‹ Le cœur et l'estomacChapitre 8 sur 28 · SDK DES VERS INÉDITS · texte numérisé non relu

SDK DES VERS INÉDITS

Après le ballet, arpentant l’asphalte,

Gautier nous a dit des vers indécents. —

Le ciel était pur comme un ciel de Malte ,

Et le vent du nord a glacé nos sens.

Gautier nous a dit, sous ce vent d’automne, Sous le regard froid des astres d’argent,

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Les vers »ur Itx l'ode « la colonne.

Dont s’effralrait même un ancien sergent.

.J’admirais la forme et 1 éclat bizarre De ces vers taillés dans le marbre dur...

Mais, dis, que t'ont fait Paros et Carrare.

Jadis façonnés au goût le plus pur,

Sculpteur, qu’ont-ils fait pour qu'aux jours moros es Où le spleen te suit d’un pas diligent.

Tu fasses courir dans leurs veines roses Le poison subtil de ton vif-argent V

Tu veux donc avoir aussi tcm musée.

Où tu montreras, comme Dupnytren.

Plongeant ton scalpel dans la chair blessée.

Ce que fait le vice aux os qu’il étreint.

Ce savant bourreau porta la lumière Jusqu’au fond des corps qu'il avait meurtris :

•ET L’ESTOMAC

Mais l’âme amollie a plus d’im ulcère Dont tu fouilleras les contours flétris.

Eh bien ! chante donc, chercheur de problèmes, Prêtre de Vénus qu’on voit aux cités,

Les plaisirs malsains, groupe aux faces blêmes,

Qui vit et se meut dans tes vers sculptés !...

Moi, cherchant les quais où le soleil brille,

J’irai contempler les deux yeux ardents

Et l’ovale frais d’une belle tille

Qui passe au grand jour, le sourire aux dents.

LE CŒUR

21 2Ufrfï> Ciuiîiant,

PI A XISTE.

Tu dis, Quidant, que depuis quinze années Des femmes de Paris tu t es fait un bouquet . Toutes, vraiment? — En bouton ou fanées. Roses, chardons, aubépine ou muguet...

Eh bien, ami, dis-moi queEe est l’amante.

Qui, les yeux sur tes yeux, t’admirant tout un soir. T’ait dit : .. Je t’aime! oui. ton âme est charmante. „ Ton front est beau, ton œil profond et noir! -

Hélas! Quidam, ce n’est pas toi qu’on aime,

Ce n est pas ta beauté, c’est encor moins ton cœur ; S’il est jamais un jour, une heure même,

Où do toute âme, ami, ton âme est sœur,

C est quand ta main, docile à ton génie,

Du clavier frémissant fait un être animé

Oui, cher artiste, à ce vent d'harmonie Le cœur soupire et voudrait être aimé ;

Oui, l’idéal, dont toute âme est le temple, S’éveille avec les chants qui naissent sous tes doigts... Ce n’est pas toi que la femme contemple Quand elle rêve en écoutant ta voix !

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