‹ Le cœur de Jésus; ascétisme et littératureChapitre 93 sur 306 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

contempta. (ffebr. xii. 2.) C'est l'esprit de foi qui lui dictait un discours si paradoxal aux yeux de la raison humaine : « Heureux les pauvres , heureux ceux qui pleurent, heureux ceux qui sont persécutés. » C'est l'esprit de foi qui lui faisait choisir, pour coopérateurs de son œuvre divine , des hommes méprisables au jugement du monde. C'est, enfin, l'esprit de foi qui lui faisait embrasser avec ardeur les plus continuels sacrifices.

Or, la voie que les exemples de Jésus nous ont tracée, est celle que doivent suivre ses disciples ; il faut qu'ils aillent puiser dans le cœur de Jésus, source de la vie de foi, s'ils veulent avoir Jésus pour consommateur de leur foi ; c'est-àdire, que s'ils désirent être assis avec Jésus et par Jésus à la droite du trône de Dieu, ils doivent entrer avec Jésus dans la voie qui crucifie la nature , et embrasser généreusement, dans la vue des futures récompenses , les épreuves de la souffrance et les humiliations de la croix. Hélas ! combien peu de chrétiens qui vivent de la vie de foi ! Combien peu qui apprécient les objets d’ici-bas dans leur rapport avec les objets célestes qu'ils attendent et après lesquels ils soupirent ! Quand la souffrance vient nous visiter, n'est-elle pas pour nous un malheur , quoique Jésus l'ait béatifiée ? La pauvreté ne nous est-elle pas à charge, malgré l'estime, les louanges, les respects en quelque sorte, que lui a prodigués notre aimable Maître ? N'avons-nous pas horreur de la persécution et même de la moindre contrariété , bien que le divin Sâuveur ait préconisé les victimes de la persécution? D'où vient cette contradiction entre Notre-Seigneur et nous ? De ce que nous nous conduisons d'après la prudence de la chair, de ce que nous adoptons pratiquement les maximes du monde réprouvées par sa bouche divine, en un mot , de ce que nous man-

quons de foi. Écoutons le reproche que nous fait le cœur de Jésus, et qu'il faisait jadis à ses apôtres : «Hommes de peu de foi, pourquoi toutes vos hésitations? quid timidi estis modicœ fidei? » (Matth. vhi. 26.) Levons les yeux au ciel, contemplons la place préparée à notre courage , dégageons-nous des liens du péché et de tout ce qui nous appesantit, courons par la patience au combat qui nous est proposé ; per palientiam curramus ad propositum nobis certamen (. Hebr . xn. 4), et ne perdons jamais de vue Celui qui marche à notre tète et qui est l'auteur et le consommateur de notre foi; aspicientes in auctorem fidei et consummatorem Jesum . Nous apprendrons de ce divin Maître à n’apprécier les choses que d'après leurs relations avec la vie future, et nous ferons précéder tous nos désirs, tous nos projets, toutes nos démarches, de cette importante question que se faisait saint Louis de Gonzague : De quoi me servira cela pour l'éternité? Quid hoc ad œtemitatem ? « '

FLEURS SPIRITUELLES

a La foi est pour nous ce qu’est le bâton dans les mains du vieillard dont il soutient et assure la marche chancelante. „ Elle est l’ancre du salut qui arrête l’esprit au milieu des ondes agitées et le sauve du naufrage... La foi est le fondement et la racine de toutes les vertus... elle est le plus précieux de tous les trésors, la source de tous les biens... et il est de son essence d’opérer de grandes choses partout où elle se montre... Consentez à tout perdre plutôt que la foi. »

(8. Ghrysostome, Hom. sur le n* Épit. Corinth. 26

et 33 sur saint Math . Hom. sur saint Jean . )

« Dieu pour nous élever vers lui nous a donné deux moyens : ce sont l'autorité et la raison, qui, loin de se combattre, se concilient aisément Tune avec l'autre ; car en obéissant à l'autorité on ne s’écarte pas de la lumière de la raison, qui nous fait voir quel est Celui à qui nous croyons. »

( 8. Augustin, Livre de la Doctrine chrétienne . )

« Tl n#appartient qu'aux intelligences fortes et élevées, aux âmes fidèles et solidement éclairées, de croire sans hésiter ce qu'elles ne peuvent voir avec les yeux du corps, et de faire monter leurs désirs où elles ne peuvent porter leur vue. »

(S. Léon, Serm. 2 sur V Ascension. )

«Le premier principe de la purification du cœur, c'est la foi qui purifie la souillure de l'erreur , et qui produit la pureté parfaite quand elle est perfectionnée par la charité. »

( S. Thomas, 9. 9. q. 7. a. 2.)

« 11 y a la foi des préceptes, la foi des miracles et la foi des promesses... Croire en Dieu c'est espérer en lui, c’est l'aimer, voilà la foi des préceptes. La foi des miracles nous fait croire à la toute-puis6ance de Dieu qui les opère. Par la foi des pro* messes nous avons une entière espérance que Dieu ne manque jamais à sa parole. »

(8. Bernard, Serm. 48 pour la Dédicace . ) f La vive foi c'est la clef dorée du sanctuaire de la très* sainte Trinité, où une Ame bien humble est introduite presque à tout moment, et où Dieu lui communique de nouvelles lumières et de grands secrets. »

(8. Jean de la Croix, $a Vie.)

« 0 Dieu! la beauté de notre sainte foi parait si belle, que j'en meurs d’amour, et m'est avis que je dois serrer le don précieux que Dieu m;en a fait dans un cœur tout parfumé de dévotion. » (8, François de Sales, m Vie.)

LG CCEUR DE JÉSUS.

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