‹ Le collectivisme et l'evolution industrielleChapitre 13 sur 47 · O.SS · texte numérisé non relu

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A ce degré de développement la production est absolument anarchique et l'irresponsabilité des individus apparaît d'une manière éclatante.

Un événement politique qui se produit à Tautre bout du monde, une guerre, une mauvaise récolte, une révolution dans la technique, un changement dans le régime des impôts ou.

des douanes, peuvent, du jour au lendemain, ruiner Tindustriel le plus intelligent et le mieux avisé.

Les Bœrs assiègent Kimberley : c'est un désastre pour les diamantaires d'Amsterdam ou d'Anvers. ^

Le coton brut américain hausse de 30 centimes au kilo (novembre 1899) : les filatures de Tindustrie cotônnière se trouvent en pleine crise au milieu de la prospérité générale.

La politique protectionniste de M. Méline triomphe : les viticulteurs d'Hoeylaert-lez- Bruxelles, principaux fournisseurs de raisin forcé pour les tables françaises, se voient fermer leur marché principal.

Supposez que demain les pays du continent suppriment les droits d'accise et les primes d'exportation qu'ils accordent aux fabricants de sucre, nous obligeant à payer ce produit deux ft)is plus cher que les Anglais qui nous l'achètent : c'est la ruine pour les fabriques anglaises de biscuits, de confitures, de sirops et de marmelades, qui profitent de la vente du sucre à très bas prix sur le marché de Londres.

Supposez, au contraire, que les impérialistes anglo-saxons, pour protéger la fabrication du

sucre de cannes dans les colonies, imposent de forts droits d'entrée aux sucres de betteraves fabriqués en Europe: c'est la ruine de l'industrie sucrière sur le continent.

Les capitalistes vivent donc sous la perpétuelle menace d'inconjurables désastres, et — ce qui .met le comble à l'anarchie industrielle — il arrive constamment que les plus puissants d'entre eux, ceux qui ont le plus « d'estomac », s'efforcent de rester maîtres du terrain, de décapitaliser leurs concurrents, en vendant pour quelque temps leurs produits au-dessous du prix de revient. On connaît par exemple l'histoire de ces deux compagnies américaines qui ' cherchaient à monopoliser le transport du bétail, en diminuant à l'envi leurs tarifs. Finalement • — rapporte l'ingénieur Stévart* — l'une d'elle^, ne pouvant baisser davantage, acheta sous mains tout le bétail de la région et le fit transporter par sa rivale.

C'est en recourant à des procédés analogues que John D. Rockefelle^ — l'un des rois du pétrole — parvint à s'emparer des mines dé fer du Laie supérieur. Acquéreur des gisements les plus riches, employant les procédés techniques les plus perfectionnés, il faisait aux mines voisines une concurrence redoutable. Succombaient-elles dans la lutte, il les reprenait à vil prix, si elles lui paraissaient assez riches. « Résistaient-elles trop longtemps, il leur appliquait le procédé de Vunderselling; il vendait

1. Bulletin de l'Association des ingénieurs sortis de l'École de Liège, 1898, p. 106.

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tfu-déâdôûd da 6otxt&, lés foi'çaiit dtts^i à buiddtf ieilfs ptiX d^uné iHâhiêfe fui^ieui^e pùûV elléêf jué«}a'à ce que la faillite au là MUtaiéÉiôik tùïùû* taires les eût miséâ à sé^ pied^. Ltii, ^ôuVâtt saîld difficulté pètdte pendant plusiéUiN^ mais, s'il te féUÈiit, iiit chûqtië tonhë d^ taiMrA Vendue, tl possédait la bôuie^è là plu» téâgâê Cthë tô figer puné). Il Gâtait qué éellé de ses coûéUfi-èntâ âetàit épuliSée «ttalit te »lèân6 S *

P^f ellâ âgiôâeiïièilts Constituent, d^Aillêti^ë^ à déé de^f éd divers dé bitrtàlitë, là niôfiûàié ttf^ i'ànté dêô felàtiôni^ etlt^e êà()italiÉrt!èil.

