serait tout;

j!^ 9. a"" Que l'homme s'unirait à la femme moyennant une somme de qui lui serait versée à l'instant même de la livraison de Tépouse, ou du moins qui lui serait garantie.

j^ 10. Quant aux convenances fondées sur la moralité, sur la sympathie et du corps et du cœur, ou 13'y a pas songé.

jl^ II. L'homme est le complément de la femme, et la femme le complément de l'homme ; et l'homme, y j contrairement à la loi de Dieu, a voulu êtr e^tout à ' ^ lui seul.

^ 12. Et, chose étrange! ce sont les vieilles rehr gions qui ont ainsi dénaturé l'œuvre de Dieu !

j!^ i3. C'est l'une d'elles, celle qui a été le plus longtemps jsn crédit parmi les peuples, celle au char de laquelle, aujpurd'hiu encore, les plus vils d'entre les hommes voudraient rattacher rhumanîté, qui, un jour, a presque osé dire que la femme ne participait /^ point de l'espèce humaine ! '

" ^ i4> L'hommeet la femme, sous la loi de nature, c'est-à-dire sous la loi du sens commun, sous la loi de vérité, de justice, et par conséquent sous la loi de Dieu, sont éjgauxjen droits, en autorité, en puissance.

1^ 1 5. L'hoiiune et la femme, sous la loi de l'homme.

c'est-à-dire, sous la loi athée de la force brutale, sont inégaux en droits, en autorité, en puissance.

3^ i6. J'entends les impies et les insensés s'écrier : Quoi! Yous voulez que la femme soit l'égale de rhomme! vous blasphémez!

i^ 17. Dieu a fait la femme pour servir, Thomipe pour commander.

S^ 18. Et ne voyez-vous pas la faiblesse de la femme, sa légèreté, sou inconsistance de caractère, son goût bien décidé pour les choses futiles ?

i^ 19. Il est un abîme de différence entre les deux sexes: ne cherchez point à combler cet abime ; Dieu ne le veutpas; la femmeest faite pour servir l'homme, et l'homme pour être son maître!

ji 20. C'est le propre de la mauvaise foi de détourner la question pour n'être point obligé d'y répondre.

f !Ài. Tourner la question, ce n'est pas résoudre la question .

jr aa. Ceux qui trouvent bien tout ce qui est, même le meurtre et l'assassinat, quand c'est pour eux qu^on tue et qu'on assassine, trouvent bien aussi que la femme soit la marchandise de l'homme, et rien de plus.

i a3. Ces vils pharisiens dont la morale n'est sévère qu'en paroles, et qui prennent et volent partout où ils trouvent à prendre et à voler, feignent de ne pas comprendre que le mariage puisse être autre chose qu'une affaire d'argent.

^ 24* I^s misérables ! ils masquent leur hypocrisie

de quelques semblants de religion, et quand ils ont Ironipo les hommes en afiicliaut des vertus qu'ils n'ont pasy ils viennent mentir à Dieu jusque dans son sanctuaire!

)l/ 'jt5. Mais ce n'est point Dieu qu'ils trompent; ils se trompent eux-mêmes : hommes d'iniquité qu'ils sont, ils se mentent à eux-mêmes!

jl^ uG. Voyez ce vieillard cacochyme qui a convoité cette jeune personne si simple, si naïve et si belle! il s'est dit claus son horrible et folle convoitise : Je suis vieux, podagre, impuissant : qu'importe? j'ai du crédit; je dois étn^ aimé, et il faut qu'on m'aime!

J' 'j.'j. J'ai de la fortune: je dois trouver de l'amour; ainsi a parlé en branlant la tète le vieillard goutteux et podagre, et la famille mercenaire de la jeune fiHe^a permis que la jeune beauté fût déflorée pur un ca- . davre ! •

i jiH. Mais Dieu a vengé l'innocence sacrifiée par la cupidité de la famille à la luxure du vieillard.

y/ M), l,e lit nuptial a (aU^ fatal à l'homme de la luxure; il a trouvé la mort au sein des plaisirs mêmes (pi'il croyait follement devoir lui i)rolonger la vie ; les fers de la jeune esclave ont été brisés, et la cupidité de sa misérable famille entièrement déçue.

if 3o. La loi de l'homme touchant le mariage est une loi impie, car elle détruit autant qu'il est en elle la loi de Dieu.

V ;^i. Cette loi de l'Inmime comj)te évidemment pour rien la femme.

V 32. Elle suppose que la femme n'est point l'enfant de Dieu aussi bien que l'homme.

j^. 33. Elle établit entre les deux sexes , non les différences d'aptitude, de vocation, que Dieu et la nature ont établies ; mais des différences de droits , telles que la femme est jetée par elle à l'homme comme une véritable proie.

3r 34. T-«a fourberie de l'homme, je le sais, s est étayée de la religion; mais de quelles religions, grand Dieu!

jl^ 35. De toutes ces religions païennes ou du moyen âge , qui ont étouffé depuis des siècles , et qui étouffent encore la vérité pour n'enseigner que la superstition et le mensonge.

i 36. La fourberie du méchant a dit : Dieu, quand il eut créé V homme ,ily a six mile ans , se recueillit quelque temps , et après avoir bien réfléchi , il pensa quil nétait pas bon que l'homme fût Sfiul; qu^une compagne lui était nécessaire.

i^ 37. Il parait toutefois que cette compagne se trouvait déjà faire partie de l'homme qui venait d'éti'e créé, puisque la femme, disent les insensés, fut faite d'une côte qui, sans doute, était inutile à l'homme.

^ 38. Voyez comme il a fallu dégrader Dieu et ses œuvres; voyez quel insolent mensonge il a fallu faire pour établir la suprématie absolue de l'homme, et taire de la femme sa servante, son esclave!

i' 39. Il n'a pas suffi aux enfants du Diable de tromper l'humanité en détniisant les monuments qui pou-

vaient lui faire connaiti'e sa véritable origine; ils ont voulu aussi détruire le véritable Dieu en lui attribuant leurs crimes abominables et leurs exécrables mensonges.

jl^ 4o* C^s misérables enfants de Bélial ont donc établi une lutte entre l'homme et la femme; car il fals lait les diviser pour régner sur eux.

ji^ 4 1 • Semblables au voleur qui détrousse les voyageurs qu*il a attirés ou trouvés dans des lieux déserts et inconnus, ils ont détourné leurs frères des voies larges et droites par lesquelles Dieu les conduisait, pour les mener dans des lieux inhabités et pouvoir plus sûrement leur arracher la vie.

ji^ 4^- H fallait commencer par séparer l'homme de la femme et la femme de l'homme , en jetant entre eux un brandon de discorde.

