DR LA LOI NATURELLK
j^ 1 . Croire à l'auteur de la nature , l'aimer, aimer le prochain comme soi-même, c'était là toute la loi; et ils y ont ajouté mille lois, mille préceptes qui l'ont défigurée, anéantie, et qui qnt fait de la loi de Dieu la loi de l'homme.
ji^ a. Et ils ont poussé le cynisme de l'imposture et de la mauvaise foi, de l'audace et de Timpiété jusqu'à proscrire cette loi sainte !
^ 3. Et quiconque a osé être assez honnête homme pour n'enseigner et ne pratiquer que la loi naturelle, s'est vu arrêté , livré à leur justice, et par elle, condamné aux plus affreux supplices !
jt 4* Et ceux-là seuls ont eu raison , qui ont étouffé dans leur cœur tout sentiment naturel!
^ 5. Et au milieu de la société des hommes devenus ainsi, par le reniement de la loi de Dieu, apostats et enfants dénaturés , les plus menteurs ont été les plus honnêtes, les plus hypocrites les plus vertueux !
j^ 6. La loi naturelle réglait les passions et ne les étouf&it pas ; la loi naturelle les développait hygié^
niquemenli;la sngesse humaine, ou leur a donné un développement effréné, ou les a écrasées sous le poids de mortifications insensées.
y 7. Et les plus religieux en apparence sont devenus en réalité les plus impies.
î' 8. Et ceux qui me prient sans cesse, dit le Seigneur, sont précisément ceux qui m'outragent le plus.
5' 9. El la vierge qui s'enferme dans une cellule oublie que ce n'est point pour l'oisiveté du cloître que je l'ai créée.
y 10. Et le prêtre qui veut que le célibat soit plus parfait que l'union de l'homme et de la femme, m'accuse d'ignorance, d'impéritie ou de maladresse.
î 1 1 . Et il ose dire que l'arbre qui produit ne doit point être préféré à l'arbre qui ne produit rien.
3- 12. Que dis-je? il exalte la stérilité et condamne la fécondité!
y i3. Et moi qui donne la fécondité et la faculté de se reproduire à tous les êtres, je ne suis plus, à l'entendre, qu'un père insensé dont il faut dédaigner les enseignements et la puissance.
j^ 1 4. Mais ce n'est pas moi qui souffre de ce renversement de la nature et de la raison.
y i5. Vos folies, mes enfants, ne peuvent rien changer à mon bonheur.
i 16. Voua dépendez de moi, et je ne dépends nullement de vous.
î' 17. Sachez-le bien, quand vous avez étouffé la loi de nature que je vous avais donnée, vous avez
établi partout le désordre , ]a violence el l'anarchie.
y/ 18. Jusque-là il n'y avait eu qu'un pasteur et qu'un troupeau, parce que jusque-là vous m'aviez regardé comme votre père à tous.
^ 19. Jusque-là , je n'avais point été pour aucun de vous un Dieu méchant et colère; nul n^avait encore , parmi vous, osé me dire cruel et barbare.
i. ao. Tous encore enfants de la nature et de la raison, vous suiviez tous les lumières naturelles que vous teniez de la nature et de la raison.
ji^ ai. Vous voyiez un bel ouvrage 5 vous disiez, celui qui l'a fait est beau , puissant.
)^ aa. Et maintenant, que ma loi n'est plus votre loi, c'est à peine si vous vous élevez jusqu a moi en voyant la terre, les lieux et tout ce qu'ils renfermen t.
^ a3. Si vous parlez de moi, c'est comme des enfants qui ne connaissent pas leur père.
jf a4. Car vous me donnez des attributs que je n'ai pas', et ne me donnez pas ceux que j'ai.
S^ a5. Tous vous me faites le Dieu de vos passions, de votre iniquité, de vos convoitises.
^ a6. Vous n'êtes sincères ni les uns ni les autres. j^ ay.Ceuxqui me prêchent et affectent de m'adorer, sont ceux qui me déshonorent le plus.
^ a8. Car ils ne me donnent point comme le Dieu de Tordre, de l'impartialité, de la justice.
i ag. Comme ils veulent dominer les imaginations et faire trembler leurs adeptes, ils hur font peur de moi.
