PREMIÈRE PARTIE
fois, et soumettre néanmoins ses demandes au bon vouloir de son Père céleste; nous le voyons aussi se relever plein de courage, de résignation et de force, et ranimé visiblement par Tange dans ce saint exercice, aller au-devant de sa douloureuse passion, Factus in agoni ci, prolixius or abat , (Luc. xxu, 43.)... Surgite ; eamus. (Matth. xxvi. 46.)
Ainsi devons-nous prier; le coeur de Jésus a daigné accepter toutes nos faiblesses, afin de nous montrer où nous devions 'aller chercher notre force. Sommes-nous dans la tentation, veillons et prions , et bientôt nous nous trouverons au-dessus de ces épreuves; sommes-nous tombés dans le péché , gémissons de n'avoir pas eu recours à l'arme divine, qui seule pouvait nous donner la victoire. Il est des démons qui ne se chassent que par le jeûne et la prière; hoc autem genus non ejicitur nisi per orationem, et jejunium. (Matth. xvii. 20.) Sommesnous tristes, dit saint Jacques , élevons vers le ciel nos regards suppliants , épanchons nos âmes dans le sein de notre Dieu consolateur; tristatur aliquis vestrum? oret . (Jac. v. 13.) Mais il peut arriver que Dieu, pour l'accomplissement de ses desseins qui nous sont cachés , semble se montrer sourd à notre voix; ne perdons pas confiance; imitons Jésus au jardin des oliviers; il prie, il prie encore, il répète pour la troisième fois la môme prière. Dieu , pour notre bonheur, refuse de Fexaucer. Que fait Jésus? il persévère avec une sorte d'opir niàtreté , prolixius orahat ; il persévère avec une parfaite résignation aux volontés de son Père; verumtamen non mea volun tas, sed tua fiat . (Luc. xxii. 42.) Mais n’arrive-t-il pas aussi plus d'une fois que nous sommes la cause de l'inefficacité de notre prière? Ne sommes-nous pas souvent semblable à ce peuple de qui le Seigneur disait ; Il m'honore du bout des lèvres, tandis que son cœur est loin de moi ; populus hic lakiis me
honorât, cor autein eorum longe est a me (Matth. xv. 8) : sa voix monte vers le ciel, mais ses affections rampent sur la terre. Ne sommes-nous pas peut-être les trop fidèles imitateurs de ces disciples, à qui notre Sauveur adressait ces paroles : Vous n'obtenez lien, parce que vous ne demandez rien; usque modo non petistis quidquam in nomine meo : petite, et accipietis. (Joann. xvi. 24.) Demandons à notre aimable Jésus de nous enseigner lui-même à prier; Domine, doce nos or are (Luc. xi. 1); conjurons son cœur de nous donner cette attention , cette ferveur , cette confiance, ce respect, cette résignation, cette persévérance dont il accompagnait ses oraisons ; supplions-le de prier luimême en nous et pour nous, afin que, fortifiés par la prière, nous ne redoutions plus les efforts de nos ennemis , ni les abattements de notre faiblesse.
FLEURS SPIRITUELLES
« La prière est un entretien avec Dieu, une contemplation des choses invisibles, une foi assurée des biens qu'on souhaite, un honneur qui nous égale aux anges mêmes, un progrès dans le bien, un préservatif contre le mal, un amendement du péché, un fruit actuel de la vertu et un avantgoût de la gloire à venir. »
(S. Grégoire de Nysse, Hom . sur VEcclè .)
« On prie sans cesse lorsque , par des œuvres agréables à Dieu et toujours faites pour sa gloire, toute la vie devient une oraison perpétuelle. »
(S. Hilaire de Poitiers, sur le Ps. i.)
«Notre âme doit se considérer comme dépourvue de toutes choses, afin qu'elle ne cesse pas de prier; et c'est par un désir