^ 43. Or, comme il n'est pas facile de séparer ce qui est uni par la nature, il a fallu que les méchants intervertissent les lois de la nature même.

^ 44- Ils ont donc imaginé à la femme un crime dont la femme pourtant ne fut pas plus coupable que rhomme.

ji^ 45. L'humanité, ont-ils dit, a péché par la femme ; c'est la femme qui nous a précipités tous tant que nous sommes dans l'abime du mal.

^ 46. Aussi Dieu l'a-t-il soumise à l'homme, qui n'a péché que par elle et à cause d'elle.

i 47- Ce que Dieu a fait, ont-ils ajouté, ne peut être mal fait; liissez donc à la femme l'infériorité

<lirelle rient de Dieu niéine^ el à riiomnie la suprématie qu'il tient également de Dieu.

ii' 48. Croyez à ce langage impie, et il n'y a plus de Dieu possible autre que le Dieu de la partialité, de l'injustice.

jî^ 49- Croyez à ce langage athée, et les hommes, se modelant sur le dieu qu'on leur prêche, sont méchants, capricieux, et pleins d'iniquité comme lui.

)î^ 5o. Croyez à ce langage impie, et les hommes ne sont justes que lorsque la justice sert leurs intérêts mondains.

^ 5\. Croyez à ce langage athée, et l'iniquité se commet au nom du Dieu qui est lui-même toute iniquité.

jlf 52. Dès lors ce n'est pas seulement la femme qui est en dehors de l'humanité.

5' 53. Il y a des i*aces maudites et des races choisies; des enfants admis à la table du père de famille , et des enfants maudits et chassés par le caprice et l'iniquité des pères.

^ 54. Le législateur humain , copiant les lois du dieu méchant qu'il adoie, fait des lois méchantes comme les lois de son dieu d'abomination.

)î^ 55. Il est aussi des nations appelées peuples de Dieu, et d'autres nations appelées nations réprouvées de Dieu.

i 56. Les mêmes impies , les mêmes athées qui ont imaginé que la femme n'était point la fille de Dieu au même titre que l'homme en était le fils, ont aussi trouvé que, parmi les peuples , il en était que Dieu avait choisis, et d'autres qu'il avait proscrits.

ji' 57. C'est là ce qui a fait la grande confusion des langues ; et l'humanité, une fois jetée dans ce chaos, n'a plus été qu'une grande folle et inie grande prostituée.

^ 58. Elle a roulé de César à Pompée, de Néron à Caligula;elle a eu un peu plus ou un peu moins de misère, un peu plus ou un peu moins de honte; elle n'a pu retrouver le bonheur.

5^ 59. C'est que quand on n'est pas dans la nature, on est dans un état violent, et que quand on est dans un état violent, on souffre et on n'a pas la paix.

^ 60. Tant que l'homme a marché sur les pieds, l'homme a été dans le jardin d'Eden , c'est-à-dire dans un état hygiénique , et par conséquent dans un état où il avait la vie sans peine.

5^ 61. Dès que riiommea voulu régenter Dieu en refaisant la loi divine, ou plutôt en substituant à la loi divine la loi humaine , l'homme a défait l'œuvre de Dieu , et s'est tellement défait lui-même, qu'il a marché sur la tête au lieu de marcher sur les pieds.

^ 62. Il est résulté de ceci pour l'humanité une maladie chronique que j'appelle apoplexie , et qui travaille les individus, les familles et les sociétés depuis le mensonge du premier séducteur des hommes.

^ 63. Est-il vrai que cette maladie soit inguérissable? est-il vrai que les hommes qui travaillent à en guérir leurs semblables soient des rêveurs ou des malades plus malades que ceux qu'ils veulent guérir?

^ 64. Les fripons et les insensés le disent; et les fripons et les insensés ne peuvent dire autrement.

y 65. Un eufanl qui a la teigne , ne veut pas non plus qu'on la lui ôte, parce qu'il craint qu'on le fasse souffrir.

i 66. Un voleur qui a pris le bien d'autrui parait aussi ne pas comprendre un état social dans lequel il n'y aurait point de voleurs.

i^ 67. Ceux qui ont fait le mal et qui en profitent , trouvent que le mal est une chose nécessaire.

i 68. Or, le mariage étant , non l'union du corps et du cœur, comme le veut la loi de Dieu , mais la livraison de la femme à l'homme , comme le veut, ou si vous aimez mieux, comme le permet la loi de l'homme, Thomme trouve que ce que fait ou permet sa loi est bon, et qu'on ne peut rien faire de meiK leur.

j!^ 69, Cependant, si vous demandez avec quelque dignité aux plus éhontéset aux plus cyniques, si la femme a des droits qu'il faille respecter, par pudeur ils vous répondent affirmativement; ce qui prouve que la loi de Dieu est encore vivace dans leurs cœurs, quelque violence qu'ils se soient faite pour l'y étouffer.

5^ 70. Mais voici venir la grande objection , l'ob-r jection insoluble.

ji^ 71. Vous ne trouvez pas, nous dit-on, que le mariage soit selon là loi de Dieu; vous nous dites que les droits de la femme sont méconnus, que son caractère, sa dignité de fille de Dieu, sont indignement foulés aux pieds ; que voulez-vous dire?

^ 7Si. lia femme peut-elle élre autre chose que ce

- 7iM -

quVlleest? que voulez-vous en faii'e? elle est contente (le son sort; ne vous inquiétez point d'elle, de sa position; elle se trouve bien comme elle est , et ne veut point d'émancipation.

^ 73. Il se peut en effet que la femme raisonne comme le reste de l'humanité; qu'elle trouve, comme la plupart des hommes, quece monde est le meilleur des mondes possibles , et qu'il n'y a rien à faire de mieux que ce qui est.

^ 74. Qu'est-ce que cela prouve, sinon que la femme, étant dans un état d'aveuglement sur son état actuel, tout aussi bien que l'homme , extravague comme l'homme chaque fois qu'elle raisonne sur la vie sociale ?

5^ 75. Ce qu'il faudrait nous répondre, ce n'est pas que la femme ignorante de la loi de Dieu, et façonnée par la loi de l'homme, ne veut pas d'émancipation; c'est qu'elle ne s'émancipe pas violemment mille et mille fois, tout en faisant fi de l'émancipation.

^ 76. En admettant donc, ce que nous sommes loin d'accorder, que la femme soit contente de son sort , et qu'elle se complaise dans son état d'abaissement , la question ne serait pas résolue, et vous n'auriez pas gain de cause.