^ 53. Vos mille lois sont faites peur mille personnes différentes.
3^ 54. Elles ôtent aux uns ce qu'elles donnent aux autres.
3^ 55. Elles dépouillent le plus faible en faveur du plus fort.
j!^ 56. Vous connaissez si peu la justice, que vous avez peine à comprendre que la loi puisse être feite pour celui qui a besoin de justice et de protection. ^ 57. Tous vos efforts tendent à protéger le fort contre le faible ; et vous avez tellement avalé Tini*quité comme l'eau , que vous dites qu'on blasphème quand on vous affirme que vous n'avez encore rien fait pour la justice.
j!^ 58. Aussi, voyez quelle vie d'agitation, depeine^ de douleur et de contrainte est la vôtre !
f Sg. Dites-moi, mon fils, si vous êtes vrai ei si vous pouvez l'être avec votre société telle que l'ont faite vos lois mensongères ?
^ 60. Vous voyez bien que vous avez étouffé en vous toute vérité, toute justice.
^ 6\, Vous en convenez vous-même. On vous en* tend dire que la justice humaine est bien peu juste; qu'il est difficile d'avoir raison lorsqu'on n'est ni riche ni puissant.
^ 62. Vous dites aussi qu'il est imprudent de dire toute la véjjté ; qu'il faut garder quelque ménagement et ne pas dire toujours tout ce qu'on pense.
i^ 63. Ainsi, dans votre société telle que l'ont
établie le mensonge et la corruption , mentir est nécessaire !
j!^ 64. Voilà donc votre oeuvre! voilà donc ce qu'ont enfanté les millions de lois humaines avec lesquelles,yous avez anéanti la loi naturelle 1 1
^ 65. Vous avez tout déplacé dans le monde moral. Rien n'est à sa place. Pas un homme qui soit content de son sort.
3^ 66. Point de répartition équitable dans la société. Tout marche , non selon la loi de Dieu , c'est-à-dire la loi de la nature, qui est Tordre, mais bien selon la loi de l'homme , qui est l'iniquité et le désordre.
5^ 67. Vous criez comme l'impie, la paix, la paix, et il n'y a pas de paix !
5^68, Pour que cela fût, il faudrait que chaque chose fût à sa place; et rien n'est à sa place.
j^ 69. Car partout la nature est forcée, étouffée. ^ 70. L'enfant, pour être respectueux du respect tel que l'entendent vos lois, vos moeurs, doit mentir à ses parents.
5!^ 7 1 . Je vous dis qu'en tout, c'est à qui sera le plus adroitement mienteur.
f 72. Ijie négociant n'arrive à la fortune qu'en prenant les airs de l'honnête homme, tout en se conduisant le plus possible en fripon.
f 73. La jeune fille n'est honorée qu'autant qu'elle
trompe, sur les passions que la nature ^veloppe en
elle, «on père, sa mère, ses compagnes, ses voisins
et enfin tout le monde , sans s'excepter elle-même.
jf 74. A.vec vos moeurs, l'homme doit mentir quel-
quefois en fait de sentiments du cœur, et la femme toujours.
}l^ 75. Ce que la nature et Dieu commande , vous le blâmez , ce que la nature et Dieu blâment , vous le prescrivez.
5^ 76. Vous et vos lois dites à Dieu : nom nous élèverons et serons au-dessus de toi.
^ 77. Dieu et la nature exaltent, élèvent la chair à régal de l'esprit et l'esprit à l'égal de la chair.
^ 78. Et vous toujous hypocrites, toujours hors du vrai, et jamais dans la vérité, ou vous tuez la chair en élevant trop Tesprit , ou vous tuez l'esprit en élevant trop la chair.
5^ 79. Vos vestales et vos vierges de couvent, vos prêtres et vos bonzes ne furent jamais que d'illustres menteurs ou d'orgueilleux imbéciles.
i!^ 80. Ils vous dirent de tout temps : étouffez vos passions, votis serez parfaits; et Dieu et la nature vous disaient : dirigez vos passions, ^t ne les étouffez pas.
5^ 81. Car quiconque veut détruire ce que Dieu lui a donne"" est un ingrat et un impie qui s'insurge contre son bienfaiteur et son père suprême.
