‹ Le collectivisme et l'evolution industrielleChapitre 14 sur 47 · Libfmahic. /. cit. (Rev. d*Écon. poL, 1899, p · texte numérisé non relu

Libfmahic. /. cit. (Rev. d*Écon. poL, 1899, p

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les protluîts qu'ils achètent n'éUienl grevés de lourdes taxes au profit ^s monopoles capita* listes.

On ne pourra bientôt plus, disait récemïneiit un journal américain, ni boire, ni wjmger, ni sTiabiller, ni consommer quoi que ce «oit sans payer un tribut à tib trust quelconque.

Supposons, par exemple, que tous dlniei dans quelque restaurant de New- York ou de Philadelphie. «Le garçon apporte l'apéritif: le cocktail, dont le principal élément est le whisky^ se trouTe sous le contrôle du Whisky Tr%ist (capîlal 35 millions de dollars). Le potage dépend du BecfTfusi de Chicago (100 millions de dollars); les huitres du Oyster Trusta récemment fondé (5 millions de dollars). — ^ Vous demandez des hors-d'œuvres — radis, céleris, olives — préparez votre écol poqr le Farm and dairy product Trust {\h millions de dollars); au poisson apparaît le Fish Trust (10 millions de dollars); au rôti, le Fowls Trust (20 millions de dollars). — Arrive le dessert : le pudding est un produit de Y American Flour C* (120 millions de dollars); les fruits, de Y American Fruit G*; les biscuits, du National Biscuit Trust; }a crème fouettée, de V American Ice Cream O*. ■— Il vous plaît de boire du café ou de fumer un cigare : n'oubliez pas le Coffee Syndicale (60 millions de dollars) et le Tobacco Trust (75 millions de dollars). Cela fait beaucoup de trusts à la fois. »

Et ce qui est vrai pour la table ne Test pas moins pour les autres choses nécessaif^es à la vie Avec une rapidité croissante, les Trusts,

j^àcë à leur supériorité productiviste, envahiBsent toutes les branches d'industrie, consolidant sans cesse leur triple domination, économique/ sociale et politique. Car ce ne sont pas seulement les consommateurs, mais encore, et surtout, les travailleurs, au point de vue social, et. la généralité des citoyens, ati point de vue politique^ qui éprouvent les multiples nuisances d'un régime où tout concourt à fonder la suprématie des grands riches.

irn'est pas douteux, en effet, que la concentration réalisée par les Trusts y en augmentant la cohésion des entrepreneurs et en grossissant l'armée de réserve du travail, affaiblît d'autant la puissance relative des coalitions ouvrières*

D'autre part, lorsque les travailleurs, reconnaissant que les moyens économiques ne suffisent plus, à eux seuls, pour leur assurer la victoire, se tournent vers l'action politique, ils se retrouvent en présence de la ploutocratie des classes maîtresses, occupant toutes les positions, trafiquant de tous les mandats, inspirant toutes les résoliitions d'un personnel parlementaire ou administratif, trop souvent servile et corrompu. Ce sont les Trusts qui régnent à la Maison-Blanche, délibèrent dans les Chambres, règlent à leur profit la tarification protectionniste et décident, en dernier ressort, de la , politique étrangère.

Mais si odieuse que soit leur tyrannie, si révoltaBts que puissent être les abus de l'appropriation . capitaliste, ils ne doivent pas faire oublier que les grands monopoles, en central!-

sant des forces productives, prépaient et facilitent ravénement d'un régime nouveau. Vouloir enrayer leur développement, ce serait entraver l'expansion même de Tindustrie ; socialiser leurs avantages, tel doit être le but poursuivi. C'est ce qu'un collectiviste américain, Daniel de Léon, a fort bien exprimé en ces termes :

fi L'échelle le long de laquelle l'humanité a monté vers la civili^sation, est le progrès des méthodes de travail, l'instrument dç production de plus en plus puissant (^Ae ever morépowerfUl tool o f production) . Le Trust occupe le sommet de l'échelle. C'est autour de lui que la tempête sociale moderiie fail^ rage. La classe capitaliste cherche à le conserver pour son usage exclusif. La classe moyenne cherche à la briser, faisant ainsi reculer la marche de la civilisation. Le prolétariat chet'che à le conserver, à l'améliorer et à l'ouvrir à tous. »

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