PREMIÈRE PARTIE
quant ses mérites infinis, il nous a donné un droit aux biens éternels; en second lieu, parce que Jésus n'ayant pris la nature humainequ'en notre faveur, la glorification de son humanité sainte est la garantie et la source de notre propre glorification ; enfin, parce que Jésus étant la voie par laquelle nous devons marcher, nous ne devenons capables de concevoir une véritable espérance que par notre union intime avec son divin cœur. C'est pourquoi saint Ignace martyr appelle Jésus-Christ notre espérance parfaite et consommée.
Dieu, en nous donnant son Fils , dit saint Paul, nous a tout donné avec lui; cum illo omnia nobis donavit . (Rom. vin. 38.) Dieu , en effet, par cette donation de son propre Fils, qui est comme l'arbre de vie , nous a cédé par là-même tous les fruits que porte cet arbre dans sa fécondité, c'est-à-dire, tous les mérites de ce même Fils ; or, ces mérites, dont le cœur de Jésus fut la source intarissable et infinie , nous devenant propres , établissent en notre faveur un droit incontestable à l'héritage éternel, dont nous attendons la possession bienheureuse; le cœur de Jésus est donc le principe de nos espérances, puisque c'est par lui et en lui que Dieu devient en quelque sorte notre débiteur.
Le but unique de l'incarnation a été la glorification de Dieu par la rédemption des hommes. Tout ce qu'a fait l'Homme- Dieu sur la terre, tout ce qui est arrivé de douloureux ou de glorieux à son humanité , n'était qu'en vue de notre bien et pour notre bonheur; Jésus-Christ s'est fait homme pour être notre voie , la lumière pratique qui devait guider nos pas ; son humanité est ce modèle sur lequel devait se configurer notre humanité déchue, pour être digne de la félicité éternelle ; il suit de là que la gloire dont fut suivie la sanglante passion du Sauveur, que l'exaltation de l'humanité de notre divin Maître#