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Corkaire» à oeréairesi Viia Tàulre k'aUaqaaiit, nt foitt pas leurs affaires i

Oui, jusqu'au moment où les vainqueurs, débarrassés de leurs rivaux, rachètent et audelà leurs pertes temporaires en faisant payer les frais de la guerre au public 4

La concurrence, dit Proudhon, tue la cencttN renc64

11 arrive, tôt ou tard^ un moment où les inconvénients de cet état de cliosé», de cette anatchie permanente deviennent tels, que les capitalistes s'efforcent d'y mettre fin par des ententes entre les producteurs* Quand il ne reste plus qu^un petit nombre de oonourrenis bien armés, qui se dressent les uns vis-à->vis des autres, comme

1. Paul ds ftousnas. Les industries MonàpÔliUêès %tS'Unis, p. 188. (Paris^ iSSj).

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des unités irréductibles, oft jptértd Yë f^«w^î de

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Le passage de l'anarchie au méne'pï^d* psfé--' i^ïS^e deu^ dergréd s=d?cc'é$si^t! l'tiâ^ ée^ f^âiôn itfedmï^îètfe (éûttelsi HngSy p€^h}i Vdimxt^ à^ fitàfott complété (tm^ts) êéê étMéptwe^ 'màxii^ tTrfé'Hes' ou é^infrflfé^'cklédv

i. — Leà Cartels

Le cartel est une coalition, litre et coi%ventiannelle^ passée entre des entrepreneurs de la m.ème branche, en vue de nionopxrfiser en com-mun le marché, tout en c^ôervant à leurs entreprises» une autonomie plu^ oi^ moins graiide '^

On peut,, en allant des plus sit^iptes aux pl\is coRv^lexe^^, distinguer q,uatrl espèces' de cartels: les cartels de prix, les cartels de production,, les cartels' d'écoulement, Tes cartels de participation.

1. l^isrAïAifN. Les caractères- et modalitêe des cartels* (ïtevue d'ÉcoHoûiie politique* Jtiill'ét f 899):

1* Cartels de prix.

Le cartel de prix est la forme la plus rudimentaire: c'est ralliance, la convention par laquelle un certain nombre d'industriels ou la totalité des industriels d'une même branche de production se mettent d'accord pour acheter à un prix uniforme les matières premières, ou vendre à un prix convenu les produits fabriqués.

Comme exemple de cartel d'achat, citons les fabricants de sucre qui imposent aux cultivateurs un prix unique pour la fourniture des betteraves.

Quant aux cartels de vente, ils sont de plus en plus nombreux depuis quelques années, surtout pour les produits encombrants, coûteux à transporter et qui, par conséquent, ne peuvent être vendus avec avantage au-delà d'un certain rayon. Les producteurs en profitent pour élever leurs prix sans avoir à craindre l'intervention des industriels trop éloignés pour leur faire une concurrence efficace. *

Nul n'ignore, par exemple, les cartels du coke ou du charbon, qui existent actuellenient dans tous les pays. En Belgique notamment, Fentente entre tous les bassins houillers est complète depuis de longues années pour les charbons domestiques. Quant aux charbons gras — ce pain noir de l'industrie — les sociétés charbonnières ont formé récemment des^ syndicats qui font peser une domination très lourde sur le reste du monde industriel.

Il a fallu, pour abaisser les prétentions excessives des a barons de la gaillelte », que Tadmi-

nlstration des chemins de fer se décidât à faire des commandes en Angleterre et — signe des temps caractéristique — la Gommissioh sénatoriale de l'industrie, dans lé but d'éviter le renouvellement de pareils faits, préconise l'exploita-» tion par l'État d'un certain nombre de charbonnages.

2® Cartels de production.

Le cartel de production est celui par lequel les chefs d'industrie s'obligent à réduire leur production dans une mesure déterminée.

Cette forme de cartels se rencontre très fréquemment dans l'industrie verrière, l'industrie sucrière,' la distillerie, etc. "^

Dans le courant de novembre 1899, le cartel de production formé par les filateurs de coton est parvenu à grouper 760.000 broches sur un total de 886.000 broches existant en Belgique.

« En vue — lisons-nous dans la Revue du Travail * — dé remédier à la crise produite par l'influence déprimante d'un stock anormalement élevé et pour éviter un arrêt dans la fabrication, arrêt qui s'imposerait dans un avenir plus ou moins prochain, l'Association cotonnière de Belgique a décidé qu'un grand nombre de filatures ferait ce Short time » dans une partie de l'usine, de manière à réduire la production d'un sixième. )>

Des conventions de ce genre sont la conséquence logique, voire même la condition de permanence des cartels de prix: aussi long-

i. Revue du Travail Décembre 1899, p. 1293.

t^ittps qae la pradiïctBoii n'^eât pas liinîtée, Itii» coavefAtiieyiis relartires aux prix nie pMiv«M èir^

(hrrablers.

