DU CULTE
j^ I. Nous avons dit : la religion est la collection des devoirs de la créature envers le Créateur, de l'homme envers Dieu, de l'homme envers la société et de l'homme envers lui-même.
jr a. Le culte étant et devant être la manifestation delà religion, nous le définissons rexpression des actes extérieurs, publics et particuliers, des devoirs de la créature envers le créateur , de l'homme envers Dieu, envers la société et envers lui-même.
i 3. Si rhomnie a des devoirs à remplir, il faut qu'il les remplisse, et l'acte matériel, extérieur, qu'il produit en les accomplissant , nous l'appelons culte.
jt 4- Comme cet acte peut avoir pour objet Dieu ou la créature , selon que l'homme adresse son adoration à Dieu ou qu'il honore la mémoire de son semblable, nous nommons culte de latrie celui qui s'adresse à Dieu, et culte de dutie celui qui a pour objet d'honorer la mémoire des hommes.
jl^ 5. Le culte de latiie est un culte d'adoration,
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de soumission entière , absolue^ au seul être à qui il soit dû adoration , soumission absolue.
f 6. Le culte de dulie est un honneur , un hommage y un souvenir accordé au mérite ^ à la vertu j au talent ^ au génie ^ à la science de Thomme.
S^ 7. Quand j'adoreDieu, je m'annihile en sa présence; je confesse que ma force n'est rien sans sa force ^ ma puissance rien sans sa puissance , ma justice rien sans sa justice y ma raison rien sans sa raison.
il^ 8. Quand j'adore Dieu , je reconnais que tout ce qui est vient de lui, que moi-même ai en lui, par lui et pour lui , l'existence , le mouvement et la vie.
^ 9. Quand jadore Dieu, je dis à l'homme mon frère, je me dis à moi-même : Ce n'est ni toi ni moi qui avons jeté dans l'immensité ces millions d'astres qui brillent dans le firmament , ce soleil qui nous éclaire, cette terre que nous foulons et qui nous nourrit : inclinons-nous donc de respect, d'admiration et de reconnaitôance devant le grand être qui a fait toutes ces merveilles.
jt^ 10. Quand je prie Dieu, je ne lui demande pas qu'il change ses desseins, ses décrets, qu'il bouleverse pour moi les lois de la nature; ce serait là une prière d'ignorant , d'insensé, un prière impie : car elle outragerait Dieu en le supposant capricieux , changeant et variable comme moi.
y II. Les lois de la nature , qui sont les lois de Dieu, sont invariables comme ce grand être, et ne changent point aux exigences, aux caprices, à la demande de la créature.
i' la. Il n'y a qu'une religion de malade et d'in-
sensé qui puisse demander à Dieu la suspension ou le changement de ses lois.
j/ j3. Non, ma prière ne fait point cet outrage à Dieu, de le supposer inconstant et mobile.
^ 14. Si je m'adresse à lui, ce n'est point pour lui demander de changer ce qu'il a fait, ce qui est, ce qui a été, et ce qui sera dans ses lois éternelles : tout cela est bien, car c'est l'œuvre sublime de 1 être infiniment parfait.
ji^ i5. Mais si Dieu n'a besoin ni de mes conseils , ni de mes avis, ni de mes prières, ni de mon culte pour bien faire , pour être heureux, s'ensuit-il que je n'aie pas besoin, moi être faible, être fini et borné, de remonter à ma véritable cause?
5^ 16. S'ensuit-il que je ne doive pas adorer ce qui est adorable, aimer ce qui est parfaitement aimable?
:îr 17. S'ensuit-il que je ne doive pas puiser ma force dans celui qui est toute force, ma justice dans celui qui est toute justice, mon bonheur enfin dans celui qui est la source de toute félicité?
^ 18. Et si la créature dépend du créateur comme l'effet de sa cause; si la créature est attachée au créateur comme le fruit à l'arbre , la conséquence au principe, l'enfant à son père, vous ne voudriez pas que tout cela la créature le reconnût par des actes d'adoration, de dévouement, d'amour, d'attachement sans bornes !
)!r 19. Oh! ici et la raison et le sentiment ne vous disent-ils pas que vous mentez à la nature, à votre cœur, à un penchant invincible qu'ont tous les êtres
et que vous avez vous-mêmes, quoi que vous fassiez pour l'étouffer et le détruire en vous ?
j^ ao. Si ce culte que nous vous commandons au nom de Dieu et pour Dieu , n'est qu'un délire de notre imagination , s'il n'est qu'un vice de notre éducation , un effet de l'habitude , pourquoi donc, vous qui n'avez pas ce que vous appelez nos préjugés, vous laissez-vous si souvent éblouir, que dis-je? toucher, émouvoir aux pompes de ce culte que vous blâuiez?
y 2 1 . Que signifient donc ces riches décors au moyen desquels vous prétendez honorer la mémoire de ceux qui ont défendu la patrie et rendu d'éclatants services à l'humanité?
^ 22. Le culte est chose superflue, dites-vous! Eh bien , que ne brûlez-vous les plus belles pages bibliques, que ne jetez-vous au vent les plus beaux chants homériques ?
y 23. Le culte est superflu ! mais sans culte, nulle inspiration, nul génie, nulle grandeur.
)l^ 24. Le culte est superflu! mais vous oubliez donc que c'est le culte qui a produit tous les chefsd'œuvre de l'antiquité , de nos temps modernes et même du moyen âge !
i^ 25. Temple de Delphes, Parlhénon d'Athènes , Panthéon de Rome, vieilles basiliques catholiques, moderne Panthéon de la moderne Lutèce , qui donc a sublimé les mains qui vous ont faits !
^ 26. Le culte est superflu! que ne brûlez- vous donc, dans vos musées et vos cathédrales , Raphaël et Michel-Ange?
^ 27. Sans doute le culte qui donnerait tout au prêtre, sous prétexte de tout donner à Dieu, serait non-seulement un culte superflu, mais un culte impie qu'il faudrait détruire sans pitié.
^ 28. Sans doute le culte qui dépouillerait le peuple pour enrichir le temple serait un culte impie.
^ 29. Sans doute le culte qui multiplierait de toutes parts les madones d'or, et absorberait ainsi la fortune publique , serait un culte qu'il faudrait maudire; car il serait un crime de lèse-majesté divine et humaine.
ji 3o. Dieu a horreur du culte de ceux qui l'honorent du bout des lèvres, et dont le cœur n'est point à lui ; qui font consister la religion dans un luxe effréné que condamne la religion , et qui dépouillent au nom de Dieu et pour Dieu ceux-là mêmes que Dieu leur ordonnait de consoler et de vêtir.
j!^ 3i. Mais est-ce bien le culte que vous avez pris pour le culte? les marchands du temple en sont-ils les véritables ministres?
ji^ 32. Et parce que vos prêtres des idoles dévorent la substance du peuple au nom d'un Dieu qu'ils ' vous font implacable, terrible, avide, insatiable , faut-il condamner tout rapport de la créature au créateur ?
^ 33. Ne faut-il donc pas distinguer l'abus de la chose même dont on abuse?
5^ 34. Dieu est-il méchant parce que ses ministres sont méchants, injuste parce que ses ministres pratiquent l'injustice?
ii^ 35. Dieu est-il menteur parce que ses ministres enseignent le mensonge et Timposture?
y 36. Vous ne voulez pas du culte, parce que vous n'en connaissez que les abus.
i 3;. Vous ne voulez pas du culte , parce que le culte, dites-vous, ruine les peuples, appauvrit les nations.
y 38. Vous ne voulez pas du culte, parce que le ' culte est le protecteur, le père et le soutien des préjugés.
X 39. Vous ne voulez pas du culte, parce que le culte a toujours entretenu la superstition , l'ignorance des peuples, abruti l'humanité.
j 4o. Eh 1 qui vous conteste que le culte jusqu'ici n'ait été le père et le fauteur de la superstition , du fanatisn>e et de la plupart des maux qui ont affligé le monde?
y 4 1 • C'est pour guérir ces maux que Dieu seul
peut guérir, que je viens vous dire de renverser de
fond en comble ce quia fait jusque-là votre malheur
et celui de toutes les générations qui ont précédé
* la vôtre.
y 4^- Mais cette œuvre humanitaire que je vous demande, vous ne pouvez la faire sans vous unir, sans le secours de celui qui vous a montré que les dieux de vos ancêtres étaient de faux dieux qui n'existaient pas, vos prêtres des fourbes qui vous décimaient , votre culte un culte absorde qui vous abrutissait.
i 43. Maintenant que vous savez la cause de vos
maux* tutes-la coona. :re i vos é>:r»?<w a.?-:>-iteTir Zit-zi^ la plaie sociale.
y 44- L^ iiuji culte ne Leur -r-r-r i--rTiît que pKir un culfe ventaile. l.i fji^ie pr.ere -iiiv.l:: rtim^nr: elle ravale ea pro'^'.'iir.': ^:r. -rCLcecs -k iLomcie. ne doit être remplacée qur par u rr.rre.iidoratiOEi. qui éleveet rattache rh:;::.L:ii"-? d Di-ru coaime a son Yéritable père.
i' 4.5. Ce^s^z donc vos tinsses adorations. vour> qui ne connaissez pjs le cultr «^^r* esprit et *;n vente.
y 46- Adorez, vous qui ri'±dorez pis: priez, vous qui ne priez pas: aimez Dieu . vous qui ne Taimez pas.
4;. Réunissez-vous dans son temple, vous qui ne vous réunissez nulle part ; Dieu le veut , il a le droit de le vouloir: car il est votre maître, votre père, et vous êtes ses enfants et ses sujets.
y 48. Ou plutôt, vous n'êtes rien et il est tout, vous êtes faibles et il est fort; petits, et il est infiniment grand.