^ 82. Depuis que vous avez mis ma loi au banc des nations , où en êtes-vous , mes enfants?
ji^ 83. Y a-t-il parmi vous quelqu'un qui sache bien la loi telle que vous l'avez faite?
^ 84. Et quelle vie d'homme pourrait suffire à apprendre ces milliards de lois, de coutumes, de règles , d'usages qui se détruisent souvent les uns les autres ?
j^ 85. Vos plus habiles ne les comprennent pas mieux que les plus ignares.
^ 86. Ce ne sonl pas seulement les langues que vous parlez qui établissent entre vous des impossibilités de communications.
5^ 87. Vous avez tout divisé, tout rapetissé, et vous ne savez plus qui vous êtes ni où vous en êtes.
5^ 88. Vous êtes tellement frappés de vertige depuis que vous avez violé la loi que je vous avais donnée, que vous traitez dé rêveur et d'insensé l'homme sage qui vous montre vos folies.
^ 89, Le grand nombre d'entre vous a cessé de croire à quSi que ce soit. Vous n'avez plus pour la plupart ni passé , ni présent, ni avenir. *
^ 90. Chacun de vous a sa folie. Les uns croient trop ou feignent de trop croire; les autres ne croient pas du tout.
ji^ 91. Ëttous sont également acharnés contre la raison et la vérité.
ji^ 92. Le croyant qui a donné sa raison au prêtre et aux idoles , tremble devant une madone de bois, et n'a ni crainte, ni amour de Dieu. Il ne le connaît .pas et n'en parle jamais.
^ 93. Le prétendu sage , le philosophe , l'homme du jour se rit de la superstition du croyant, de l'homme vulgaire, et néanmoins, dans certaines occasions, ne rougit pas de se prosterner devant les faux dieux du peuple.
^ 94. Si vous aviez tous la loi de nature , vous auriez tous le Dieu de la nature , et partant , len
mêmes lois, les mêmes usages, les mêmes coutumes. ^ g5. Si vous aviez tous la même loi , le même Dieu, vous auriez tous la même langue.
il^ 96. Vous seriez tous de la même famille; vous auriez tous le même père.
i 97. Étant tous de la même famille, ayant tous le même langage , la même loi , le même Dieu, Fhu- , manité marcherait comme un seul homme.
jir 98. Car, la grande famille humaine ayant un même langage, une même loi, un même Dieu, comprendrait bientôt qu'il doit y avoir entre tous ses membres communauté d'intérêts. ^
^ 99. Et l'humanité deviendrait bientOT une ^aiide famille patfiarchale dont les ctfefs seraient les pères et les subalternes les enfants.»
j!^ 100. Et ainsi cesseraient ces hurlements, ces déchirements, résultant de l'antagonisme et des intérêts froissés , méconnus , foulés aux pi«ds.
^ loi. Et la loi serait respectée et respectable , parce que l'homme pourrait dire à l'homme : la loi qui nom régit, ni toi ni moi 'ne l'avons faite : Dieu seul en est l'auteur,
^ 102. Et l'homme n'accuserait plus l'homme de' mensonge.
i!^ io3. Et les gouvernants ne seraient plus soupçonnés de ne gouverner que pour eux ou pour les leurs.
^ 104. Et vous ne verriez plus ce jeu de bascule des trônes, des gouvernements et des nations.
^ io5. Et le monde intellectuel serait équilibré comme le monde matériel.
j^ io6. Et si le volcan social faisait explosion quelquefois , ses explosions du moins ne seraient plus fatales à l'humanité.
f 107. Et il ne serait plus glorieux aux vainqueurs de se parer des dépouilles des vaincus.
i!r 108. Et même, il n'y aurait plus ni vainqueurs ni vaincus.
^ 1 09. Et les changements , les transformations dans la société ne seraient plus des calamités, mais bien des améliorations.
^ jio. Et le mariage ne serait plus un honteux trafic |ciine j^rrible profanation des sentiments de la natââlNli, un i^ouffement sacrilège et impie des affections les plus légitimés ; ce serait l'union des cœurs, ce serait la conformité d'humeur et de caractère, fondée sur la vertu.
