LES DUELS
Un petit monsieur, Biaise Yerdet, habillé comme un cocher de maison, m'avait attendu à la porte d'un café et avait levé la main sur moi. sans avoir le temps de l'abattre. Je lui avais cassé ma canne en deux sur la figure et lui avais envoyé mes témoins. C'était un rapin impressionniste si lâche qu'on avait toujours pu non pas l'insulter (ce n'est pas possible), maislui parler, selon sa réputation, impunément.
Il avait éprouvé le besoin de se réhabiliter, et, à la suite d'une ligne que je lui avais consacrée au cours d'une chronique,
il avait pris la résolution virile de se poster dans la rue, comme un laquais. Je l'avais d'abord roué, ainsi qu'il convenait, après quoi je l'avais invité à une rencontre plus digne. Mes témoins étaient d'Amicy et Schavyl. Personne ne voulait croire que ce groom impressionniste se battît. Il désirait se réhabiliter. Pourquoi ne pasl'aider?
Le duel était pour le lendemain. Fallaitil t'en avertir, Noémi ? Je l'ai fait, afin d'expérimenter si cette nouvelle produirait sur toi une émotion. Aucune. Tu es restée calme. Aucun frisson n'a traversé tes yeux d'une sérénité implacable.
Mais tu es venue passer toute la journée avec moi. J'étais vraiment heureux. Il est pénible et charmant le souvenir des joies disparues. Tu lisais au coin du feu, tandis que, près de toi, sur ton conseil, je faisais de la «copie», à l'avance, pour en donner, quand même, à mon journal, si, par malchance, une blessure m'empêchait
de travailler pendant une quinzaine. Entre chien et loup, nous eûmes la visite de Léa de Yoilleroux. J'embrassai ta jolie cousine. Vous avez eu beaucoup de câlineries. Elle t'emmena et me dit, en partant, avec son air mignard :
— Dormez bien, cette nuit... Noémi sera chez vous, demain soir. Ce sera meilleur !... Si vous étiez blessé, je resterais aussi pour vous soigner.
Demeuré seul, je me rappelai mon premier duel et Christiane, une acteuse qui, dans la même occasion, pleurait dans mes bras à chaudes larmes, et qui, douze jours après, couchait avec mon adversaire. Si tu n'as pas versé de pleurs, toi, du moins, tu ne m'as quitté que deux mois après. Pourquoi les serments d'amour ?
On les fait éternels et ils ne durent pas toujours une saison. Denis Napier, rédacteur en chef d'un canard hebdomadaire, m'avait éreinté lorsque je publiai mon
premier article dans un journal monarchique : Figaro. Sous prétexte que j'avais collaboré jusque-là à des feuilles républicaines, il avait parlé de trahison, comme plusieurs confrères, d'ailleurs, et m'avait jeté l'épithète de réactionnaire. Deux amis, Jules Dony, le tintamarriste, et Paul Deckovinck, le violoncelliste, lui avaient porté une lettre où je lui demandais de retirer l'adjectif infamant qu'il m'avait accolé : réactionnaire. Dans cette lettre je déclarais être républicain et librepenseur. Voyez- vous ça, au sortir du collège! Ma collaboration au journal monarchique était seulement littéraire. Je protestai, avec une chaleur attendrissante, contre la fameuse épithète, et je citai cette phrase d'un grand poète :
La preuve que la liberté est l'idéal divin de l'homme, c'est qu'elle est le premier rêve de la jeunesse et qu'elle ne s'évanouit dans notre âme que quand le cœur
se flétrit et que l'esprit s'avilit et se décourage. Il n'y a pas une âme de vingt ans qui ne soit républicaine; il n'y a pas un cœur usé qui ne soit servile...
Denis Napier refusa de rétracter aucun terme de son article ému. Le plus drôler c'est qu'il était sincère, et moi aussi. Mes camarades. me donnèrent, à neuf heures du soir, dans un café du quartier Latin, le résultat de leurs démarches. Le duel aurait lieu, dès l'aube, au bois de Yincennes, en Belgique.
