POÈME ANTIQUE
{Celle qui signail Nais
7AÏs n'est pas la nymphe blonde À Fuyant au sein de la forêt Le Satyre, le Bouc immonde Qui rit et se tient en arrêt,
Debout dès l’aube et reposée
De tous ses jeux, elle n’a pas
Bu les larmes de la rosée Aux blanches fleurs des catalpas,
Ni, près des claires sources fraiches Où vient boire l'oiseau moqueur, Évité les troublantes flèches
De Cupidon toujours vainqueur.
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Naïis n'est qu'une fille d'Eve
Sensible aux charmes de l'Amour Qui lui dit : « La vie est un réve,
Sache l’embellir chaque jour. »
Mius si Naïs était déesse, Elle irait aux sons du buccin Avec les nymphes en liesse
Plonger au limpide bassin.
Sur sa poitrine jeune et tendre L:issant tomber ses blonds cheveux Elle ne verrait pas Léandre
(Léandre, c'est son amoureux)
Qui, dans l'ombre de la feuillée, Sur l'herbe ou parmi les roseaux, Écouterait, l'âme affolée,
Les chants et les cris des oiseaux.