^ 49- Venez au pied des autels vous édifier les uns les autres. *
ii^ 5o. Venez-y soutenir votre faiblesse enchantant et exaltant sa puissance; apprendre à être justes lui proclamant sa justice; bons, en préconisant sa boulé » miséricordieux, en méditant sur sa miséricortlr.
jî^ 5i. Venez-y chanter ses louanges; qui <|Ui* voiih soyez, puissants oufaibles, riches ou pauvrtsH, gruiitli» ou petits, savants ou illétrés, vouk ih* pnuvr/. vnun suffire sans votre père.
^ 5a. Vous ne pouvez être vertueux, si vous ne puisez à la source de toute vertu.
ji^ 53. Ne croyez pas qu'il vous soit aussi utile de prier le Seigneur, de chanter ses louanges seuls à seuls et sans témoins.
î- 54. Ne croyez pas que vous soyez dispensés de tout culte, parce que vous êtes plus éclairés que vos frères.
^ 55. La science ne donne pas toujours la force dans l'adversité et la douleur.
^ 56. Le savant n'est pas toujours l'homme sans préjugés, sans superstitions, sans faiblesse.
f 57. Qu'importe que vous ayez la science, si vous n'avez pas la force ; de vastes connaissances, si vous ne savez pas vous conduire?
y 58. Qu'importe même que vous soyez réputés sages par le monde, si vous n'avez pas la sagesse?
^ 59. La vertu de Caton, pour avoir été trop peu confiante en la protection des dieux et trop farouche dans le commerce de la vie, le fit désespérer des % dieux et de l'humanité.
y 60. Le culte, osez- vous dire, est bon pour le peuple. Est-ce donc que le peuple ne fait pas partie de Fhumanité? Est-ce que je ne suis pas votre Dieu comme le Dieu du peuple ? dit le Seigneur.
y 61. Que dites-vous donc, quand vous voulez pour les uns ce que vous répudiez pour d'autres et pour vous-mêmes ?
y 6a. Voulez-vous donc encore, avec vocre indiffé-
rence religieuse, nous ramener les castes des temps barbares ?
y 63. "Voulez-vous donc encore inspirer à l'homme du dédain, du mépris pour l'homme?
y 64. Voulez-vous que les uns soient destinés à IMgnominie et à l'abjection, et les autres à la gloire?
y 65. Les uns à la vérité, les autres à l'erreur? blasphème ! blasphème que tout cela !
y 66. Et voilà où vient aboutir votre indifférence pour le culte !
J 67. Voilà comment vous n'êtes plus des enfants de Dieu, comment aussi vous n'êtes plus des frères entre vous!
y 68. Vous ne vous réunissez plus au nom de votre père commun, et partant il n'est plus entre vous de liens de famille.
y 69. Si je vous voyais à mes autels, dit le Seigneur, faisant brûler en mon honneur le même encens, me sacrifiant les mêmes victimes, je vous dirais tous mes enfants , eft vous seriez tous de la même famille.
y 70. Mais ce n'est pas moi que vous adorez , <^t la mammone.
y 71. Je ne suis le Dieu d'aucun de vous. Vous avez tous des dieux étrangers.
y 72. Vous me serviriez sans doute si j'étais le Dieu de vos mauvaises passions.
y 73. Mais vos vils intérêts du temps étant les seuls que vous serviez, vous ne pouvez comprendre qu'il faille aussi songer à vos intérêts de l'avenir.
j!^ 74- Vous courez donc tous, et sans vous arrêter, après le temps présent; tout ce que vous faites, c'est pour le jour présent : vous songez peu ,au kndemain.
ji^ 75. Arrêtez, vous dis-je souvent; chaque jour a sa tâche.
i!^ 76. Tous vos jours sont sacrifiés à l'exploitation de la terre , et vous ne donnez rien à celui qui vous a donné la terre.
5^ 77. Aussi, voyez comme vous vous dépossédez sans cesse les uns les autres ; comme yous n'avez plus de frein , de justice.
^ 78. Voyez comme le plus fort dépouille le plus faible, sans que le plus faible puisse se faire rendre justice.
^ 79. Je ne suis plus au milieu de vous , parce que vous n'êtes point réunis en mon nom.
j^ 8p. Vos assemblées sont des assemblées de mé- ., chants où ne régnent que l'hypocrisie et le mensonge.
S^ 81. Mon esprit n'y préside point; c'est le vôtre qui Ten a chassé, et on n'y entend que des discours optants, des paroles d'iniquité.
^ 8a. On n'y honore plus que l'intrigue, on n'y forme plus que des desseins fratricides.
jl 83. Vos intérêts sont divisés à l'infini, et pour les défendre, chacun de vous est obligé de se créneler dans sa maison.
^ 84. Le pauvre souffre dans sa cabane , et meurt de faim , parce que le pauvre déteste le riche , et que le riche a des eiïtrailles de bronze pour le pauvre.
a^ 85. Ce sont là vos mœurs sociales. Vous savez bien tout cela ; vous le voyez bien ; vous save^ même que tôt ou tard la tempête qui gronde sourdement éclatera d'une manière terrible.
j^ 86. Vous dites même, vous qui êtes riches et puissants : cette tempête qui gronde dévorera peut-être nos fortunes et nos personnes.
^ 87. Et vous qui souffrez dans la vie, dites aussi sans doute : Cette révolution qu'il nous faudra faire sous peine dépérir de misère, ne fera peut-être que hâter notre perle : qu'importe I ni paix ni trêve entre nous : courons jusquà ce que nous mourions, les uns par trop de santé, les autres par trop de misère.
5^ 88. Vous qui blasphémez ainsi , vos vœux impies seront exaucés ; vous périrez en vous déchirant de vos propres mains.
}^ 89. Vous errerez dans la vie seuls et sans famille; vous mourrez dans le désespoir, n'ayant a votre chevet que des héritiers avides qui ne me prieront que pour me demander votre mort , vous dit le Seigneur votre Dieu.
jli 90. Notre culte , disent ceux qui n'ont ni rig^ gionni culte, est tout intérieur; nous ne montrons point notre dévotion ; nous offrons notre cœur et jQe.disons rien.
:i!^ 91. Et pourquoi ne voulez-vous point édifier vos frères en donnant au Tout-Puissant des marquas de votre adoration et de votre reconnaissance ?
^ 92 . Ne voyez - vous pas qu'en dérobant à vos frères les hommages que vous rendez à l'Éternel,
vous n'édifiez pas ceux que vous deviez édifier!
jl^ 93. Vous êtes donc des enfants qui rougissez de votre père, qui n'osez le confesser publiquement', et qui vous cachez pour lui dire , nous t'aimons , comme vous feriez si vous commettiez un crime.
f 94. Et vous osez vous vanter du secret de vos adorations, et vous osez vous faire un mérite de ce qui n'est qu'une faiblesse , qu'une lâcheté!
^ g5. Vous devez à Dieu le tribut de votre corps , comme vous lui devez le tribut de votre âme.
ji^ 96. Cest Dieu qui vous a fait esprit et matière; votre culte ne doit donc pas être tout intérieur.
S^ 97. Nous nous réunissons, disent lés enfants des hommes, et nous savons bien que l'homme n'est pat fait pour vivre seul.
5^ 98. ÎN^ous nous réunissons pour traiter des affaires publiques , des affaires de la patrie.
)!^ 99. Nous nous réunissons aussi en famille pour nos affaires domestiques ; mais qu'est-il besoin que nous nous réunissions dans le temple?
^ 100. Nous n'avons rien à demander à Dieu, et TOeu ne peut rien nous offrir qu'il ne nous ait déjà donné.
j!^ 1 01. Lui demander quelque chose serait lui faire injure; ce serait l'accuser d'imprévoyance. Nous nous suffisons à nous-mêmes en travaillant; Dieu n'a pas besoin de nous , et nous pouvons nous passer de lui puisqu'il n'a rien à nous donner.
^ 102. Voilà les impies : Le devoir delà reconnaissance est, à leurs yeux, un fardeau insupportable.
jf io3. Ils n'ont rien de plus, disent-ils, à espérer de l'être des étires , et ils se croient dispensés de toute reconnaissance.
j!^ 104. Ceci est rassurant, en vérité, pour ceux de leurs frères qui auraient la bonhomie de leur être utiles. Ils diraient aussi sans doute, quand ils en auraient tout reçu : Vous nous avez, par vos libéralités, faits riches et puissants; laissez-nous oubUer en paix ce que vous avez fait pour nous.
ji^ io5. C'est bien là, sinon votre langage, du moins votre conduite, à vous qui ne voulez pas de culte , qui feignez de ne pas comprendre que la créature puisse devoir quelques hommages au Créateur.
^ 106. Qu'importe que Dieu n'ait pas besoin de vos hommages? qu'importe qu'il vous ait tout donné? en êtes-vous moins dépendants de lui?
j!^ 107. Est-ce vous ou lui qui donnez la vie à toute la nature, qui faites succéder les saisons aux saisons, les années aux années, les générations aux générations ?
f 108. Et si Dieu n'a pas besoin de vos hommage^ pour être heureux , faut-il en conclure que vous ne lui devez rien , et que vous n'avez pas besoin de votre père suprême.
j^ 109. Écoutez, impies qui blasphémez en répudiant tout culte à Dieu , et vous dispensant de toute reconnaissance envers votre père'et votre maître.
jî^ 110. Vous renversez tout ordre établi, toute subordination, tout devoir parmi les hommes, quand
vous ne voulez pas qu'il y ait de relation entre le Créateur et la créature.