Christiane serra ses bras autour démon cou. Elle disait :
— Si tu n'as rien, viens me voir aussitôt, et, si tu es blessé, envoie une dépêche.
Douze jours après, elle était la maîtresse de l'autre. Denis Napier fournirait les épées. Les fourbirait-il aussi? C'était un duel de jeunes gens ; il manqua de correction. Je laissai Deckovinck et le tintamar-
liste au café. Ils consolaient Christiane et buvaient. J'allai acheter du fil à ligature, des épingles, des bandes, du diachylon, de l'acide phénique, pour empêcher la suppuration. Dans l'intervalle, mes témoins avaient, aux tables voisines, raccroché un docteur. On avait fixé le rendez-vous, à deux heures, chez Hill's. Nous avons quitté, vers une heure, la rive gauche. Christian e nous lâcha sur la place •du Ghâtelet. La séparation fut déchirante, de sa part. La petite était acteuse dans un théâtre de drame.
Nous nous entendîmes, pour la nuit, avecle cocher d'une voiture à quatre places. En route pour le boulevard des Capucines, Jules Dony, Deckovinck et le docteur, dont j'ignorais le nom, regardaient, sans doute, cette affaire comme une partie de plaisir. N'avaient-ils pas pris rendez-vous chez Hill's? Le docteur raconta l'histoire d'un bonhomme qui collectionnait les autographes. Il en avait des gens les plus
illustres, de Victor Hugo, de Gambetta, de M. Roch, le bourreau, puis, de Dinah Samuel, de Xavier de Montépin, de Troppmann. Il ne lui en fallait plus qu'un, pour que la collection fût complète. Il n'a rien négligé pour l'avoir. C'est ce qui le perdit. Deckovinck interrogea :
— De qui était-il donc?
— Du docteur Ricord.
Je réfléchissais. Mon adversaire avaiSs trois ans de salle. Le coup frapperait ma mère à Grivedesvignes, si j'étais blessé. Cependant je n'étais pas un renégat de mes opinions. Pourquoi, parce que je suis républicain, ne garderai-je pas ma liberté de parler et d'écrire? Mon premier duel avait pour cause que je me trouvais insulté par l'épithète de réactionnaire. J'aurai le droit, cet acte accompli, d'être indépendant. On attache à un premier duel plus de gravité. Dans la pharmacie, tandis que le potard me préparait le fil à ligature, le diachyion, l'acide phénique,j'avais éprouvé
une impression étrange. J'étais seul dans Paris à me diriger, à vingt ans. Deux témoins m'assistaient. Ils étaient à la brasserie ! Une acteuse, aux cheveux teints en jaune, avait mouillé de pleurs ses yeux pers. Sensibilité de femme quelconque.
N'est-ce pas drôle de payer, quand on se porte bien, de quoi panser, quelques heures après, une blessure qu'on n'a pas encore? S'il me tuait? Ma mère pleurerait sérieusement. Mais j'étais décidé. On doit accomplir ses résolutions avec énergie. Un adolescent, la veille du premier duel, se sent un homme. Ce doit être froid un pouce de pointe qui troue la chair 1 Tout cela parce qu'on m'a qualifié d'un adjectif revendiqué par d'honnêtes g-ens. Ce sont des bêtises que je ne regrette pas d'avoir faites. On était devant Hill's. Le tintamarriste dit :
— On va rigoler.
