‹ Le collectivisme et l'evolution industrielleChapitre 27 sur 47 · fc L'enrballage donne lieu à des Abus eousidérables. Une · texte numérisé non relu

fc L'enrballage donne lieu à des Abus eousidérables. Une

fraude quantité de margafine est Tendue aux détaillants ans les récipients les plus dirers : corbeilles de luxe, ustensiles de ménage» ustensiles de cuisine, etc. Les prix ukôm^ auxquels ces récipients sont laissés indiquent clairement qu'ils sont destinés à masquer la marchandise, au moins autant qu*à la contenir, et l'on est étonné parfois de la quantité de margarine que débite, dans sa cave ou dans une arrière-boutique, tel négociant que son étalage ferait à

λremière vU(e ranger parmi les vanniers, les quincailliers ou es ferblantiers. » Rapport Mérode sur la proposition de loi ayant pour objet la répression des fraudes au moyen de la margarine. (Cbambre des représentants, 7 mars IvOO).

de plus désagréablement suggestif que cette description du baron Fréd. de Weîchs-GIons, dans une étude delsi Reçue d'Économie politique sur la municipalisation de la boulangerie :

«(c Entrons un peu, nous dit-il, dans un des fournils quelconques de nos boulangers ; nous ne tarderons pas à éprouver un profond dégoût k la vue de ce qui s'y passe, contrairement aux règles les plus élémentaires de l'hygiène*. Nous les voyons presque tous installés dans des réduits sombres, humides, plus bas que la rue, DÛ l'on n'arrive que par un escalier en casse-cou ou une échelle, dans des caves sans ventilateur, qui doivent même être éclairées de jour, qui sont sales et regorgent de toute espèce de vermine. Le plancher, le plafbn4^ les parois n'en sont que rarement ou jamais nettoyés, lés lieux d'aisance en sont repoussants et sans eau d'^curage et souvent établis à l'intérieur du fournil. On ne peut s'y laver, on n'y voit ni mouchoirs de poche, ni crachoirs, ni évier au-dessous du robinet à eau. Les pétrins y servent de lits et de baquets à laver le linge, et c'est même avec de l'eau sale que l'on fait la pâte ! L'air ne s'y renouvelle que rarement ou jamais, surtout en hiver, pour y économiser le combustible ; aussi y est-il asphyxiant, étouffant de vapeur d'eau et de charbon, de fumée de tabac, de produits de la fermentation et d'odeur de transpiration. »

Certes, nous ne prétendons pas que cet état de choses soit général, que l'industrie boulangère produise partout dans des conditions aussi déplorables qu'en Autriche ; mais, en tout cas,

il est incontestable que la fabrication du pain, dans les grandes coopératives, fait un heureux contraste avec ce lamentable tableau. Aussi est-ce, en partie, dans le but de généraliser les avantages de ces fabriques modèles, que Ton propose la municipalisation ou Tétatisation de l'industrie boulangère S

C'est également pour des motifs d'hygiène et, en même temps, pour éviter un formidable gaspillage de temps et de forces, que la municipalité de Glasgow a mis à l'étude un système de distribution commode du lait, préalablement analysé et stérilisé par les agents de l'administration. Les auteurs de ce projet, dans une brochure intitulée •: La 4aitùère et le facteur^ insistent longuement sur ce fait, qu'indépendamment des avantages hygiéniques de la distribution communale du lait, on économiserait ainsi tout le temps que les laitières dépensent pour effectuer le transport à domicile — transport auquel suffiraient un petit nombre d'agents, distribuant le lait, de porte en porte, exactement comme les facteurs distribuent les lettres et les journaux.

En somme donc, et nous ne multiplierons pas inutilement les exemples, il n'est pas douteux que l'exploitation par l'Etat ou parles com« munes, n'étant pas dominée par la préoccupation exclusive du profit, présente tout au moins

I. Db Wbighs-Glons. La municipalisation de la boulant féerie (Reçae d'Écon, poL, oct.-nov. 1897). — V. Tnx. VétatiséUion de la boulangerie. {Ibid,^ Avril t%cfl,) .% On consultera avec intérêt, sur ces questions, la collection des Annales de la Régie dîreûfe depuis 1908.

raranta^ge de fournir au public des produits d'une pureté et d'une loyauté que personne ne peut mettre en doute. Les progrès de la socialisation déterminent, par conséquent, un incontestable^progrès dans la moralité des relations économiques.

( 6. L'iiiliérèt des génteatioiis à vesir

Indépendamment des avantages immédiats que le public retire de la socialisation, il faut tenir compte de ce que l'exploitation par l'État assure beapcoup mieux que l'exploitation capitaliste la conservation et l'aménagement rationnel des richesses du sol et du sous-sol.

L'histoire des mines de fer en Belgique, mises au pillage par leurs concessionnaires, est tristement instructive à cet égard, et, sans nul doute, on peut appliquer à d'autres pays la critique sévère que nous trouvons dans la Reçue universelle des Mines (janvier 1900), sur Texplôitation des charbonnages anglais : <k Alors que les bassins houilliers de l'Angleterre ont encore des ressources qui permettraient de maintenir la progression actuelle de la production pendant trois siècles, jusqu'à 1.200 mètres de profondeur, les exploitants écrément cette richesse de telle sorte que, dans cinquante ans, on ne pourra plus compter que sur des charbons d'exploitatiop^ plus dispendieuse et, par suite, le renchérissement de ceux-ci deviendra perm>nent. »

