‹ Le collectionneur de monnaiesChapitre 11 sur 66 · L. -Antoine · texte numérisé non relu

L. -Antoine

Le même.

Octavie.

Le même.

Cléopâtre VIL

Lepidus.

César.

Le même.

I\L-Antoine.

Germanicus et Tibère.

Scxt. -Pompée (fils).

Le o^rand Pompée et Cn. -Pompée fils.

Antoine , Octavie

et

César.

Vitellius.

2 enfants.

Antonin-le-Pieux.

2 enfants.

Vespasien.

2 fils.

Adrien.

Trajan et Plotinc.

Carausius , Diocléti

en

et Maximien.

Trajan.

Nerva et Trajan père.

Ptoléméc II et

Ptolêmée I'^ et

Arsinoé II.

Bérénice P'''.

Auguste.

Caligula , Lucius Julie.

et

Claude I'''.

3 cnfiints.

Sévère I«'.

Domna , Caracalla Geta.

et

Valéricn L'i' et Salonin.

Gallien et Salonine.

Monnaies byzantines.

Médailles papales.

TYPES MONKTAIRES. L i;i"lTc;iE

Fig. i8. .Médaille du pape Pie VI.

Groupement des figures sur une monnaie. — La manière la plus simple de représenter simultanément deux tètes pour qu'elles paraissent à leur avantage, consiste à placer l'une au droit,, la seconde sur le revers : ainsi procédaient les empereurs romains. Lorsqu'il s'agit de plusieurs figures, et que d'emblée on élimine le revers comme réservé au panégyrique des personnages en cause ou à des emblèmes, etc., l'arrangement devient plus difficile, puisqu'on en est réduit à grouper le tout sur un seul et même côté, en respectant néanmoins les proportions et les lois de la perspective et de la symétrie. Le schème le plus simple, le plus esthétique et en même temps le plus ancien pour la juxtaposition de deux figures sur le champ d'une monnaie, remonte à l'époque des rois égyptiens ; les effigies y sont superposées, celle de dessous se profilant seulement. Ce mode ae procéder a souvent été employé par les Romains du L' au IIL siècle de notre ère, et par les graveurs de coins modernes. On parle dans ce cas de têtes accolées. Une monnaie de Carausius montre même trois têtes pareillement accolées.

Fig. 19. Tétec accolées. Rois Ptolémées d'Egypte (or).

On nomme îêtes affrontces la combinaison qui consiste à grouper deux figures en « vis-à-vis, » c'est-à-dire qui se regardent. La numismatique romaine et la numismatique moderne en fournissent de nombreux exemples.

Fig. 20. Tètes affrontées d'Octavie et de Néron.

Exceptionnellement l'artiste graveur s'est servi du schème opposé, soit en figurant les effigies dos à dos ; on parle alors de têtes adossées. Telle la monnaie dont la figure suivante donne l'image et qui fiit fi-appée à Nemausus.

Fig. 21. Têtes adossées d'Agrippa et d'Auguste.

TYPES MONETAIRES. L EIFIGIE 37

Un quatrièiîie mode de grouper deux figures consiste à les juxtaposer en face.

Fig. ;j2. Bustes byzantins en face et juxtaposés.

S'agit-il de réunir trois tètes sur un même plan, on peut résoudre le problème par une combinaison de tètes accolées et affrontées, ou bien on superpose les tètes en les dirigeant toutes trois dans le même sens. Le motif consistant en une tète en face placée entre deux tètes affrontées est moins esthétique et moins gracieux. Cela s'est fait cependant : pour Liville, entre Drusille et Agrippine ; pour Caracalla, entre Domna et Geta. Sur une médaille de grand module on peut varier le groupement d'un certain nombre de têtes sans froisser les règles de l'art, ainsi qu'il ressort de la figure i8.

Parure de la tête. — Sur les monnaies de l'antiquité il est rare de voir figurer des tètes toutes iiiies, pour ainsi parler, c'est-à-dire sans aucun ornement. Tout au contraire met-on comme un point d'honneur à revêtir le chef du souverain de la parure caractéristique du rang qu'il occupe et de la mode du moment. Chez les Orientaux c'est une espèce de tiare ou de casque en cuir garni d'oreillères et de bijoux variés ; c'est ce que portent les rois de Persépolis, d'Arménie, de la Cappadoce, et les dynastes arsacides et sassanides.

Les rois de Grèce ou des peuples grécisés ont le chef ceint d'un diadciiic, un large bandeau noué sur Tocciput et surchargé parfois d'attributs divins : ailes du dieu Hermès, rayons du soleil (= Hélios), cornes du Bélier ou du Taureau. Certains diadoques apparaissent revêtus de la peau de lion ou d'une dépouille d'éléphant, de la première surtout, comme de l'attribut d'Hercule qui, depuis Alexandre le Grand jusqu'à Commode, Gallien, Gallus, Probe et Maximien-Hercule, détient le record en foit d'ornement royal. Tout à côté, les rois guerriers portent le casque métallique, une coiffure essentiellement militaire, que surmonte une couronne ou une guirlande de feuillage.

Fig. 23. Diadème du roi Mitligradates IV, du Pont.

Chez les Romains, les couronnes avaient une très grande importance. Les unes étaient faites de feuillage, de rameaux, de fleurs, à l'instar des couronnes consacrées aux divinités. Antoine se fit représenter la tète couronnée de lierre (attribut de Bacchus) ; certaines impératrices se paraient de fleurs, d'épis, de feuilles, mais généralement du classique bandeau ou diadème de Junon. Les couronnes étaient composées de feuilles de laurier ou de chêne (consacré à Jupiter). Les lauriers — léles laurées - étaient le signe distinctif du triomplie et ne se donnaient qu'à Yiniperalor ; César les porta le premier.

