‹ Le code de l'humanité; ou, L'humanité ramenée à la connaissance du vrai Dieu et au vériatbleChapitre 12 sur 26 · DE L\ GRANDE FAMILLE · texte numérisé non relu

DE L\ GRANDE FAMILLE

ji^ I . La guerre sociale commence par la guerre de famille.

)!^ 2. Les nations ne sont divisées que parce que les familles le sont aussi depuis des siècles.

ji^ 3. Ce qui a divisé les familles comme les nations , qui le croirait ? ce sont les religions !

f 4- Chacune d'elles a fait son Dieu à chaque famille , à chaque peuple^ et chaque famille y chaque peuple, ayant un dieu différent , fait des mains de l'homme 9 a eu des intérêts différents, une marche différente, un but différent.

ji^ 5. Le seul vrai Dieu, le Dieu de la nature et de la raison , ayant été exclu de Forganisation sociale, . il n'y a eu de toutes parts que désordre , brigandage et folie. ^

f 6. La chose du monde la plus sainte et la plus sacrée, la religion, qui devait être le lien d'union universelle, est devenue , entre les mains des intrigants

et des faussaires y la cause de toutes les lois impies , sanguinaires, qui ont réduit la pauvre humanité à l'état de déchirement où vous la voyez depuis soixante siècles.

^ 7. La grande famille n'existe donc plus ; pour la rétablir, il faut rétablir la justice, la droiture, c'està-dire les plus simples notions du bien et du mal , qui nous semblent presque entièrement perdues.

jl^ 8. Il n'y a guère dans le monde que des hommes qui veulent gouverner pour être maîtres, et disposer de la fortune comme de la vie de leurs frères.

f 9. L'autorité, jusqu'ici^ n'ayant point eu de sanc* tion divine , ou n'ayant eu que la sanction des passions humaines divinisées, n'a guère servi qu'au pillage, au meurtre et à l'assassinat.

9r 10. La grande famille humaine a été la proie du dol le plus éhonté , de la plus effroyable déception.

j^ 1 1. Des monstres à figure humaine ont dit à l'humanité : Habitants de la Syrie , égorgez les en£ants d'Israël ; Baal votre dieu est l'ennemi du Jéhovah des enfants de Jacob , et il n'aura vos prières et votre esg^ cens pour agréables qu'autant que vous exterminerez ceux qu'il hait.

j^ 12. Enfants de Jérusalem , exterminez les secta* teurs de Baal ; car le Dieu de Sinaî les a en abomination. Tuez-les sans pitié; si vous les épargnez^ vous serez exterminés vous-mêmes.

51^ 1 3. Et les peuples se sont rués les uns sur les autres , se sont dévorés les uns les autres , grâces aux

enseignements sanguinaires de ceux qui se sont dits les ministres du Tout-Puissant.

j!^ 14. La source de toute justice, de toute vérité, étant devenue, par l'audace sacrilège et les mauvaises passions des hommes , la source empoisonnée du mensonge et de l'iniquité , la grande famille humaine s'est morcelée en fractions sans nombre dont les plus fortes ou les plus adroites ont arraché la vie et la bourse aux plus ignorantes ou aux plus faibles.

^ i5. Et l'iniquité a tellement triomphé de la justice , le mensonge de la vérité , que les hommes en sont venus à dire et à croire niaisement que l'état de guerre et de déchirement était l'état normal de l'humanité.

j!^ 16. A.troce blasphème ! pensée sa tanique ! apogée de la folie humaine !

jli 17. Non, a dit l'auteur de la nature, la guerre et regorgement ne sont pas le dernier mot de l'humanité !

}l/ 18. Non, la fraude et la violence ne sont point l'état hygiénique de Thommel

ji^ 19. Vos prêtres des idoles l'ont pensé, vos prêtres de Satan l'ont dit; mais vos prêtres ne sont point mes prêtres ; je les maudis, comme je maudis tout ce qui est mensonge.

^ 20. Vous n'êtes point faits pour être divisés; vous êtes faits pour être unis et vivre en frères.