D'^iinemaniëre géfrëpaled's^ilktird'^m peut i£re qoe k' co>Q>s0K^tîeriy de-d énféiftes^ itidil^etiéiidd^

externes ou des trahisons internes, est sinb^or-^ donnée presque toujours au passage des foriœs Ie& plus simples aux formes les plus complexes.

3* CurUls d'étfoutement.

Le cartel d'écoulement ne se borne pas à £»ef leaprix el à Umdter la productiron.: il est caractérisé surtout par la répartixion du débit et deâ commandeav d'après des rayons géographicjues. On étabUt dea « sphères d*inEu'ence x> propres à chacune industriel : eelufrci peut faire ce qu'il veut damsi son district, mats il nfr pe«Kt'em(piéter sm* le district de son voisin.

Le t}fpe le plas^ remarquable de cette fbrn^ de cartels — de plus en plus répaadue,. notam^ n^nt daiLS lesr iadustries houillère et métalluvgiqiie — c'est le syndicat des. charboms rhénanswestpbaliens^.. Quiconque veut acheter, directeintent ou indirectement^ des charbons rhénane* w^stphaliens se trouve en présence,, non plus de sociétés concurrentes, mais d'une seule société, chargée spécialement par le syndicat d'exécuter l'ardre en question. Il y a dooc pëpartibion des commandes d'aprèa leur provcnamce,^ mais il n'y a. pas encore — ce que nous allons trouver dans la forme la plus développée des eartels^ ^^ Fépa3r6i4;iow dés^

4* Cartels de participation.

Les cartels de participation^ connus sous le tiofti de pools en Angleterre el sHix États-Unis, laissent le» entreprises distinctes et accordent uûe cérUàne autonomie à lettre membres^ mais les bénéfices sont partagés au prorata du capital engagé par chacnn^

Comme type de eotte forme de syndicat^ on peut citer The Dynamite trust Company ^ qui a iitsioûné la plupart des fabrique^ de dynamite anglaises otallemsndes et conclu une convention relatire au partage des bénéfices avec les autres fabriqués de dynamite el dé poudre à canon jttlu^es dans ces deux pays.

DmiB les cai^els de cette espèce^ la socialisation de l'industrie est à peu près complète; ntkià si puissantes^ si foirtement organisées que puissent être ces vastes usines, l'écueil reste toujours, avec les dissensions intestines, la concurrence possible de sociétés nouvelles. Et. Surtout dans les bi^anches commerciales où lii^ majeure partie du capital est circulant au lieu d^ètre immobilisé^ comme dans l'industrie^ ces concurrences peuvent surgir d'un moment à Tautre. Aussi est*<il nécessaire d'opposer à ces concurrents éventuels une organisation tellement solide, des capitaux tellement puissants, . que l'écrasement des entreprises nouvelles soit toujours possible.

tï. — Les trusts

If dus arrivons ainsi ^ pàt* des transitions insen« sibles, iu Qioment où les cartels, de plus en

plus complexes, aboutissent au trusts, c'est-idire à la fusion des entreprises associées.

Personne n'ignore que c'est, dès à présent, la forme dominante aux Etats-Unis, où* le développement du capitalisme n'a pas rencontré les obstacles que lui opposent en Europe les débris des structures sociales antérieures.

« Tout est de plus en plu« organisé en trusts — disait un citoyen de Chicago à Paul de Rousiers, recueillant des documents et des témoignages pour son livre sur les industries monopolisées aux Etats-Unis. — Voyez ces immenses magasins de détail (Department Stores) qui vendent de' la batterie de cuisine et de la chaussure, de Tameublement et de la lingerie; ils tuent le petit commerce, rendent la concurrence impossible, réduisent à la situation d'employés des individus qui auraient pu monter une/affaire indépendante. Voyez ces colossales "constructions en fer et briques, les business buildings à vingt étages où s'entassent des milliers de bureaux, de coniptoirs, de banques, donnant ainsi au terrain qui les supporte et aux terrains avoisinants une valeur énorme, au détriment d'autres terrains qui ne trouvent pas preneur à cause de l'accumulation abusive d'étages dans les quartiers commerçants de la ville. Voyez ces gigantesques abattoirs, ces packing howses où s'opère tout le travail de la boucherie et des conserves de viandes. Le boucher de détail a disparu chez nous, les wagons réfrigérants transportent les quartiers de bœuf paré (Pressed beef) dans toutes les villes de l'Union, où dea

marchands de viande les débitent. Quatre hommes, les Big Fourj détruisent ie commerce de la boucherie dans la libre Amérique. Voyez les grands moulins de Minneapolis qui centralisent les farines du Nord-Ouest. Voyez nos grandes compagnies de chemins de fer qui détruisent ou absorbent les petites compagnies rivales.