^ 77. Dieu a fait entre l'homme et la femme un partage à égale portion ; chacun a obtenu selon sa destination.

^ 78. Si donc vous suivez la loi de Dieu dans le mariage, vous verrez que dans l'homme et la femme tout se compense.

V 'j<j. Il n'y îi iloiK' point, en principe, de motif dVxrluri? hi Afinniedu partage de la puissance :1a loi <pii la fait automate est donc une loi impie.

i 8r>. S'il est vrai que Tliomme ait une force physique aii-d<*ssiis de la force de la femme, oseriezvoiis dire qiie^la femme n'ait rien qui compense ce (prell(; n'a pas eik force physique?

y 8i. Et |)uis, la force matérielle est-elle donc la d<"rniere raison de riinmanité? le monde ne doit-il donc se j^ouverner (jue par la matière, et non par l'intellifjencc^?

V Hol. liomm(*s ins(*nsés qui ave/ voidu abîmer la femme par votn* loi du niariage, vous n'avez fait <pie vous rendre ridicules , et vous vous êtes abîmés vous-mêmes.

'i S3. Vous <*tes bien fiers de la siq)rématie que vous vous èt(»s donnée; mais vous n'en faites que plus pitié à (pii coimait la loi de Dieu et vous connaît bien vous-mêmes.

V 84. Vous s(*mblez être maîtres seuls dans ce monde ([uv. vous avez fait; mais, au fond, vous êtes bien aussi des esclaves, et si vous primez au forum , dans les ass<'iidjlées publicpies, on vous domine ailleurs.

^ HT). Que dis-j(»! au forum même vous êtes sous Tinfluence de la fennue; et dans vos maisons, dans vos familles, quigouverne, si cv nest la femme?

V 8(). N'(*st-ce jias de nos mères cpie nous tenons nos (MTeurs, nos stq>erstitions, nos préjugés r(»lij;ieux:*

}l/ 87. Le pouvoir delà femme est si réel, quoique vous ayez fait pour l'annihiler, que vous y obéissez, en aveugles.

il/ 88. Vous êtes philosophes, messieurs esprits -^ forts, (lu moins vous le'dites; et vos femmes, avec la misérable éducation qu'elles ont reçue , vous mènent comme des enfants.

5^ 89. Vous êtes philosophes, esprits forts, et vos enfimts et vos femmes récitent des chapelets et adorent des madones!

}l/ 90. Vous êtes philosophes, esprits forts, et celles que vous appelez faibles parce qu'elles sont infectées de préjugés, de superstitions, de fanatisme, vous dominent par leurs préjugés, leurs superstitions, leur fanatisme même !

j!^ 91 . Vous avez voulu vous faire la part du lion ; vous avez voulu que la femme fut ignorante, ou du moins qu'elle n'eût que la science qui trompe.

^ 92. Il s'est trouvé parmi vous des impies qui se sont emparés de la femme dès le berceau, et qui ^ l'ont trompée sur Dieu, sur l'humanité, sur ellemême.

ji^ 93. Ces impies sont stipendiés |)ar vous pour travailler l'imagination ardente de vos filles et de vos < épouses.

w 94. Evidemment, la femme -n'est pas si incapable que vous le dites; évidemment, elle a une puissance au fond égale à la vôtre, fine intelligence qui

vaut votre intelligence, nne capacité (|ui n'est pas au-dessous de la vôtre.

y 95. Sa puissance, son intelligence, sa capacité, elle les sent mieux qu'elle ne les comprend, il est vrai, et qu'elle ne sait les exercer; mais qu'importe?

^ 96. Vous-mêmes d'ailleurs ne les niez pas ; vous les confessez quelquefois , en riant sans doute; mais votre rire est un aveu que vous arrache la vérité; et quand vous dites : Ce que femm** veut , Dieu le veut, vous faites, sans le vouloir, la critique la plus amère et la plus impitoyable de toutes vos lois sur la femme.

il^ 97. Ce n'est pas que je veuille placer la femme au-dessus de vous. Je ne veux ni premier ni dernier dans le mariage; je veux des égaux.

i 98. Vous conserverez dans la vie matrimoniale l'égalité que Dieu veut que vous y gardiez.

y 99. Ne me parlez pas de sexe plus noble et de sexe moins noble. Que veut dire ceci? est-ce que la femme est moins nécessaire à la propagation et à la conservation de l'espèce que l'homme ?

jî^ 100. Si tous deux ont été faits pour créer et conserver également, l'un n'est pas plus noble, plus méritant que l'autre; puisque l'un ne crée pas davantage , ne conserve pas davantage que l'autre.

ji^ loi. L'homme s'est fait le protecteur de la femme, je le sais; mais est-ce bien pour la défendre, la proléger, qu'il s'est épris d'un sentiment de commisération pour elle?

V 102. Non, sansMoute. Il est vrai qu'il s'est pro-

— 521 -« clamé son défenseur; mais il s'est dit à part soi : Je la protégerai en la dépouillant.

y io3. Enfant perdu des prêtres des faux dieux , rhomnie a fait un pacte avec ces ministres du mensonge.

y 104. Ces derniers ont du, au nom de Dieu et de la religion , tenir la femme en chartre privée ; la science d'initiation neluiapointétédonnée; l'homme seul a dû la posséder , comme plus digne.

}lf io5. L'homme a donc dit : Moi seul explorerai les cieux et la terre ; moi seul entrerai dans le sanctuaire du Seigneur, connaîtrai sa loi; moi seul l'interpréterai et la ferai connaître à tous.

J' io(3. La femme m'écoutera, m'obéira, me servira; Dieu sera censé le vouloir ainsi.

^ 1 07. Cette pensée impie de l'homme n'a point eu pour lui le résultat qu'il en attendait; la femme n'a point été soumise; elle a seulement été vaincue.

f ïo8. La ruse, l'adresse, lui ont servi, si non à reconquérir les droits dont on l'avait dépouillée, du moins à disputer pied à pied la puissance absolue que l'homme avait usurpée.

y 109. Dieu ne veut pas qu'aucun de ses enfants soit jamais entièrement spolié; l'iniquité trouve sa peine dans l'iniquité qu'elle commet.

ji^ 1 10. Ils ont voulu réduire la femme à l'ilotisme : Dieu n'a pas permis que la femme perdît entièrement le sentiment de sa propre valeur, et si par le droit humain , elle n'a plus, exercé le pouvoir de moitié avec rhomme, elle Ta exercé par le fait.