^ m. Dès lors il ne peut y en avoir non plus entre les hommes. La grande chaîne des êtres est brisée par vous. Il n'y a plus que des individus dont les intérêts sont divers; la grande famille humaine n'est plus.
ji^ 112. Si vous ne devez rien à Dieu qui vous a tout donné , que vous doivent à vous vos enfants, à qui vous n'avez donné que quelques biens qu'ils possèdent aujourd'hui , et que demain peut-être ils ne posséderont plus?
}lf 1 1 3. Si les hommes ne doivent rien à Dieu , que peuvent-ils se devoir entre eux?
^ 1 14. Il n'est donc point de serment qui les lie, point de service qu'ils soient obligés de reconnaître, point de rétribution selon les œuvres , partant , point de justice.
ii^ ii5. Les relations sociales ne doivent donc être que des relations d'êtres qui ne se fréquentent et ne se communiquent entre eux que pour se dépecer en quelque sorte , et se détruire.
^ 1 16. La fausseté, la ruse, l'hypocrisie ou la force sont les seules vertus qu'il soit bon de pratiquer.
i!^ 117. Car, si la pratique de la justice, de la reconnaissance envers Dieu est inutile, à quoi pourrait servir cette pratique envers l'humanité ?
J^ 118. Tout s'enchaîne cependant, vous disent votre raison et votre expérience , hommes qui ne voulez pas de culte, qui dédaignez le recours à Dieu,
qui n'en appelez point à ce grand être dans vos peines et vos malheurs , et qui croyez follement ou tenir tout de vous-mêmes ou ne rien devoir à celui qui vous a. tout donné.
j^ 1 19. Et si le culte à Dieu n'est point une obligation naturelle pour tous, un devoir le plus sacré, le plus saint des devoirs, que signifient , je vous le demande , ce souvenir de la Divinité que vous invoquez dans vos jugements, dans vos transactions , cette justice humaine que vous étayez de la justice divine pour donner plus de poids à vos paroles et faire respecter vos jugements?
j^ lao. Si le culte est inutile, pourquoi donc pleurez-vous un frère , un père , une épouse , un fils ?
^ lai. Pourquoi ces riches monuments funèbres, ces tombes ornées de cyprès , ces temples expiât oi* ^ res si somptueux de sculptures, si pompeusement lugubres de magnifiques draperies et de chants religieux sublimes ?
5^ laa. Vous ne voulez pas de culte; vous voulez donc qu'il n'y ait aucune manifestation d'amour, de rapport, d'admiration de l'homme à Dieu!
j^ ia3. II faudra donc que j'étouffe dans un silence absolu ce que je ressens en contemplant la majesté des cieux et leur immensité !
^ i!24* II ne me sera donc plus permis de chanter dans mes cantiques les louanges du Seigneur!
^ 125. Artistes, brûlez vos pinceaux; les images sublimes sorties de vos mains, Dieu les a en horreur ; la société doit les détruire.
j^ 126. L'homme ne voit plus ou ne doit plus voir par les yeux du corps, toucher avec les mains; ses sens, il n'en a plus; il est tout esprit, tout intelligence , et toute manifestation de ce qu'il éprouve est devenue pour lui ou impossible ou criminelle.
5^ 127. Ne croyez pas que ces conséquences soient forcées. Si vous détruisez tout culte extérieur, vous empêchez toute manifestation d'amour, de dévouement, de vertu , et la société n'est plus qu'une grande momie.
j^ 128. Ne condamnez point ce qui est naturel à l'homme comme à tous les êtres.
ii^ 1 29. Ne cherchez point à détacher l'effet de sa cause ; c'est impossible.
J^ i3o. Contentez-vous de régler les rapports du ■ fini à l'infini; ou plutôt faites, par votre zèle, par votre science, que Fignorance ou la mauvaise foi ne vienne point altérer ces rapports.
j!^ i3i. Faites, par votre zèle pour la maison de Dieu , et par votre inaltérable dévouement au salut de vos frères , que les ambitieux et les hommes à convoitise n'abusent pas de la crédulité publique.
f iSa. Ne souffrez pas que le culte des idoles vienne profaner le temple du Seigneur votre Dieu.
J^ i33. Ne faites point de Dieu des images de pierre et de bois pour les adorer.
^ i34. Ne dites point : Cette statue a parlé, cette pierre s*est relevée , ce marbre s'est animé : le Ciel m'est favorable.
5^ i35. Car, tout cela, les impies le disent, et le Seigneur n'exauce point les impies.
y 1 36. Si vous faites des images de Dieu , ne les adorez pas, ne leur attribuez pas ce qu'il ne faut attribuer qu'à Dieu.
3^ iSy. Si vous vous représentez Dieu, représentez-vous sa puissance, sa bonté, sa justice , sa miséricorde.
ji^ i38. Si vous vous représentez Dieu, représentez-vous le grand -être , le père de tous les hommes, le maître de la nature entière.
jl\ l'ig. Ne dites pas : c'est le dieu dos Indiens, des Chinois, des Juifs; dites: c'est le dieu de l'humanité.
V i4o. Quand vous lui adressez vos hommages, ne dites pas : je te salue, je t'adore. Dieu des armées, Dieu puissant. Dieu terrible; vous blasphémeriez.
ji^ i4i. Dieu n'a ni armée ni combattants ; il n'est donc point le dieu des combats; il est le dieu de la paix et de l'humanité; il n'est point le dieu terrible, mais le dieu de toute bonté.
ji^ \^*i. Quand vous adresserez des vœux au Seigneur, vous le prierez ainsi : Dieu de la n^jture, fuis que je sois fort par ta force , grand par ta grandeur ajuste par tajtLStice, bon par ta bonté , miséricordieux par ta miséricorde.
^ i43. Vous ne pouvez donc refuser à Dieu un culte extérieur ; vous lui devez donc le tribut de votre corps comme celui de votre intelligence.
^ i44- Dieu vous ayant fait esprit et matière, vos bras doivent le louer aussi bien que votre esprit.
j^ 145. Vous né devez point rougir de rendre à Tauteur de toutes choses un culte raisonnable.
ii^ 146. Quelque philosophes que voiis soyez, vous ne pouvez avoir de répugnance pour le culte que je vous enseigne; votre. raison et la nature vous l'indiquent comme moi, et la reconnaissance vous en fait un devoir.
i 1 47. Ce qui vous rend difficiles , cauteleux sur ce point, vous ne pouvez me l'opposer ici; car je ne vous dis point de vous agenouiller devant des madones ou devant des dieux inconstants et farouches.
^ 148. Je vous dis de porter vos hommages aux pieds de celui qui vous donne, à vous et à toute la nature, le mouvement et la vie.
iir 149. Les images que vous vous ferez de ce Dieu, * TOUS n'en aurez point honte.
^ i5o. Ces images vous montreront sa justice, afin que vous soyez justes vous-mêmes; sa bonté, afin que vous puissiez être bons; sa miséricorde, afin que vous soyez miséricordieux.
Jr i5i. Maintenant que vous savez le culte que vous devez à Dieu , apprenez bien ce que vous devez à la mémoire des bienfaiteurs de l'humanité.
jlf i5a. La grandeur de Dieu, sa justice, ses perfections, sont absorbantes pour la faible créature.
^ i53. L'imitation de ces perfections n'est possible que d'une manière infiniment imparfaite; il* faut à l'homme des modèles qu'il puisse atteindre; autrement il pourrait se désespérer dans la pratique du bien.
y 1 54. Qu'il s'excite donc à la vertu par les exemples (le ceux qui l'ont pratiquée, et qu'après avoir payé à son Dieu le tribut de son adoration et de ses hommages , il honore la mémoire des hommes qui ont servi l'humanité.
i!^ i55. Qu'il prenne garde toutefois d'assimiler dans ses hommages la créature au créateur; que son souvenir de la créature ne soit point un outrage au créateur.
^ i56. Le culte de duliele grandira, l'élèvera, l'ennoblira.
y 157. En honorant la mémoire des grands personnages , il s'excitera lui-même à devenir grand.
^ i58. Il se croira capable de faire et de pratiquer ce que d'autres ont fait et pratiqué.
jli' i5g. La vertu lui semblera plus facile et plus aimable quand il la considérera dans autrui.
y 160. Il ne dira pas : je ne puis être vertueux, juste, bon ; l'observance de ces vertus n'est pas possible.
yi 161. Il dira : je veux être honnête, bienfaisant, charitable, en un mot pratiquer la vertu, parceque c'est en cela que consiste le vrai bonheur.
ii^ 4:62. Je veux que ma mémoire soit sainte et révérée comme celle de Jésus-Christ , de Socrate.
^ i63. Ils ont çuivi la vérité, pratiqué la justice; je suivrai la vérité et pratiquerai la justice.
^ 164. Un fils croit du devoir et de l'honneur de soutenir la réputation de sa famille, de ses ancêtres, en suivant la ligne de conduite qu'ils ont suivie.
jî^ i65. C'est là ce que j'.'jppelle rendre à ses parenis un culte de dulie.
ji^ i66. Le soldat qui veut briller dans les combats, étudie la vie militaire des braves qui l'ont précédé dans la carrière qu'il parcourt , et cherche à les imiter.
f 167. Son courage s'excite par leur courage; sa valeur, son enthousiasme se réchauffent de leur valeur, de leur enthousiasme; c'est encore là un culte de dutie.
)i^ 168. Et, bien que la guerre ne vienne point d'une véritable civilisation , bien que la société, qui en est , encore à exalter la science, la force qui consistent à savoir bien tuer les hommes selon les règles de la ^stratégie, soit une société plus près de la barbarie (jue de la civilisation , les Bayard , les Turenne , les Napoléon dans nos temps modernes , les Alexandre et les César des temps anciens, n'en sont pas moins des modèles à suivre dans l'état d'imperfection sociale.
