‹ Le cœur de Jésus; ascétisme et littératureChapitre 67 sur 306 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

Peut-être qu'oubliant que chacun de ces deux maîtres veut régner, sur nous à l’exclusion de son rival, nous leur offrons tour à tour nos services , nos affections et notre encens. Ah 1 cessons de faire l’office de médiateur entre deux ennemis qui se sont juré une haine éternelle. Ne passons pas notre vie à vouloir mettre entre Dieu et le monde un accord que Jésus- Christ a déclaré impossible. Ne cherchons pas à séduire notre conscience par des prétextes de position, et gardons-nous de plaider la cause du monde auprès de notre piété et de notre bonne foi qui s’alarment. L’Évangile ne change pas au gré de la mode, du caprice ou de l’illusion ; il est immuablè, et c’est sur notre conformité à ses préceptes et à son esprit que nous devons être jugés. Or, quel est le sentiment dont te cœur du divin Maître a comme imprégné toutes les pages de cette législation sublime? Partout c’est un sentiment de répulsion et de haine pour le monde; partout une incompatibilité entre son esprit , ses maximes , ses joies, son amour, son culte, et L’esprit, les maximes, les joies, l’amour, le culte du monde. Il nous faut donc réformer l’Évangile ou prononcer avec le Sauveur un anathème sincère contre son ennemi.

Mais le monde ne se lassera jamais de nos résistances; il s’efforcera de pénétrer dans notre cœur à l’aide des secrètes intelligences qu’il trouve dans nos penchants déréglés; il s’infiltrera dans nos idées, et viciera nos appréciations; il apparaîtra presque à notre insu dans notre langage et dans nos actes, si nous n’allons nous inspirer sans cesse des sentiments intimes du cœur de Jésus, et mettre constamment dans le moule de l’Évangile notre cœur , notre esprit et nos sens. Demandons au cœur de Jésus d’exciter dans notre âme cette haine salutaire qui fut la condition essen-

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