X III. Mais, si c'est un crime de prendre le droit d'antrui, si c'est insulter à Dieu et à rhumanité que d'attirer tout à soi , c'est une lâcheté bien coupable que de ne point défendre le droit qu'on tient de Dieu.

ji^ 1 12. C'est une impiété contre la majesté divine, une atteinte funeste, irréparable, à la dignité humaine de se laisser avilir au point de ne plus comprendre qu'on n'est pas digne de respirer l'air libre que Dieu donne à tous , quand on ne rougit pas de ne respirer que l'air qu'on semble ne tenir que de la libéralité d'un tyran.

y ii3. Si donc l'homme a forfait à la justice en prenant le droit de la femme, la femme a failli à sa dignité de fille de Dieu en se laissant prendre son droit par l'homme.

î' ir4. Tous deux sans doute avaient mérité de descendre et de s'avilir, tous deux s'élant éloignés des voies de Dieu.

y ï 1 5. On ne perd un droit que parce (pi'on n'est plus digne d'en jouir.

9^ ii6. Voyez un peuple qui a une velléité de droiture : la force lui vient pour s'émanciper; il se lève un jour , et ses oppresseurs rentrent dans le néant.

5' 117. Mais il n'avait qu'une velléité de droiture et partant il n'a eu qu'une force d'un moment ; on lui a mis de nouvelles chaînes.

y 1 18. La fenune a été comme ce peuple : elle avait

participé de riinquité de Thoninie : comme riiomine, elle a expié Tiniquité.

ii^ 1 19. Tous les enfants de Dieu sont devenus les enfants de la mammone : tous ont été punis comme enfants de mammone.

^ 120. Mais le temps de la rédemption est arrivé pour l'homme et pour la femme.

y 121. La lumière du Dieu vivant a percé les ténèbres que le péché de l'homme et de la femme avait répandues sur le monde.

ji^ 112. L'homme et la femme vont comprendre enfin qu'ils s'appartiennent l'un à l'autre pour se compléter, et non pour se subjuguer, s'exploiter, se détruire.

W 10.3. Sous la loi de nature, l'homme et la femme jouiront d'un bonheur inconnu sous la loi mondaine : ils ne formeront plus qu'un seul corps, qu'une seule âme et qu'une seule chair.

y i2/|. On ne verra plus de ces unions contre nature, dont la loi prescrit cependant l'indissolubilité.

W 125. L'indissolubilité dans le mariage existera de fait, et non de droit; ou du moins cette indissolubilité n'existera de droit que lorsqu'elle existera de fait.

jl/ 1 26. La loi humaine n'étant autre que la loi de Dieu, l'interprète de la loi de Dieu ne déclarera indissoluble et éternellement lié que ce que Dieu aura fait indissoluble et ce qu'il aura lié éternellement.

J 1 37. II n'y aura donc de lié que ce qui le sera se-

— 5^24 — Ion la loi de Dieu, et de délié que ce que cette même loi aura délié.

5^ 128. L'homme aura cessé d'être hypocrite; il ne jouera plus sur les mots et sur les choses.

}l/ 129. L'indissolubilité sera déclarée par qui elle doit l'être ; et la pauvre créature qui ne sait pas le jour d'hier, pas celui de demain, et pas même le jour d'aujourd'hui, n'aura plus la folie de posséder la science du passé, du présent et de l'avenir, et d'enchaîner pour toujours deux êtres qui ne se connnaissent pas plus qu'elle ne les connaît elle-même.

f i3o. La nature et ses penchants n'étant plus étouffés dans l'un et l'autre sexe, mais bien développés et dirigés hygiéniquement,rhypocrisiene sera plus de mise pour le mariage.

jî^ i3i. Mentir et tromper, maintenant, c'est toute la science matrimoniale.

^ iSa. Dire tout ce qu'on est, faire tout ce qu'on aime, parce que tout ce qu'on aime est bon , telle sera désormais la science conjugale.

^ i33. Maintenant il faut mentir, puis mentir, puis encore mentir, puis toujours mentir, parce que maintenant il faut étouffer la nature, puis encore l'étouffer, puis toujours l'étouffer.

^ i34« Désormais, il faudra dire la vérité, puis encore la vérité, puis toujours la vérité, parce qu'il faudra développer la nature et ne jamais l'étouffer.

^ i35. Les catastrophes, les scandales matrimoniaux aujourd'hui viennent de la loi humaine, sont provoqués par la loi humaine et entretenus par elle.

y i36. I y a dans le mariage des jalousies, des vengeances, deshainesy des empoisonnements, des meurtres, des assassinats.

^ 1 37. Toutes ces horreurs, ce n'est point la loi de Dieu qui les a faites; cette divine loi coordonne, harmonise, soutient la vie, la rend belle; elle ne la rend point malheureuse, insupportable, et ne la détruit point.

^ i38. La loi de Dieu dont vous vous étayez pour sanctionner le mariage mondain n'est donc pour rien dans vos unions mondaines.

^ 139. Or, comme l'indissolubilité ne peut s'établir et ne repose que sur cette sainte loi, vous ne pouvez l'avoir, vous, cette indissolubilité dans les unions que vous faites, puisqu'elles sont faites en dehors de la nature, et par conséquent en dehors de la loi de Dieu.

^ i4o. U faut bien, dites- vous, qu'il en soit ainsi, afin que tout, dans le mariage, ne soit point livré aux caprices , a l'inconstance , au libertinage des époux.

i^ i4i. Il le faut pour la garantie de la famille, qui serait abandonnée, sans défense, sans guide, sans protection, si l'époux et l'épouse n'étaient retenus par la sévérité de la loi.

j!^ 142. Il le faut, sous peine d'exposer la société tout entière aux scandales sans cesse renaissants d'époux et d'épouses vivant dans le désordre.

j!" 143. Mais d'abord, ces scandales en existent-ils

moins parce que vous déclarez par votre loi mondaine toutes les luiions indissolubles ?

J' i4V Évidemment un mari n'empoisonne sa fenune que parce qu'il est condamné à vivre avec elle, de par votre loi, bien qu'il y ait pour son épouse connue pour lui impossibililé absolue de communauté de corps et de biens.

S' 145. Évidenmient aussi une femme ne se porte à des excès contre son époux que parce qu'il faut que, à raison d'incompatibilité de caractère, l'un des deux soit victime de l'autre.

i- 1 46. Dites que le mariage ne sera indissoluble que lorsqu'il le sera de fait, c'est-à-dire, lorsque les époux, après s'être suflisamment éprouvés, seront assurés qu'ils se conviennent, et que par conséquent Dieu veut leur union; vous n'aurez plus les scandales dont vous vous plaignez.

y 1 47- Vous vous gardez bien, dites-vous, de vous montrer si facile et si accommodant quand il s'agit d'union conjugale; vous ne vous montreriez point suftisamment le gardien de la loi et des moeurs publiques.