J' 1 69. Et puis , où trouver des modèles accomplis? quoi que vous fassiez, vous ne trouverez jamais que des imperfections dans la pauvre humanité.
ji^ 170. Mais, voyez comme l'indifférence et l'apathie qui détruiraient tout bien , toute vertu dans l'homme, se réveillent aux pompes du culte ^
ji^ 171. Voyez ces populations efféminées qu'un long calme avait assoupies^ que l'exès des plaisirs avait énervées, une prière fervente à Dieu les ranime.
^ 17a. Vous faites vibrer à leurs oreilles le nom d'un héros ou d'un bienfaiteur de l'humanité; elles
vous comprenneiit et se réveillent de leur sommeil de mort!
^ 173. Votre voix est couverte d'applaudissements; on répète mille fois le nom ou les noms que vous avez fait entendre sur la place publique, dans le temple.
ji^ 174. Tout ce peuple qui dormait, vous l'avez magiquement réveillé; que dis-je? vous en avez fait, avec le culte d'un nom, un peuple nouveau.
f 175. Ce n'est déjà plus cette population indolente, paresseuse, stupide, qui ne savait pas même se donner la peine d'être heureuse.
^ 176. Ce n'est plus ce peuple apathique qui craignait tellement le travail et l'activité, qu'il aimait mieux se voir dévoré par la misère , que d'arriver à Taisance par le plus mince travail.
yli 177. Non, les exemples de grandeur, de vertu, de courage , de dévouement que vous avez montrés à ces hommes amollis par l'inaction et la volupté , ont redonné l'existence à ces-cadavres ; la vie leur est venue de la mort, et vous avez sauvé une société qui périssait faute d'aliments de l'âme.
^ 178. Vous voulez de la science dans la société, honorez la science par le culte, panthéonisez vos savans.
y 179. Vous voulez du dévouement, honorez le dévouement; ayez des statues pour les Cincinnatus, les Vincent de Paule.
5^ 180. Vous voulez du courage civique, ayez un respect religieux pour ceux donl la foi et les con-
viciions ont été invariables, qui n'ont cédé dans les circonstances difficiles, ni aux mauvais exemples, ni à la corruption.
jl/ i8i. Avec le culte , tout grandit autour de l'homme, tout s'anime, prend un corps, de l'expression , parle aux sens et à l'âme.
f 182. La mort vit dans la vie, ou plutôt il n'y a pas de mort; l'œuvre de l'homme se rapproche de l'œuvre de Dieu, et devient immortelle.
^ i83. L'homme se donne à lui-même ici-bas, sur la planète qu'il habite, un avant-goût, une idée anticipée de son immortalité et de celle de la nature entière.
5^ i84- Tout devient utile à tous. L'homme intellectuel étend, développe son intelligence; l'homme matériel règle ses sens et les satisfait.
i 1 85. L'homme se comprend lui-même tout entier. Une partie de son être n'est plus en guerre avec l'autre.
^' 186. Il connaît l'œuvre de Dieu en soi et dans la nature, et il ne s'attache plus follement à en exalter une partie au détriment de l'autre. La matière et l'esprit sont en parfaite harmonie, et il n'y a plus de guerre dans l'humanité.
^ 187. Comme le culte est fondé sur la loi de Dieu, le culte n'est point un culte dangereux ouinutile.
i' 188. On n'honore que ce qui est honorable , et on sait qu'il n'y a d'honorable que ce qui est utile.
t 189. Les mortifications du corps sont rangées
parmi les folies des cerveaux malades ; on plaint ceux qui se macèrent; on ne les honore pas.
jl/ 190. Les vertus stériles ne sont plus des vertus; chacun paie son tribut à la société, et ceux-là seuls laissent des souvenirs honorables à l'humanité, qui ont rempli »les devoirs sociaux avec zèle et dévouement.
j^ 191. Les Antoine et les Hylarion ne sont plus de grands personnages, dignes des hommes de la postérité ; ce sont d'illustres insensés.
}l/ 192. Le culte qu'on rendait à ces illustres fous qui croyaient servir dieu et honorer l'humanité, en détruisant en eux ce qu'il y avait de Dieu et de l'humanité, on le rend maintenant à ceux qui ont su glorifier Dieu dans ses œuvres en laissant à leurs facultés physiques et intellectuelles l'usage que Dieu leur avait marqué.
f 193. Ministres et peuples, tous adorent Dieu en esprit et en vérité.
f 194. Tous rendent l'honneur à qui est dû l'honneur, la gloire à qui est due la gloire.
^ 195. Le culte des idoles ne peut désormais prévaloir sur le véritable culte; l'intelligence sociale rend la superstition impossible.
)l/ 19G. Le culte grandit l'homme, en ce qu'il établit entre Dieu et l'homme, entre Thonime et son semblable, des rapports qui rattachentles anneaux de la grande chaîne des êtres, les fixent les uns aux autres en les faisant remonter à la souche, au principe de tout, qui est Dieu.
— loi —
y 197. Le culte donne l'essor aux sciences, aux arts , à Tindustrie; car tout s'anime par. le culte.
J^ 198. Rien ne meurt, même pour la planète que nous habitons ; car l'artiste donne de la couleur et du corps à tout.
j!^ 199. L'art personnifie tout, le crime pour le maudire; les bonnes actions, le bien, la vertu, pour les pant iléon iser.
^ aoo. Quand vous entrez dans les temples de la loi nouvelle, vous n'y voyez plus les statues de vierges déifiées pour avoir violé ou méprisé la loi de Dieu.
ji^ 201. L'hypocrisie et la folie n'ont plus d'autel nulle part ; le culte des madones n'est plus.
9f 202. Chaque chose maintenant s'appelle du nom qui lui est propre.
ii^ 2o3. La reproduction ou la fécondité s'appelle quelque chose, et la virginité néant.
w 204. La société n'a non plus ni autels, ni louanges, ni souvenirs pour ces hommes qui ont passé leur vie à faire la guerre à d'autres hommes.
y 2o5. Si cette guerre a eu pour but unique la destruction d'un parti par un autre parti, les noms de ceux qui l'ont faite sont marqués du sceau de la réprobation.
iî^ 206. Si c'a été une guerre d'intérêt social , la mémoire de ses auteurs est consacrée par le culte.
y 207. Rien, disais-je, ne se perd, ne s'anéantit, ne meurt pour la société, devenue plus intelligente depuisquVlIc connaît le vrai Dieu,etqu'ellp sait l'adorer.
^ 208. Rien ne se perd, même pour notre planète, pour le temps présent; car tout revit dans la pensée, dans le souvenir, et cela aux yeux du corps comme aux yeux de l'esprit.
iî^ 209. L'homme n'a plus de désespoir ; il n'est plus seul; ceux qu'il a perdus, il peut encore les voir même ici-bas , et il sait que rien ne meurt pour toujours.
yi' 210. Ses chagrins, sa douleur sont passagers; ils ne sont point mortels.
)l/ 211. Il n'honore point le cadavre d'un mort, quand il prie sur une tombe; il sait que cette cendre inanimée qu'il arrose de ses larmes doit le ranimer.
î^ 212. Et c'est cette foi qu'il a en l'avenir, qui grandit son être, qui l'exalte, qui l'élève, et qui en fait un lUibeiis, un Raphaël, un Michel-Ange!
CHAPIÏRR VII.
DE l'ÉTERNITIC VE DWV , KF DE LA C()-ÉTERJNHÉ
DES IMONDES.
^ I. Dieu est éternel et Jes mondes aussi.
^ 2. Dieu est éternel, pîirce que Dieu ne peut ni commencer ni finir.
y 3. N'y a-t-il que Dieu d'éternel?
w 4- Tout ce qui est est éternel , mais n'est pas éternel comme Dieu.
)!' 5. Tout ce qui est est éternel comme l'effet toujours subsistant d'une cause produisant toujours.
i G. Ainsi les mondes ont toujours existé et existeront toujours^ parce que les mondes étant le produit d'une cause toujours créatrice, il n'y a jamais eu un seul instant où cette cause infiniment active ait pu être sans produire.
y 7. Je suis celui qui est , dit le Seigneur, qui acte et qui sera,
^ 8. Ce qui ne veut pas dire que Dieu ait jatnais été, qu'il soit ou qu'il doive jamais être seul.
^ 9. La solitude, Tinaction ne peuvent se concevoir avec Dieu qui est le mouvement et la vie.
)l/ 10. Si Dieu n'a pu exister un seul instant sans produire, sans créer, sans organiser, que voulezvous dire quand vous parlez du commencement des mondes?
j!^ II. Comprenez-vous bien l'œuvre de Dieu qui commence?
}ll 11. Qu'est-ce qu'un dieu resté seul durant des milliards d'années , qui , un jour s'éveille et dit : faisons quelque chose de peur que l'ennui s'empare de nom,
ii^ i3. Homme , quand tu parles de Dieu , que ce ne soit pas du moins pour l'outrager on le faisant semblable à toi .
^ 14. Est-ce qu'il t'appartient de limiter ainsi l'action de Dieu ?
)î^ i5. Ne vois-tu pas que Dieu n'opère point comme toi , dans le temps ?
)1^ 16. Ce qui était hier pour lui, est aujourd'hui comme hier.
^ l'j. Impie et méchant, fourbe et menteur, inconstant et capricieux, ignorant et borné que tu es, ne blasphème point en donnant à Dieu ta pensée impie et méchante, ta volonté inconstante et mobile, ton intelligence finie et bornée.
}^ r8. Pour comprendre Dieu, pour comprendre les mondes, remonte jusqu'à Dijeu qui t'a fait toi et les mondes, et tu connaîtras Dieu , les mondes , et tu te connaîtras toi-même.
y 19. Mais pour mesurer Dieu , l(»s mondes et toi-
^ïïiéme, garde-toi de prendre pour terme des œuvres de Dieu ta petite planète; ce n'est qu'un point dans l'immensité.
