‹ Le cœur de Jésus; ascétisme et littératureChapitre 103 sur 306 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

qu'il convient de nous dévouer à l’amour d’un si bon maître jusqu’à soupirer après ces heures de sacrifice où nous pourrons lui en donner un témoignage éclatant, et jusqu’à désirer aussi ce baptême d’humiliation et de souffrance qui nous fera les enfants privilégiés de son cœur en même temps que les héritiers de sa gloire? Jésus a soif des âmes; il désire que son Père soit connu, aimé, glorifié. Et queJ plus digne objet de nos désirs que le salut de nos frères, que la gloire de Dieu? Laissons notre cœur convoiter saintement les fructueuses sueurs de l’apostolat, laissons-le ambitionner les grands sacrifices des héros du christianisme, et les laborieuses conquêtes du dévouement. Ces désirs nous porteront à faire autour de nous tout le bien dont nous sommes capables, et à ne laisser échapper aucune occasion de travailler au salut des âmes, de nous employer à la gloire de Dieu, et de nous dévouer à l’extension de son règne.

C’est ainsi que tous nos désirs, partant d’un cœur bien vide peut-être de vertus, mais animé par l’amour, mériteront de arvenir jusqu’au cœur de Dieu et d’être favorablement écoutés; desiderium pauperum exaudivit Dominus. ( Ps . H. x. 17.)

FLEURS SPIRITUELLES

a On désire être humble , mais sans s’abaisser; on désire se contenter de ce qu’on a, pourvu que rien ne manque, être chaste sans affliger son corps , être patient sans souffrir aucune injure... Or , que désire-t-on en cela , sinon recevoir la palme du triomphe sans en venir aux mains et sans livrer bataille ? » (S. Grégoire le Grand, 1. VII, Moral, c. xn. )

« Nous devenons parfaits par la foi et par le désir; de même que la foi nous conduit à la claire connaissance, ainsi le désir

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nous conduit au parfait amour... Les désirs ardents sont la marque de la venue de Dieu dans une âme.»

( S. Bernard, Lettre 18. )

« Le prophète Daniel ne mérita pas que Dieu lui fit counaître l’époque précise de la venue du Messie parce qu’il avait beaucoup jeûné... (quoique ses jeûnes fussent très-agréables au Seigneur), mais parce qu’il avait désiré avec ardeur. » ( S. Laurent Justinien, Liv. de disciplin. )

a Dieu ne se communique d’ordinaire qu’à ceux qu’il voit animés d’un grand désir de lui plaire en toutes choses. »

( Ste Térèse , ch. xxxv de aa Vie. )

« C’est une marque certaine que l’amour de Dieu règne dans notre cœur, lorsque nous désirons l’aimer avec la ferveur que mérite une si aimable majesté , et que nous ressentons une vive douleur en voyant qu’il n’est pas aimé. »

( 8. Louis de Gonzague. )

« Le désir, qui précède la jouissance, aiguise et affine le ressentiment d’icelle; et plus le désir a esté puissant, plus la possession de la chose désirée est agréable et délicieuse... Hé! quelle union de nostre cœur à Dieu là-haut au ciel, où après ces désirs infinis du vray bien, non jamais, assouvis en ce monde, nous en trouverons la vivante et puissante source!»

(S. François de Sales, Traité de l’Amour divin, 1. III, c. x.)

« Notre-Seigneur m’a fait voir que les noms de quantité de personnes étaient écrits dans son sacré cœur, à cause du désir qu’elles ont de le faire aimer et honorer , et que pour cela ils q’en seront jamais effacés. »

( Vén. Marguerite-Marie, seq Écrits.)

« Les saints désirs sont des ailes qui servent aux âmes pour yoler vers Dieu. » ( S. Liguori, Précis des Vertus. )

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