AIME : LA BOUCHE AIMEE EST SAVOUREUSE ET CHAUDE I
Aime : la bouche aimée est savoureuse et chaude, Et l'amphore des reins mûrit l'or du soleil ; Mais sache que le miel puise livre au sommeil La ce'toine, émeraude amoureuse des roses.
La gloire te sourit en aïeule ride'e : Reste obscur. Passe vite auprès des philosophes Qui lustrent le tissu chatoyant des idées Gomme les marchands font miroiter leurs étoffes.
Les dieux sont paternels au mortel pieux : prie Afin qu'autour de ta maison les arbres ploient Sous les fruits, que ta ruche accroisse sa rumeur.
Attends la mort comme une amie, et que ton cœur Te soit un calme ciel intérieur où brille La lumière toujours égale des étoiles.
10 Mars 1808.
Je voudrais être un homme ; or rien dans mes poèmes
Ne répond au sanglot de la détresse humaine.
Aux heures de paresse on s'arrête à ce livre
Gomme on entre dans une auberge somptueuse
Pour y goûter un peu de paix voluptueuse
Au rhythme des chansons et des belles musiques.
Les affligés s'en vont se consoler ailleurs,
La femme reste indifférente et les railleurs
Gardent le pli crispé de leur sourire amer.
On dit : — Ce sont des mots, des mots, de simples mots,