Lorsque le gouvernement transTaa début de la guerre sud-africaine, prit sioQ des mines d'or drxSandy pour les < k son profit, ses ingénieurs firent dea i tions tout à foit analogues : « En li d'endroits — écrivait l'ingénieur Kubali de diriger les travaux de la Rose Deep l'impreesion que la mine avait été éplu les directeurs précédents, c'est-à-dire en retirait seulement le minerai riche, s sidération d'une exploitation convenat mine et sans un plan d'essai convenabi Le même insouci de l'avenir se manif< brutalement encore, et avec des consé plus immédiatement désastreuses, dt ploitation spoliatrice des forêts, par la des propriétaires privés. « Tôt ou tardnous dans le Bulletin de la Société forestière de Belgique — les forêts' parti risquent d'être détruites, ou d© ne plus râle qui leur incombe, au point de vue térét général. Le propriétaire ne se soi lement de l'influence que l'exploitatio forêt peut avoir sur le climat, le r*g eaux ou l'industrie locale. Il ne voit intérêt propre *. »

C'est pour ces motifs que tous les a; l'administration forestière, ainsi que la des économistes, se prononcent pour la vation, la reconstitution ou l'extensj

t. Éconoaiitte françaU, 10 marB 1900, p. 305.

2. Ltt diminution du domaine toisé, BulUtin de forestière. Juillet 1B96, p. 507.

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forêts domaniales ; et, il importe de le remarquer, presque toutes les considérations qu'ils invoquent s'appliquent également aux autres richesses du sol et du sous-sol, qui doivent être \ ménagées dans l'intérêt des générations à venir.

I 7. Résumé et oonclusions

Les avantages que nous venons d'analyser ont, tout au moins dans certaines industries, une importance si considérable, qu'en dépit des préjugés, des intérêts contraires et même des arguments très graves que l'on peut opposer à l'exploitation par l'État capitaliste, le mouvement dans le sens de l'extension du domaine collectif se manifeste, dânâ les pays démocratiques, avec une intensité toujours croissante.

Ceux-là même qui témoignent pour le collectivisme de l'aversion la plus bruyante, sont amenés, par la force des choses, à faire dja collectivisme sans le savoir, ou sans le vouloir. « Le conseiller municipal individualiste, dit spirituellement Sidney Webb, marche sur le pavé municipal éclairé par le gaz municipal et nettoyé par les balais municipaux av^ec l'eau municipale. Voyant à l'horloge municipale du marché municipal qu'il est de trop bonne heure pour rencontrer ses enfants venant de l'école municipale, située à côté de l'asile des alignés du comté et de l'hôpital municipal, il se servira du télégraphe national pour leur dire de ne pas venir par le parc municipal^ mais de prendre le

tramway municipal, afin de le rencontrer dans la salle de lecture municipale, attenant à la bibliothèque municipale et au musée municipal, où i] désire consulter certaines publications natiok^Ales en vue du prochain discours qu'il compte prononcer dans la salle municipale du conseil pour la canalisation et Faccroissement du contrôle gouvernemental sur les chemins de 1er. »

Certes, nous nous hâtons de le dire et nous ne tarderons guère à le montrer,, ce collectivisme fragmentaire, cette étatisation ou cette communalisation des services publics, en régime bourgeois, diffère profondément, essentiellement, du collectivisme au sens propre du mot et, dans nombre d'industries, son extension présenterait plus d'inconvénients que d'avantages.

^Jusqu'à présent, nous n'avons p^rlé que de ces derniers, qui peuvent, en somme, se ramener à une seule et même cause : les administrations publiques, n^ayant pas Fâpreté du gain, la boulimie du profit, qui caractérisent l'exploitation capitaliste, se montrent plus soucieuses dé l'intérêt général, plus disposées à tenir compte d'autres considérations que le bénéfice à réaliser. ^

Il va de soi que les fonctionnaires à traitement fixe, absolument désintéressés dans les |>rofits d'une entreprise, n'ont pas les mêmes raisons que les particuliers, courant après la fortune, pour rogner sur les salaires, filouter iur les heures de travail, rançonner les con*

ftommateurs, falsifier les produits ou dilapider les richesses naturelles qui forment le pà!trimpine commun des générations. Mais, d'autre part — et voici le revers de la médaille — partout où règne le fonctionnarisme ^ public ou privé, ce désintéressement, ce détachement pécuniaire des intérêts de Tentreprise — dans un état social où tout paralyse Vaction des faC' leurs altruistes — doivent exercer fakilement une influence déprimante sur l'initiative et Tênergie des directeurs de la production.

La supériorité productiviste de l'unification industrielle, de la socialisation du travail, se trouve partiellement neutralisée par l'apathie, Tesprit de routine, la lenteur paperassière, les habitudes gaspilleuseï^, l'insouci des préférences du public, que Ton reproche trop juste* ment à la bureaucratie moderne. Et, si Ton peut citer comme modèle Fexploitatîon des services municipaux dans certaines communes démocratiques, tout ce que Ton peut dire en faveur de la plupart des industries d'Etat, c^est que, présentant les avantages deTappropriation collective, leurs inconvénients au point de vue de la production ne dépassent pas, ou ne dépassent guère, les inconvénients analogues, qui existent dans les grandes compagnies privées. /

Quoi qu'il en soit, au surplus, on ne saurait assez répéter que c'est une erreur grossière que de considérer le collectivisme comme une extension pure et simple du domaine publie actuel. Aussi longtemps, en effets que le règne

prises^ publiques restent, nécessairemei entreprises capitalistes exploitées par patron, sinon dans l'intérêt exclusif des < maîtresses, du moins en tenant le plus compte de cet intérêt.

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