‹ Le collectivisme et l'evolution industrielleChapitre 21 sur 47 · Ittiroduotâon» p. XLI. (BnueUes · texte numérisé non relu

Ittiroduotâon» p. XLI. (BnueUes

2; Hkbtz» Die agrarisei^n Fragen im Vèrkâttniêt zum SocimUêmuê (Wien, 1899), pp. 83'eft •.

industries et le nombre d'exploitations qu'elles contiennent..

Dans les campagnes, tout d'abord, à mesure que la production de valeurs d'usage, pour les besoins domestiques, fait place à la production de valeurs d'échange, les gens de métier, les petits producteurs travaillant pour le marché local deviennent nécessairement plus nombreux.

En second lieu, tandis que les grandes industries se concentrent, la spécialisation du travail engendre constamment des industries nouvelles, rameaux détachés des souches maîtresses de la production. C'est ainsi, par exemple, que dans le dernier recensement industriel du Hainaut *, nous trouvons à côté de la verrerie, de la métallurgie, de l'industrie charbonnière, quantité de métiers ultra spéciaux, de formation récente, tels que la fabrication d'allumefexùL en rognures de bouchons, de brides pour sabots, de chapeaux en cuir pour mineurs, de chapelets, de confetti^ de semelles en bois pour galoches, de serviettes pour filtres et tutti quanti. Or, beaucoup de ces industries, à raison d,e leur spécialité ou de leur nouveauté, n'ont pas encore dépassé les premières phases de leur évolution et grossissent d'autant le nombre des petits producteurs.

Enfin, l'enrichissement de la classe capitaliste, dépensant improduçtivement une large part de ses profits, favorise le développement

1. ReceaseB^nt général des industries et «l«:a métiers, 31 octobre 1896. Répartition géographique des industries tt dts métiers, Provinct de Hainaut. (Bruxelles, Hayes, 1899).

des métiers d'art et de luxe, des industries de toute nature, qui produisent le superflu d'une minorité, pendant qu'une grande parti® de la population manque du nécessaire. Or, presque tous ces articles sont confectionnés, du moins au début, par des travailleurs manuels, soit à domicile, soit dans les ateliers de la petite ou moyenne industrie.

^Bref, dans toutes les sphères de l'activité sociale, nous constatons que la concentration et l'automatisation qui s'opèrent dans certaines branches, n'empêchent pas, et souvent même favorisent l'incessante formation d'entreprises nouvelles, occupant un nombre^ restreint de travailleurs *.

Seulement, il existe entre ces petites entreprises, de création moderne, et les petites entreprises de l'ancien type, la même différence qu'entre les rameaux qui couronnent les arbres d'iine forêt et ceux qui forment les broussailles d'un taillis.

Les premières empruntent toute leur vitalité, toutes leurs conditions d'existence au grand arbre de la production capitaliste : c'est lui qui les fait vivre; c'est de lui qu'elles dépendent absolument *.

1. Sur les causes qui tendent à maintenir la petite production, dans certaines branches d'industrie, v. Gonner. The survival of domestic industries, (dans The Economie Journal. March 1893). Kovalewskt. Le régime éeonomiquede la Russie, Cbap. V. La grande industrie et l'industrie domestique. (Paris, Giard et Brière, 1898.)

2. Kovalewskt, Ibid. p. 173 : < C'est un trait particulier et propre à notre petite industrie, que les Russes nom-

— liO —

Les autres, au contraire, luttent pour la yie contre le géant, dont l^s racines dévoratrice» et les puissantes frondaisons les privent de» sucs nourriciers de la terre et de te lumière yb% vifiante du soleil : elles conservent teur indfépendance, mais elles végètent et s'éttolîent, e» attendant ïeur complète di'sparition.

S:4« BéiRunA et o09i^liifllaMi

Ce qu'il faut retenir, en somme, des^ ob}ec^ tiens que nous venons de passer en revue, e'iss^ que la concentration capitaliste, résultant de ht productivité supérieure du travail en commun, ne s'effectue pas avec autant de rapidité et de simplicité qu'on pourrait le croire, en observant,, d'une manière exclusive, les principales indus^ tri^s. *

Gertes, il n^est pas douteux qu'en règle générale, la production pour les besoins domesti^ ques tende à se restreindre, le métier à se transformer en fabrique, la fabrique collective en fabrique concentrée. Mais, de ce que l^k grande production mécanique gagne incontestablement du terrain, malgré toutes lés résistances qui s'opposent à son extension, il ne s'ensuit pas nécessairement que, si l'on conai-* dère l'ensemble des industries d'un pays, les

ment : « koustamata promyscklenost n, en 1%, comparant à un arbrisseau, de n'être pas seulement le déreloppement naturel de l'industrie de famUle, mais encore uir dérÎTé ^e la grande industrie capitaliste, j»

duvtierd a domioilô et Uè petite pi^dtl(5teufft Autonome» deVioKifielit ni<)itis &oiinbrèu:!t:.

