‹ Le Codex Troano et l'écriture hieratique de l'Amérique centraleChapitre 2 sur 3 · Akbal · texte numérisé non relu

Akbal

Le manuscrit Troano, dans lequel on rencontre tous ces signes, ne les reproduit pas toujours d’une manière identique. J’ai donné, dans mon Essai sur le déchiffrement de l’écriture katounique, d’assez nombreuses variantes de ces signes dont je suis parvenu à établir la valeur d’une manière incontestable.

Au début de mes tentatives d’interprétation des textes hiératiques de l’Amérique Centrale, je 'me suis demandé ce que ces signes de jours, si sou-

Le Codex Troano et l'Ecriture Hiératique. 41 vent répétés dans tous les manuscrits connus pouvaient exprimer, et notamment s’il se reproduisaient dans un ordre quelconque de nature à fournir des données chronologiques. Je n’ai pas tardé à reconnaître qu’un tel ordre existait et pouvait être déterminé presque partout d’une manière régulière et mathématique. En elfet, les jours notés dans le Codex Troano, par exemple, y sont le plus souvent reproduits par série de 5, espacés les uns des autres de 5 en 5, de 6 en 6, de 12 en 12, ou de 16 en 16. Une fois cet ordre reconnu, il m’a été facile de restituer une foule de signes effacés en partie ou même en totalité, et de me former un exemplaire du manuscrit hiératique en question, dans lequel les lacunes sont à peu près insignifiantes en ce qui touche aux séries des caractères relatifs au calendrier. On pourra juger de ces restitutions par celles que nous avons indiquées sur la planche jointe à cet article (i).

Les personnes qui voudraient appliquer cette méthode à l’étude des textes hiératiques du Yucatan ne tarderont pas à reconnaître le parti qu’il est possible d’en tirer; mais ils trouveront aussi que, dans certains endroits, l’ordre régulier, qui simplifie si singulièrement l’œuvre du déchiffrement, paraît altéré. Ainsi , page 35 , compartiment 3 (2), nous voyons une colonne de 5 signes.

(1) Voy. Planche XII-XIII.

(2) Voy. Planche XIV.

Revue Orientale et Américaine .

dont deux sont à peu près complètement effacés ; mais à en juger par les derniers dont la netteté est parfaite, nous serions tenté de croire qu’il y a là

des jours espacés de 4 en 4. ( le 2^ jour; v o

^ chicchan est

muluc le 6e : intervalle 4): L’examen des autres signes de la colonne nous révèle bientôt une irrégularité ou une exception. Le

second signe est très-distinct : c’est © ben,

10= jour; le troisième, en partie effacé, laisse cependant apparaître des traces incontestables du

signe , 14e jour, lequel nous fournit

également l’intervalle de quatre jours constaté tout à l’heure; mais entre le 14e jour et le 2® jour qui vient ensuite, il y a un intervalle de huit jours, le nombre des jours yucatèques étant de 20 {20 — 14 + 2 = 8). Voilà donc une irrégularité dont les paléographes doivent chercher l’explication. Cette irrégularité n’est pas la seule, et nous en trouvons une autre d’une importance bien autrement considérable à nos yeux, dans les feuillets 23, 22, 21 et 20 du Codex Troano.

Cet exemple suffira pour donner une idée du genre de difficultés que nous sommes appelés à lever le plus tôt possible dans le champ du déchiffrement de l’écriture hiératique de l’Amérique Centrale. Une certaine somme de devination est nécessaire pour obtenir quelque succès dans un pareil ordre de recherches. Il est donc fort à sou-

Awue O'âeM.VoJit eA, ÛLmèiicawiC/.

Page 1