V 148. Prenons ganle ici de faire de grandes phrases pour ne rien dire, ou peut-être aussi pour dire quelque chose , mais pour mentir.

V 140. Vous savez bien qu'une loi qui pousse aux excès que nous venons de diiv, qui produit le meurtre et l'assassinat en s'obstiuaut à faire cohabiter ceux qui ne peuvent se voir ni se sentir, n'est piis gaiihenne cli s bonn^-s ukviu-s.

y i 5o. Vous savez bien que votre indissolubilité matrimoniale n'est souvent qu'une fiction, et qu'on trouve le moyen d'éluder l'indissolubilité de droit en se séparant de fait.

y i5i. Eh bien^ expliquons-nous ; qu'entendonsnous par scandale? est-ce le meurtre, l'empoisonnement, l'assassinat ? tout cela, votre loi d'indissolubilité vous le donne.

}li iSa. Qu entendons-nous par scandale? est-ce la séparation de corps des conjoints? Cette séparation, votre loi la produit fréquemment.

î' i53. Enfin que voulez-vous encore en fait de scandale? des enfants illégitimes, des bâtards aux veux de la loi et de la société ; tout cela vous l'avez par votre loi!

^ i54. Que dis-je? vous avez plus eticore; vous avez des enfants appelés légitimes qui ont en horreur et qui méprisent ceux qui ne le sont pas, et des bâtards qui exècrent par jalousie les enfants à qui votre loi reconnaît un père qu'elle ne veut pas leur reconnaître , à eux.

^ i55. On dirait, à vous entendre, que vous avez grand souci des mœurs publiques : quel moyen de vous croire quand on a vu de près la société que vous avez la prétention de régenter par votre loi du mariage !

f i56. Votre loi, ne pouvant faire que ce qui n'est point uni par la nature soit réellement uni, ne fait donc qu'établir un mensonge ou une erreur lorsque les époux ne se conviennent pas.

^ 157. Tout mal social venant de Terreur ou du mensonge, votre loi ne peut donc, quand le hasard fait qu'elle ne se trouve point d'accord avec la loi de Dieu, votre loi ne peut donc que faire le mal social.

^ 1 58. Et remarquez bien qu'il n'y a pas de remède au mal que vous faites.

f iSg. En effet, comment empêcher la désorganisation, le désordre, le scandale qui résultent de la séparation violente des deux conjoints?

5^ 160. Vous parlez de mœurs publiques! mais si vous n'aviez pas eu, par votre loi matrimoniale, la prétention de vous faire Dieu en vous attribuant l'infaillibilité, de par laquelle vous prononcez l'indissolubilité d'union entre deux êtres que vous ne connaissez pas, et qui souvent se connaissent à peine, si vous n'aviez pas eu la prétention de vous faire Dieu, il n'y aurait point de séparatioji violente, et partaat point de scandale.

ji^ 161. Les époux se diraient sans s'empoisonner ni se tuer : Nous nous sommes trompés ; nous ne pouvons nous convenir; il y a impossibilité que nous habitions ensemble; il vaut mieux nous séparer qu'être sans cesse en guerre ouverte.

j^ 162. Le scandale vient donc de votre fait, ou, si vous voulez, du droit que vous avez établi.

^ i63. Si la parole donnée n'est pas gardée et ne peut l'être, dans le cas de la non-indissolubilité, les conjoints se remettent leur parole, et redeviennent ce qu'ils étaient avant le mariage, habiles à contracter une union plus convenable.

ji^ 164. Quel scandale y a-t-il. à ceci? le consentement à la séparation existe de part et d'autre ; ii n'y a point de sévices, de menaces, de violence, de voies de fait.

^ t65. Non-seulement il n'y a point de scandale, mais il y a édification , car ici on s'avoue franchement ce qu'on est, et on l'avoue au public.

5^ 166. Il y a donc loyauté, franchise, sincérité : l'époux ne trompe point son épouse, et l'épouse ne joue point son époux.

yl^ 167. Ce n'est point de la part de l'épouse et de l'époux une étude de chaque jour pour se tromper mutuellement le plus adroitement possible; le mensonge, l'hypocrisie sont inutiles là où se trouve la liberté.

^ 168. On ne ment dans le mariage que parce que les liens du mariage étreignentles conjoints, les étouffent sans leur permettre de se plaindre.

S^ 169. Et puis vous avez insulté à Dieu, vous l'avez outragé en usurpant son infaillibilité, et Dieu vous punit en vous livrant à tout le dévergondage de vos idées sur le mariage.

^ 170. Vous voulez, dites-vous, garder la morale et les bonnes mœurs; vous voulez empêcher le désordre dans les familles, et vous tuez toute morale , et vous dépravez les mœurs, et vous détruisez la paix dans les familles !

^ 171. Je sais bien ce qui vous arrête et ce que vous avçz coutume de nous objecter ; vous nous dites : I^a prodigieuse facilité que vous donnez aux époux

(le se séparer multipliera les divorces à rinfini, et (l(»s enfants sans nombre seront jetés à la face sociale sans asile, sans père, sans nom.

y 17U. Il est vrai que dans l'état social actuel le divorce peut avoir les inconvénients que vous signalez, parce que tous les matériaux de votre vieille société sont tellement pourris qu'ils ne peuvent plus servir à rien.

y 173. On ne greffe point sur un tronc vermoulu; il faut de la sève pour développer de la sève; le bien ne s'ente pas sur le mal.

y 174. Cependant, même dans l'état actuel, la facilité du divorce, je le dis en vérité, n'enfanterait pas les crimes qu'enfante l'indissolubilité du mariage.

i 175. Sous la loi d'indissolubilité^ s'il y a entre les conjoints incompatibilité de caractère, il y a parlà même opposition journalière, violence, animosité? injures, paroles outrageantes, et bien souvent voies de fait.

jl^ 1 76. Si on se sépare de corps pour ne pas être exposé à s'arracher la vie, quel scandale encore pour les enfants, s'il en est résulté du mariage; et, dans tout état de choses, quel scandale pour la société? et quel outrage à la loi matrimoniale, si l'un des époux» ou tous deux, ne gardent point la continence!

jll 177. L'époux et l'épouse incontinents, qu'ils aient eu des enfants ou qu'ils n'en aient pas eu lorsqu'ils habitaient ensemble, s'ils en ont maintenant' devront les cacher ou les étouffer sous peine de déshonneur. Quelle horril)le position 1

i 1 78. Pour de misérables convenances sociales , vous voulez qu'on commette le meurtre ou qu'on renie son sang !