TYPES MONETAIRES. L EFPIGIE

i-ig. 24, 25 et 20. l'eies laurécs.

Marc-Aurélc. Constantin l". Scvcrc-Alexandre.

Le chcne symbolisait la victoire; Auguste, Galba, entre autres, apparaissent couronnés de chêne. Les autres couronnes étaient de métal. La couronne radiée — de profil on lui voit cinq ravons — décernée après l'apothéose du souverain, devint usuelle dès Auguste; depuis Caracalla elle est de récrie sur les doubles deniers.

Fig. 27. Couronne radiée.

Carus.

Fig. 28. Casque radié.

Probus.

Ces couronnes impliquaient tout à la fois la distinction inhérente au pouvoir et la récompense accordée à la valeur militaire du souverain ; selon que celui-ci avait accompli des exploits sur mer ou sur terre, qu'il avait pris une ville ou capturé une flotte ennemie, ces ornements se présentaient sous l'aspect de couronnes vallaires ou navales, murales ou rosi raies ; on les surmontait encore de lauriers, de feuilles de chêne ou de ra3'ons. Jusque vers le milieu du troisième siècle avant Jésus-Christ, le prince héréditaire ne porte en général ni couronne ni diadème.

Fig. 29. Britannicus comme "Caesar». Tcte nue.

D'après le dire des auteurs, xA.urélien et après lui Dioclétien auraient porté le diadème ; pour le premier il s'agit peut-être du bandeau royal de Palmyre ; pour le second, du bandeau grec, Dioclétien désirant ainsi se mettre à l'unisson du cérémonial grec qu'il avait introduit à sa cour.

Fig. 50. Diadème de l'Empereur Valentinien P^

Par la suite, on ne voit réapparaitre le diadème qu'à partir de Constantin le Grand, d'abord sous la forme du simple bandeau royal grec ; plus tard sous celle d'un collier garni de perleSj de pierres précieuses ou d'anneaux métalliques. Toujours est-il que sous l'un ou l'autre de ces aspects, le diadème se substitue bientôt et définitivement à l'ancienne couronne radiée des souverains de l'Occident. Les Byzantins ajoutent au diadème des pendeloques qui ballottaient au-devant des oreilles. Les rois sassanides portaient une

TYPES MONETAIRES. L EEFIGIE

parure tenant à la fois de la couronne murale et de la tiare, le tout surmonté d'une espèce de pompon (le fond du bonnet). Les princes goths avaient une coiflure particulière.

Fig. 51. Diadème des rois arsacides de Perse.

Fig. 52. Couronne des rois sassanides de Perse.

Au moyen âge surgissent de nombreuses variétés de couronnes, la plupart en forme de cercle métallique, les unes imitant le diadème antique, mais surmontées de motifs décoratifs : croix, lis, feuilles, fleurettes, les autres ayant l'aspect d'un mortier ou faisant corps avec une sorte de chapeau, d'autres encore étaient ornées d'un double rang de perles, etc. Depuis François h' la couronne feniiée est l'apanage du souverain, les autres princes portent la couronne ouverte. En ce qui concerne les princes ecclésiastiques du moyen âge on distingue: la tiare papale, le chapeau

Fig. 35. Chapeau du

quinzième siècle.

Italie.

I^'g- H- Chapeau de Louis XII.

France.

Fig. 35. Couronne du quinzième siècle.

Pièce d'argent aragonaise.

cardinalice, la uùtrc des archevêques, évêques et abbés mitres. En outre, au cours des quinzième et seizième siècles, on voit apparaître sur les monnaies et pour les princes séculiers ou ecclésiastiques, une coiffure qui tient du chapeau et du bonnet, le bonnet et le camail.

Coiffure. Barte. — Rien n'est intéressant comme d'étudier les détails qui, au cours des siècles, ont trait à la coiffure (chevelure) et à la barbe des personnages représentés sur les monnaies ; ces détails, au reste, constituent souvent les seuls indices qui, sur des pièces détériorées, nous permettent de reconnaître l'origine d'une monnaie. D'aucuns — et à défiiut d'autres indications, alors même que toute inscription a disparu — peuvent ainsi juger du premier coup d'œil à qui ou à quoi ils ont affaire.

Les monnaies des souverains orientaux, des dynastes achéménides et sassanides, par exemple, présentent toutes le signe phvsiognomique de ces personnages, savoir une longue chevelure et une longue barbe. Les rois de la Grèce et des peuples grécisés avaient les cheveux bouclés et la face glabre ; il en était de même chez la plupart des empereurs romains d'Auguste à Trajan ; ici une barbe courte est l'emblème de la jeunesse ou le signe du deuil. A partir d'Adrien et jusqu'à la lin de la tétrarchie dioclétienne, tous les empereurs portent la barbe, si tant est qu'ils eussent l'âge voulu pour se la laisser croître ; quant aux cheveux, ils apparaissent bouclés, plus tard coupés court. Comme signes distinctifs de certains empereurs, rappelons la perruque d'Othon, la tète chauve de Galba, de Gordien V' et de Carus, enfin les barbes très fournies des empereurs gaulois de Postume à Tetricus, la barbe pleine et philosophai de Julien l'Apostat, celle du rhéteur païen Eugène.

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