‹ Le cœur a ses raisonsChapitre 5 sur 12 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

LUCIEN, La Femme de Ghambrî6, puis FRANÇOISE.

LA FEMME DE CHAMBRE, ouvrant la porte»

Voilà madame.

FRANÇOISE, du dehors.

Je suis à vous tout de suite... Excusez-moi tous ^s deux.

LUCIEN

Moi, je veux bien. Mais Jacques s'y refuse. Il est turieuxl... N'est-ce pas, Jacques, que tu es furieux f

FRÂ.NÇOISE, de mèm».

Qu'est-ce que vous dites?...

LUCIEN

Il OBt furieux !

FRANÇOISE^ apparaissant.

Comment I vous êtes seul?... Et Artenay?..,

LUCIEN

Il est parti.

FRANÇOISB.

Sans rien dire?

LUCIEN

Non. Après avoir dit quelque chose.

FRANÇOISE

Quoi?

LUCIEN^ sans lui répondre.

Tiensl comme vous êtes jolie, aujourd'hui.

FRANÇOISE

Oui. J'ai l'intention de sortir ce soir. Je m'entiuie.

LUCIEN

Ça vous va joliment bien!... Ce n'est pas tout ça... le temps me presse, car j'ai à six heures un rendezvous...

FRANÇOISE

Sérieux?

LUCIEN

Enfin... auquel il ne serait pas gentil de manquer. (Regardant l'heure.) Diable! six heures moins le quart. dt ma montre retarde, (solennel.) Ma chère Françoise, l'ai mission d'avoir avec vous un entretien diploma- Uque, d'y déployer une adresse retorse et une subtilité pénétrante. Je dois surtout ne rien vous laisser voir 'lu but réel de ma démarche. Ainsi fais-ja : Jacques vous aime 1

FRANÇOIPS.

Jacques?... qui sort d'ici T.. .

Sd Le cœur a ses RAlSONâ..»

LUCIEN

Qui sort d'ici... Jacques.

FRANÇOISE, après un temps.

Eh hioD ?...

LUCIEN

Diable!... Ou vous êtes sublime d'émotion contenue, ou vous vous en moquez d'une manière pro« fonde.

FRANÇOISE, haussant les épauîes.

Jacques I... Et c'est vous qui vous chargez de la commission?... Imbécile!...

LUCIEN

Vous trouvez ?

FRANÇOISE

Oui.

LUCIEN^ snfâsaul.

Aht

FRANÇOISE

Vous dites f

LUCIEN

Je dis : « Ah ! »

FRANÇOISE

Vous exagérez. G*est vous qui avez inventé toute cette histoire, n'est-ce pas?

LUCIEN

Par ma foi, pas une syllabe, et je suis dûment accrédité auprès de vous par un amoureux candide, chaleureux et transi.

FRANÇOISE

Je n'en crois pas ue mot, vo'is savez? (HaD«eat» les

îpânies.) Jacques 1 c'est le dernier homme qui pourrait tii'aimer.

LUCIEN

La raison?

FRANÇOISE

Je n'en connais pas qui me déplaise davantage.

LUCIEN

Quelle drôle de logique voue avez!

FRA.NÇ0ISE.

J'ai la logique des femmes.

LUCIEN

C'est Lien ce que je voulais dire.

FRANÇOISE

Il est gauche, sans grâce, d'esprit rude, d abord largneux 1

Ce sont des qualités charmantes et, d'ailleurs, toues naturelles, puisqu'il est tendre et passionné.

FRANÇOISE

Une petite provinciale !... -Remportez ça. Je n'aime )as les tristes figures. J'ai pris en horreur ces visites lont votre déplorable ami m'accable depuis quelque emps. Il s'écroule dans une bergère, se poste au !oin du feu et n'en bouge plus. On dirait un braconner à l'affût. Et il reste là, une heure ou deux, sans lire mot. Il se tait, il se tait... On ne peut pas l'arrêer I

LUCIEN

Oui... Il ne lui ni'îpque que ia parole... Mais eajD U vous aimei

Page 1