^ I f r. Et l'homme, par tM^mudace inqualifiable,, insultant à Dieu et à son semblable , volant le droit de Dieu et de la nature, ne dirait plus : ce que j'ai fait est invariable ; nul ne peut le changer ; Qhu même n'y peut rien,
j!^ 1 12. Ç^ que fai mi ^ est uni pour le temps et pour T^emité. Malédiction à quiconque toucherait à mon œuvre 1
^ 1 13. Et le meurtre, et l'assassinat et l'empoisonne* mentj tout cela vous le regarderez comme des peccadilles , quand tout cela sera fait en vue de la conservation de mon infaillibilité touchant l'union de l'homme et de la femme.
^ f j4. Si vous suiviez ma loi dans l'ordre moral comme dans l'ordre physique , vous reviendriez bientôt à la justice , à la raison , à la vérité.
j)r 1 1 5. Et nul de vous ne m'insulterait plus par le langage impie que je viens de vous dire.
ii^ Il 6. Et l'homme respectant les droits de son Dieu, respecterait aussi les droits de l'homme.
jlf 1 1 ^. Et ma loi naturelle maintiendrait le monde morat avec la même puissance, la même force, la même harmonie qu'elle règle et dirige le monde matériel.
^ ii8. Et vos révolutions périodiques qui devien« nent indispensables pour rétablir l'ordre que vous violez sans cesse, ou cesseraient entièrement, ou, comme je l'ai dit, ne sefaient plus des fléaux , mais des bienfaits.
^119. O mes enfants! hâtez-vous, si vous ne voulez périr, de revenir à la loi de la nature.
jlf 120. Ne dites pas que vous êtes civilisés et forts, et que les barbares ne vous peuvent rien.
jf I a I . Car , vous êtes divisés , et tout royaume divisé, périra.
j^ 122. Et êtes-vous donc plus forts que les païens de Rome et d'Athènes.
^ 123. Et vos sociétés modernes sont-elles donc mieux établies que les sociétés anciennes? ■
^ 124* Et vos dieux du moyen âge vous défendront-ils mieux que les dieux des anciens ne les défendirent?
^ 125. Et n'êtes- vous pas à genoux devant des idoles semblables aux idoles païennes ?
^ 126. Et ces idoles n'ont-elles pas des yeux qui
ne voient pas, des oreilles qui n'entendetit pas, des mains .qui ne palpent pas ?
^ 127. Oui , ce sont ces fausses divinités qui vous ont perverti le sens et l'esprit.
^ 128. Ce sont elles qui vous ont fractionnés comme vous êtes.
5^ lag. Elles qui vous ont enseigné l'iniquité. iî^ i3o. Vos dieux sont des dieux jaloux, et yous l'êtes aussi.
^ i3i. Vos dieux se font la guerre, et vous vous la faites aussi.
j^ i32. Le droit du plus fort, c'est le droit de vos dieux, et c'est aussi le vôtre.
f i33. Et avec de telles croyances vous parlez <le régénérer le monde et de vous régénérer vousmêmes!
j!^ .1 34. Et moi je vous dis qu'avec de telles croyances , vous, ne pouvez que tromper le monde et vous tromper vous-mêmes.
^ i35. Et moi je vous dis que votre état n'est pas moins déplorable que l'état de ceux qui ne croient à rien.
f 1 36. Et tous vous marchez également à votre perte.
f 137. Les uns en suivant de faux pasteurs qui ne sont que des loups dévorants; les autres en n'ayant ni foi , ni loi, ni guide sur la terre , et se livrant en aveugles aux tempêtes de ce monde.
^ i38. Vous usez vos gouvernements, vous vous usez vous-mêmes à chercher lëquilibre social.
y 139. Vous ne le trouvez jamais, parcequevous ne voulez pas le trouver.
)^ i4o. Cherchez, et vous trouverez; frapfkez à la porte et on vous ouvrira.
^ t4i. Mais ne cherchez plus comme vous faites, avec l'intention hypocrite de ne pas trouver.
^ 142. Ne manquez plus de courage, de persévérance et de franchise.
