CHAPITRE XVII
L IIOM:\rK KT L.\ FEMME.
i I. L'homme et la femme ont bien évidemment vocation différente.
y 2 . L'homme et la femme sont-ils et doivent-ils être égaux devant la loi ?
y 3. La loi humaine étant en tous points en opposition avec la loi de Dieu , la loi humaine a décidé que la femme n'avait point et ne devait point avoir des droits égaux aux droits de Thomme.
i 4- Si vous demandez à la niaiserie humaine et à la corruption du siècle pourquoi la femme est paria , de par la loi , prenez garde que , pour toute réponse , on vous jette en prison.
y 5. Le cachot, la potence ou le bûcher furent de tous temps la dernière raison de ceux qui n'avaient pas raison.
y 6. L'hypocrisie humaine a tiré parti de tout contre riiumanité même.
y 7. L'homme et la femme n'ont pas la même
vocation. Il est entre eux des différences de force physique, de goûts, d'aptitude : donc l'homme et la femme ne sont pas égaux et ne doivent pas l'être.
ii^ 8. Ainsi ont raisonné les Gains de la grande famille humaine ; ils ont voulu faire de la femme, non une sœur en Dieu , mais une esclave , et ils lui ont dit : Tu es trop faible pour être notre égale , sois notre servante.
5^ 9. A ce titre , nous te protégerons , nous te défendrons ; sinon , tu périras misérablement , trop faible, trop chétive que tu es pour exister sans nous.
5^ 10. L'ambition, la mauvaise foi, d'une part; le défaut de dignité, la lâcheté, de l'autre , ont confondu ou feint de confondre, dans la femme comme dans l'homme, deux choses très-distinctes pourtant et qu'il est bien facile de distinguer avec un peu de bonnefoi.
f 1 1 . Il n'y a pas plus de faiblesse chez l'homme que chez la femme ; ou , pour parler plus clairement , les défauts et les qualités se balancent dans les deux sexes.
ii^ 12. La nature n'est point partiale envers aucun de ses enfants ; ce sont les hommes qui ont imaginé qu'elle l'était lorsqu'ils ont voulu établir le règne de la force brutale et substituer l'iniquité à la justice.
S^ i3. Au physique comme au moral , l'homme et la femme sont égaux en force , en puissance.
5^ 14. Seulement, les genres de force, de puissance , ne sont pas les mêmes chez l'un que chez l'autre.
i^ i5. La femme, oubliant sa dignité de fille de Dieu , a pu abandonner son droit aux caprices de l'homme ; la voix de la nature n'a cessé de crier que la femme étant la moitié de l'humanité, tout devait être égal entre elle et Thomme.
y i6. Et la nature a été plus forte que les imposteurs qui ont voulu l'étouffer.
/ y 17. Déjà se manifeste quelque velléité d'éman-
cipation de la part de la femme ; déjà elle commence à comprendre que si la loi humaine n'est point pour elle, c'est qu'elle ne vient point de la loi de Dieu , et qu'elle a été faite seulement par une moitié de l'humanité contre l'autre moitié.
^ 18. Pour bien juger l'homme et la femme, pour bien établir ce qui revient à chacun de droits et de devoirs , il ne faut pas , comme on le fait , partir toujours de ce qui est , c'est-à-dire de l'état social actuel ; il faut se placer complètement en dehors des folies humaines.
y 19. Il faut se reporter à Tétat de l'humanité avant sa chute , nous souvenant que , tout ayant été travesti depuis la violation de la loi naturelle , ce n'est pas avec les lambeaux de ce travestissement universel que la société peut se refaire , et que le monde peut revenir à l'âge d'or.
ilr 20. Vous n'avez que de fausses lueurs, vous disje; ne les suivez pas : elles ne vous conduiraient point à la véritable vie , que vous avez perdue.
y 2 1 . C'est pour n'avoir point marché à la lumière que le Dieu vivant vous avait donnée que , hommes
et femmes , vous vous êtes traités en esclaves et en maîtres.
S^ 22. 11 n'y a plus d'équilibre nulle part dans le monde moral, parce que tout y est établi, non d'après 'les lois équilibrantes de Dieu et de la nature, mais d'après les lois dissolvantes de l'homme et de ses caprices.
j^ 23. Pourquoi voulez- vous que Ja femme soit moins que l'homme ? Est-ce à raison de sa faiblesse physique ? Mais est-il bien vrai que la femme soit plus faible que l'homme sous tous les rapports physicjues ?
ji^ 24. Pour bien juger cette question , je le répète, il faut sortir, si je puis ainsi parler, de la société actuelle, et considérer la femme, non telle que la font votre éducation sociale, vos mille préjugés, mais telle que la feraient des enseignements et une direction dignes des enfants de Dieu.
^ 25. Quoil vous mettez, toute sa vie, la femme dans un sachet, et vous me dites après cela : Voyez comme elle est faible et débile! que voulez- vous en faire autre chose que ce qu'on en a fait jusqu*ici?
5!'^ 26. Eh bien ! oui, même dans Tétat de pression, de contrainte, où vous l'avez mise, la femme vous prouve qu'après Dieu , elle est la reine du monde, comme vous en êtes le roi, homme qui ne voulez pas de la royauté de la femme.
ji^ 27. Qu'elle ne soit pas reine aux mêmes conditions que vous, que vous ne partagiez pas l'empire
avec elle pour accomplir les mêmes obligations, les mêmes devoirs, qui vous le conteste ?
V ia8. ]Mais je vous dis que sa force égale la vôtre; son courage, votre courage; son énergie, votre éner gie; son intelligence, votre intelligence, son dévouement, votre dévouement, et que, sous tous les rapports, elle est votre moitié comme vous êtes la sienne.
^ 29. De ce que vous l'avez vaincue, de ce que vous la traînez à votre char, n'en concluez plus que vous êtes son maître, et non son égal.
j!^ 3o. Ainsi donc, il y a pour la femme et pour riiomme des devoirs différents de sexe, de position dans la nature, des différences aussi de vocation, d'aptitude pour telle ou telle chose; ce qui n'empêche pas qu'il y ait pour les deux sexes une somme égale de droits et de devoirs.
5' 3i. Que l'homme et la femme se comprennent bien ; qu'ils apprennent à se connaître, non par lesi enseignements mondains, mais par les enseignements de Dieu, et le règne de la justice succédera pour la femme au règne de la force.
y 3a. La loi ne sera plus faite par un sexe et pour un sexe contre l'autre sexe; l'homme et la femme participant à la confection de la loi, celle-ci sera impartiale, parce qu'elle sera faite par et pour les deux moitiés de l'humanité, et nul ne se plaindra plus du législateur ni de son œuvre.