5^ ai. Ne dites pas que cela est impossible; vous dites cela parce que vous ne connaissez pas vos véritables intérêts.

yi ai. Ne voyez-vous pas ([iion a délourné votre attention de ce qui vous touchait de près pour la porter sur des objets rlrangers ou même contraires à votre bonheur?

y a3. On savait bien que si vous restiez tous attachés à l'unité qui est moi, vous resteriez tous frères; que restant tous frères , vous ne cesseriez jamais d'unir vos forces pour arriver au même but , qui est le bonheur de tous.

y 9.4. Or, (le même que IVnnemi ne peut désunir les membres de la f[imille particuHère tant que je suis le lien de son union et de sa force , de même on n'aurait pu vous désunir, vous, membres de la grande famille, si vous n'aviez cessé de m'adorer en esprit et en vérité.

j^ 25. Vos prêtres impies l'ont bien compris. Voilà pourquoi ils m'ont fait, non le dieu de l'unité, de l'union, de la paix; mais le dieu multiple, mais le dieu de la discorde , mais le dieu de la guerre, mais le dieu du désordre.

f 26. Ils vous ont dit que j'avais adopté une nation, un peuple, que j'avais parlé à un homme; mais je vous adopte tous, je vous parle à tous; autrement je ne serais point votre père.

y 27. Est-ce qu'un bon père, un père juste, ne se doit pas à tous ses enfants? est-ce que la nature ne crie pas pour tous également ?

^ 28. Que faites-vous donc quand vous écoutez la voix athée de vos prêtres, et que vous dites comme

eux : Ce peuple n'est pas le peuple de Dieu, il faut le proscrire : Anathème à ce peuple !

y sxQ. Ne voyez-vous pas que vous brisez ainsi la grande chaîne des êtres ?

f 3o. Ne voyez-vous pas que vous êtes Caïn, qui tuez votre frère Abel?

ji^ 3i. La terre est à ce peuple que vous proscrivez tout aussi bien qu'à vous; vous y avez droit également.

ji^ 32. Ceux qui vous poussent à la guerre ne vous y poussent que parce qu'ils espèrent qu'il leur restera quelque chose de votre sang et de vos dépouilles.

ji^ 33. N'y a-t-il donc pas place pour vous tous ici-bas? Dieu se serait-il trompé en faisant les mondes? est-ce qu'ils ne pourraient vous contenir?

f 34. Si la terre suffit à tous , pourquoi donc tous se prennent-ils la terre de force?

^ 35. Ah! c'est que vos dieux ou votre Dieu font au ciel ce que vous faites sur la terre ; c'est que vos prêtres vous ont dit qu'ils se disputaient aussi quelquefois le terrain du ciel comme vous vous disputez le terrain de la terre I

}l/ 36. Quelle audace sacrilège et impie que celle de vos précepteurs religieux !

5^ 37. Oh! écoutez donc la voix de la nature et de la raison ; c'est la voix de votre intérêt présent et de votre intérêt à venir.

ji 38. Peuples et nations, vous dit cette voix , quelque part que vous soyez , à quelque partie du globe que vous apparteniez, vous n avez qu'un père, qui

est aux cieux, qui gouverne tout, de qui vous venez et a qui vous devez aboutir.

y 39. Vous avez tous le même passé, tous vo!is devez avoir le même présent et devez viser au même avenir.

^ l[0. C'est en vain que vous prétendez qu'il en est parmi vous que je maudis et d'autres que j'ai choisis; je ne maudis ni ne choisis personne.

^ l[i. C'est vous qui, mille fois plus stupides que les animaux, vous éloignant des voies de la nature et de la raison , prenez des chemins de détour et de perdition, qui ne vous permettent point d'arriver droit à moi.

il/ 4^. Voyez les astres au firmament : est-ce qu'ils s'avisent de faire une route autre que celle que je leur ai tracée?

ji^ 43. Aussi quelle harmonie dans leur marche! quel admirable accord dans leurs mouvements !

5^ 44* Et vous, vous avez voulu être plus sages que moi. Comme la terre, les vastes mers, le firmament, vous deviez suivre la même loi.

î^ 45. A Pékin , à Constantinople, à Lutèce, il ne devait y avoir que des frères; partout je devais avoir des enfants s'aimant les uns les autres, m'adorant en esprit et en vérité.

}l/ 46. Car c'est moi qui ai fait et le Chinois, et le Musulman et le Franc.

i^ 47- Et vous, vous avez dit : On ne peut faire son salut à Pékin ni à Constantinople ; on ne peut se sauver qu'à IjUtèce.

— OiU —

V 4iJ- Sujets de Bajazet, de Tainerlan, vous n'avez point de pari à l'autre vie; pour être sauvé , il faut appartenir aux enfants de Clovis, de Charlemagne, de Capety de saint Louis.