^ 143. Si vous écoutiez la loi naturelle et moi qui suis votre père, vous trouveriez ce que vous cherchez.
j^ i44- Mais vos lois qu*ont faites vos iniquités, me disent anathème à moi et à ma loi.
i i45. Vous avez des gibets pour ceux qui prêchent ma loi, et vous glorifiez ceux qyi la violent.
f 146. Vos amis, vous les empoisonnez ou le$ attachez à la croix; vos ennemis, vous les élevez jusques aux cieux .
i 147. Vous n'avez plus d'intelligence.
itr 148. Vous ne faites de sacrifices et n'avez de dévouement que pour ce qui est dangereux oti in-» utile.
ii^ 149. Votre frère a-t-il faim; vous ne cherchez point à calmer sa faim; a-t-il soif; vous ne cherchez point à éteindre sa soif
^ i5o. Vôtre esprit de vertige ne vous permet pas de voir ce que vous amassez, par votre dureté de cœur, d'orages et de vengeances sur votre tête.
^ i5i. Vohs voyez le moment présent, et ne considérez ni le temps à venir ni l'éternité.
j!^ i5îi. Vous ne comprenez pas que ma justice s'exerce et ici-bas et après cette vie.
^ 1 53. Vous né comprenez pas que si ma longanimité vous attend , c'est que Je temps est à moi et n'est point à vous.
^ 1 54. Vous ne comprenez pas que la justice doit ai^oir son tour.
^ i55. Mais c'est en vain que vous affectez de prendre le change sur ce qui est bon et utile, juste et équitable.
^ 1 56. En vain que vous dédaignez la vérité pour suivre le mensonge.
5^ 157. Je saurai distinguer ce qui est bon de ce qui est mauvais.
5^ ï58. L'iniquité ne sera pas toujours à l'ordre du jour.
i!^ 159. Un temps viendra où les loups seront chassés du troupeau.
^ 160. Où l'arbre qui ne produira point de bons fruits sera coupé et jeté au feu.
j^ 16 1 . Où la plante parasite sera arrachée.
iir i6a. Où les bons seront séparés des méchants et où il y aura bonheur pour les uns, et désolation , honte et confusion pour les autres.
f i63. Tous alors auront des yeux pour voir, des oreilles pour entendre et des mains pour palper.
^ 164. Vous comprendrez alors, insensés que vous êtes maintenant, quelle folie est la ^tre de vous conduire comme vous le faites.
j)^ i65. Vous ne m'accuserez plus des maux de riiumanité.
^166. Vous verrez que vos maux viennent de vous, et votre bien de moi.
^ 167. Est-ce ma loi qui a placé un abime entre le pauvre* et le riche?
^ 168. Est-ce ma loi qui a fait des esclaves ?
^ 169. Est ce ma loi qui fait que la terre ne suffit plus à ses habitants?
^ 1 70. Est-ce ma loi qui a parqué une partie de l'humanitédans les huttes de la misère , etplacé l'autre dans des palais de marbre et d'or?
5^ 1 7 1 . Est-ce ma loi qui règle vos lois somptuaires?
j^ 172. Est-ce ma loi qui fait que les haillons se trouvent à côté des vêtements du luxe et de l'opulence?
^ 173. Non sans doute. J'ai tout combiné, moi, pour qu'il n'y eût nulle part ni extrême misère ni extrême opulence.
j^ 1 74. Ce n'est point ma loi qui perd ainsi l'équilibre social.
f 175. Ce sont vos lois à vous qui ont tout renversé.
^ ï 76. Quelques-uns d'entre vous ont dit : Egalité absolue pour tous, ou la mqrti
^ 177. Le grand nombre a répondu à ce cri effrayant : tout pour quelques-uns, et rien pour les autres, si ce n'est le privilège de la prison , de la faim , de la misère !
^ 178. Et iffbi je dis aux niveleurs et aux partisans du privilège qu'ils sont également insensés.
jli 1 79. Ne faut-il pas des plaines , des vallées et des montagnes ?
jî^ 1 80. Sans montagnes et sans vallées l'atmosphère ne serait-elle pas le poison de la vie?
. jî^ 1 8 1 . Ma loi ne vous dit-elle pas qu'il n'y a rien d'absolu que moi ?