W 20. Ne dis pas : C'est là toute la puissance de Dieu, toute sa science, c'est tout ce qu'il a su faire.
y 9.1. Sans doute, c'est là ce que t'a appris un pédagogue ignorant ou menteur ; mais ce n'est là qu'un iota, qu'une parcelle infiniment petite du grand tout.
S^ 92. Ne dis pas : C'est là la science de tous les âges du monde, de toutes les générations, c'était la science de mon père et de mon confesseur.
J' '2'5. C'est l'histoire de l'humanité depuis son berceau; dois-je donc répudier d'un seul mot l'ouvrage de soixante siècles ?
y af{. Et qu'importent la date et le temps, si l'œuvre des temps n'est point l'œuvre de Dieu ?
y i5. Le temps sanctifie-t-il donc ce qui est mauvais ?
y 26. Le temps emporte souvent ce que le temps a fait.
y 27. C'était le temps qui avait fait les idoles égyptiennes, et les idoles égyptiennes sont tombées.
^ 28. C'était le temps qui avait fait le dieu jaloux des Hébreux, et le dieu des Hébreux n'est plus dieu.
y 29. C'était le temps qui avait mis la foudre dans les mains de Jupiter, et Jupiter a perdu la foudre.
y 3o. C'était le temps qui avait jeté les peuples à la giuîule dévorante des vils tyrans de Rome catholi- <[ue, el c'est le temps, aujourd'hui, qui dévore de peur
ces vils tyrans qui ont si longtemps dévoré les peuples.
5^ 3i. Le temps n'est pas plus immobile que Dieu qui le donne.
j^ 32. Le temps marche comme tout le reste ; l'homme qui veut l'arrêter est entraîné par lui.
f 33. Le monde ne saurait être plus immobile que le temps.
i^ 34. Il ne faut pas dire : Les colonnes d'Hercule sont là; on ne peut passer. On passe, vous dis-je , ou oh tue la sentinelle.
ii^ 35. L'œuvre de Dieu ne connaît d'autre maître / que Dieu , et Dieu ne lui dit point : Arrête.
y/ 36. Que faites-vous donc, jouteurs du moyen âge, vieux débris de monastère, vieilles pierres lézardées des vieux temples des enfants de Babel? passez, passez le fleuve, il est encore temps; plus tard, il vous noiera.
^ 37. Ne vous obstinez pas à ramasser les vieux j haillons de vos pères; ils sont usés jusqu'à la corde.! !
^ 38. Ne les ramassez pas; la lumière de Dieu qui) [ vous éclaire les a percés à jour. | '
^ 39. Ils ne peuvent cacher davantage les turpitudes de vos dieux mensongers.
^ 4o- Déjà, pour vous être trop obstinés à leur conservation, vous avez éprouvé bien des chocs, bien des révolutions.
)i^ 4i- Le volcan que vous aviez voulu contenir a tué un grand nombre d'entre vous; ceux qui restent
sont encore couverts des nombreuses blessures que leur a faites son explosion.
y 4îi- Rangez-vous donc, imprudents qui dites : Le volcan n'éclatera plus.
y/- 43. Qu'avez-vous fait pour empêcher de nouvelles et plus terribles explosions?
y 44- Ne vous tiraillez-vous pas les uns les autres , comme auparavant?
^ 45. Qiie dis-je? mais c'est maintenant que la guerre est plus allumée parmi vous.
î^ 4^' Et celte guerre se fait entre la science et l'ignorance, entre la lumière et les ténèbres, entre ceux qui voient et ceux qui sont aveugles.
y 47- Et cette guerre se fait aussi entre ceux qui ont la lumière, mais qui la cachent, et ceux qui en ont aperçu la lueur, qui veulent la voir telle qu'elle est, et qui ne peuvent l'obtenir.
/ y 48. Vous qui l'avez, cette jdixine lumière, ne la ■ cachez plus.
y 49- Vous qui ne l'avez pas , parce que vous vous fixez trop à la terre, contemplez le ciel; Dieu vous la montrera.
Si 5o. Dès que vous l'aurez entrevue, vous voudrez encore la voir; votre cœur sera inondé de bonheur; votre intelligence sortira du cercle étroit que vous lui aviez tracé.
5^ 5i. Vous verrez d'autres cieux , une autre terre, d'autres planètes, et, peu à peu, vous aurez de Dieu ,et de tout l'idée que vous devez en avoir.
î' 5a. Vous direz avec Copernic : La 'pesanteur est
nnfi propriefé de la matière ; cette propriété est commune à la terre, à la Ituie , au soleil et aux plamtes. La pesanteur, par son aetioti, fait que les planètes s agglomèrent et tendent vers un centre commun.
9^ 53. Ce centre, quel est-il? vous le cliercherez encore parmi les objets merveilleux qui frappent vos regards clans Timmensilé.
y 54. Maintenant (pie vous êtes un enfant docile qui écoutez la voix de la nature que Dieu vous fait parler aux yeux, vous aurez toujours des yeux pour voir et des oreilles pour entendre.
^ 5.^. Vous avez fait un pas immense; mais vous êtes encore loin du but.
^ 50. Ne vous rebutez pas dans le trajet, et vous arriverez. Quelques feuillets du grand livre du monde se sont déjà ouverts pour vous.
^ 57. D'autres secrets vous seront dévoilés; l'eposez votre esprit pour qu'il ne succombe pas sous les flots de lumières; vous allez connaître d'autres prodiges.
j^ 58. Vous voilà donc sur la voûte des cicux, contemplant ce qui roule sur votre tête avec tant d'harmonie.
ji^ 59. Vous avez deviné quelque chose de cette marche suhlime des globes célestes.
j^ ()o. Mais un vide se fait encore sentir en vous. Vous n'avez point encore le nœud de l'énigme de la nature.
S' 61. Car, ce n'est pas tout que cette pesanteur <le la matière (|ue vous avez trouvée. Qui a fait la
— 1G0 — matière , qui lui a donné la propriété que vous venez (le découvrir?
X 6i. Qui â donné celte même propriété à notre planète, à la lune?
y 63. Qui a fait que ces globes que nous voyons dans l'espace tendissent, par leur pesanteur même, à s'arrondir et à se rapprocher autour d'un centre commun ?
y 04. Questions ardues, profondes, presqu'inintelligibles au prime-abord , et dont il faut pourtant trouver la solution, sous peine de n'avoir ici-bas , au lieu de la vie, qu'une existence de brutes.
5^ 65. Sous peine d'errer dans la vie comme dans un labyrinthe sans issue.
y 66. J'aperçois de nouvelles lueurs; ces lueurs deviennent de plus en pkis saillantes; j'approche, et j'ai vu une lumière qui jette plus de clarté.
ji' 67. Peut-être vais-je résoudre les questions que je me suis faites.
i 68. Si la solution n'est pas satisfaisante, je chercherai encore; car Dieu m'a donné l'éternité et l'infini pour chercher.
y 69. Je sais maintenant ce qui attire ces globes et les repousse.
j^ 70. Je sais pourquoi il n'y a point de heurte-ment, de choc, de confusion, de destruction dans leur marche.
f 7 r. Je ne comprenais pas parce que je ne voyais pas la cause motrice et créatrice de tout ceci ; voici venir une nouvelle lumière.
5^ 7^- «l'^î trouvé le centre vers lequel se mefavent ces globes qui roulent dans l'espace.
^ 73. L'astre qui fait succéder le jour k la nuit, la lumière aux ténèbres, la vie à la mort dans toute la nature , voilà la cause motrice que j'ignorais. ^.
5^ 74. Cette cause motrice, vivifiante. Dieu me l'a révélée aussi par un homme.
}li 75. Kepler a vu comment les globes célestes, attirés et repoussés, se meuvent, s'agitent sans cesse autour du Dieu viable de la nature.
5^ 76. Il a vu comment, après avoir suivi une marche qui semble vagabonde et anarchique, ils revenaient de leurs courses séculaires au même point d'où ils étaient partis, sans le moindre heurtement, sans le plus mince désordre.
^ 77. Ainsi donc, les globes célestes se meuvent, s'agitent autour du soleil.
5^ 78. Ainsi donc, le soleil les attire et les repousse, puisqu'ils s'approchent, puis se retirent pour revenir toujours au point de départ.
^ 79. Mais encore une fois, comment cela se fait-il?
5^ 80. Je suis loin encore d'avoir le pourquoi et le comment de tout ceci.
5^ 8i. Marche, marche, me dit une voix céleste, et tu arriveras au dénoûment.
^ 82. La voix céleste ne m'a point trompé; encore un coin du voile qui vient de se déchirer.
^ 83. Je connais maintenant la force qui attire tout vers un centre commun,, et la force qui repousse
- 16-2 ~ tout de manière à ce que rien ne se heurte et ne se brise.
i 84. Je connais aussi la loi de la chute des corps.
S^ 8i5. Hooke m'a révélé la première de ces merveilles, la force, que j'appellerai centri-attractive.
^ 86. Huygens m'a montré la deuxième, qui se nomme force centrifuge.
Jr 87. Et enfin Galilée m'a appris la loi delà chute des corps.
^88. Que de prodiges le Seigneur m'a fait connaître 1
^ 89. Comment ne marcherais-je pas maintenant avec, une nouvelle ardeur dans la carrière que j'ai déjà parcourue avec tant de succès ?
^ 90. La promesse du Très-Haut n'a point été une vaine promesse.
Jr 91. Des flots de lumière m'arrivent de toutes parts.
j^ 9a. Un homme plus grand que les autres a, pour ainsi dire, pris la lumière aux cieux.
^ 93. Dieu l'a illuminé d'un rayon de sa divine clarté; il lui a communiqué quelque chose de sa puissance et de sa science infinie.