5^ 179. Vous comprenez si peu la véritable question sociale, que vous faites toujours l'inverse de ce qu'il faudrait faire.

f 180. Vous craignez, dites-voiis, que le libertinage vienne du divorce, que le désordre soit dans la famille et dans la société.

^181. Mais est-il possible d'avoir plus de désordre et de libertinage qu'on en a par votre loi matrimoniale? Votre loi sait bien que la continence absolue qu'elle impose aux époux séparés de corps ne sera pas observée; pourquoi donc l'ôrdonne-t-elle?

^ 182. Quand vous imposez une telle loi, vous voulez donc en rendre la violation infaillible ? vous poussez donc au mépris et non au respect de la loi ? quelle immoralité! quel cynisme! quelle hypocrisie!

^ i83. Vous parlez du désordre qui résulterait du divorce légal, du sort des enfants, qui serait trop souvent mis en question.

f 184. Mais votre loi empêche-t-elle ce désordre? assure-t-elle mieux le sort des enfants?

5^ i85. Elle n'empêche rien en fait de désordre, ne prévoit rien, n'assure rien pour l'avenir. Que dis-je? elle ruine le passé, le présent et l'avenir de la famille.

j[ 186. La nature veut que la mère n'ait pas moins d'affection, qu'elle n'aime pas moins tendrement les enfants reconnus par votre loi que les enfants que votre loi ne reconnaît pas.

yli 187. Vous avez cru organiser en voulant que lenfant légal fût seul déclaré habile à succéder; et vous n'avez fait qu'une grande folie , et vous n'avez commis qu'un grand désordre.

^ 1 88. Puisque la nature parle autant pour l'enfant illégal que pour l'enfant légal , c'est en vain que vous frappez d'interdiction le premier; vous ne serez point écouté; on n'étouffera pas la nature pour observer votre loi; on fraudera votre loi poursuivre la loi de la nature.

^ 189. On trouvera bien les moyens de faire entrer en partage ceux ou celui que vous avez exclus de tout partage; et si vous prétendez frapper les violateurs de votre loi, on vous dira qu'il vaut mieux obéir à la nature, c'est-à-dire à Dieu qu'aux hommes.

y 190. Et quand on observerait votre loi. Tordre y gagnerait-il quelque chose? la justice éternelle en serait-elle moins foulée aux pieds?

i^ 191. Mais ces enfants qui sont nés hors du mariage légal , pouvez-vous faire que ce ne soient pas desenfants de Dieu, des membres de la grande famille humaine? pourquoi donc en faites- vous des parias?

5^ 192. Voulez-vous donc qu'ils soient responsables d'une faute qui n'est pas la leur? voulez-vous donc qu'ils subissent la peine d'un péché qu'ils n'ont point commis?

i^ 193. Il ne faut pas nous dire que c'a été la loi de tous les peuples , que partout les bâtards ont été des bâtards , et rien de plus ; ce serait nous dire en d'autres termes : Jusqu'ici la pauvre humanité a été folle

et méchante, et cVst bien qu'elle continue a être folle et méchante.

W 194. Sous le règne même de votre loi sociale , la dissolubilité du mariage serait un moindre mal que son indissolubilité.

^ 195. Avec le divorce, vous auriez, il est vrai, à raison de votre faux état social , quelque peu de désordre.

5^ 19^). Avec le divorce, vous auriez plus d'inconstance peut-être dans les unions, du moins en apparence , et partant peut-être, plus d'enfants que vous en avez aujourd'hui, ce qui aurait l'inconvénient d'augmenter la population, déjà exubérante dans l'état actuel.

i 197. Sans doute, tout a son inconvénient, ou plutôt son impossibilité, dans votre monde, organisé comme il est.

J^ 198. Vous faites et défaites sans cesse, et vous ne pouvez arriver à un résultat qui vous satisfasse.

^ 199. Que voulez-vous? vous travaillezsur le vieux, le pourri ; vous ne pouvez vous asseoir.

5^ aoo. Vous comprimez la nature au lieu de h développer et de la suivre, et la nature déborde et vous tue.

y 201. L'enfant qui fait une digue au ruisseau qui coule, croit aussi arrêter le ruisseau, et le ruisseau monte sur la digue et la détruit.

il/ ao2. Semblables à cet enfant, tantôt vous voulez arrêter le torrent avec de la boue, et le torrent eu-

traîne la boue; tantôt c'est de la pierre que vous lui opposez, et le torrent entraîne la pierre.

}l^ î2o3. On dirait, à vous voir, que vous ne voulez construire que des édifices fantastiques, et cependant vous avez la prétention de faire quelque chose de durable.

y 204. Vous voyez que vous n'êtes que ridicules, et bien ridicules insensés, et bien insensés.

y 2o5. Si vous vous établissiez sur la loi de Dieu, le mariage serait une chose bonne comme tout ce qui est établi sur cette loi.

}l/ 206. Il n'y aurait rien de forcé dans les unions matrimoniales, et les unions matrimoniales ne produiraient point l'empoisonnement et l'assassinat.

y 207. Vous vous plaignez maintenant de l'exubérance de population, du nombre toujours croissant d'enfants nés hors du mariage.

y 208. Ceci ne serait pointa craindre sous le règne de la loi de Dieu , c'est-à-dire sous le règne de la loi vraiment sociale.

i^ 209. Maintenant , disons-nous , l'union indissoluble et le divorce ont leurs inconvénients.

f 210. La dissolubilité n'empêche pas ou empêche peu la multiplication d'enfantsen dehors du mariage; le divorce , multipliant les relations charnelles des deux sexes , relâcherait les liens de famille en trop les étendant^ et établirait une confusion universelle.

i' 211. Nous savons bien que, quoi que vous fassiez, vous ne pouvez sortir du cercle vicieux dans lequel vous tournez.

ij i\i. Vous péchez parle fondement: c'est donc par le fondement qu'il faut vous reprendfe , sous peine de revenir toujours au point de départ, sans jamais obtenir un véritable résultai social.

jl^ ai3. Si donc vous rétablissiez le divorce, avec votre loi de catégorie, avec votre loi de fraction, de partialité, vous auriez, sinon le même m alaisç social, du moins du malaise encore.