S^ 182. Dans la nature, qui est votre livre, voyezvous les montagnes couvrir entièrement les plaines et les vallées , ou les vallées et les plaines absorber les montagnes?
jî^ i83. A quoi donc vous sert la science, si elle ne vous a pas encore appris les éléments de la nature?
^ 1 84. Quoi 1 vous écrivez des milliers de livres, et vous ne savez point encore écrire de tels enseignements!!
^ i85. Quoi! vous mesurez les abîmes du vaste océan, les profondeurs de la terre, l'immensité des cieux, et vous vous ignorez entièrement vous-mêmes !
S^ 1 86. Et vous ne connaissez rien et ne voulez rien connaître au mécanisme social!
j!^ 1 87. Et vous ne voulez pas voir que vous êtes en dehors de tout sens, de toute raison.
jî^ 188. Vous ne voyez pas que parce que vous avez Vi^é, méconnu ma loi naturelle, vous êtes devenus des enfants contre nature , semblables à ces embryons qui ne s^aablent sortir du sein de la femme que pour faire peur à l'humanité en ne suivant point la loi commune!
jl' 1 89. Vous avez les ténèbres à toiSl^ heure dans votre société telle que vous l'avez faite.
i/ 190. Vous n'avez Tintelligence de rien de ce qui est bon, utile, vrai.
j^ 191. Vous appelez le bien mal, et le mal bien.
5^ 192. Vous tournez sans cesse dans un cercle vicieux,
j^ 193. Vous avez tout pris à rebours.
ii^ 194. C'est un crime àvos yeux d'écouter la nature et de la suivre.
}li 195. Ce n'est point un mal de l'étouffer et de la détruire.
i!^ 196. Que dis-je? vous déifiez le fou qui tue ses passions au lielide les diriger!
^ 197. Mais, c'est en vain que vous travaillez en impies et en athées à tuer les œuvres de votre Dieu.
ji^ J98. Vous vous trahissez vous-mêmes. Comme l'impie, vous vous mentez à vous-mêmes.
f 199. Voti'e Dieu ne laisse rien impuni. Vous vous insurgez contre la nature, votre mère; la nature se rit de vous.
f 200. Vous tombez dans l'infamie. Vous n'avez pas voulu suivre les lois de la nature ; eh bien ! il faut que vous les violiez.
ii^ 20Ï. Vous avez dit : Ce que la nature prescrit, ce qu'elle veut n'est pas bon; faisons ce que nos lois à nous veulent, et prescrivent.
ji^ 202. Ce blasphème, votre Dieu Ta entendu, et il vous a livrés a la folie de votre propre sagesse.
^ 2o3. Voilà pourquoi il y a eu parmi vous et pourquoi iLg a encore des crimes contré nature. ^ 204. Ces crimes, il est vrai, vous les punis-
sez. Mais, c'est précisément là qu'est votre folie.
j^ 2o5.. Car , n'est- il pas évident qu'ainsi vous punissez les crimes mêmes auxquels vous provoquez par vos lois et vos mœur^ publiques !
ji^ 206. Aussi , vos arrêts effraient les coupables , les tuent, mais ne les convertissent point.
5^207. Aussi, vos sociétés se succèdent, mais ne s'amendent point.
f 208. J'ai vu, mes enfants, ceux qui vous ont précédés : tous ont péri par les mêmes causes.
^209. Chaldéens et Juifs, Grecs et Romains,
tous se sont abîmés sous leur tour de Babel de lois ,
d'usages, de rits, de coutumes, de cérémonies , de
croyances, qui venaient d'eux-mêmes et non de moi,
^ 210. Et croyez -vous donc , mes enfants, que ce
.soit moi qui provoque ces ébranlements sociaux?
ji^ 2 1 1. Croyez- vous que ce soit moi qui inspire à l'humanité ces idées à rebours qui la font sisouvent reculer, et perdre en quelques années, en quelques jours, en quelques instants, ce qu'elle avait conquis si péniblement de liberté, d'émancipation et de bonheur ?
