LS (MEUS SS JÉSUS
après les ignominies du Calvaire, sont la figura et la garantie de notre propre gloire et de notre future exaltation. C’est la dootvine du grand Apôtre, et Si l.es morts, dit-il, ne doivent pas un jour reesusoiter triomphants, il faut nécessairement nier la glorieuse résurrection de Jésus-Christ, qui n’est sorti victorieux du tombeau que pour nous donner part à son triomphe; iimortui non remrgunt, neque Christus resurrexit . » (I. Cor . xv. 16.) Mais Jésus-Christ est ressuscité, nous ne pouvons en douter, et, par sa résurrection, il est devenu les prémices de ceux qui dorment du sommeil de la mort, et le principe de leur résurrection. Or, il avait souffert par son cœur : oàlatus e$t quia ipse voluit (Isat. liii. 7) , c’est donc par son cœur qu’il triomphe et qu’il devient le principe de notre gloire comme de nos espérances.
Quoique notre Sauveur jouit ici-bas de la félicité, en vertu de l’union de son humanité avec le Verbe divin, il y avait cependant, pour cette humanité, une glorification qui ne devait être aeGeomplie qu’après se6 tourments; Jésus-Christ était donc capable d’espérance, et cette espérance reposait sur les promesses de son Père céleste ; or, l’espérance étant un acte de confiance envers la fidélité de celui de qui on espère, l’espérance de Jésus-Christ avait son siège et son foyer dans son divin cœur. Par conséquent, l’homme étant incapable par lui-même de concevoir une espérance surnaturelle, et ne pouvant espérer dans l’ordre de la grâce que par Jé6us-Christ, c’est du cœur sacré de notre aimable Sauveur que dérive notre espéranoe. N’est-ce pas , en effet, par ce cœur que les nôtres donnent à Dieu le nom de père et expriment par là leurs légitimes prétentions à l'héritage éternel ? Spiritum Filiimin corda vestra clamantem : Ma Pater ... (Galat. rv. 6.) Si autem filii et hœredes. (Rom. vin. 17.) Laissons-nous donc
remplir tout entiers par ce Dieu d'espérance , afin que notre cœur ne trouve plus de place en lui -même pour la méfiance et le découragement ; comme Jésus, soyons fermes dans notre espérance, et, les yeux fixés sur la récompense qui nous est promise , marchons , comme lui , avec un courage inébranlable , au milieu des plus grandes épreuves. Jésus a été bien glorieusement couronné ; mais pour arriver à la palme, il a dû passer par des humiliations, des croix, des contrariétés, des délaissements incompréhensibles; oportuit pati Christumet ita intrare in gloriam. (Luc. xxiv. 26.) NoiiS aurons aussi à souffrir, et si Dieu nous appelle à une grande gloire, nos épreuves seront proportionnées à nos destinées éternelles; mais gardons-nous de perdre courage; souvenonsnous que c'est par la patience que nous devons attendre les biens que la foi nous fait entrevoir, et qu'il n'y a qu'un moyen pour parvenir à régner avec Jésus-Christ, c’est de nous attacher à la croix près de lui et avec lui ; si tamen corn patimur ut et conglorificernur. (Rom. vm. 17.)
FLEURS SPIRITUELLES
« Vous montrez véritablement à Dieu le Père et à Jésus- Christ que vous les aimez , quand vous leur témoignez la plus extrême confiance. »
( S. Ignace, martyr , Êpit. aux Magnésiens . )
a Les travaux ne sont pas sans plaisir à cause de l'espérance; la peine nous devient agréable à cause de l'attente des biens qui nous sont promis. »
( S. Augustin, sur le Ps. cxxvii. )
a Celui qui espère eu Dieu a déjà obtenu une partie de ce qu'il espère, parce qu'il est appuyé sur une chose qui ne peut manquer; car encore qu'on diffère de lui donner ce qu'il attend, néanmoins il le possède déjà en quelque façon, parce qu'il est assuré de le posséder. »
( S. Isidore de Peluse. 1. II, Lettre 17. )
« Les âmes pleines de confiance entreprennent de grandes choses, et leurs efforts sont couronnés de succès, car la grande confiance mérite beaucoup. Plus vous avancez dans l'espérance des biens célestes, et plus vous en obtenez. L'Époux divin confère des grâces abondantes à ces âmes nobles et courageuses, et il fait en elles et par elles des choses admirables. » ( S. Bernard, Serm . 32 sur le Cantiq. des cantiq.)
« Notre-Seigneur ne nous avertirait pas si souvent de nous appuyer sur lui, s'il ne voulait nous soutenir. Dieu n'est pas un trompeur; il ne se présente pas à nous pour nous secourir, afin de nous abandonner quand nous voudrons nous approcher de lui. ü
( S. Thomas, de V Éducation des princes , 1. II, c. v.)
« Comme il est très-avantageux pour l'âme de connaître qu'elle ne peut rien d'elle-raème , il lui est aussi très-utile et très-profitable d'être persuadée qu'elle peut tout en Dieu. »
( Sle Térèse, sa Vie , c. xvii. )
«Nous devons mettre toute notre espérance en Dieu, si nous voulons tout obtenir de lui. Car , étant fort riche et fort libéral, ayant d'ailleurs plus de désir de nous donner ses biens que nous n'en avons nous-mêmes de les recevoir, il ne manquera pas de nous les communiquer. »
( S. Jean de la Croix, Explication du Cantiq . 2. 3. ) -