PREMIÈRE PARTIE
établir dans la patience , qui est la pratique la plus ordinaire de la douceur, nous repoussons avec une sorte de violence ce qui ne s'harmonise pas avec, nos pensées ou nos goûts. Exerçons-nous donc sérieusement à l’abnégation la plus complète de nous-mêmes ; dbneget smetipsum. (Matïh. xvi.24.) C’est l’enseignement de Jésus-Christ. Cette base une fois posée, nous serons capables de comprendre et surtout de saisir pratiquement cet enseignement plus sublime que nous donne son divin cœur. Discite a me quia mitis sum et humilis corde : « Apprenez de moi que je suis doux et humble de cœur. »
FLEURS SPIRITUELLES
«Il n’y a que l’homme doux et plein de mansuétude, qui puisse se montrer constant au milieu des épreuves de la vie, et conserver la patience qui est la condition nécessaire de nos espérances étemelles. »
(S. Auoüstin, Serm . 187 sur les paroles de saint Paui.)
« Toute douceur n’est pas vertu. Il est une douceur de tempérament qui n’est que lenteur et pusillanimité... La douceur est la persévérance à résister aux passions impétueuses , et à tenir l’âme en garde contre l’orgueil et contre tout emportement, s
(S. Grégoire de Ntssb, Traité des huit Béatitudes .)
« Celui qui ferme son cœur à l’esprit de colère, devient le sanctuaire de l'Esprit-Saint. Il est toujours disposé à l’indulgence, à la charité, à la patience et à l’humilité; son âme s’orne de toutes sortes de bonnes œuvres, et il se concilie les bonnes grâces de Jésus-Christ. »
(S. Éphrem, Traité des vertus et des vices.)
« Rien n'est si fort ni si puissant que la douceur; car, semblable à l'eau qui éteint le feu, une parole douce apaise l'ardeur de la colère la plus enflammée ; la douceur nous procure ainsi le double avantage de faire cesser l'indignation de notre frère, et de rendre à son âme la sérénité qu'elle avait perdue. »
(S. J. Chrysostome, Hom. 58 sur la Genèse .)
« II y a des personnes qui pratiquent la douceur tant qu'on ne parle et qu'on n'agit que d'une manière conforme à leur désir et à leur volonté ; mais la moindre contrariété révèle combien elles étaient dépourvues de la véritable douceur. Comment donc pourraient-elles hériter des biens promis à cette vertu, puisque leur douceur s'évanouit avant l'échéance de l'héritage ? »
(S. Bernard, Serm. 4 sur la nativité de Notre-Seigneur.)
« Si Dieu a donné quelque bénédiction à nos premières missions, on a remarqué que c'était pour avoir agi aimablement envers toutes sortes de personnes... Notre-Seigneur Jésus-Christ est la suavité éternelle des anges et des hommes ; c'est par cette même vertu que nous devons nous efforcer d'aller à lui en y conduisant les autres. »
(S. Vincent de Paul, son Esprit , c. i.)
a Sachez que quand vous m'auriez crevé un œil, je vous regarderais de l'autre aussi affectueusement que le meilleur ami que j'aie au monde. »
(S. François de Sales, sa Vie.)