II. — Exploitations agricoles
La réaction du capitalisme sur l'agriculture, en augmentant la population industrielle et commerçante des campagnes, favorise lé morcellement des exploitations — ce qui permet de hausser les fermages — et le pullulement des cultures parcellaires fournissant des léirumes
vners.
D'autre part, nous avons étudié ailleurs ^ et K. Kautsky exposa magistralement dans un des chapitres de son livre sur la Question agraire %
(1) Le Socialisme en Belgique, pp. 416 et s.
(2) Kautskt. Die Agrarftage, chap. VIL V. égftlemeiit «ur les avantages comparatifs de la petite, moyenne et |^ande calture, SomAaT, Vergleiehung déê Grùêê'-Mittel'>und
les causes économiques et techniques qui entravent actuellement les progrés de la grande cuUu* re : insuffisance et cherté de la main d' œuvre, attirée de plus en plus par les villes et les centres industriels; action de la concurrence étrangère plus redoutable pour les gros fermiers^ produisant avant tout des valeurs d'écliange^ que pour les cultivateurs, produisant en majeure partie des valeurs d'usage ; absence presque complète d'intérêt, pour le locataire,. à réaliser des améliorations qui profiteraient surtout au propriétaire du sol et pourraient se traduire, en der«* nière analyse, par une augmentation des ferma* ges, etc. Malgré tous ces obstacles, d'ailleurs^ on constate que, dans certains pays^ comme la Belgique, où le développement du capitalisme avait d'abord produit le phénomène contraire, le nombre des grandes exploitations augmente, tandis que celui des petites diminue.
L'annuaire statistique de la Belgique, pour 1900, s'exprime à* cet égard dans les termes suivants : <c Ce sont exclusivement les exploitations de moins de 5 hectares, et notamment celles de moins de 2 hectares, dont le nombre a diminué (84.569). Au contraire, les exploitations au-delà de 10 hectares (et spécialement au*delà de 50 hectares) ont augmeptè de 3.789. La concentration de la propriété foncière, qui correspond au développement de la grande culture et de l'élevage, s'accuse ici d'une façon très nette.
Klemgrnndbeeitze» mit Bezug aaj ihre wirthschaflliche LeîstungafdhigkeiU (Extrait de Zeitschrift der Landwirih' êcha/tskammer/àr die Provîaz Schle»ien), — V. ci-apr., p. 275
n 8%st produit, cfoptiÎB 188&, un siouvemeiil inverse de celui qui avait été constaté de 1»866 à 1880, où le nonrbre' de& petiÉesi cxploilatûons 3'étaitconBidérablei]l)i«n« accru, tandis' qae celiû des grandes exploitations avait beaucoup* dimir nué. Actuellement, c'est la petite propriété rurale qui s'efface devant lia g^ande^ culiuce.. ». * Certes, nous ne prétendions pas que cette cou*centratixin des cultures soit un phénomène général. Les statistiques agricoles de VAUemaigûe, par exemple, donneât de» résultats diamé* traFement opposés '. Maisr nous avons vu que^ d'ans tous les pays^ alors- mém«* que le nombre des petits cultivateur^ augmenta, le nombre des petits cultivateurs indépendcmùfy des paysans propriétaires du sol, se réduit sans: cesse.
IIL — Exploitations industrvelîes
La coacentration industrielle excluant Tes petits producteurs des branches fondamentales de 1^ production, les refoule ou |ies confine dans les industries dont le caractère local, spécial, artistique on somptuaire, ne se prête pas, ou ne se prête, pas encore à la division du travail, à Tintroduction du machinisme et à là coopération; des travailleurs. Mais, d'autre part, il n'est pas douteux que le développement du capitalisme ait pour effet d'augmenter le nombre de ces