}l/ 49. Et ceux que vous aviez maudits pour I éternité, vous les avez dévorés sur la terre quand vous avez été les plus forts.

i^ 5o. Et au lieu d'être des enfants vivant sous Ja loi du même père, ne voulant que sa gloire et leur bonheur commun , vous avez été des enfants dénaturés, qui avez outragé votre père de la manière la plus sanglante en vous arrachant la vie qu'il vous avait donnée, et dont vous deviez jouir dans une paix et im bonheur parfaits.

y 5i. La grande famille, où est-elle donc? Qu'en avez-vous fait? Dites-moi ce qu'ont produit ces milliards de lois que vous, avez faites pour remplacer ma loi?

^ Sa. Parce que vous êtes nés, vous, dans une terre fertile, vous avez voulu que vos frères qui habitaient une terre inféconde ne participassent point à votre bonheur.

y 53. Insensés ! y a-t-il un coin de la terre qui soit entièrement inutile ?

ji^ 54. Je n'ai rien -fait qui n'ait son utilité. Tai tout combiné pour tous. Les plaines fécondes comme les plaines sans limon, les montagnes verdoyantes comme les montagnes desséchées, les riches vallées comme les vallées rocailleuses, tout cela est utile à la vie générale.

i. 55. Il ne faut donc pas exclure du banquet du père de famille votre frère qui est né sur la montagne, parce qu'il est montagnard; votre frère qui est né dans la vallée pierreuse, parce que la montagne et la vallée qu'ils habitent sont infertiles.

yl/ 56. Votre frère qui a respiré l'air de la montagne ou de la vallée ne sera point un membre parasite de la grande famille; la nature lui a donné tout aussi bien et plus qu'avons peut-être une somme de vie à dépenser pour l'utilité générale.

y D7. Ne dites donc plus : Celui-là est noir, celuici est blanc ; l'un est fait pour l'esclavage , l'autre pour la domination.

yl/ 58. Dans la grande fcimille , il ny a point de dominateurs , point d'esclaves , il y a des pères qui commandent parce qu'ils ont été appelés au commandement, et des enfants qui obéissent, parce qu'ils aiment à être commandés par le mérite et la vertu joints à l'expérience.

y 59. Ne vous séparez donc plus les uns des autres sous prétexte de diversité de climats, de différence de besoins, de mœurs, d'usages, de capacité.

f 60. L'air, l'eau, le feu, la terre que je vous donne , il vous les faut partout également , et partout je vous les donne abondamment; pourquoi donc vous les prendre avec violence les uns aux autres, comme si je n'en donnais pas assez pour tous ?

ji^ 61 . Voyez les oiseaux du ciel , les poissons de la mer, les animaux qui rampent sur la terre; je ne permets pas que la vie leur manque.

\ Gi. Vous êtes plus que les oiseaux, que les poissons, que les animaux de la terre, ô mes enfants! pourquoi donc craindre que la terre ne puisse vous nourrir?

i' 63. Il y a de la vie pour tous; tous, vous pouvez avoir une vie douce et facile : sachez trouver cette vie , et lorsque vous l'aurez trouvée , sachez la conserver.

j!^ 64. Vous l'aurez en revenant à moi, qui suis votre père ; vous la conserverez en ne me quittant plus pour de fausses divinités.

i' 65. Tout est désordre et guerre dans la famille quand le père est méconnu.

5^ 66. Il n'y a plus d'autorité qui soit respectée ; chacun veut être maître; les droits, les personnes et les propriétés sont attaqués avec une égale violence, parce que ni les droits, ni les personnes, ni les propriétés ne méritent respect.

y 67. Revenez donc à moi : vous vous établirez de nouveau en grande famille; je serai votre centre et votre point de départ en même temps; vous tiendrez la vie de moi et ne la rapporterez qu'à moi. H n'y aura plus de barrière entre le père et les enfants , entre celui qui donne la vie et ceux qui la reçoivent.

^ 68. Et moi qui ai la vie abondante et féconde , je vous la donnerai abondante et féconde; et loin de croire, comme vous le croyez maintenant, qu'il faut prendre la vie de vos frères pour rendre la vôtre meilleure et plus riche, vous comprendrez que votre

vie sera d'autant plus tranquille et plus heureuse que celle de vos frères sera plus assurée.

y 69. Car moi seul, qui suis votre père à tous, sais donner ce qu'il faut à chacun de vous , et vous ne pouvez vivre unis et en frères si vous ne vivez en moi , par moi et pour moi.

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