)^ 214. Vous seriez moins éloignés de la nature, de la loi de Dieu, et dans un état moins violent; mais vous ne seriez point encore dans un état de santé parfaite.

jl^ 2 1 5. Aujourd'hui , vous n'avez pas le divorce de droit ; vous l'avez de fait , et de fait violent.

^ 216. Qu'en résulte-t-il? que les époux ainsi violemment séparés s'exècrent , ^e maudissent; qu'ils forment des unions extra-matrimoniales , et qu'ils jettent sur la terre des enfants qui n'auront pas où reposer leur tête, puisqu'ils seront maudits par votre loi du mariage comme venant de commerces illégitimes.

y 2J7. Que reste-t-il aux époux placés sous le coup de votre loi et sous le coup du déshonneur? Le désespoir.

J^ 218. Que reste-t-il aux enfants issus de tels commerces? La misère, la honte et le désespoir.

ir 219. Or, ce qui dans tout cela fait le grand embarras social , c'est qu'il n'a pas été pourvu à l'avenir de ce grand nombre d'enfants qui viennent en dehors du mariage.

y 2120. Vous dites : Que deviendront ces infortunés ? qui les recueillera ? qui pourvoira à leur existence ?

5^ 22 1. Dans votre société , voilà tout ce qu'on sait faire: grimacer de la sensibilité, de Tintérêt pour ceux qui souffrent; on ne sait pas secourir.

^ 222i. Si VOUS veniez de Dieu ,.vous et votre loi sociale , vous ne vous perdriez point ainsi en de vaines lamentations; du moment où vous connaîtriez la plaie sociale, la plaie sociale serait guérie.

ji^ 223. Mais vous êtes des enfants des hommes , et vous n'avez que des plaintes pour le mal que vous voyez ; vous êtes inhabiles à le guérir.

^ 224. Sous une loi matrimoniale vraiment organisatrice , tout aurait été prévu.

^ 225. Rien ne serait laissé au hasard , aux caprices des hommes et de la fortune.

^ 226. Le sort de l'individu ne serait point à la merci de l'individu.

^ 227. Le sort de l'enfant ne dépendrait pas uniquement de la position bonne ou mauvaise de son père ou de sa mère.

^ 228. Il y aurait un fonds social commun ; il y aurait une justice sociale^ une loi sociale; rien ne pourrait être dissipé au détriment de la vie générale ni de la vie particulière.

i!^ 229. La vie de chacun serait plus ou moins belle, plus ou moins brillante , selon la valeur de chacun ; mais cette vie ne pourrait être étouffée.

5' 23o. 11 y aurait sur la terre un pouvoir conser-

vateur comme il en est un dans le ciel; car le pouvoir terrestre serait modelé sur le pouvoir céleste , la loi de la terre venant de la loi des cieux.

il^ a3i. Maintenant, votre loi, votre pouvoir savent prendre la propriété qui reste, qui n'appartient à personne, et souvent même celle qui appartient à quelqu'un ; mais ils ne savent pas la rendre.

jr a32. C'est que votre loi, votre pouvoir, savent dépouiller et ne savent pas vêtir ; c'est qu'ils savent détruire et ne savent pas conserver.

^ 233. Avec la loi sociale que je vous ai donnée, vous n'aurez plus à vous extasier devant la charité d'un Vincent de Paul ramassant dans le ruisseau des enfants abandonnés, leur donnant pour asile l'hôpital, et les revêtant d'un habit d'ignominie.

^ 234* L'aumône , cette humiliation de l'humanité, est inconnue aux enfants de Dieu.

J^ a35. On ne fait point l'aumône là où est arrivé le règne de Dieu ; l'enfant qui vient de naître, le vieillard qui touche à la tombe , ont le pain quotidien ; le pouvoir conservateur a pourvu à tout.

5^ 236. L'enfant delà jeune fille, celui de l'ouvrier, de l'artisan, ne sont point condamnés à être délaissés contre une borne et à mourir de faim.

^ 237. La prévoyance sociale n'abandonne pas ainsi les enfants de Dieu ; et ce n'est pas par charité qu'elle les recueille; elle reconnaît leur droit à la vie commune.

i 238. Elle sait que la terre a été donnée à tous par Dieu comme l'air, et qu'il faut que la terre noif r^

risse tous ses habitants comme Tair les fait respirer tous.

5^ 2 39. Voilà ce que vous appellerez sans doute un beau rêve, encroûtés que vous êtes des vieilleries du passé; cela n'empêchera pas que ce rêve ne se réalise un jour-.

i a40' Qu'importe que vous croyiez ou que vous ne croyiez pas maintenant ? bientôt vous serez forcés de croire.

^ a^i. Bientôt votre excessive misère vous ouvrira les yeux.

j^ i[\i. Déjà vous vous riez des liens conjugaux; déjà vous stigmatisez les unions conjugales telles que les ont établies vos vieilles religions.

^ 243. Vous en riez 1 vous n'y croyez donc plus I vous n'avez donc plus assez de respect pour l'indissolubilité du mariage ! N'est-ce pas là vous avouer à moitié vaincus ?

^ a44- Enfants prodigues , vous êtes loin de comprendre l'économie sociale ; vous sacrifiez à des folies , à des riens , ce que vous devriez donner aux choses utiles.

^ 245. Quand donc reviendrez-vous des^^ies lointaines où vous ont entraînés vos mauvaises passions ?

^ 246. Quand donc le père de famille pourra-t-il

réunir tous ses enfisints dans un immense festin, et là se réjouir avec eux de votre retour des voies de perdition ?

^ 247. Comme l'enfant prodigue, vous avez honte des unions que vous avez formées jusqu'ici; vous

voyez qu'on n'y trouve point le bonheur; mais comme lui , le respect humain vous retient encore.

^ 248. Ah! ne craignez pas de venir aux pieds du père de famille ^ avouer vos nombreux égarements.

^.a49' Vous riez de votre état social; vous riez surtout de vos lois sur le mariage; ah ! prenez garde de ridiculiser ce qui est saint et sacré, tout en ne voulant que déverser le blâme et l'ironie sur ce qu'il y a de mauvais et de ridicule dans votre société.

^ aSo. Assez et trop longtemps vous avez détruit; il est temps d'édifier.

ii^ 25i. Les pierres du temple sont dispersées; ces pierres, ni le reste des matériaux qui formaient l'édifice, ne peuvent être de nouveau liés ensemble; le temps a tout miné.

^ 2 Sa. Je ne vous dis point de refaire la famille avec ces vieux éléments , puisqu'ils sont usés.

f 253. Mais n'est-il pas des éléments toujours anciens et toujours nouveaux ? Prenez ces éléments, et construisez avec eux votre nouvelle famille.