^ 94. Cet enfant de Dieu , cet enfant de prédilection a mérité la protection divine; une pensée de Dieu lui est échue comme à un enfant privilégié.
^ 95. Cette pensée est une pensée capitale, régénératrice , qui doit renverser de fond en comble toutes les vieilles erreurs à la faveur desquelles on avait si longtemps exploité l'humanité. *
^ 96. Newton a détrôné à tout jamais les croyances superstitieuses; il ne doit plus y avoir maintenant de foi aveugle.
5^ 97. Croire, en matière religieuse, ne signifie plus donner son assentiment à des dogmes inintelligibles.
f 98. Le voile impénétrable du sanctuaire est déchiré. La vérité n'a plus de nuages , elle se montre nue à l'homme.
ylf 99. Les prédicateurs qui n'aiment qu'à prêcher dans les ténèbres et l'obscurité ne sont plus écoutés.
^ 100. Dieu s'est montré à la terre. Il a dit aux peuples et aux prêtres qui il était, lui, et ce qu'ils étaient , eux, peuples et prêtres.
i!^ loi. La véritable action de Dieu sur la créature est connue.
9f 102. Cette action ne change point, ne se modifie point selon les temps, les circonstances et les pays, comme on le disait.
^ io3. Les lois de l'homme l'avaient tronquée, cette action, l'avaient morcelée, dénaturée, anéantie , pour ainsi dire.
4104. La véritable science vient de tout rétablir, io5. L'œuvre de Dieu n'a point commencé comme l'œuvre de l'homme.
f 106. Ni Dieu ni ses œuvres ne commencent; ni Dieu ni ses œuvres ne finissent.
^ 107. La fin et le commencement, tout cela, c'est de l'homme , et de l'homme qui n'a pas la vraie lumière, la véritable science.
^ 108. Le commencement et la fin, c'est le prêtre
ignorant ou de mauvaise foi, qui les a faits pour effrayer rhomme, lui faire payer son entrée dans la vie et le rançonner jusque dans la tombe!
^ 109. Ne crains plus, ô homme, ta destruction. Efieu ne t'a pas fait pour t'anéantir.
î^ 1 10. Si tu es coupable, crains seulement le passage de cette vie à une autre vie où il devra y avoir une expiation pour toi, mais ne désespère jamais.
f III. Celte expiation, quelque sévère qu'elle puisse être, ne doit être que temporaire , et proportionnée à tes délits.
5^ 1 12. Dieu, tôt ou tard, doit te rendre au bonheur.
ji^ 1 13. Ces corps immenses que Dieu a semés dans l'espace, Dieu ne les détruit pas.
^ 1 14. Ces corps ont une marche régulière, et ils viennent toujours aboutir à un point marqué par Dieu.
j^ ii5. Leurs révolutions, ou plutôt leur marche dans l'immensité ne les altère point , ne les use point.
^116. Ils sont, après des siècles, ce qu'ils étaient il y a des siècles. ^
i^ 1 1 7. Or, les lois de ton Dieu sont les mêmes pOTir tous, et dans leur application , et dans leurs effets.
^ 118. Si ces lois ne sont pas destructives des grands corps suspendus dans l'espace, elles ne le sont pas davantage des petits corps.
^ 119. Si le tout, le grand tout ne périt point, pourquoi donc les parties de ce grand tout périraient-
elle*?
ji" I20. Tout se compose de tout; les parcelles doivent rester si les grands corps auxquels elles appartiennent ne doivent point périr.
j!^ 121 . Ne venez donc plus nous dire : le monde a péri par l'eau une fois; il doit être détruit par le feu plus tard.
^ 122. Ne dites point cela, vous mentiriez. Dieu ne détruit pas ses œuvres , pas plus qu'il ne se détruit lui-même.
j!^ 12 3. Pour que Dieu détruisît ce qu'il a fait, il faudrait que Dieu eût mal fait ce qu'il a fait, et Dieu ne peut mal faire
^ 124. Ecoutez, dit le Seigneur, par son véritable prophète : tout gravite vers son tout,
^ 125. Ce tout qui est moi, doit toujours être, est toujours et a toujours été.
j!^ 126. Ce n'est donc ni hier, ni aujourd'hui seulement et demain qu'a été, qu'est et que sera cette gravitation universelle.
jlf 127. Elle n'a pas eu plus de commg|cement et n'aura pas plus de fin que moi.
^ 128. Mon prophète Newton a pesé votre planète, il a pesé la lune, le soleil ; il a pesé les planètes , et mesuré la force qui les maintient dans leurs orbites;i il a dit les harmonies qui les balanç^n^ dans les
ii^ 129. Il a fait tout cela comme je luHmlis con^ mandé , et il a trouvé la vérité qu'il cherchail qu'il la cherchait pour la trouver.
it^oarce
j)^ i3o. Par moi y il lui a été donné de connaître mon soleil qui vous réchauffe et vous éclaire.
^ i3i. Je lui en ai fait connaître le poids et la mesure.
i i32. Je lui ai dit comment cet astre , par son poids j sa force et sa grandeur , soutenait tous les mondes.
}lf i33. Toutes ces merveilles , je les lui ai dévoilées parce qu'il n'avait point corrompu son cœur.
^ 1 34. Parce qu'il était probe de la véritable probité, juste de la véritable justice.
^ 1 35. Ces merveilles, je les lui ai dévoilées parce qu'il ne devait pas, je le savais, les cacher au peuple, comme ces philosophes impies et hypocrites que vous avez au milieu de vous, mes enfants.
^ i36. Ils vous trompent, ces derniers. Méchants comme vos prêtres , menteurs comme eux , ils vous tiennent la lumière sous le boisseau.
^ iSy. Traîtres qu'ils sont à l'humanité, ils ne se servent des lumières qu'ils ont acquises que pour enchaîner 1# peuples et les abrutir.
5^ i38. Ils connaissent mes lois, ils savent qu'elles ne changent point selon les caprices de l'homme, et ils ne rougissent pas de laisser croire aux ignorants qu'un misérable qui a l'impudeur de se dire inspiré par nipi, aJM|>uvoir de faire des miracles.
^ i39.^^HBis-je? ces hommes sans dieu, sans c^scien^^ont formé au milieu de vous une épouvan ta]|j^ conspiration.
Ils se sont réunis dans des synagogues de
pestilence , et ils ont dit : Nous sommes philosophes et vous êtes prêtres , eh bien I entendons^-nûtis pour tromper le monde.
ii^ i4i* Allons, allons, à l'œuvre tous. Nouveaux bénédictins , nouveaux moines du dix-neuvième siècle j nous avons la lumière , gardons-la pour nous.
S^ 142. Que quiconque voudra dire la vérité aux nations soit empoisonné, ou attaché à la croix, ou jeté aux bûchers!
5^ 143. Que son corps soit traîné et livré au peuple avec mépris , afin que le peuple le dépèce dans sa fureur et en jette les parcelles au vent!
ji^ i44- Depuis quelques siècles, Dieu semble avoir jeté un regard de compassion sur les peuples.
^ 145. Ils sortent de l'état d'esclavage où les avait tenus si longtemps la vieille foi religieuse.
^ 146. Les cieux ont déchiré le voile qui les cachait aux ignorants , grâce à l'indiscrétion philanthropique des Galilée , des Kepler et des Ne>y ton.
^ 147. Le Dieu qu'adoraient nos pères n'est plus regardé maintenant que comme le Dieu des imbéciles et des fripons. • '
ji^ 1 48. Ses autels sont abandonnés, ses temples détruits , ses ministres conspués. ! ' ^
^ 149. Nous-mêmes, nous-mêmes, ô maladresse inconcevable ! nous avons contribué , par nos ensei«gnements et nos actes , à toutes ces calahiilésf qjffi noUs désolent maintenant.
^ i5o. Et déjà 'nous recueillons ce que nous
avons semé. Nous avons perdu ce droit divin qui avait £siit la fortune de nos aïeux.
y i5i. Ce droit, il faut le reprendre à tout prix. Mentons y puisqu'il faut mentir, et que nos vieilles divinités viennent à notre aide.
3^ i5a. Ressuscitons la vieille astrologie, et lançons au nom de uolre Dieu Fanathème contre les modernes Galilées, en attendant qu'il nous soit donné de les attacher au poteau et de les faire brûler.
i* i53. Périsse la science astronomique qui a éclairé le monde, et vive la thaumaturgie qui détrône Dieu et gouverne le monde à sa place 1
X i54. Nous savons bien que les morts ne ressuscitent point ici-bas à la voix d*un homme; que la planète qu'ils ont quittée n'est point celle où ils doivent jouir immédiatement d'une nouvelle vie.
S 1 55. Car, nous savons que tout s'enchaine si bien dans les lois du véritable Dieu, qu'un iota de ces lois ne peut être changé sans que, parla même, la grande machine des mondes soit bouleversée.
T 1 56. Qu'importe?^ disons que nous disposons, quelquefois du moins , de la volonté de Dieu ; qu'il obéit à notre voix, et que son soleil même, ^î mr mttrtke pmSy s'arrête à notre commandement.
r 1 57. Et lorsque les enfants du peuple auront cm cela, ils le diront à leurs parents , et leurs parents le crmront.
T i58. Et s^ils ne le croient pas, nous les menacerons ;el:, si nos menace s n^opèrent nen , nous les prhmutts de nos ensei^Euements d'aborJ.
^ iSg. S'ils s'opiniâtrent, nous leur ôteron^ nos faveurs, les épouvanterons de la colère céleste, et leur ferons craindre dans l'avenir la perte même de leurs biens temporels.
