‹ Le cœur de Jésus; ascétisme et littératureChapitre 80 sur 306 · CM ATT». XVI · texte numérisé non relu

CM ATT». XVI

Si quelqu'un veut me suivre, qu'il se renonce lui-même.

Quoique l'abnégation doive être considérée comme la base de Fhumilité , on peut dire avec vérité que dans sa perfection elle est le fruit de cette dernière vertu. La parfaite abnégation, en effet, ne peut être fondée que sur le plus profond mépris de nous-mêmes, puisqu'elle nous porte à un saint dégoût de notre propre personne pour l'amour de notre divin Maître. L'abnégation renferme même quelque chose de plus que le dédain de notre propre excellence; elle renferme une sorte d'aversion contre nous-mêmes ; elle nous fait repousser avec une sainte violence , et presque avec indignation, ce qui flatte les penchants de notre nature, les caprices de nos goûts, l'indépendance de nos volontés et la délectation de nos sens. L'abnégation est énergiquement caractérisée dans sa nature et dans sa nécessité par Notre-Seigneur : « Si quel* qu’un, dit-il, après avoir tout quitté, ne hait encore son âme, il ne peut être mon disciple ; ...» non odit. . . adhuc autem et animant suamy non potest meus esse discipulus. (Luc. xiv. 26.) « Celui qui aura consenti à perdre son âme, c'est-à-dire, à se dépouiller pour Dieu de «e qu'il y a de plus intinqe en lui , la sauvera; »

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qui perdiderit animam suam propter me salvam faciet illam. (Luc. ix. 24.)

Le cœur de Jésus est le modèle de cette parfaite abnégation. Saint Paul résume ainsi, clans son épître aux Romains, le renoncement du divin Maître : « Jésus-Christ n’a jamais eherchéàse plaire;» Chris tus non sîbiplacuit. Ce divin Sauveur ne se contente pas de renoncer aux jouissances de la terre, et même aux nécessités de la vie , jusqu’à n’avoir pas une pierre où il pût reposer sa tête fatiguée , et un épi de blé pour apaiser la faim de ses apôtres , mais il renonce encore , par la plus grande pauvreté d’esprit, à toute gloire, déclarant que sa gloire n’est rien; gloria mea nihil est. (Joann. vih. 54.) Il pousse le renoncement à lui-même jusqu’à se faire un sujet de risée, jusqu’à s§ donner en jouet à la sacrilège brutalité de» soldats , et enfin jusqu’à se dépouiller volontairement de sa réputation, cum iniquis depvtotu» est (Luc, xxn. 37), de sa propre vie , dédit mimm suam, et même de sa divinité aux yeux des hommes; nonne hic est faber? (Mabc, yi. 3.) Nonne Me ut fabri film (Matts- xm, 3g) ; si Film Dû es, descende de eruee, (Mx?rs. XXvij, 40.)

Voilà le modèle dont nous devons retracer en nous l’image, sgi nous voulons, dit le grand Apôtre, avoir parte la glorieu» résurrection du Sauveur, U faut nous enter en lui par la ressemblance de sa mort.- a L’abnégation doit venir en nous, et armée de son glaive, elle doit en faire pénétrer le double tranchant jusque dans Je* replis de l’âme et de l’esprit, jusque dan» les jointures et dans les moelle», selon l’expression de saint Paul, afin qu’il puisse faire le juste discernementdes peraéwet des mouvements du omur, Ce sacrifiée est bien parfait et bien héroïque ; l’homme tient tant à lui-même ! Ce n’est pourtant que lorsque nous l’aurons fait, lorsque nous aurons accompli

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