Nous sommes montés au premier. Une
heure et demie. Les autres n'étaient pas arrivés. Le restaurant de nuit n'était pas encore au bon moment, lorsque rappliquent, à la fermeture des tripots, des types interlopes, des grecs, des croupiers, des boockmakers, des commissaires des jeux, des boursiers bohèmes. Dans la taverne, çà et là, quelques cocotes et quelques dindons. Jules Dony et Deckovinck commandèrent un petit souper. Je demandai seulement du café, et le docteur une pinte de stout. Nous étions assis, depuis quelques minutes à peine, lorsqu'entra une jolie blonde, grande et presque distinguée, en robe zinzolin, béret François Ier de même ton. Les yeux baissés, comme une religieuse, elle s'avançait en reluquant à droite et à gauche. Deckovinck remarqua très haut :
— J'ai ma chambre à coucher capitonnée avec cette étoffe.
— Eh bien, moi, cher monsieur, j'en ai fait tendre ma cuisine.
Où diable l'avais-je aperçue autrefois? « Je vous ai vue quelque part. — C'est possible; j'y vais souvent. » Ainsi débuta la reconnaissance. Cette épinglée, mince et chic, était Madeleine Letellier, Madeleine, la blonde, aux yeux bleus et clairs, qui avait demandé, jadis, ma place de secrétaire, mon premier mois de Paris, à l'agence matrimoniale de la veuve Dufour. Je lui serrai la main, et, d'un clignement, lui fis comprendre de ne pas parler de la position merveilleuse que nous avions occupée. On causa :
— Mon ami te blaguait. Mais tu as un costume d'été, très élégant, que tu soutiens avec une gentille crânerie. Deux petits diamants brillent à tes oreilles rosées. Ça ne semble pas du strass?... Tu as fait ton chemin, depuis un an, Madeleine.
— Pas trop! Je devrais être aux bains de mer, au mois d'août. Il me faudrait un amant sérieux. Je me suis dépêtrée pas mal quand même... Alors, tu es jour-
naliste. J'ai lu de tes articles. Ecoute, nous avons fait notre chemin tous les deux î
Le rapprochement était juste. Une épinglée vend son corps au puhlic ; un journaliste vend son esprit. Vous voulez le corps ou l'esprit de telle façon? Voilà! la différence est que le gazetier, plus malin, commerce souvent avec ce qu'il n'a pas. Madeleine Letellier, d'ailleurs, fut bonne âme. En sirotant un punch, elle nous raconta son histoire, parce que c'était un document qui pourrait me servir :
— A quatorze ans, mon petit, je me suis fait enlever de chez ma grand'mère, à Meung, par le fils d'un quincaillier âgé de seize ans... Nous avons été arrêtés, à Orléans, dans la cour de l'hôtel, au moment où nous débarquions. Il n'avait pas eu le temps de m'aimer... Pour me punir, ma mère-grand m'a envoyée au couvent du divinPasteur,à Bourges, dont ma
tante est supérieure. Le couvent est habité par des sœurs de la Sagesse et des sœurs Madeleines. Elles sont jolies, les sœurs de la Sagesse avec leurs robes de flanelle blanche, leurs grands scapulaires, le chapelet à la ceinture et le voile noir, en alpaga, plus jolies que les autres, avec, aussi, le grand scapulaire, mais avec la robe de bure marron... Les sœurs de la Sagesse font la classe, ayant pour élèves des détenues, des pénitentes, tandis que les Madeleines travaillent à de la lingerie fine pour des maisons de Paris... J'ai suivi les cours un an et demi, après quoi j'ai été postulante trois mois, avec le cordon vert ; puis, comme novice, j'ai porté le cordon violet d'enfant de saint Joseph et le cordon bleu d'enfant de Marie. Oui, mon petit, j'ai fait vœu de pauvreté, de chasteté, d'obéissance ! De chasteté? si ces messieurs en désirent... N'est-ce pas que c'est crevant ? J'ai été religieuse. Si vous aviez vu? J'étais tout