Voyez le pétrole, le sucre, le whiskey, les cordages, l'anthracite, Famidon, l'acier, l'huile de lin et l'huile de coton, le caoutchouc, etc., monopolisés par quelques individus *. »

D'après l'Annuaire du Journal of commerce and commercial bulletin de New- York' (Mars 1899), il y avait à cette époque, aux États-Unis, 353 trusts d'importance variable, avec un capital global de 5.832.882.842 dollars, soit 29 milliards de francs I

Les plus formidables de ces trusts étaient :

The joint traffic Association, capitalisée à 7 milliards 20 millions de francs; la Beading Coal Company, à 750 millions; la Western Union Telegraph Company, à 477 millions ; l'Americali Sugar refining Company, è 375 millions; la Standard Oil Company, à 500 millions ; le Trust de l'épicerie (Wholesale Grocer's Association of New England) à 375 millions, la Central Lumber Company, à 350 millions, etc.

..Depuis mars 1899, beaucoup de nouveaux trusts ont été fondés, si bien qu'au mois de mai 1900, l'auteur d'un article publié par la Revue des Revues en arrivait à conclure que

1. Paul db Rousibrs. Les indastries monopoUsées aux Étatê-Urds, p. -a. (Paris, 1898). — Voir câ-aprcs, p. 274.

« 81 l^on additionnait les capitiiux des différents trusts fonctionnant un peu partout, mais enregistrés légalement aux États-Unis, on atteindrait certainement une somme qui ne serait pas très inférieure au chiffre inouï de cinquante milliards^ dix fois la valeur de l'indemnité de guerre payée par la France à l'Allemagne après les désastr^8 de 1870. »

Parmi ces organisations géantes» les plus caractéristiques, celles qui ont servi de modèlent à toutes les autres, sont, à coup sûr, les trusts du pétrole, du sucre et de Facier *.

Le trust du pétrole — The Standard OU Com^ pany — qui date de 1872, détient toutes les

1. DsRouziBRS. op. e^^,pp. 16-77, 180-188. Les oonclusions in livre si biendoeumenié de de Rouziers s'éeattent sensible* ment des conclusions socialistes. L'auteur attribue en effet le déreloppement des Trusts, soit aux conditions spéciales de certaines industries .(rafi&nerie du pétrole), soit à l'influence des tiirifs protecteurs (raffinerie du sucre, etc.). On trouvera la réfutation de cette thèse, par un auteur non socialiste, dans le discours prononcé par le prof. W,-J« AsBLBY, au dîner annuel de la British Economie Association, du 22 mars 1899 ( The American Trusts. — Economie Journal. June 1899). Après avoir montré que la tendance an monopole existe à des degrés, divers dans tous les pays industriels et ne constitue nullement un phénomène spécial aux Etats-Unis, Ashley concluait en ces termes : « Longtemps svant que nous en arrivions à l'État socialiste — à supposer que nous y arrivions jamais — la difficulté fondamentale du socialisme, la distribution du produit social, sans Taide de la concurrence, ^'imposera sous upe forme ou une autre aux préoccupations de tout politicien pratique. * L'orateur Insiste, en terminant, sur la nécessité d'étudier la monopo* lisatios des grandes industries en Angleterre, où, malgré l'abondance des faits, la littérature est très pauvre sur cette question. Voir cependant l'article de MAcaosTT : Tkt Qrowth of Monopoix in British Industry. (Contemporary Reçiew, Mais 1899). — Voir aux Additions ci-après, ^.«^74.

^aB»Usation9 [pipe lines\ l^Migoes parfais de emq à six ceiif s kilomètres^, qui relient les Hemi de^pfodueliîon, lei» champs^ det pélrtyle^de la Pens jtv«nie et de l'Ohia^ aux raffineries situées sur la côte de TAtlantique ou les bords de^ grands, laes. Toutes ces r»ffi0er»e9 sont la propriété do trust. Necif pers^nnee possèdent te gigantesque capital (500 millions de francs) mis en ce^nvre. Lear monopole^ contre tequei seM Tenues se briser toutes te& \m» ré^re^sârres, est à peu p^è6> absolu. Le trust américain passe dl'ai)letir9 pour avoir, sur uni tkéâtre pkis ^aste encore, conclu une entente arec le^ détenteurs dtt» péfr^c^de Galicie et du/ Cattcase : triple allianee d^nn nouveau ge«re, por laquelle tés RcrckefeDer, \e9 Rotbsdldld de Londres et les Rothschild de Vienne se s>eraienf partagé l'ap* prtmsroniMMnent de l'Europe.