Il peut arriver, et il àrrÎYë »*" pëfldànt t[tife le tna€biaism(3 progresse 4^ûs certaine^ branches auk dépende de rindudtrië k domidié ^^ <}ué> dtas d'autres branches, cette de^biëré cotti«' pense, et au'-delài, les pertes qu'elle éprouve, éû recrutatit des traydilleurs parmi lés artiëâhs déchus et les can^pagnards.

Il peut àrriter aussi, et tl arrivé -^ làïidiè ijue dane certaines régions, Titidustrie de fabri^Ué^ concentrée ou collective, absorbe OU àë^erVit lee producteurs indépendatits^ incapables de lui résister ^-^ que, datis d'autres régiétià nioins avancées, V^^^^îtistrie de métier âe déVë^ Idppe aux dépens de la production pour leë besoins du métiâge, ddnt le domaine se rétrécit constainment.

Et c'est préciséiHent cette irréversible régreë^ sion de l'économie domestique fermée, vivant pour elle-même et par elle-même, qui nous donne la clef de la contradiction apparente entré les résultats globaux de la statistique et le fait indubitable de l'expropriation des petijts pro'* ducteurs par les grands : malgré la concentration industrielle, le nombre des ouvriers à domicile, parfois même dès artisabs, peut contipuer à s'accroître, parce que le nombre des travaux exécutés au foyer par les membres de la famille va toujours en diminuait.

Mais, quoi qu'iLen soit, à mesure que l'éco** nomie familiale fait place à l'économie d'échange et que la spécialisation des travaux multiplie

les relations entre les producteurs, rhégémonîe politique et sociale du grand commerce et de la grande industrie s'affirme déplus en plus.

Qu'importe, en effet, le plus où moins grand nombre d'exploitations individuelles, dans les métiers locaux ou accessoires, dans les industries nouvelles ou spéciales, dès l'instant où le capitalisme détient les organes essentiels de la production et de l'échange?

Que peuvent les cultivateurs parcellaires, les détaillants, les petits patrons des industries d'art ou de luxe, devant les toutes puissantes coalitions de grandes entreprises qui gouvernent les banques, effectuent les transports^ exploitent les industries extractives, utilisent la majeure partie des produits agricoles, produisent ou distribuent tous les articles de consommation courante et développent de plus en plus la division et la coordination du travail social ?

Alors même que les anciennes formes subsistent, les producteurs indépendants deviennent des producteurs interdépendants. Directement ou indirectement, tous coopèrent à une œuvre commune ; et c'est principalement à cette coopération nationale et internationale qu'il faut attribuer la formidable expansion des forces productives depuis le commencement de l'ère capitaliste.

Seulement, dans une pareille association, forcée, mécanique et le plus souvent inconsciente, la grande majorité des coopérateurs n*a aucun intérêt à augmenter le rendement social. Les

fonctions directrices appartiennent, quelquefois par droit de conquête, le plus souvent par droit de naissance, à la seule classe propriétaire. La coordination des efforts reste absolument imparfaite. L'acharnement de la concurrence oppose un permanent obstacle au règne de la solidarité entre les hommes et entre les peuples. Les formes inférieures de la production et de l'échange se perpétuent, d'autant plus résistantes qu'elles 'sont plus abjectes. Le nombre des parasites, des inoccupés volontaires ou involontaires va toujours augmentant, et les progrès mêmes du capitalisme — qu'on veuille relire, à cet égard, les premières pages du Manifeste de Marx et d'Engels* — font transparaître de plus en plus ses intimes et profondes contradictions.

La socialisation croissante de la production augmente le rendement du travail, mais supprime les avantages et développe les inconvénients de la propriété individuelle en multipliant les travailleurs sans capital et les capita* listes sans travail. *

Le développement du commerce, le libre échange des idées des hommes et des produits, la généralisation même du devoir militaire rendent la guerre plus difficile, et, d'autre part, le déséquilibre de la production et de la consommation, la recherche fiévreuse de débouchés nouveaux, la conquête du monde colonial — cet État de l'avenir des sociétés bourgeoises —

1. Dos kommunistUehe Manifest, ÎSiS. (Trad. par Gh. Aiidler. Bibliothèque aocialiste, &<> 8.) ^

mobile, de 1a guetté à éoupë d^ toyi» d'ar^ (!omme dirait Bismat'iik, él<^ sôus r&ttgoii&dMl# menace d'atie cotilldgrâtioâ géiiérftlé --^ ptr^ pëtuem Ité hoîf eurs At U guerfê <duvene^ à la périphérie du mt^nde civiiiié*

EûfiA) tandis que U tendance à réduire lé salaire àu minimum, à prolonger jutqa'à seâ limitée leé plue extrêmes la journée dé tmv^il^ à remplacer l'ouvrier par la mucbine^ l'homme adulte par et femme et eei» enfante, afin d'acs* croître sane cesse le profit, reste la préoecupn^' tion dominante^ inévitable^ de la production capitaliece, elle engendre en même tempe, oreii^ sant ee propre tombe, lee forcée révolution^ naires qui s'organisent^ prennent conscience de leurs moyene et d# leur but, et conetituont dèe à préeent, dane les en» aillée de la eodété moderne, le puieeant emt^yoû de le eociété to^ lectiviste 1

ith

Page 1