^ 254. Ces éléments sont des éléments de vie $0^ ciale ; avec eux la famille ne périra pas.

^ 255. Vous n'aurez que des unions assorties lorsque vous aurez ramené le mariage à son institution primitive.

f 256. Les dissolutions d'unions, conjugales, qui vous effraient et vous scandalisent aujourd'hui, passeront inaperçues dans le monde , lorsque le monde sera revenu à la véritable loi conjugale.

^ 257. En effet, nous l'avons dit et nous le répé-

tons : une séparation conjugale est aujourd'hui u» événement considérable, qui ébranle et la famille et la société.

^ 258. Cette séparation est aussi un grand scandale qui encourage et pousse au désordre; qui met en question ^ qui fait péricliter votre loi matrimoniale, en la rendant dérisoire et bien souvent ridicule.

jl^ 259. Toute séparation, ou même toute tentative de séparation, est donc une atteinte à ce que vous appelez la morale publique.

i^ a6o. Vous êtes constitués de manière à ce qu'il soit nécessaire que tout acte de cette nature soit prôné et colporté partout.

il^ 261 . C'est un bien , selon votre loi, que la séparation de corps dans certains cas , et ce bien et cette nécessité sont une source intarissable de scandales , de désordifs , de maux de toute nature!

^ 262. Il ne peut en être autrement : car toute la vie de la famille est arrêtée , pour ainsi dire , par un événement qui serait un bien dans un autre ordre de choses , mais qui est un mal irréparable dans le vôtre.

ji^ 263. En effet , tout est ptfrdu par cette catastrophe. L'époux et l'épouse ne sont ni unis ni à unir par les liens du mariage.

f 264* Votre loi leur dit : Vous garderez la continence perpétuelle ; ou plutôt, elle leur dit : Vous ferez semblant d'être continents; les apparences, c'est tout.

^ 265. Sauvez les apparences , et vous serez sau-

vés ; perdez les apparences , et vous serez perdus.

^ a66. Vous avez écrit l'hypocrisie dans la loi , et vous parlez de morale, de mœurs !

^ 267 • Ne voyez-vous pas que vous semblez dire : Je ne crois pas à la loi que je vous donne ; je ne l'observe pas moi-même ; j'ai l'air de l'observer : faites comme moi.

i^ a68. Si ce n'est pas là du désordre, de l'hypocrisie, de l'immoralité, que faudra-t-il donc appeler désordre, hypocrisie, immoralité ?

jl^ 269. N'imposez point aux autres des fardeaux que vous ne voudriez pas même toucher du bout du doigt.

il^ 270. Vous déblatérez sans cesse contre ceux qui ont la franchise de vous appeler par votre nom , en vous disant et vous démontrant que vous n'êtes que des hypocrites ; il vaudrait mieux ne pas vous fâcher, et prouver par des faits détruisant ceux qui vous accusent que vous n'êtes point des hypocrites.

^271. Mais non; la passion vous aveugle et vous emporte ; la lumière vous brûle la paupière , et vous dites : Je ne vois pas la lumière.

5^ 27a. Cependant, c'est bien votre loi qui force l'incontinence des époux; c'est bien votre loi qui leur ordonne ce qu'ils ne peuvent observer , ce que certainement vous n'observeriez pas vous-mêmes si vous étiez dans la même position qu'eux , la continence absolue.

jf 273. Vous voyez bien qu'ils sont fondés à vous dire que vous leur commandez un crime que vous

punissez sévèrement dans d'autres, la violation des lois de la nature.

5^ 274. Vous voulez qu'ils soient eunuques et parias parce qu'ils se sont trompés! depuis quand donc l'erreur involontaire est-elle un crime qui ne puisse être remis ni dans le temps ni dans l'éternité?

^ 275. Quand voiis nous parlez de morale publique, ilest bien évident que vous ne vous comprenez pas vous-mêmes.

5^ 276. La morale publique consiste sans doute à respecter ce qui est bon, ce qui est utile, ce qui est saint, ce qui est sacré; or, il n'y a de bon, d'utile , de saint, de sacré, que ce qui maintient la justice, la droiture , la paix, l'harmonie, que ce qui fait le bien particulier et le bien général.

^ 277. Et par la violence que vous faites à votre sétnblable, vous le forcez à manquer de droiture, à troubler la paix et l'ordre publics en lui imposant, pour ainsi dire, une vie pleine de dérèglements et de scandales.

f 278. Vous faites plus :• comme je l'ai dit, vous voulez qu'il tue la nature pour iuivre votre loi ! .

5^ 279. La loi de nature, qui est la loi de Dieu, vous la méprisez, vous lafoulez aux pieds. Vous dites : Écoutez ma parole; la parole de Dieu n'est rien.

^ 280. A^iolateîrs audacieux des lois de la nature, cessez donc de vouloir régenter la nature.

y^ 281. Ne craignez pas qu'en laissant la liberté matrimoniale aux enfants de Dieu, les enfants de Dieu tombent dans le désordre.

yli 28a. Ce que Dieu et la nature ont fait ne saurait produire le désordre, qui ne résulte jamais que de ce que vous faites vous-mêmes contrairement aux lois de Dieu et de la nature.

f 283. La confusion sociale ne viendra jamais des unions volontaires, mais bien des unions forcées.

f 284. La loi de Dieu, qui est infaillible comme Dieu, ne peut former que des unions indissolubles parce qu'elle seule sait les unions sympathiques, laissez-lui donc le soin de lier ou de délie r; ce qu'elle aura uni sera parfaitement uni, ce qu'elle aura séparé sera bien séparé.

^ 285. Ne vous lamentez pas sur l'avenir des époux séparés; qu'ils aient des enfants ou qu'ils n'en aient pas. Dieu a pourvu à tout.

^ 286. Dans le premier cas, chacun d'eux recouvre sa liberté, redevient maître de son corps, et tout rentre dans l'ordre, puisque le désordre qui résultait d'époux mal assortis n'existe plus.

^ 287. Dans le second, le sort des enfants est assuré par la loi sociale qui y a pourvu.

f 288. Et ne croyez pas que nous brisions les liens de la nature, qu'il n'y ait plus de paternité, plus de maternité ; la séparation des époux n'a attiédi les sen timents de la nature dans aucun des membres de la famille primitive.

i^ 289. On s'est apprécié sans contrainte, avec toute franchise, touteloyauté, et, père, mère, enfants, n'ont à rougir de rien dans le passé.

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