^ i6o. Et lorsque l'ignorance, l'abrutissement du fanatisme des peuples auront succédé à l'indifférence et à la lâcheté des hommes du jour, nous rétablirons les saints tribunaux, les saints bûchers de la sainte inquisition.
ji^ i6x. C'est alors qu'il y aura des pleurs et des grincements de dents; c'est alors que nous nous réjouirons avec un père, des temps anciens, rfe voir tant de philosophes, de comédiens, d'impies brûler ici-bas de par nous, en attendant qu'ils brûlent de par notre Dieu , dans l'éternité.
j!^ i6a. Admirable conspiration que la nôtre, disent les impies du jour, les ennemis de Dieu et des hommes, qui nous livrera le monde pieds et mains liés!
ji^ i63. Pensée riche et féconde , qui va nous engraisser de la misère publique!
j!^ i64- A nous donc la terre et ses habitants! à nous aussi le Dieu qui commande à la terre, car ce Dieu ne commande que par nous !
^ i65. Et qui le croirait ! ce discours impie n'a point révolté la terre!
j!^ i66. Ses habitants étaient si corrompus , et leur corruption les avait tellement avilis , que quelques cris à peine se sont élevés pour flétrir tant d'audace !
i 167. Et les impies qui avaient conspiré, voyant
quils n'avaient affedre qu'à uoe société de cadavres , •e sont dit : La victoire est à nous.
y i68. Étouffons ces quelques voix qui restent, et puis nous ferons ce qui nous plaira.
5^ 169. Et parce qu'ils n'entendent plus l'anathème gronder sur leurs têtes, ces impies se croient en parfaite sécurité.
y 170. Et ils se disent : Nous sommes bien ; tout dort autour de nous.
iî^ 1 7 1 . Nos enseignements nous ont donné la puissance de Dieu même ; le monde est à nous; nul n'y peut rien; Dieu, tout puissant qu'il est, n'ose nous en disputer la possession.
5^ 172. Je dois, mes enfants, souffrir ces blasphèmes pour punir vos iniquités à tous, dit le Seigneur.
5^ 173. Car tous vous avez été coupables, à l'exception pourtant de mes prophètes qui vous ont annoncé tant de fois la destruction de Babylone prostituée.
^ 1 74. Mais vous n'avez point écouté leur voix. Vous les avez même persécutés.
5^ 175. Vous n'avez aimé et glorifié que ceux qui se riaient de vos malheurs , qui entretenaient votre misère et vous empoisonnaient par de fausses doc^ trines.
iir 1 76. Vous les avez entendus mille fois ces hommes selon mon cœur, crier dans les rues, sur les places publiques : malheur, malheur à Jérusalem !
^ ï'j'j. Et vous avez passé sans détourner la tête.
Et parce que ceux qui criaient n'étaient point vêtus de pourpre, vous les avez dédaignés !
5^ 178. Eh bien! c'est moi qui vous ai aveuglés ainsi pour vous punir de vos rapines.
j^ 179. Et il fallait bien que celui-là seul qui donne la lumière et le sens, vous eût ôté tout sens et toute lumière.
^ 180. Comment, sans un tel prodige, expliquer l'aveuglement dans lequel vous êtes tombés depuis que ma justice s'est appesantie sur vous?
iî^ 181. Voyez quelle logique est la vôtre! Ce sont mes prophètes que vous repoussez d'au milieu de vous, que vous tuez.
^ 182. Et mes prophètes, que vous ont-ils fait ? se sont-ils engraissés de vos sueurs? vous ont-ils dépouillés ?
f i83. Ont-ils amené en captivité vos femmes et vos filles?
^ 184. Non, non, mille fois non. Ils sont morts pauvres ; vous en convenez !
5^1 85. Pourquoi donc alors les avoir égorgés? Ceux qui ne possèdent rien n'ont rien dérobé, sans doute.
}l^ 186. Et ceux qui possèdent, qui ont légitimement acquis et qui soutiennent ceux qui ne possèdent pas , doivent-ils donc être dépouillés ?
^ 187. Voilà cependant les victimes que vous immolez dans votre colère !
jl^ 188. Et tout cela, je permets que vous le fassiez, parce que vos crimes sont venus jusqu'à moi.
i Ï89. Et que les justes, s'il en est encore |>armi
— ITi —
vous, ne soient point ébranlés; qu'ils ne se scandalisent point de la manière dont jVxerce ma justice.
T 190. Qu'ils n'enrient point yos voluptés, vos joies, vos plaisirs, vos débauches.
jr 191. Qu'ils ne s'écrient pas dans lé découragement et la douleur : Dieu n*est pas juste de permettre le triomphe des impies.
T 19a. Tout n'est pas joie pour le méchant, ou plutôt, rien qui soit pour lui la véritable paix du coeur.
y 193. Ma justice est là qui entr^'tient dans son cœur le ver rongeur qui le déchire >ans cesse.
y 194- Elle s'attache à ses pas, le poursuit partout, et quand sa bouche dit: Je suis heureux, saconscience lui dit : Tu mens.
f 195. Il grimace le bonheur, moi je lui défends d'être heureux.
T 196. Et puis, vous qui soufifrez de l'iniquité des hommes, consolez-vous.
y 197. ^Taî-je pas Tétemité pour rendre àchacim selon ses oeuvres?
y 198. Ne murmurez pas, car je saurai vous venger.
y 199. Vous qui savez que rien ne finit; vous qui savez que je n*ai rien fadt pour le temps, ne vous désespérez pas.
y 200. Ceux qui vous humilient de leurs dédains, qui vous édabou^âent de leur boue, je les rendrai Êdbles comme des roseaux.
T SOI. Après ce pèlerinage que vous &ites sur votre planète, vous arriverez tous à une vie meil-
leiire pour les justes et terrible pour les méchants.
^ 202. Rien ne sera perdu des bonnes et des mauvaises actions. Moi qui ai compté les grains de sable des vastes mers, moi qui connais le nombre de vos cheveux, je connais aussi le nombre de vos pensées, de vos désirs, et ce que vous faites, je ne l'oublie pas.
5' 2o3. Ne sentez-vous pas que maintenant même je combats avec vous contre vos ennemis?
j!^ ao4. N est-ce pas moi qui vous donne cette assurance que vous avez , ce calme qui étonne lés mondains, ce courage qui se rit de leurs sarcasmes?
}l/ 2o5. Voyez les hypocrites qui vous entourent , ont-ils, comme vous, la tête haute et digne?
^ ao6. Vous regardent-ils comme vous les regardez? osent-ils vous fixer comme vous les fixez vousmêmes?
^ 207. Votre regard ne tue-t-il pas leur regard? votre œil ne semble- t-il pas asphyxier le leur ?
^ 208. Qui donc vous a donné cette puissance? moi , mes enfants; car ma justice s'exerce par votre justice , même d'ici-bas.
^ 209. N'enviez donc plus le sort du méchant; il est plus malheureux que vous. C'est à lui d'envier votre bonheur.
5^ 210. S'il peut faire souffrir votre corps; s'il a le pouvoir de vous dépouiller, quand il est le plus fort, vous, vous pouvez toujours, d'un seul de vos regards, lui arracher la paix du cœur.
5^ 211. Son œil est morne et tremblant comme le
crime; le vôtre est calme et assuré comme la vertu.
ji^ 212. Le vôtre plonge dans les deux sans Crainte; moi qui suis votre père, je me plais à vous attirer a moi, parce que vous êtes justes et que j'aime la justice.
^ 2i3. Mais le méchant, en con tem plant les cieux, craint de rencontrer mon regard ; je veux qu'il ne fixe que la terre.
5!^ai4- Voyez ces faux moralistes du jour, ces scribes, ces pharisiens du siècle, qui empoisonnent vos enfants et vos femmes par leurs détestables doctrines; voyez, vous dis-je, s'ils ont le regard franc et dégagé comme l'honnête homme.
ii^ ai5. Ils savent bien qu'ils mentent; que Dieu les voit, et que ce qu'il y a d'honnêtes gens dans le monde, d'hommes vertueux, les condamne.
jî^ 216. Leur regard est faux comme leur parole; avant de vous parler et de vous débiter leurs mille mensonges, ils semblent s'accuser eux-mêmes et vous dire qu'ils vont vous tromper.
^ 217. Il est vrai qu'on serait tenté de croire que vous ne valez guère mieux que ces hommes hypocrites; car, bien que vous les connaissiez pour ce qu'ils sont, vous n'en avez pas moins la faiblesse ou la barbarie de leur livrer l'avenir de ce que vous avez de plus cher au monde.
j!^ 218. Mais que vous soyez faible ou méchant, c'est ici un hommage que vous rendez à la vertu par la défiance et le dégoût que vous montrez, dans vos paroles du moins, pour ces hommes à double face.
ji^ ai9* Et ce témoignage éclatant par lequel vous flétrissez l'hypocrisie, c'est Dieu qui vous pousse à le rendre; c'est sa justice qui poursuit l'iniquité par vous.
ii^ 220. Il veut qu'il n'y ait pas de paix pour l'impie; il veut que le mensonge soit flétri partout , et par ceux même qui ne sont pas entièrement véridiques.
^ 111, Or, de bonne foi, croyez-vous maintenant que Dieu soit injuste, partial, qu'il ne donne pas à chacun selon ses œuvres ?
^ aaa. GroyeSi-vous que cet homme dont le métier est d'enseigner chaque jour ce dont il ne croit pas un seul mot, ne soit pas dansun état de tremblement et de terreur continuels?
^ aa3. Ne voyez-vous donc pas qu'il n'a le libre usage d'aucun de ses membres; que son hypocrisie le tient comme dans un étau ?
j^ aa4- Ne voyez-vous pas que le sol même qu'il foule ne lui présente aucune solidité?
^ aaS. Il lui paraît que le peuple qu'il a trompé le poursuit et va le détruire en le faisant rentrer dans la terre.