^ 2\2. Non, non; je ne saurais faire de telles folies. Non , ce n'est point moi qui vous pousse ainsi à votre malheur.
j!^ 21 3. Quand une société brise ses chaînes, quand elle s'âève jusqu'à des idées d'émancipation , c'est moi qui Tinspire.
ii^2i4- Au contraire, voyez-vous , une aggîomération d'hpnunies bien misérables , bilQii bâillonnés, courbés jusqu'à terre, par l'habitude qu'ils ont de
se mettre à genoux, dites : Ces hommes-]à ont renié le vrai Dieu ; ils ont étouffé dans leurs cœurs les cris de la nature et de la raison.
S^ 2 15. Dieu et la nature outragés les ont livrés à leurs propres sens ; leurs propres sens en ont fait les esclaves de leurs passions.
5!^ 216. Et eux qui devaient diriger leurs passions sont dirigés par elles 1
jl^ 217. Et pour avoir voulu tout matérialiser, ils ont fait de leur Dieu même un Dieu de bois !
^ 218. Et ce Dieu ils l'ont fait multiple!
ji^ 219. Et les uns ont fait des Dieux de tout; des choses mêmes les plus abjectes et les plus ridicules !
jî^ 220. Et un jour est venu où le grand nombre a rougi d'avoir prostitué ses hommages au crocodile, au rhinocéros, et aux poireaux du jardin.
j{^ 22 1. Et ce grand nombre a dit : Il n'y a ni Dieu, ni religion.
5^ 222. Et tous nous sommes ici-bas parle hasard.
5^ 228. Et il n'y a rien après cette vie que le néant.
f 224 Et fais ce que tu voudras, mais ne te laisse pas prendre par la justice des hommes.
^ 225. Cette justice, c'est tout. Si tu lui échappes , ne crains rien ; car il n'y a rien après la vie.
^ 226. Et fais banqueroute tant qu'il te plaira : c'est bien , pourvu que tes faillites t'enrichissent.
^ 227. Et ne crains pas les hommes : tu peux leur échapper. Ce qui pouvait t'effrayer^ n'étant plus et n'ayant jamais été qu'une chimère ; marche donc.
marche dans la voie de ce qu'on appelle faussement le crime.
^ aag. Marche, Marche, te dis-je, et ne t'arrête point quand on te dira d'arrêter; car, quiconque te crie cela , n'est qu'un peureux qui défend sa bourse^
iî^ 23o. t)'aulres ont vociféré : II y a un Dieu, mais il ne s'occupe de rien.
^ a3i. Il s'est amusé à nous jeter ici-bas, c'est tout; il ne songe plus à son œuvre.
S^ aSa. Que veux-tti, vile matière, qu'il fasse dé toi? es-tu nécessaire à son bonheur?
ii^ a33. Ne te donne pas plus d'importance que tu ne peux en avoir. Tu es un atome, et rien de plus.
f 234. Et ces négations atroces, impies, ont été plus fatales encore à l'humanité que les imbéciles affirmations de la superstition et du fanatisme.
J^ 2^5. Et ces outrages, et ces effroyables apostasies ont fait taire ma bonté, ma miséricorde , pour n'en appeler qu'à ma justice.
^ 286. Mes enfants n'étaient plus dignes de moi ; j'avais supporté leurs imbéciles superstitions ; jusque-là, ils ne m'avaient paru que des insensés que j'avais pu prendre en pitié.
3r 337. Mais quand je les ai vus sans foi et sans croyance; quand enfin, ils n'ont plus été que des athées , et par conséquent des fripons, ma longanimité a dû céder à ma justice ; j'ai dit : Qu'ils tombent d'abîmes en abîmes , et qu'ils se purifient dans l«s convulsions de la douleur , de Tmiquité qu'ils ont avalée comme l'eau.
jf 'j38. Et ils sont devenus eux-mêmes, tous tant qu'ils sont, les exécuteurs de Tarrétde ma justice.
i^ îiSq. Car le temps approche, et déjà même il est arrivé, où la terre va dévorer ses habitants.
^ 2^0. Voyez ces populations toujours croissantes : quiles nourrira ?
iir 241. Le Seigneur? non, ils ne disent point cela; car ils ne croient plus en moi.
i/ 24^. Et cependant, qui donne la nourriture aux oiseaux du ciel, aux poissons de la mer? qui vivifie toute la nature ?
i 243. Oh ! mais leur aveuglement est tel , qu'ils ne sont pas même capables de se faire une pareille question.
