‹ Le collectionneur de monnaiesChapitre 12 sur 66 · TYPES MONI-TAIKF.S. I. EFFIGIE · texte numérisé non relu

TYPES MONI-TAIKF.S. I. EFFIGIE

Fig. 56. Tète laurée. Barbe.

Empereur Pupien.

Fig. 37- Chevelure de Constance II.

Les images des fils de Constantin se distinguent par un épaississement de la chevelure sur la nuque. (Fig. 3 7.) Un grand nombre de souverains byzantins et mérovingiens ont le menton et les joues glabres, mais portent la moustache ; de même quelques carolingiens et la plupart des princes du moven âge, comme on sait, abondamment chevelus. Jules II est le premier pape, Charles Mil le premier roi de France qui aient laissé pousser leur barbe. En Espagne, Charles- Quint inaugure la série des rois barbus. Depuis lors la mode a changé sans cesse, aussi les monnaies disent-elles ses fluctuations et ses caprices dans la façon de traiter cet attribut de la virilité (barbe pleine, favoris, royale, impériale, etc.), comme aussi dans la manière de porter la chevelure à l'état de nature ou conventionnellement doublée de la perruque et de la cadenette. Sur les monnaies des princes ecclésiastiques on retrouve des indications analogues ; ainsi un denier du pape Adrien F" (772-795) nous montre la grande tonsure romaine ou de saint Pierre, un bronze de l'évêque Athanase de Naples (877-900) la tonsure non moins grande des évêques du moyen âge. Des détails de ce genre sont fréquents sur les monnaies du quinzième siècle et des siècles suivants.

On pourrait écrire tout un livre sur la coiffure des femmes de l'antiquité. Si les princesses grecques changeaient de mode lors de chaque nouvel avènement au trône, à Rome la mode changeait tous les ans. A l'époque de César, à celle d'Auguste, les princesses portaient un chignon sur la nuque ; telles : Cléopâtre, Octavie, Livie ; plus tard, sous Tibère, Caligmla, Claude h' et Néron, elles tressaient leurs cheveux en une torsade pendante.

Fig. 38. Buste, tig. 5g. Fig. 40. Buste, torsade,

diadème, chignon. Diadème de Livie. Antonie,

Cléopâtre VIL mère de Claude l".

Sous Trajan, la mode devient extravagante, les coiffures sont surchargées, elles varient à l'infini ; pendant le laps de temps compris entre le règne de Sévère et de Dioclétien, c'est la tresse ramenée de la nuque sur le front qui prédomine (fig. 47).

Fig. 41. Buste, torsade.

Agrippine aînée, mère de Caligula.

TYPES MOXI:TAIR1->s. L EIPIGIE

Fig. 42. Buste.

Séverine, femme J'Aurélien.

Fig. 45. Buste.

Julie Domna, mère de Car.ncalla.

Les monnaies byzantines nous montrent des tètes de femmes dont les cheveux sont garnis de pierres précieuses et de cordons de perles. La numismatique du moyen âge est pauvrement documentée par rapport au sujet qui nous occupe, mais dès la Renaissance une toule de types monétaires reproduiront les modes variées qui surgissent au fur et à mesure, et à la représentation desquelles se complaît le burin des graveurs. On conçoit, après ce qui vient d'être dit, qu'en étudiant d'un peu près les particularités de la coiffure féminine que révèlent les pièces qui passent sous nos yeux, on puisse, en l'absence même de toute inscription, déterminer exactement l'époque et le milieu auxquels se rapportent les types dont ces détails racontent l'histoire.

Fig. 44. Coiffure Je Valérie, fille de Dioclétien.

Costume. Vêtements. Attributs. — En représentant non plus simplement la tète, mais le buste et à plus forte raison une figure en pied, l'effigie fournit au graveur l'occasion

d'adjoindre à Timage qu'il burine des attributs adéquats à la personnalité et de parachever un costume, tout au moins d'indiquer le vêtement habituel ou d'apparat. Les Bactriens et les Perses furent les premiers à « habiller » les ettigies de leurs monnaies. Les Romains suivirent en différenciant soiojneusement la tenue civile et la tenue militaire. Suivant ce qu'est la personne représentée sur la monnaie, nous vovons tour à tour apparaître la toge, le paludamentum, la chlamvde, le manteau cérémonial et brodé, l'armure, la cuirasse. Sur le milieu de la poitrine le « pectoral » Ç^cgis) se carre, ainsi sur les pièces de Néron, de Vespasien et de ses iîls, de Caracalla, de Probe, de Numérien.

Fig. 4). Représentation du pectoral, (l'aegis) de Caracalla.

l'ig. 46. Armure. Partie dorsale.

Lucius.

Des armes figurent également sur les monnaies : bouclier, javelot, lance, etc. On voit même à l'arrière-plan d'une pièce se profiler la tête du cheval de combat ; ainsi sous Probe et Maximien l". Fréquemment on y relève des attributs : massue d'Hercule, sceptre de Jupiter ou de Junon, ou bien des objets, signes distinctifs de la charge, du pouvoir ou des prérogatives : le bâton consulaire d'ivoire sur-

TYPES MONETAIRES. L EFFIGIE 47

monté d'un aigle, le rouleau scripturaire {volmiit'ii'), la uiappa^ le mouchoir avec lequel, au cirque, l'empereur donnait le signal de commencer les jeux. Sur quelques monnaies d'Auguste, de Néron, de Galba, de Vespasien, de Vitellius et de Titus, on remarquera un globe gravé sous le buste, le symbole, peut-être, de la domination du monde. Tout aussi fréquents, dès l'ère chrétienne, le labarum ou étendard chrétien qu'on portait au-devant du monarque, mais qu'on représente sur les monnaies comme tenu dans la main du souverain.

