‹ Le collectivisme et l'evolution industrielleChapitre 29 sur 47 · Kautskt. Die Agrarfrage, pp. 321 et s · texte numérisé non relu

Kautskt. Die Agrarfrage, pp. 321 et s

3. Kaxitskt, Das Erfurter Programm, pp. 129 et t. (Stuttgart, 1892). '

tique des travailleurs.

Mais, si complète que puisse être cette transformation des pouvoirs, elle ne suffirait pas à elle seule pour faire disparaître les multiples inconvénients qui résultent de l'exploitation par I Etat, dans sa forme actuelle.

La plupart d'entre eux proviennent, en effet, de la centralisation excessive et de la confusion complète qui existe, presque partout, entre les fonctions gouvernementales de l'Etat et ses fonctions économiques, entre ce que Schseffle appelle Staatswirthschaft (Economie d'Etat) et Vothsivirthschaft (Economie sociale), ou, àuivant la forte expression de Saint-Simon, entre le gouvernement des hommes et l'administration des choses.

§ 2. L'État-gonvemement et rÉtat-indoatriel

L'État moderne n'est pas une personne morale, mais un agglomérat complexe, multiforme, protéique, de personnes morales, exerçant les fonctions les plus diverses.

On y trouve^uxtaposéea des structures guerrières, léguées par les siècles, et des structures industrielles, ajoutées par les temps nouveaux.

Représenté par ses ministres, il est à la fois général, grand maître de l'Université, chef de la magistrature, préfet de police, et d'autre part, directeur des postes, des télégraphes, des téléphones, des chemins de fer, constructeur

d69 ponts et chaussées, inspecteur de Tindustrie et des mines, protecteur de l'agriculture, fabricant de monnaies. 4 ^

4 En France, dit E. de Laveleye, les ministres disposent, tout d'abord, d'une somme de trois milliards, qui dépasse le revenu cadastral des terres. En outre, ils contrôlent le budget des communes, des départements et des institutions de bienfaisance, qui s'élèvent encore à un bon milliard. Ils entretiennent, réglementent et inspectent les écoles publiques de toute espèce et à tous les degrés ; ils nomment les évèques, et, d'une main, paient les ministres des cultes, de l'autre, les danseuses court vêtues qui exhibent leurs gràces à l'Opéra; ils entretiennent les ^instituts, les académies, les observatoires, etc. ; ils déterminent combien d'hectares seront plantés ^n tabac, et combien chaque hectare aura de plantes et chaque plante de feuilles, et ils nomment à cet effet des inspecteurs spéciaux chargés de les compter; ils vendent ce stupéfiant dans les bureaux privilégiés dont ils nomment les innombrables agents répandus dans tout le pays; ils tk*ansportent les lettres, les télégrammes, les journaux, ce qui exige encore toute une légion d'employés ; ils construisent des routes et des chemins de fer, creusent des ponts et des canaux; ils exploitent les forêts domaniales, reboisent les hauteurs et surveillent les terres boisées des particuliers ; ils font de la porcelaine à Sèvres et des tapis aux Gobelins ; par les droits de douane, les accises et las primes

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aux industries fevorisèes, ils déterminent U division du travail dans toutes les branchas de la productions »

Et, pour la direction suprême de ces multiples services — dirigés, en fait, par des fonc» tionnaires compétents, mais irresponsables -^ on choisit un certain nombre de politiciens, responsables mais incompétents.

Alors que la présidence du conseil d'administration des cbemins de fer privés est une véritable profession; que^ de même, il serait élémentaire de placer à la tète des chemins de fer d^ l'Etat, des ingénieurs, des techniciens, des hommes de carrière, étrangers à la politique, on s'en va chercher^ dans quelque province, des avocats^ des hommes politiques, qui n'ont, le plus souvent, d'autres titres k la direction des locomotives nationales que les services qu'ils ont pu rendre à leur parti. «

Le même ministre — ce fut le cas en Belgique pour M. Yandenpeerefaoom *^ régit les chemins de fer et mène le char de TÉtat.

Gprouve*t41 un échec politique, il résigne en même temps ses fonctions techniques, et c'est précisément cette confusion, cette incapacité ou cette instabilité des ministres, cet hétéroclite mélange de fonctions eontradictoi* res et incompatibles, qui fournissent aux économistes libéraux le plus clair de leurs argument8«

Reprenant le système de Tiiote ivre, cher aux

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