Le trust du sucre, ou plus exacterwe»! le tn*sl de la raffinerie de swcrc — The Amepiean Sagnr refining Cmnpcmy — fevwté sewfg la pnotectioft de tarife douaniers fOTmidabteB^, wwwsopeii'se aajmird'hiri towte la fâhricatiem, alors qu'en f 880 iï y araît dtnx États-Fnis^ 49* firmes, disposanrt d^u^n^capital de 27 miifiows' 1/2 de daïlars. Po'uir consolider ce nwmopole,» le trus* a actoeKé d-e» chemîi» de fèr et des fabrique* de lotîtes espè^ ces^ ; f\ est, e» entre, intéressé dans quantité ê^9(^i^e9 entreprises, telle» que te- fni«t èet la farine des États de New-York e« duMîimesota, le tPTTS^des'iwagasm's de Brooidyn, desti'^ainwayffde Proridence, de plusieurs eompa^nres âe cfteiwws de fer et d^un certain nonyftreî de Banques»

Quant au trust é^e Tacier, il doit sa fondation, au début de Tannée 1897, à raliiance de Carnegie, le célèbre fondeur de Pittsburg, et de Rockefeller, le roi du pétrole et des mines de fer.

Carnegie occupait déjà le premier rang parmi les fabricants d'acier Bessemer ; il était au centre du bassin houiller le plus riche de la Pensylvanie, cette terre promise du charbon. Si les minerais du Lac supérieur pouvaient arriver à Pittsburg, dans des conditions aussi avantageuses qu'à Chicago ou à Cleveland, c'en était fait de ses concurrents.

De son côté, nous l'avons vu, Rockefeller avait accaparé les admirables gisements du Lac supérieur. 11 avait acheté des chemins de fer, créé des docks, armé une flotte d'énormes navires, spécialement aménagés pour le transport des minerais, A la fin de 1896, cette flotte se trouvait en état de faire une concurrence ruineuse au^ anciens bâtiments affectés jusque là au transport des minerais. « Le roi des mines de fer, dit de Rousiers, pouvait donner la main au roi de l'acier et affronter avec lui n'importe quelle coalition. » C'est dans ces conditions qu'intervint la Rockefeller Carnegie Combina^ tion : la Compagnie du Lac supérieur loua ppur cinquante ans ses mines et sa flotte à la compagnie Carnegie, qui se trouve dès lors maltresse absolue du marché.

Les conséquences de cette concentration ont été naturellement désastreuses pour les autres producteursi mais on ne peut pas dire qu'elles

aient été mauvaises pour les consommateurs :

tout en réalisant d'énormes bénéfices, Carnegie- Rockefeller ont pu abaisser leurs prix et entreprendre la conquête du marché européen.

D'une manière gén^érale, d'ailleurs, lejs graves inconvénients politiques et sociaux de ces grands monopoles sont, en partie, compensés par les avantages de la socialisation du travail, ta supériorité technique de la production sur une vaste échelle. Les outillages /défectueux, les méthodes archaïques, les structures industrielles surannées disparaissent, écrasées par la concurrence ou systématiquement supprimées par l'administration même des trusts. C'est ainsi par e:xemple que le Whisky Trusta qui avait embrassé 80 fabriques, en ferma sur le champ 68, pour concentrer la production dans les 12 autres, pçurvues de tous les perfectionnements de la technique moderne V

Grâce à ces procédés de sélection artificielle, qui aboutissent, en dernière analyse, à diminuer le coût de production, il arrive fréquemment que leS'trusts, constitués dans le but de relever les prix, finissent, au bout d'un certain temps, par les abaisser. Mais il n'en reste pa,s moins vrai qu'au début les consommateurs paient plus qu'ils ne payaient auparavant — nos ménagères l'ont éprouvé pour le pétrole — et que, plus tard, quand les avantages de la grande production commencent à leur bénéficier, ils paient encore plus qu'ils ne devraient payer, si

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