Fig. 47. Pièce de Galba, avec le globe. Fig. 48. Pièce de Constance Chlore,

avec bâton consulaire.

Au moyen âge, les rois sont représentés avec le sceptre (surmonté du lys, en France), et avec le globe impérial (ou royal). Les princes ecclésiastiques portent la crosse ou le bâton pastoral surmonté d'une croix. Plus tard, les effigies seront abondamment ornées, drapées, pourvues d'attributs variés. De nos jours l'effigie est réduite à la plus simple expression d'une tête, nue le plus souvent, quelquefois laurée.

Le revers d'une monnaie nous fournit fréquemment le complément nécessaire pour nous renseigner exactement sur ce qu'était le costume ou le vêtement dans son ensemble. On y pourra voir la figure en pied d'un empereur.

d'une impératrice, d'un prince ; tantôt la figure est toute droite, tantôt assise sur un trône quelconque, tantôt enfin le motif est équestre. Certains détails de la mode d'une époque y sont rendus d'une taçon très véridique ; les aperçus en sont curieux. Mentionnons les tailles étroites de la toilette des femmes du temps de Dioclétien. Sur les monnaies lombardes nous reconnaissons même la fibule ou agrafe, dont l'anneau plaqué sur chacune des deux épaules y soutient les plis des vêtements de dessus.

Le voile, tel qu'il était employé à de certaines périodes de l'antiquité , mérite une mention spéciale. Les reines grecques (Arsinoé II, Bérénice II), la reine sicilienne Philistis, et Cléopâtre la Syrienne, portent un voile, sans que nous sachions pourquoi. A Rome, le voile est l'attribut et le signe tout à la fois du sacerdoce (César comme pontife) et de la consécration; à ce dernier titre, on le trouve chez

Fig. 49. Tête voilée de la diva Pauliua.

lys souverains divinisés, empereurs et impératrices (Constance I", Maximien- Hercule, Constantin L"", Galère, Faustine l'% Faustine II, Domna, Maesa, Pauline, Mariniana). Dans les temps modernes, le voile foit partie du costume soit comme partie intégrante de la mode d'une époque, ainsi au quinzième siècle, soit comme caractéristique du vêtement des veuves ou comme svmbole du deuil (duchesse Bona de Milan, Berthe de Souabe [1176-1195] comme veuve du duc Matthias F' de Lorraine ), Marie-Thérèse, Victoria d'Angleterre.

TYPES MOXHT.MRKS. L EFFIGIE 49

Fig. 50. Coirturc de Marie de Bourgogne, fille de Charles-le-Téméraire.

Images de divinités. — La représentation des divinités sur les monnaies antiques affecte des formes infiniment variées. Il ne s'agit pas d'effigies, puisque les sujets n'ont pas existé, mais d'images. Aussi bien sur le droit, d'où, avec le temps, les effigies des souverains les en délogeront, que sur le revers des monnaies, nous trouvons les images de tout un Olympe de dieux et demi-dieux. Le premier en rang est Zeus — Jupiter — qui sous ses multiples incarnations était adoré dans le monde entier.

Apollon, Artemis, Aphrodite, Athene, Hera, Isis, Cybéle, Nemesis, Persephone, Poséidon apparaissent très souvent ; les images de Mars, de Demeter, Dionysios, Helios, Hercule, Mercure, Thetis, Triptolemos et d'autres, sont déjà plus rares. Par contre, une foule de divinités locales (sources, fleuves), et certains anciens dieux nationaux, tels ceux de rEg}'-pte, Anubis et Horus, tels le dieu asiatique Sandan, et le dieu lunaire des Syriens, Mên. A l'époque romaine on y ajoute Antinoos, le favori qu'Adrien glorifia « héros divin, » les divi ou empereurs apothéoses et toute une nombreuse série de personnifications : l'Abondance, le Bonheur,

l'Espérance, la Fertilité, la Joie, l'Union, la Justice, l'Amour, la Générosité, etc. Il n'est pas possible de nomenclaturer toutes ces figures se ressemblant les unes aux autres, en ce qui concerne les traits sous lesquels on les représente. Pour ce qui regarde les nombreuses divinités grecques nous renvoyons le lecteur au livre d'Overbeck, Kiiiistuiythologie, illustré de gravures numismatiques, et aux monographies. (Voir bibliographie.)

Fig. 51. Tcte de la nymphe Aréihuse changée en source, puis divinisée. Syracuse.

Motifs religieux. Images de saints. — A l'instar des anciens qui, ainsi que nous venons de le voir, ornaient leurs monnaies de sujets olympiens, les graveurs du moyen âge s'inspirent aussi de motifs religieux, avec cette difi^érence, inutile de le dire, que ceux-ci étaient pris dans le monde chrétien : les Romains commencèrent en représentant sur leurs pièces le labarum ou étendard sacré; les Bvzantins choisirent comme sujet de frappe le Christ et la sainte Vierge. Les Lombards suivirent avec l'archange Michel ; les papes intronisèrent saint Pierre sur le métal de leur numéraire. Les ducs de Naples donnèrent leur préférence à saint Janvier. Ces images de saints se distinguent des tètes des souverains en ce qu'elles sont nimbées. Le Christ est auréolé d'un nimbe cruciforme.

Au cours du moyen âge, les différents pays et évèchés, les différentes villes ou abbayes représentent sur leurs

TYPES MONETAIRES. L EFFIGIE

Fig. 52. Saint Ladislas. Fig. 55.

Pièce d'or Bractéate de Lucerne

de l'empereur Sigismond. à la tète de S' Léger.

Page 1