^ 2126. S'il voit des rassemblements sur les places publiques, dans le bourg, dans la cité, il se dit : C'est de moi qu'on parle sans doute, et on me maudit.
^ ^'^'j. Vous passez, vous qui êtes honnête, qui n'avez trompé personne; mais ce moraliste qui a trompé tout le monde s'arrête en tremblant , se retourne, et va se cacher en fuyant la lumière comme un voleur..
5^ 228. Et vous qui avez adoré Dieu comme il veut qu'on l'adore; vous qui n*avez point voulu détruire l'œuvre de Dieu en attaquant ses lois, vous traversez la foule, calme et tranquille.
f 229. Car la fouie vous bénit parce que vous êtes vrai dans vos paroles et votre conduite; parce que vous êtes justes de la justice de Dieu, bon de sa bonté, miséricordieux de sa miséricorde.
jjr 23o. Le méchant donc expie bien dès ici-bas ses crimes.
jî^ 23i. Mais je sais que cette expiation ne suffirait pas pour la justice de Dieu et la satisfaction du
juste.
^ 232. Je veux dire seulement que Dieu a établi, même pour cette vie, une juste compensation en tout, tant dans les lois physiques du monde que dans les lois morales.
^ 233. Si cette compensation semble ne pas exister entre le juste qui garde toute sa conscience, et l'homme pervers qui finit par 1 étouffer à force de crimes, je dis que cet équilibre sera rétabli après cette vie, dans un autre monde.
^ 234- L'homme est et doit être éternel comme les mondes. 11 y a nécessairement co-éternité de tout à tout, ou, si l'on veut, de tout au grand tout.
^ 235. Or, le grand tout, c'est Dieu; Newton, qui a complété la science humaine, en montrant au monde ce que le monde peut avoir de la science divine, nous a fait voir le grand être au milieu et audessus des millions de mondes qu'il a découverts.
i 236. Il avait vu d'abord que le soleil qui nous réchauffe nous, habitants de la terre, réchauffait aussi tout ce qui lui sert de satellite.
iî^ 237. Mais, ce soleil, qui lui donne ce qu'il nous donne à nous-mêmes ?
f 238. Il fallait résoudre celé question. Cet homme de Dieu qui ne croyait pas, comme nos demi-sages, qu'il fût indigne d'un grand homme de chercher une cause à tout, afin d'arriver ainsi, de chaînon en chaînon, d'anneau en anneau, à la cause qui tient tout, qui produit tout, qui règle tout, cet homme de Dieu a vu d'autres soleils éclairant d'autres moufles.
i 239. Donc, a-t-il dit, le soleil n'est pas le principe et la vie unique de tout ; donc il n'est que l'effet d'une cause. Cette cause suprême, éternelle, infinie, le grand homme l'a vue trônant sur les mondes.
f 240. Eh bien! cette cause est ce qui fait que tout marche , tout gravite, tout se tient , tout vit, et que rien ne se perd.
S^ 241. Mon corps doit revivre comme mon âme; ou plutôt, ni mon corps ni mon âme ne quittent la vie universelle.
f 242. Ils restent au grand tout comme le grand tout reste à chaque chose.
j^ 243. Quand je meurs , mon état change dans l'immensité que j'habite, mais je ne suis point perdu pour l'immensité.
^ 244- Dieu me garde comme il garde toutes choses; seulement, je perds le souvenir de ce que j'ai
été j si je n'ai pas suivi la loi de Dieu. L'ordre et la justice le veulent ainsi.
j^ â4S* Mais 9 ce que je perds, je ne le perds pas pour toujours, puisque, en somme, rien ne se perd.
j^ 2 46. Mais, comme l'incertitude de ce qu'on a été et de ce qu'on doit être est un état cruel , c est là la peine de quiconque a méconnu l'ordre et la justice .de Dieu.
f 247. C'est ainsi que les enfants de la terre, ayant méconnu l'ordre et la loi de nature pour suivre les lois et l'ordre que , dans leur orgueil , ils se sont faits à eux-mêmes , Dieu, pour les punir, a fait qu'ils sont tombés dans l'état extra-normal qui fait leur malheur sur cette terre qu'ils habitent maintenant.
f 248. Cet état doit changer pour ceux qui, ayant été bons ici-bas, ont effacé, par le bien qu'ils ont fait, la tache dont ils avaient été souillés par la violation de la loi de Dieu.
iî^ 249. Ceux-là seront élus après cette vie; ils rentrenmt dans une terre nouvelle , dans le jardin d'Eden , d'où ils avaient été chassés par leur désobéissance.
^ aSo. Ceux qui auront continué à être mauvais et à pratiquer Tiniquité sur* cette planète, qui avait été une terre d'exil pour tous ceux qui l'habitaient, parce que, tous avaient failU, ceux-là continueront leur vie errante, malheureuse et vagabonde sur d'autres terres d'expiation.
5^ aSi. Et ceux qui seront purifiés et qui seront redevenus justes , reprendront le souvenir qu'ils avaient perdu , la lumière que Dieu leur avait ôtée.
f 202. ,Et un© partie de la terre sera réconciliée avec le ciel.
f 'j53. Et il y aura les élus qui verront latérite, la justice, l'équité y et qui seront inondés^de torrents de joie et de lumières, et les méchants condamnés à errer dans les douleurs et les angoisses , jusqu'àf^ qu'ils se soient rendus dignes d'une.vie meilleure.
^ 254. Et cela sera ainsi parce que Dieu le veut.
^ ^55, Et Dieu le veut ainsi, parce que c'est l'ordre, c'est la justice.
f 2 56. Et parce que ce qui est la justice et l'ordre est la vérité, et que le règne de la vérité doit venir tôt ou tard.
i 257. Et parce que l'iniquité doit périr^ et la justice triompher, et que Dieu , qui est bon^ juste^ console toujours ceux qui sont dans la peine, et venge^ dans l'éternité, les justes des persécutions des méchants.
^ 268. Voilà , mes enfants , la science que vous devez avoir, dit le Seigneur; et; si vous ne l'avez pas^ vous périrez tous de la même manière.
f 259. Car, vous ne pouvez pas plus vivre sans cette science, qui est éminemment organisatrice, que le monde physique ne. pourrait marcher sans se briser, si les éléments, qui sont sa vie , ne suivaient rigoureusement la marche que je leur ai tracée.
f 260. Et quiconque ne suit pas^ma loi que voici.
ne peut ni gouverner les autres ni se gouverner luimême.
f â6i. Et les chefs des nations , qui ont une autre science , d'autres lois que ma science et mes lois, ne connaissent et ne peuvent connaître l'économie sociale.
jr a6'jt. Et les nations qui ignorent tout cela ne sont que des cadavres qui se laissent faire sans mot dire.
i q63. Et ces nations n'ont point le sentiment de la vie.
y 264* Et il ne saurait y avoir de bonheur pour elles.
i^ a65. Et elles ne sont pas gouvernées, parce qu'elles ne sont pas^'gouvemables ; et elles sont exploitées, parce qu'elles ne sont qu'exploitables.
^ a66. Et il n'y a point de pères ni d'enfants parmi ces nations; il y a des misérables qui meurent de fisiim , et des hommes sans entrailles qur se nourrissent de la détresse publique.
j^ 267. Et en réalité , il n'y a dans tout ceci que des malheureux qui souffrent; car il n'y a que des hommes qui menacent et des hommes qui sont menacés, des hommes qui font peur et des hommes qui ont peur.
j^ q68. Allons donc, mes enfants, quittez tout ce qui vous a perdus jusqu'ici; vous ne pouvez arriver jusqu'à moi avec vos coutumes, vos usages, vos mœurs.
i^ 2169. Ne £siites donc plus de ridicules e£forts
pour conserver les vieilleries que vous avez le malheur d'aimer encore.
iî^ 270. Ne vous efforcez plus, comme vous le faites , de marier l'erreur à la vérité.
9^ 271. Ne devez-vous pas me suivre, m'imiter dans ce que je fais? eh bien I je suis toute vérité , et je ne suis pas moitié erreur et moitié vérité.
^272. Vous ne me voyez donc pas, dans le gouvernement des mondes , prendre des voies opposées et diverses, former des plans qui se détruisent, ou agir par des demi-mesures.
f 273. Ma marche est une, parce que mon but est un, le bonheur de tous.
f 274. Et vous, vos plans, vos projets, vos lois , diffèrent , parce que vous ne connaissez point Tunité vers laquelle pourtant il faudra bien que tôt ou tard vous arriviez tous.
il^ 275. Car l'unité est le point culminant de toutes choses; car l'unité est le principe et la fin de tout, le tenant et l'aboutissant du présent , du passé et de l'avenir.
^ 276. Si les astres et la terre cessaient de graviter vers leur centre qui est moi, les astres et la terre périraient.
f 277. Et vous, vous devez périr, si vous ne gravitez bientôt vers moi.
iî^ 278. Si , encore une fois, vous ne dépouillez des pieds à la tête cet habit d'arlequin que vous portez , je vous l'arracherai , moi.
ji^ 279. Mais ce ne sera pas sans déchirement. Vous
périrez', vous , dans l'ébranlement ; car je vous aurai condamnés à périr.
jlf 280. Et vous ne renaîtrez ique pour une autre vie de misères et d'ignominie.
j!^ 281. Et ici-bas, avant de périr, vous verrez vos vieilles idoles renversées, et la charrue passer dans les lieux où vous les adoriez.
i ^Sn. Car j'ai condamné Sodome; ceux qui l'habitent doivent être exterminés ; leurs iniquités ont comblé la mesure.
^ 283. Sortez de Sodome, vous qui êtes justes, et hâtez-vous; et ne portez plus vos regards vers cette cité maudite dès que vous en serez sortis ; car il doit s'en exhaler une odeur pestilentielle qui vous étoufferait.
CHAPITRK VIII.