plein gentille sous mon voile blanc en toile. Je couchais avec un cilice sur des paillasses piquées. Maintenant je préfère avec un homme... Ça me fait penser à la discipline. Après les offices, quand nous avions chanté les primes, les sextes, les nones, les laudes... le bataclan, nous allions, une vingtaine de sœurs, dans une vaste salle. Les vieilles étaient dispensées. On fermait les stores, on éteignait les lumières ; on se collait la discipline. C'est excitant, mon petit ! Quand on rentrait, on avait, sur sa paillasse, le sang en mouvement et les joues en feu... Quand trois ans furent écoulés, je dus prononcer les vœux perpétuels, pour prendre le voile noir des sœurs professes. J'étais très croyante et j'avais des extases à l'église... Tout de même, un instant, comme l'aumônier approchait le voile noir, j'ai perdu courage el je suis rentrée dans la sacristie. On m'a crue possédée du démon. Ma tante m'a enfermée dans un cachot
qui forme pavillon au milieu d'un jardin. Pas de fenêtre ; rien qu'une porte, avec deux vitres grillées dans le haut ; un billot pour m'asseoir. Je dormais sur le carreau ; c'était en hiver ; un gros chien aboyait, la nuit... Après un mois et demi, où j'avais résisté à toutes les prières, on a eu pitié et on m'a emprisonnée dans une cellule ne recevant le jour que par un vasistas... C'était plus chaud. Encore deux mois et demi de cage... Enfin, à la fête de Pâques, espérant que je serais touchée par la grâce, on m'a conduite à la chapelle. J'ai choisi le moment de la bénédiction, quand les fronts sont baissés. Un chœur chantait :
O salutaris hostia...
— Sacré nom de nom de Dieu!... me laissera-t-on partir, nom de Dieu?
De profundis clamavi...
De leurs voix pointues, les sœurs avaient entonné, soudain, les psaumes de
la pénitence. Ma tante, le lendemain, désolée, m'accompagnait à la gare et me mettait dans le train d'Orléans avec un baluchon. A Vierzon, je quittai le compartiment des dames et j'entrai dans un autre... Il n'y avait qu'un monsieur, d'une trentaine d'ans, un beau brun! J'étais contente de voir un homme et j'ouvrais des yeux comme des quinquets. J'ai laissé tomber mon baluchon. Il l'a ramassé et m'a embrassée. Je devais être nigaude ; j'avais un bonnet blanc gaufré, sur mes cheveux blonds, à la vierge, qui ne mentaient pas, une robe grise, en coton de Vichy, une pèlerine noire, courte et ronde, des souliers immenses et plats. Avant Orléans, le monsieur a commencé le feu. Ça n'a chauffé qu'à Paris, où il m'a menée et m'a habillée des pieds à la tête, et deshabillée. Seulement, au bout de quinze jours, il m'a abandonnée. Alors, comme je voulais être honnête, j'ai cherché une place et j'en ai trouvé une. N'est-ce pas,
Monlclar? J'ai été secrétaire d'une agence matrimoniale de quatre sous... A présent, j'ai lâché la vertu, comme le couvent... où je retournerai, peut-être, quand je serai vieille.
Elle avait achevé sa litanie infecte.
Madeleine était charmante par sa façon de commencer une phrase sale ou impie, en ouvrant les yeux, et de les clore, dans la seconde partie, comme si elle avait honte. Jjes cheveux, très blonds,. ajoutaient à son air de pudeur. En somme, une détraquée.
Deux heures moins cinq. Napier s'était installé, au fond de la taverne, avec ses deux témoins, un chapelier du Marais, l'autre, un capitaine de vaisseau démissionnaire. Le tintamarriste et le musicien allèrent s'entendre avec le chapelier et le capitaine, dire, par exemple, que notre voiture suivrait la leur. Pendant ce temps, Madeleine, qui me voyait distrait, fredonnait :
Mais il est bien court, le temps des cerises,. Où l'on s'en va deux cueillir, en rêvant,
Des pendants d'oreilles, Cerises d'amour, aux robes pareilles, Tombant, sous la feuille, en gouttes de sang.
On laissa Madeleine qui était lorgnée,, depuis sa venue, par un rastaqouère.
