‹ Le coffret ou Le trésor enfoui [microforme]Chapitre 42 sur 65 · OO RICE · texte numérisé non relu

OO RICE

rôties au four, et pour le dessert, d’un pâté aux pommes et de confitures à la citrouille. Pour arroser tout cela, du bon thé du Japon ou une tasse de lait crémeux, à volonté.

Vaidu, bien réchauffé au dedans et au dehors, ne se fit pas tirer l'oreille pour accepter l'invitation de se placer vis-à-vis de ces excellents comestibles.

11 y fit honneur, encouragé par Creusot qui, suivant l'usage hospitalier des paysans, trouvait que son hôte mangeait bien peu.

Enfin, repu comme un chanoine après le déjeuner du matin de Pâques, Valdu se leva et Creusot et lui se prirent à fumer une pipe d’excellent tabac de l'endroit.

— “M. le Maire, j'ai quelque chose de très important à vous communiquer, et ce n’est pas tout-à-fait le hasard qui m'a amené dans cette maison à vous où les gens sont si bien acçueillis. Je ne saurais jouir plus longtemps des bonnes choses et du confortable gîte que je trouve ici, sans vous dire qui vous venez d'admettre à votre table.

Cependant, comme ce que j'ai à vous confier peut aussi concerner deux autres personnes, je vous prierai, avant de vous dire mon nom et l’objet de ma visite, de m'informer si les appelés Mathias Sabelle et Bénoni Pauqué demeurent dans votre paroisse ?”

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—‘Mais, sans doute, monsieur; Bé-

noni réside à quelques arpents plus loin; quant à Sabelle, il demeure à Ia distance de quatre milles d'ici. ”

— Voilà qui se rencontre à merveille; pourriez-vous, mon cher Creusot, faire venir ces deux Messieurs ici demain soir? et je vous demanderai, à cet égard, de bien vouloir prolonger votre hospitalité jusque-là.”

—“ Que parlez-vous d'’hospitalité ?

Vous êtes ls bienvenu; un habitant canadien garde toujours sa maison ouverte à tous les gens respectables qui veulent bien y entrer... et y rester...

comme vous allez le faire, Monsieur, pour me faire plaisir.—”

—“ Bigre d’un nom! murmura Valdu entre ses dents ; il y a scrupule à mystifier un homme si poli; mais je suis trop avancé pour reculer.” Et tout haut : “ J'accepte votre offre si polie et si cordiale, M. le Maire. Eh bien, puis-je compter sur la présence de ces deux personnes, ici, dans cette salle, demain, à la veillée ?”

—“ Je vous promets que mes deux amis, (car ce sont mes amis, et, qui plus est, des conseillers de mon Conseil Municipal) seront ici sans faute à l’heure voulue. ”

—“ C'est parfait, et maintenant, mon cher M. Creusot, vous voudrez bien permettre à un voyageur un peu fatigué d’une longue route, d’aller reposer

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ses membres.”

“Vous êtes chez vous, Monsieur, ie vous le répète. Veuillez me suivre.

Et Creusot, lampe en main, conduisit Valdu dans un petit cabinet attenant à la salle où ils se trovaient.

——“ Dormez bien, Monsieur; et laissez prolonger votre sommeil jusqu’à la grasse matinée, pour peu que cela vous fasse plaisir.”

—— Merci bien, mon cher M. le maire--Bien des remerciements pour vos politesses et pour.

—“"Tut, tut, tut.... vous me remercierez demain. Bonsoir, bonne nuit...

Et Creusot se retira en fermant la porte.

Le lendemain, sur les neuf heures, Creusot et Valdu se trouvèrent au déjeûner. Après ce repas, le meilleur des repas pour les bons estomacs à facile digestion, Creusot dit à son hôte que ses affaires l’appelaient au dehors, mais que les chevaux de son écurie étaient à son service.

— “Cependant, continua Creusot, comme je vais du côté où résident Sabelle et Pauqué, vous aimerez peutêtre à faire d'avance la connaissance ee ces Messieurs ?”

— “Ça me va comme un gant, et vous ne pouviez me proposer rien de plus à propos.”

— “Dans ce cas, partons: Pauqué vous fera reconduire jusqu'ici dans sa

voiture. Il va être enchanté de montrer son nouveau sleigh jaune duquel il est si fier.”

En effet, Sabelle et Pauqué reçurent la visite de Valdu qui, sur la recommandation de leur Maire, fut acceuilii avec la plus franche politesse.

Ainsi que le lui avait annoncé Creusot, Valdu fut reconduit au village, dans le beau sleigh jaune de Pauqué, et il ne manqua pas de faire à ce dernier des compliments sur l’élégante voiture. Pauqué, de ce moment,considéra Valdu comme un homme de premier ordre. Pauvre cœur humain! un grain de flatterie, et voiià que tu gon-

Madame Creusot était absente de sa maison. Elle était en visite lointaine chez une de ses sœurs nouvellement mariée. Valdu se trouvait donc seul dans la vaste demeure de Creusot. II se mit à parcourir, pour s’amuser, toutes les chambres, sans oublier la cuisine où il trouva la servante à 1laquelle il dit quelques mots grivois qui firent pâmer de rire la naïve paysanne.

À force de rôder et de fureter, il se trouva devant la porte de lä cave qu’il ouvrit sans facon; la cave recevait un jour passable de quatre soupiraux grill6s; il avisa dans un coin une bêche et quelques ferrailles.

— “Voyons, se dit-il, préparons Ja mise en scène de la comédie que je

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