î' 244- Et que fait à l'aveugle la lumière, le son à celui qui n'a pas d'oreille.
f 245- Us ne voient pas qu'ils tournent depuis des siècles dans un cercle vicieux.
^ 246. Ils ne voient pas que le bien-être matériel qu'ils ont acquis par ce qu'ils appellent leur civilisation, n'ayant point été adapté au tempérament de l'humanité, ne peut se tenir longtemps.
^ 247- Que la faculté de produire en tous genres dans la vie et de toute manière, et cela sans frein , sans règle, sans équilibration, sans sagesse, doit aboutir à la destruction.
i 248. Moi qui suis le sage des sages , le puissant des puissants, si vous pouviez comprendre mes œuvres , je vous dirais : jetez les yeux sur mes ouvrages et instruisez-vous.
i^ a49- Ma^s votre endurcissement tous a fermé les yeux à la lumière.
3^ aSo. Que vous font ces millions d'astres qui marchent avec tant d'harmonie ?
^ îi5i. Vous savez mieux aujourd'hui que vous ne l'avez jamais su commet se combinent les élé* ments.
il^ si52. Vous connaissez l'économie de la nature; vous savez comment le fleuve se vide dans le vaste Océan , comment le vaste Océan n'engloutit pas , ne dévore pas tout à coup la terre.
i a53. Vous avez mesuré la quantité d'eau qui s échappe de la mer , de la terre , des lacs , des rivières et des fleuves; vous savez comment cette eau, après s'être condensée , revient aux fleuves, à la mer et aux continents.
Jr 254- Enfin vous voyez comment est établi l'équilibre entre les saisons , les années.
5^ a 55. Ne faut-il pas des années d'abondance ? ne faut-il pas aussi des années de médiocrité?
ji^ a56. L'écoulement quirésulteraitdu trop plein ne briserait-il pas les digues ?
j^ a57. Voyez ce fleuve qui quitte son lit : il prend du terrain d'un côté, mais il en laisse de l'autre.
i^ a58. Voyez les immenses mers : elles ont dévoré deux mille lieues aux deux continents; mais chaque jour ne vous rendent-elles pas d'une autre part ce qu'elles vous ont pris?
f a 59. Et vous seuls, mes enfants, de tous les êtres, les seuls capables de comprendre le mouve-
ment de la grande machine, êtes les seuls qui tous arrêtiez quand tout marche ; qui n'ayez point Tintelligencé de ce qui est quand tout semble l'aveirl !
i!^ a6o. Et cependant le dénoùment approche.
Après cette épreuve, il ne vous en reste plus à faire.
i^ a6i. Vous avez tout épuisé, et vous ne pourriez que revenir à vos premiers vomissements.
f aôa. Mais mes œuvres ne peuvent rétrograder ainsi. Il faut marcher ou périr.
^ a63. Quiconque s'arrête ou recule , sera noyé par le fleuve du progrès.
jlf a64. Les traînards doivent périr, vous dis-je. Quiconque ne suit pas la vocation que je lui ai donnée, n^est point digne de la vie; et moi, qui la lui ai donnée , la lui ôterai.
i a65. Voulez-vous donc ne point craindre ce qui arrivera; voulezrvous être tranquilles pour le présent et pour l'avenir ? comprenez bien tout l'homme.
^ a 66. Il n'est ni tout chair, ni tout esprit; il est l'un comme l'autre.
^ 367. Fanatiques, vous tuez la chair , et vous ne faites que des hypocrites; réhabilitez-la, vous n'au-. rez plus d'hypocrites ni d'hommes fous ou inutiles.
f a68. Matérialistes , vous tuez l'esprit , réhabilitez-le; vous verrez que l'homme ne doit pas vivre seulement de pain; qu'il est pour lui, outre les jouis-' sances du corps, d'autres jouissances non moins inhérentes à sa nature, et que vouloir que l'homme ne soit que matière, c'est vouloir que l'homme n'ait que la moitié de soi-même.
T^ 269. En un mot , revenez à la loi naturelle que vous portez tous dans votre cœur, et vous trouverez la joie et ici-bas et après cette vie.