Les deux nacres parcoururent la ligne des boulevards. La nuit était tiède, et le ciel semé d'étoiles. Les témoins et le docteur, quasi graves, me prêtèrent quelques recommandations. On fumait des cigarettes.
Puis on baliverna sur les duels de jadis et les escholiers ferraillant, au Pré-aux- Clercs, sur les terrains, alors vagues et ombreux, où ils baguenaudaient, le dimanche, après la messe, avec les bachelettes. Dimanche, les duos; en semaine,, les duels. Jules Dony, qui est tout petit,, évoqua, en termes ronflants, les assauts avec la longue épée dans la main droite et la dague dans la main gauche. Le tintamarrisle ajoutait :.
— Aujourd'hui, dans un duel, il ne coule plus assez de sang pour qu'on puisse, en y trempant sa plume, écrire le procès-verbal. Deckovinck assura qu'il avait mis en musique le duel au pistolet de la marquise de Nesle et de la comtesse de Polignac pour le duc de Richelieu. Ses notes étaient très ressemblantes. On voyait parfaitement, à travers les sons, les carrosses vert d'eau, avec les laquais derrière, les deux grandes dames, exquises en robes à paniers; on entendait surtout la détonation qui était d'un effet bœuf.
La conversation ne m'égayait qu'à la surface. Retournerai-je sain et sauf?
J'allais me battre pour la première fois. Si, par hasard, j'avais peur? On dit Napier très brillant sur la planche. Après tout, pourquoi ne serait-il pas blessé, lui? J'ai confiance en mon étoile. Plus d'un sceptique est superstitieux. Nous étions déjà sur le cours de Yincennes et nous approchions de la Belgique. Il faisait encore
nuit noire. Où attendre l'aube ? Nous aperçûmes des lumières à un restaurant.
On avait eu la même idée que nous dans l'autre voiture. Le capitaine de vaisseau nous offrit de stopper. Les deux groupes, aux deux bouts d'une salle, où circulaient des gens éméchés, consommèrent du vin chaud. Quand le jour blanchit derrière les vitres, je hélai le garçon pour payer notre écot. Il fut ahuri :
— Vous ne devez rien. Nous n'avons que les gens de la noce... C'est le marié qui règle tout.
Un autre garçon faisait, sans doute, à mon adversaire la même réponse. Ayant donné cinq francs de pourboire, malgré la protestation du tintamarriste, Napier autant, nous -avons regagné nos voitures. Vers Joinville, le clair de l'aurore était suffisant, et, d'ailleurs, augmentait à mesure. Les tiacres ont stationné au tournant d'un chemin et nous nous sommes enfoncés dans les taillis.
Une senteur fraîche nous enveloppait.
Nous marchions dans l'herbe mouillée de rosée, et, parfois, des branches nous fouettaient le visage.
On trouva bientôt une clairière. Napier et moi nous nous sommes salués, puis, nous avons ôté nos pardessus, la jaquette, le gilet. Le ciel était d'un bleu pâle comme l'acier des épées.
Le combat dura vingt minutes. Pas la moindre émotion. Le froissement du fer me charmait et m'emballait. Un lapin effarouché, qui passa entre nous deux, amena un troisième repos. J'étais fatigué d'ailleurs. Il fallait blesser pour n'être pas blessé. J'engageai le fer hardiment et je piquai Napier à l'épaule.
Nous nous sommes serré la main.
A-t-il voulu se venger? Ayant eu, récemment, un héritage, d'une trentaine de mille, douze jours après, il me chipait Christiane. L'acteuse le consola. Ce
trait prouve qu'elle avait bon cœur.
Au second duel, par un après-midi glacé de janvier, comme Biaise Verdetr le groom impressionniste, tremblait et rompait, je Fai poursuivi plusieurs mètres et j'ai réussi à l'atteindre au bras.
Cela ne valait pas, Noémi, la peine d'être si grave, la veille, quand tu lisais au coin du feu.
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